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 Souvenirs d'Afrique

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Christine Rato
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MessageSujet: Souvenirs d'Afrique   6/6/2006, 13:57

Je démarre le sujet et j'espère qu'il y en aura d'autres.
Ce serait sympa d'échanger nos souvenirs...
Voici un des miens.
Mon arrivée à Douala (Cameroun)

J'ai dix ans.
Je porte un pantalon rouge et une chemise à rayures, commandés à la Redoute...
Je ne suis pas seule.
Maman et ma soeur sont avec moi.
On rejoint notre papa.
Qui nous attend depuis six mois.
J'apprécie de le revoir mais je suis aussi, captivée par ce qui nous entoure.
J'ai aimé tout de suite.
Ces sourires aux dents bien rangées,
Ces mains noires qui serrent ma main blanche.

J'ai tout de suite aimé ce peuple.
L'Afrique...
Même si j'ai eu très peur,
La première nuit...

Les draps remontés jusqu'aux oreilles,
Je fixe les lumières clignotantes,
Les formes bizarres qui se promènent
Sur les murs et dans la pièce.
Je n'ose pas bouger.

Il suffit pourtant que j'allume...
Mais où est l'interrupteur ?
De quel côté déjà ?
Je tâte longtemps dans le noir avant de l'atteindre.
La lumière ne me rassure pas pour autant,
Tellement que ces bestioles sont répugnantes.

J'ai crié...
Mais de l'intérieur.

Je ressens des frissons partout,
Surtout dans mon dos.
A moins que c'est une de ces horreurs qui se glisse sur ma colonne vertébrale ?
Je me retourne brusquement...Il n'y a rien!
Juste mon oreiller trempé par la chaleur...
Où plutôt par la peur.

Pourtant ces bêtes ne sont pas énormes,
Bien au contraire.
Mais leurs yeux noirs, globuleux...
Leur peau transparente où l'on voit les boyaux...
Malgré leur taille minuscule,
Elles me dégoûtent.

J'ai su plus tard
Que ce n'était juste des margouillas (bébés lézards)
Et pour les fameuses petites lumières,
Des lucioles.

Toujours est-il
Que j'ai passé ma première nuit en Afrique
A veiller sur ce petit monde animal.

...
Le lendemain, ce n'était pas mieux!
Mais là, ce sera peut-être une autre fois!
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sylvie
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MessageSujet: Re: Souvenirs d'Afrique   7/6/2006, 13:55

je ne suis jamais allée en afrique, je n' ai pas encore eue l' occasion de voyager, et si je pars, j' aurais une grande preference pour les pays froids, pour des tas de raisons, mais si il y a bien une chose pour laquelle j' irai en afrique, c' est pour ces gens, si fabuleux.
il y a eu un festival l' année derniere dans ma ville, parrainé par richard borhinger, ou ils on reconstitués une rue du burkina faso, et ou plusieurs artistes, artisans et danseurs sont venus, pour des representations et concerts.
et qu' est ce qu' ils sont beaux tous!ils sont magnifiques, tellement vivant, avec des envies de croquer la terre entre leurs belles dants blanches...et les mamas imposantes, autant parfois par leur tailles que par leurs sourires, elles me donnent l' impression de couver tout le monde, d' etre comme une mere universelle a laquelle n' importe qui pourrait confier ses malheurs...
ils donnent de belles lecons de vie.
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Christine Rato
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MessageSujet: Re: Souvenirs d'Afrique   7/6/2006, 17:27

Tu n'as jamais été en Afrique, Sylvie mais tu as remarqué l'essentiel grâce à ce que tu as vu...
C'est vrai, ce peuple a connu des atrocités qui se poursuivent encore aujourd'hui mais ils possèdent une richesse qui vaut tout l'or du monde, celle du coeur.
Ils partagent.
Le partage...Deux mots qui me semblent oubliés ici, en France...

