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 Et un troisième...

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Lilian Lloyd



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MessageSujet: Et un troisième...   7/6/2006, 12:06

Anne – Tu peux me dire pourquoi tu bouges la tête comme ça ?
Laura – Quand j’étais plus petite, j’imaginais que là-dedans, c’était comme dans une petite boule souvenir. Tu sais, celles que tu secoues et que ça fait de la neige qui tombe après sur une petite Tour Eiffel.
Anne – Ouais ?
Laura – Et après, je fermais les yeux et je voyais les flocons qui tombaient sur moi.
Anne – … Effectivement, je comprends que tu aies du mal avec les hommes.
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Christine Rato
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MessageSujet: Re: Et un troisième...   7/6/2006, 17:30

La suite, je veux la suite...
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Lilian Lloyd



Nombre de messages : 7
Age : 44
Date d'inscription : 07/06/2006

MessageSujet: Devant l'envie générale, pas la suite, mais le début... ;o)   8/6/2006, 20:36

Anne – Moi, c'est Anne, mais en fait, on s’en fout. C'est d’elle dont il faut se soucier. Laura. Vingt-cinq ans, toutes ses dents, vaccinée, tatouée, heureuse dans la vie comme un husky dans un appart’ à Belleville. Pour passer un temps qu’elle trouve toujours long, elle peint des corps de femmes parfaites, celles qu’elle aurait aimé être. Pourtant, elle est pas moche, loin s’en faut. Elle a un petit cul remarquable et des nénés qui tiennent la route, surtout quand elle prend la pilule. Elle est attachée commerciale dans une grande société où elle est une excellente anonyme et tout le monde n’en a rien à battre, même elle, en fait. Son problème dans la vie ? On va dire ses problèmes : l’amour, sa place dans la société, une impensable vision de soi tellement déprimante qu’elle me déprime, une incapacité chronique à s’exprimer devant des gens et des difficultés dans les relations humaines. Une femme de son temps, en somme. Au fond, si elle s’est rendue compte qu’elle existait, elle ne sait désespérément toujours pas pourquoi.


Tom – Nico ?… Que je vous résume Nico en deux mots ? En trois, je peux ? Alors, ce serait : je sais pas. Oui, c'est pas très éloquent, mais qu’est-ce que vous voulez que je dise ? Nico, il est comme tout le monde. Il essaie de vivre son existence, jour après jour, le mieux possible, sans trop sombrer. Il ambitionne de grandes choses à sept heures du matin, qu’il révise sérieusement à la baisse à neuf heures et qu’il a complètement oubliées après déjeuner. Comme tout le monde, je vous dis. Et puis, il y va aussi de son petit paradoxe parce qu’il écrit. Il écrit sur la vie, et bien en plus, comme s’il l’a connaissait par cœur. Mais en fait, il est incapable d’y faire face une seule seconde. En plus, vu qu’il n’a personne à côté de lui pour partager, de manière sympa, ses angoisses, il ne se marre pas tout le temps. Enfin, bref, c'est tout ce que je peux balancer sur lui. Ça va, j’ai bon ? Me demandez pas plus, parce que je saurais pas quoi rajouter. De toutes façons, connaissant ses névroses, je suis sûr que si vous lui demandiez de se raconter, il ne saurait pas en dire davantage.


TABLEAU 5 : LAURA, ANNE, TOM

Laura – Qu’est-ce que je dois faire ? Dis-moi, grosse maligne !
Anne – Ben, c'est du coton. Lavage à la main, eau tiède, sinon, il finira par rétrécir et tu auras l’air plutôt serrée.
Laura – Je te parle pas de ton cadeau, j’en prendrai soin.
Anne – Alors quoi ?
Laura – Mais tu sais bien, pour mon problème…
Anne – … d’hygiène ?
Laura – De mecs.
Anne – Ben oui, on parle de la même chose.
Laura – Anne !
Anne – Attends, je sais pas moi. Enfin si, je sais, mais ça va pas te plaire.
Laura – Je vois pas pourquoi.
Anne – Parce que ça ne rentre pas dans tes grands principes. Ça fait des mois que je te dis de te trouver un Jules. Rien qu’un jetable. Un mec qui sache te baiser et ça ira mieux. Coup de pine, meilleure mine !
Laura – Ce que t’es grossière ! Franchement, c'est pas une…
Anne – Une ?
Laura – … une ce que tu dis, qui fera mon bonheur.
Anne – Je peux t’assurer que ça y contribue.
Laura – Mais c'est pas de ça dont j’ai envie, moi !
Anne – Alors de quoi t’as envie ?
Laura – … Bon d’accord, un mâle, pourquoi pas ? Mais j’ai pas l’intention de renier mes grands principes comme tu dis. Dégotter un mec pour une soirée et écarter les jambes tout en fermant les yeux avec une grande apnée, très peu pour moi. J’ose espérer que c'est encore possible aujourd’hui de trouver des hommes attentionnés, avec ce qu’il faut de tendresse pour ne pas se sentir un bout de viande gênant après qu’il ait fini sa petite affaire. En plus, avec une relation sexuelle tous les deux ans, j’ai l’impression qu’il faut tout recommencer à zéro. Rien qu’embrasser, je sais plus comment on fait. S’il faut sortir la langue avant d’ouvrir la bouche, dans quel sens il faut tourner, tout ça.
Anne – La langue, il faut y aller doucement. Si tu lui mets tout d’un coup, le garçon te vomit dessus, hein !
Laura – Je demande pas la Lune, juste quelqu'un chez qui j’ai l’impression de me refléter dans son regard. Il y en a, je le sais. Le problème, c'est que sur le marché, y en a pas un de disponible.
Anne – Non. Tu es spécialiste pour tomber amoureuse de mecs qui ont ce qu’il faut à la maison. Tout ce qui a une alliance au doigt t’attire. On dirait une pie qui fonce sur tout ce qui brille. En même temps, rien ne t’empêche d’en alpaguer un et de devenir une bonne maîtresse.
Laura – Ça va pas, non ? Je veux un homme pour moi toute seule. J’ai pas envie qu’après moi, il rentre voir sa femme, comme si de rien n’était et qu’il la baise à son tour. Sans compter qu’avec moi, il en profiterait pour faire toutes les saloperies qu’il n’ose pas faire avec elle. Non, je veux un mec pour moi et moi pour lui.
Anne – Alors là, forcément si tu la joues vieux jeu et exclusive, t’as pas d’avenir de nos jours.
Tom – Après ça, elle ne complique pas les choses, hein ?

