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 Dialogues de cinéma adapté à la sauce puritaine américaine

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Jim
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MessageSujet: Dialogues de cinéma adapté à la sauce puritaine américaine   5/7/2006, 14:28

L'Amérique puritaine a encore frappé ! Sous la pression des organisations de la droite religieuse, les parlementaires américains viennent d'adopter une loi multipliant par dix le montant des amendes infligées aux réseaux publics, en cas d'obscénités ou de propos indécents et profanes entre 06H00 et 22H00.

Qu'il s'agisse du langage cru des militaires du film "Il faut sauver le soldat Ryan", de nudités suggestives dans un reportage, d'un mot "indécent" prononcé par un chanteur de rock, de scènes à connotation sexuelle ou de vulgarités dans les séries "Desperate Housewives", "New York Police Blues" et "Friends", les chaînes hertziennes devront s'astreindre à toiletter leurs programmes sous peine de devoir payer une addition salée: jusqu'à 325.000 dollars par infraction.

je me suis donc amusé à toiletter certains dialogues de films qui pourraient passer à la télé américaine entre 06h00 et 22h00... Cela pourrait donner ceci :
Citation :
Alien, la résurrection (1997, Jean-Pierre jeunet)
Johner et Ripley évoquent l’Alien qu’ils doivent affronter
Johner : «A ce qu’on raconte t’a déjà eu à faire à ces bestioles»
Ripley : «C’est vrai»
Johner : «Waouh, putain et t’a fais quoi ?»
Cette dernière réplique donnerait alors «Fichtre, qu’as-tu donc fait alors ?» Pas à dire, cela gonfle le moral d’un type qui va devoir se battre contre un monstre extraterrestre !

L’arme fatale 2 (1989, Richard Donner)
Alors qu’ils viennent de faire peur à un menuisier, celui-ci dit à Riggs et Murtaugh : « Non mais les mecs ça va pas ! ... J'ai chié dans mon froc , putain de merde !». Imaginons maintenant cet homme mort de peur déclarer : «Mais est-ce bien raisonnable d’ainsi effrayer les gens, vous n’allez pas bien sans doute ? J’ai déféqué dans mon pantalon, sacrebleu» Ce n’est pas crédible pour un sou…

Le flic de Beverly Hills (1984, Martin Brest)
Le commissaire est furieux parce qu’Axel Foley (ndlr Eddie Murphy) a encore bravé tous les interdits du règlement et entre dans le bureau dans une colère noire (si j’ose écrire sans paraître trop incorrect aux yeux des bien-pensants) à la recherche du flic… «Est-ce que cet enculé de Foley est là ?». Lui faire dire : «Ce sacripan de Foley est il en ces lieux» aurait assurément moins bien rendu la colère du commissaire…

Forrest Gump (1995, Robert Zemeckis)
Un militaire s’énervant sur le groupe de recrue de Forrest au Vietnam : «T'es même pas digne de me lécher mes bottes de merde ! Mets tes miches de tantouse !». Ce militaire, en pleine guerre du Vietnam serait-il crédible s’il devait dire : «Tu n’es qu’un bon à rien, pas même à nettoyer mes bottes défraîchies ! Tu semble efféminé !» ? Pas trop, je crois…

Jumpin’ Jack Flash (1986, Penny Marshall)
Alors qu’un policier raciste la prend pour une prostituée, Terry (alias Whoopy Goldberg) lui répond «C'est marrant quand c'est une femme noire faut toujours que ça soit une pute ! Vous croyez que je fais une pipe aux poissons rouges pendant qu'ils font des bulles !»… Vexée d’être comparée à une fille de joie par un flic raciste, imaginons-la répliquer «Décidément, les préjugés ont la vie dure, pourquoi faut-il absolument que l’on assimile une femme de couleur à une péripatéticienne ? Peut-être imaginez-vous que je pratique une fellation aux poissons rouges alors qu’ils batifolent dans leur bocal !». Je l'aime beaucoup celle-ci... Amusant mais pas crédible !

La Ligne Verte (1999, Frank Darabont)
Alors qu’un détenu psychopathe et violeur vient de l’asperger d’urine, un gardien du couloir de la mort dit «Vous avez vu ça ? Ce fils de pute m'a pissé sur les pieds !». Si l’on se base sur la loi telle que promulguée pour plaire aux bonnes âmes de l’Amérique puritaine, ce gardien devra dire «Vous avez vu ça ? Ce garnement a uriné sur mes chaussures !»… Tout à fait le langage que l’on utilise dans le couloir de la mort d’une prison dans les années 30 !!!

Officier & gentleman (1982, Taylor Hackford)
Cette réplique culte de Lou Gosset Jr en sergent instructeur est savoureuse à souhait dans le contexte d’un groupe de trouffions qui débarquent à l’académie des marines : «On ne produit que deux choses en Oklahoma : bovidés et pédés. Lequel es tu mec ? Je ne vois pas de cornes alors j'imagine que c'est pédé !». Le but du sergent instructeur est de mater les éventuelles fortes-têtes de son nouveau groupe. S’il déclare «On ne produit que deux choses dans ce bel état d’Oklahoma : des bovidés et des homosexuels. Comme je ne vois pas de cornes sur votre tête, cher ami, je me permets d’imaginer dès lors que vous êtes homosexuels». A coup sûr, son autorité naturelle serait moins puissante si notre sergent usait d’un tel langage !

Transposons maintenant cette loi débile à des situations classiques du cinéma ! Imaginons une scène où des maffieux doivent descendre un renégat qui aurait trahi la famille… Classique ! «J’en suis tout retourné Johnny car j’ai beaucoup d’amitié et d’estime pour toi mais ta félonie me conduit à devoir faire usage de mon arme afin de t’occire…». On sent bien la violence de la scène, non ?

Et maintenant on se place dans la situation d’un film qui tente de démontrer l’imbécillité de la haine raciale – l’excellent «American History X» par exemple ou encore le non moins meilleur «Mississipi Burning» - serait-ce vraisemblable si l’on faisait dire «homme de couleur» à la place de «nègre» à un Skinhead ou un membre du Ku Klux Klan ? Non évidemment ! Pas plus que si l’on tourne une scène violente, un viol par exemple tiens – il y a quelques films de haute facture qui reposent sur un viol dans le cinéma américain, je ne prendrai que Les Accusés de Jonathan Kaplan avec Jodie Foster -, sans un dialogue adapté. Est-il possible sans nuire à la qualité du film de faire dire à un violeur : «Mademoiselle, je vais abuser de vous. Si vous émettez le moindre cri, en outre je serais dans l’obligation de vous tuer» ? Je dis non !

Et vous imaginez ce brave inspecteur Harry volontairement voulu bourru et agressif par les scénariste dire, alors qu’il poursuit un malfrat, «Cher monsieur, je vous prie de cesser votre fuite sans quoi je me verrai dans l’obligation de tirer sur vous»… Non, ça ne colle pas trop ! On l’imagine plutôt hurlant «Bouge pas conard ou je t’en colle une !».
Si vous en imaginez d'autres...
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Jipi
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MessageSujet: Re: Dialogues de cinéma adapté à la sauce puritaine américaine   10/7/2006, 23:53

Très drôle Jim !

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