Ce qui me donne l'occasion de livrer un extrait de ce que j'ai écrit sur L'Afrique...
Mon retour dix ans après...
Je marche contre un vent violent qui me pousse, sans cesse, en arrière.
Je parcours des rues, des salles d'attentes, des gares...
Des formations qui ne forment rien, des remises à niveau qui ne remettent rien.
Le chômage pour ne jamais rien atteindre, ni toucher.
J'ai espéré, en laissant tant de parfums, d'émotions, de sentiments, qu'en rentrant, chez les blancs, chez moi, j'y trouverai du réconfort, du soutien.
Ma peine est grande d'y voir que de l'ignorance et de la froideur.
Je pensais que la France, mon pays, était mon amie.
Il n'en est rien.
J'observe autour de moi et n'aime pas ce que je vois.
Tout est en apparence, tout est façade, tout est trompeur, tout est mensonge.
Du paraître et non, de l'être.
Tout est vide, tout est solitude, tout est faux, pacotille!
Comment ai-je pu penser qu'il était exaspérant de voir un africain rire pour rien ?
Ici, tout est fermé...
Les portes, les manteaux, les projets, les idées, les visages.
Là-bas, tout est ouvert...
Et dire que cette exagération, cette amplification, cette attitude de gesticuler dans tous les sens et toutes dents dehors, m'énervait.
Alors qu'ici, pour entrevoir un simple sourire, il faut en faire beaucoup!
Là-bas, on regarde votre coeur et votre visage,
Ici, vos papiers et vos bagages.
Là-bas, c'est simple, facile et vrai.
Ici, dur, compliqué et faux.
J'en ai marre des absences, des excuses, des "ce n'est pas le moment", des silences, des "pas assez de diplômes", des ignorances, des "je m'en fous"...
Chaque jour se déroule où rien ne se fait.
... ...
Je n'ai pas connu la jungle en Afrique mais je la connais, à présent, en France.
... ...
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sylvie
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MessageSujet: Re: Souvenirs d'Afrique   7/6/2006, 19:13

c'est un beau texte, assez revolté et desespere.et je te comprend.ce qui est dingue c' est que je crois qu' au moins la moitiée de la population en france doit penser exactement la meme chose, et pourtant, c' est ainsi, c' est l' effet du troupeau de moutons...c' est vrai, apres tout est ce que toi, toute seule tu sourirai aux gens dans la rue?difficilement je pense!et du coup personne ne le fait.
pour se sentir en rapport avec les autres ils faut sortir lors de contextes particuliers.moi je suis une fan des concerts, et c' est vrai qu' avec la musique et une ambiance, les gens sont plus ouverts, plus disponibles...on a perdu l' habitude de se sourire spontanement dans la rue, ou de se dire bonjour...on se devisage.c' est comme ca.
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Christine Rato
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MessageSujet: Re: Souvenirs d'Afrique   7/6/2006, 22:11

Merci Sylvie...
C'est vrai que quand je souris dans la rue, on me prend plus souvent pour une imbécile heureuse mais quelquefois, je reçois une parcelle de lumière dans le regard de celle ou celui que je croise.
Je ne peux pas, moi, tirer la gueule, en plus, on se ride plus vite ainsi!
Mon anti-rides est le sourire même quand çà ne va pas si fort...
Car ce n'est pas la faute à mon voisin que j'ai des problèmes ni à cette dame qui promène son chien.
Souvent même, mon geste déroute et parfois, je reçois donc , comme je dis plus haut, un retour.
Je dis souvent quand on en ne meurt pas de sourire et rire, c'est bon pour la santé...
La preuve, il existe de plus en plus de clubs pour cela!
Il y en a, autour de moi, qui feraient mieux d'y aller, au lieu de, toujours se mêler de ce que font les autres...
Ils oublient de balayer devant chez eux, comme font les femmes africaines...
Non, ils préfèrent faire le ménage chez les autres.
Et puis, je ne sais pas si tu l'as déjà remarqué, souvent on parle de toi que dans les mauvais sens...
Le jour où tu as mis le pied de travers ou lever la voix ou oublier de dire bonjour...
Jamais pour tes bonnes actions.
Cela, on ne le voit pas! Pas assez intéressant pour en discuter.
Par contre, tu te casses le nez, là, çà fait rire, çà fait parler, çà fait réagir...
La différence avec l'Afrique est là.
Tout est là!
Eux, ils n'attendent pas que tu tombes, que tu sois au fond du trou pour s'intéresser à toi.
Eux, du moment que tu les respectes, ils te respectent!
Ils ne te demandent pas grand-chose, juste d'être là, d'être toi...
Ils s'en fichent de ton masque façonné, de ton maquillage, de tes vêtements, de ta démarche, de ton apparence...
Ils ne voient qu'une chose, ton coeur.
S'il est bon ou mauvais!
S'il est bon, tu recevras toute l'estime et plus encore...
S'il est mauvais, gare à toi...
Une citronnelle empoisonnée, c'est vite fait et sans douleur.
Ils ne font pas de quartier, c'est vrai mais au moins, c'est sans surprise.
C'est tout ou rien!
Alors qu'ici, je ne sais pas sur quel pied danser, quelquefois...
Un jour, je te dis bonjour
Le lendemain, je te maudis!
Gauche, droite, gauche, droite....
Et je t'assure que c'est fatiguant ce pas de danse!
On se fait des idées reçues sur les africains surtout quand on est enfant et quand on a un maître qui compare ce continent au film de Tarzan.
Qu'à un mois avant votre départ, il vous dit que je partirai avec Chita pour chercher des bananes ou un papa qui raconte des histoires auxquelles vous y croyez...
Mais çà, c'est encore une autre histoire pour une autre fois, peut-être!
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sylvie
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MessageSujet: Re: Souvenirs d'Afrique   8/6/2006, 09:57