TABLEAU 6 : NICO, TOM, ANNE

Nico – Tom !
Tom – Quoi ?
Nico – J’ai tout compris.
Tom – A propos de ?
Nico – De tout, de mon problème. J’étais dans le métro il y a dix minutes et en face de moi, une fille est venue s’asseoir avec son mec. Lui, il faisait une gueule de six pieds de longs et elle, elle avait les yeux encore rougies de tristesse.
Tom – Ils venaient de s’engueuler ?
Nico – Mieux ! Ils devaient se quitter ! Elle essayait de lui prendre la main, mais il la refusait. Je te jure, j’étais outré, elle lui donnait presque la patte. Et à un moment, elle m’a regardé. J’ai voulu détourner les yeux, pas me mêler de ce qui ne me regardait pas et là, j’ai pas pu. En l’espace d’une seconde, elle m’a pénétré et j’ai saisi tout ce qu’elle pouvait penser, la peine, la douleur, les envies de tout remettre ensemble.
Tom – Et elle t’a sauté dessus ?
Nico – Non, elle s’est levée et elle a allongé une mandale au mec avant de sortir, fière. Moi, j’ai ri et c'est lui qui m’a mis une mandale.
Tom – Ah bon ?
Nico – Oui, mais le pain c'est pas grave ! Ça a été l’illumination !
Tom – Je vois pas en quoi ça résous ton problème de célibat.
Nico – Si ! Tout ça prouve je connais les femmes. J’arrive à tout sentir comme elles, à m’imaginer comment elles vivent, à quoi elles pensent, tu vois. J’ai passé mon temps à bien les regarder, à les scruter. Je les connais comme un horloger qui sait tout du mécanisme d’une montre. Ouais, c'est ça, l’intérieur d’une femme, c'est de la précision au millimètre et pourtant, il y a un combat perpétuel entre la passion et la raison. Une femme, ça se bat si fort que j’arrive à en entendre l’écho des guerres qui résonnent en elle. Et avec cette fille, ça été la confirmation ! Tu captes ? Ça vibre dans ma tête comme dans la leur.
Tom – Nico, tu serais pas en train de virer pédé, là ?
Nico – T’as rien compris ! C'est de la poésie qui sort de ma bouche, là.
Tom – Moi, tu sais, je suis pas assez dépressif pour comprendre la poésie.
Nico – Tom, je te dis que les femmes, je les sens enfin toutes vivre, se déplacer autour de moi.
Tom – Alors, tout va bien ?
Nico – … Presque. Mais c'est une première étape de comprendre les femmes. Le souci, c'est que je suis toujours incapable d’en saisir une seule. Dès qu’il y en a une qui m’adresse la parole, je deviens con. Je te jure, j’oublie tout ce que je sais à propos d’elles. J’arrive juste à balbutier deux conneries et devenir blanc comme du plâtre. C'est affolant ça, tout ce savoir et cette incapacité à l’exploiter.
Tom – Pas du tout, c'est positif ! Maintenant, au moins, tu sais pourquoi t’es tout seul.
Anne – Entre nous, il n’est pas mal non plus le tien !

TABLEAU 7 : NICO, LAURA

(ils se renvoient une boule de papier)

Nico – J’écris comme on jette une bouteille à la mer : avec espoir mais sans conviction.
Laura – Il fait noir, comme si on avait coupé la tête au soleil.
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