oui je suis consciente que c' est parfois tres fatiguant, voir ereintant!
moi je vis a chambéry, c' est une petite ville, on a vite fait le tour, et on cotoie souvent les memes personnes.
je suis assez originale, j' aime me differencier, alors j' ai les cheveux rouges et je me fais mes vetements, pas pour choquer, juste parce que j' aime ca.et evidemment il y a des jours ou je sors dans la rue et ou je ne suis pas d' humeur a etre devisagée, a etre jugée pour mon apparence.
il m' est arrivé de me faire insulter dans la rue,souvent les jeunes vers 18 ans manquent beaucoup de tolerance, pris dans leur groupe de potes.
et le pire qu' ils on fait, c' est de me jeter des cailloux dans la rue!imagine! juste parce que j' ose etre differente et que je l' assume la tete haute!

et puis evidemment on me remarque vite, ici dans les lieux ou je sors pour tout le monde je suis la fille aux cheveux rouges, et bien sur ca parle...sur des choses stupides, simplement parce qu' ils n' ont rien d' autre a faire.et la fille aux cheveux rouges ceci, ou cela..!parfois j' ai eue des echos hallucinants sur moi!

et ca me fait parfois rager que les gens se permettent des commentaires parce qu' un jour je suis avec un homme et le lendemain je suis avec un autre...mais la dessus je n' ai pas a me justifier.est ce que je couche avec tout le monde?et meme si c' etait vrai?au moins je l' assume et je ne m' en cache pas!mais on en revient toujours au fait qu' un homme a femmes est un don juan par contre une femme qui aime les hommes est une salope!
et je crois que les autres femmes, soit par jalousie soit par honte sont les premieres a colporter ces idees...

enfin, avec le temps j' ai appris a etre indifferente a tout ca.je sais a qui porter de l' interet, je sais qui en vaut la peine, le reste m' est egal...
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Ishtar



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MessageSujet: Re: Souvenirs d'Afrique   8/6/2006, 10:02

J'aime la phrase : mon anti-rides est le sourire !
Wink


L'on parle toujours du comportement de type raciste du blanc à l'égard du noir et ... pourtant, je peux certifier que pour celui ou celle qui vit sur un territoire qui n'est pas le sien, dont il n'est pas originaire, n'est pas raciste...

J'avais 3 ans lorque j'ai débarqué la première fois à Matadi (Bas-Zaïre), il y avait un tel affairement sur le port, une telle cohue que je ne savais où regarder.
Notre maison à Mont-Ngafula n'était pas grande mais elle était claire, toutes les fenêtres étaient ouvertes sur l'immense jardin.
On m'avait confiée à une nounou noire... elle me racontait des histoires, me chantait des chansons dans sa langue (le lingala que je parlais couramment à l'époque, ce qui n'est plus le cas aujourd'hui)... mais je retiens au plus profond de moi-même la mémoire des rythmes de ses chansons et je crois que c'est de là que me vient ma fascination pour le blues.
Ma nounou avait une fille du même âge que moi, Céleste (Mpamba).
Nous avons grandi serrées l'une contre l'autre, nous partagions les mêmes jeux, la même curiosité, les mêmes désespoirs...
Il n'y a jamais eu de barrières entre-nous à cause de la couleur de la peau !
Actuellement, à ma fille, j'inculque le rapprochement, le dialogue.
Tout devient possible lorsqu'on est capable d'entendre, de comprendre, de verbaliser sans abîmer l'autre....
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Christine Rato
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MessageSujet: Re: Souvenirs d'Afrique   8/6/2006, 16:24

Sylvie, tu as bien raison de rester indifférente aux regards des autres sur toi. Quoique l'on fasse, on ne peut pas plaire à tout le monde.
Le plus dur est de s'aimer soi-même!
Ne change rien.

Ishtar, je te remercie pour ton témoignage et tu as raison de souligner que le racisme ne se porte pas que sur les blancs par rapport aux noirs...
L'inverse existe aussi.
Tu as la même pensée que moi...Je n'ai jamais ressenti ce sentiment car comme tu le dis si bien, en étant pas chez nous, cela paraît évident mais je t'assure que ce ne l'est pas pour tout le monde...
J'en ai vu des mauvais blancs comme ils disent! Des blancs qui se croient rois...
Ce qui me permet de donner un autre extrait:

... ... ...
De pauvres blancs, restés au temps de l'esclavage. Des racistes, des mauvais blancs.
Ils ne supportaient pas la race noire mais acceptaient sans gêne qu'elle soit à leur service.
Ils savouraient leurs conforts de blancs et jubilaient la souffrance des noirs.
Ils en rajoutaient en les traitant de sales nègres...Ils en étaient même fiers en levant leurs verres de gin ou de bière.
Ils étaient contents et avaient le pouvoir sur eux...
Ils savaient que leur serviteur n'oserait pas se manifester, de peur de perdre sa place.
Et un travail chez un blanc, c'est nourrir sans crainte toute la famille.
Ils étaient tranquilles ces mauvais blancs...
Jusqu'au jour où le nègre se révoltera et égorgera le blanc en plein sommeil ou empoisonnera sa citronnelle du soir.
Certains me regardent d'un sale oeil quand je discute avec des noirs.
Ils ne comprennent pas pourquoi, je traîne avec eux quelquefois.
Pour eux, il y a les blancs d'un côté, de l'autre, les noirs...
Pour moi, il y a des blancs chez les noirs.
... ... ...
Extrait de "L'albinos" Christine Rato
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MessageSujet: Re: Souvenirs d'Afrique   9/6/2006, 09:31

j' aime bien tes extraits, il me semble que ton livre me plairait!
ce que je ne comprendrais jamais c' est comment les etres humains, avec chacun sa souffrance puisse devenir aussi enclin a la perversité, a la desruction, a l' immoralitée, a l' ignominie de toutes sortes.
alors meme que la souffrance qu' on peut ressentir lorsque la vie vous frappe de toutes ses forces est universelle, tout le monde la connait, et personne ne la desire ni pour soit ni pour les autres.
comment peut on souffrir et savoir quel douleur c' est, et vouloir l' infliger soit meme a quelqu' un.
je sais pas si je m' exprime bien...
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Christine Rato
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MessageSujet: Re: Souvenirs d'Afrique   9/6/2006, 10:52

Oh si, tu t'exprimes très bien Sylvie...
C'est tellement vrai ce que tu dis, comment peut-on devenir aussi atroce quand on a connu soi-même des souffrances ?
Peut-être, justement à cause de nos douleurs...
Regarde, un enfant battu, maltraité, a malheureusement plus de possibilités de devenir, à son tour, mauvais...Il risque de reproduire ce que l'on lui a fait...Pourquoi ?
Certainement parce qu'il n'a connu que cela... Aussi, il n'a pas été aidé pour tenter de se reconstruire.
Si personne ne lui a dit que ce qu'il a subi était inadmissible, intolérable, il ne peut pas en prendre conscience...
L'enfant qui reçoit la ceinture tous les jours ou presque, les brûlures de cigarettes sur son corps, l'enfermement dans le placard ou dans le grenier, terrorisé et meurtri, n'a même plus la force de se défendre et s'il parvient, il devine d'avance qu'il en recevra davantage...
Celui ou celle qui domine a le pouvoir sur le soumis...
Il contrôle tout.
C'est un cercle interminable, le dominé détruit le soumis et le soumis devient un dominé à son tour, s'il s'en sort vivant et l'histoire continue...
Par contre si ce soumis par une conscience personnelle ou par connaissance d'un tiers que tout ceci n'est pas normal, il agira et fera en sorte que cela ne se reproduise plus.
Car tous ceux qui se sont faits maltraités ne deviennent pas forcément un monstre.
Quelquefois, bien au contraire, ce sont des anges!
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MessageSujet: Re: Souvenirs d'Afrique   9/6/2006, 12:28

Cristine écrit : ..."C'est un cercle interminable, le dominé détruit le soumis et le soumis devient un dominé à son tour, s'il s'en sort vivant et l'histoire continue"...

C'est malheureusement vrai Christine.
Il m'a fallu du temps pour comprendre le mépris que certains "noirs" avaient pour les "blancs"... mais je peux admettre que cette réaction peut être légitime.
Par ex. au Zaïre (Congo/Kinshasa actuel), le soir... c'est les bars, la drogue, les prostituées, les boîtes de nuit avec tous les éléments indispensables à la luxure qui s'entremêlent... ce sont les bwanas blancs qui entretiennent cela.
Que dire aussi... des magnifiques maisons où les blancs logent, où ils gaspillent de la nourriture alors que la moitié du pays à l'estomac dans les talons, où ils se baignent dans des piscines alors que certaines personnes dans le pays font des kilomètres pour ramener de l'eau sur leur tête dans leur village.
Imaginez Sylvie, ce bwana qui dévergonde, qui dévalise, qui se fait du pognon sur le dos des "nègres", dans un pays qui n'est pas le sien...
C'est malheureusement une triste réalité
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MessageSujet: Re: Souvenirs d'Afrique   9/6/2006, 16:13

Ishtar, on voit que tu as vécu là-bas et vraiment, cela me fait plaisir de partager nos avis là-dessus...
J'en profite pour te dire que je t'envie!
Si, si...
Tu as su parler lingala et visiblement, tu te souviens plus que moi des termes comme bwana...
C'est ce qui manque dans mes écrits sur l'Afrique et aussi l'une des raisons que je ne l'ai jamais présenté à un éditeur.
Il y a eu beaucoup de livres sur le sujet aussi...
Enfin, n'hésite pas à contribuer encore si tu le désires, bien-sûr.
Et toi aussi, Sylvie...
Bonne fin de journée.

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MessageSujet: Re: Souvenirs d'Afrique   9/6/2006, 18:14

Votre ouvrage "L'albinos" pourrait s'intituler en lingala : "Mbunzu moindo".
Wink
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MessageSujet: Re: Souvenirs d'Afrique   9/6/2006, 19:08

Merci beaucoup pour cet info, Ishtar...Je l'ai noté.
Pour quelqu'un qui a perdu du lingala, euh...
Je crois bien que je vais prendre des cours avec toi.
Je me permets depuis le début de te tutoyer car, paraît-il que cela se fait par internet...Une leçon que j'ai apprise sur un autre forum où mon "vous" du départ, agaçait...
Alors si vous préférez que je vous vouvoie, il n'y a pas de problèmes pour moi mais j'avoue que, comme j'ai démarré avec le "tu", cela me gênerai un peu...
Aussi, comme nous avons quelques points en communs, il me semble naturel d'employer le "tu".
C'est comme vous voulez ou comme tu veux...
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MessageSujet: Re: Souvenirs d'Afrique   9/6/2006, 21:05

Pas de problème pour le tutoiement.... tout le plaisir est pour moi Christine.
Excellente soirée à toi et bon week-end ensoleillé sunny
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Christine Rato
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MessageSujet: Re: Souvenirs d'Afrique   9/6/2006, 22:24

Merci Ishtar et bon week-end à toi aussi...
C'est la fête foraine, dans mon village et il y aura Rose Laurens, qui chantera certainement "Africa" et Madère avec "Macumba"...
çà promet d'être chaud!
Et je parie que je serais la seule à me trémousser sur ces airs de djembé...
Sylvie, tu vois, je vais être encore "l'imbécile heureuse"...
Mais comme je n'aime pas choquer, je me retiendrais pour ne pas faire comme les africains...Quoique!
Je vous le dirai peut-être Lundi.
...
Mais si c'est comme il y a déjà 2 ans, quand je suis allée rejoindre Eric Blanc, dans les coulisses et où on a évoqué nos souvenirs d'Afrique pendant plus d'une heure...Je risque encore me faire fusiller du regard car les autres attendaient un autographe...
Le pire, dans tout cela, c'est qu'ils l'ont eu, leur autographe...pas moi.
Même pas pensé...
Ni Eric, ni moi...On a parlé et j'ai oublié l'autographe...
C'est tout moi!
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MessageSujet: Re: Souvenirs d'Afrique   9/6/2006, 23:33

ah n' hesites pas, fait comme les beaux noirs, tremousses toi! il n' y a rien de meilleur dans une soirée que de se laisser emporter par la musique en oubliant les autres...juste etre en accord avec soi, juste etre bien.
tres bon week end a vous!
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Christine Rato
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MessageSujet: Re: Souvenirs d'Afrique   11/6/2006, 21:25

Bien-sûr que j'ai trémoussé...
Je ne peux pas rester
inerte au son du djembé...
Il faudrait m'amputer
et même ainsi, je suis sûre que je trouverais
encore le moyen de bouger.
C'était chaud comme là-bas!
J'étais possédée comme un sorcier vaudou
j'ai dansé sur des rythmes fous
la fête est terminée,
j'ai mal aux pieds, partout
mais suis comblée.

Pendant quelques heures
J'étais ailleurs
Et de tout mon coeur
j'ai donné le meilleur!
Malgré les vilaines mimiques
Moi, je vivais en Afrique.
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MessageSujet: Souvenir d'Afrique... Du Nord! (1961)   12/6/2006, 09:52

Puisque vous évoquez des souvenirs d'Afrique, je vous livre ici dans ce fil un petit texte intitulé "La Tortue", extrait de la 2ème partie de mon livre QUEL MONDE POSSIBLE.
Ce texte avait par ailleurs été sélectionné en Juin 2002 dans la revue "Missives" de la Société Littéraire de la Poste...
Voici :

La tortue

Lorsque, enfant, je vivais en Afrique du Nord, il m’arrivait de rapporter des tortues, que je ramassais aux abords d’un oued à proximité de l’immeuble où je demeurais avec mes parents, au neuvième et dernier étage.
Tout au bout de la coursive le long de laquelle s’ouvraient les portes des six appartements de l’étage, j’avais aménagé, en accord avec nos voisins qui étaient nos amis, un espace délimité par des briques, des morceaux de planches, de gros galets. C’était là un enclos provisoire pour ces bêtes à carapace dont la lenteur des mouvements laissait supposer qu’elles n’avaient pas besoin d’un vaste territoire…
Mes parents voyaient d’un mauvais œil un tel élevage, d’autant plus que les détritus, épluchures de légumes, feuilles de salade, morceaux de pain rassis, ainsi que les déjections de ces animaux s’accumulaient de jour en jour, encombrant le passage. De surcroît, le régisseur, homme de loi et d’administration, devant prochainement effectuer son incursion mensuelle auprès des locataires, ne manquerait pas de nous signifier l’obligation de tout nettoyer dans les plus brefs délais. Mais le jour fatidique étant encore relativement éloigné, je parvins à grand’ peine à négocier avec mes parents le maintien de cet élevage clandestin.
Mes pensionnaires s’appelaient Sophie, Proserpine, Cunégonde, Fatma, Aïcha, Zorra, Mina. Elles étaient de tailles diverses et la plus petite à peine plus grosse qu’un œuf de poule. Outre ces pensionnaires que, nécessairement, je devrais en temps voulu rapatrier dans leur territoire d’origine avant le passage du régisseur, j’entretenais dans notre appartement, sur la loggia, une amitié particulière avec une autre fille à carapace qui, elle, n’avait pas de nom et à laquelle j’étais très attaché.
L’imagination ne m’aurait pas manqué pour donner un nom à ma «fille »… J’aurais peut-être à cette fin « péché » dans les étoiles du ciel, mais il m’avait paru invraisemblable de donner une identité à cette bête là, surgie de la terre comme tombée du ciel dans mes rêves de gosse. Elle ne pouvait être pour moi qu’un drôle de caillou vivant avec des pattes et une tête. Un caillou qui, dans mon idée me reliait à des trésors n’appartenant à personne et ne pouvant donc avoir de nom tel que celui que l’on donne à un petit chien par exemple.
Par contre, les pensionnaires au bout de la coursive extérieure étant des êtres « empruntés », plus par amusement que par amitié, il m’avait paru assez drôle de les pourvoir d’un prénom féminin.
Dans les premiers temps de cette amitié particulière avec la fille sans nom, il n’y avait aucune magie en la relation qui s’établissait entre nous. J’approchais doucement le bout de mon doigt lorsque sa tête paraissait, mais aussitôt les pattes antérieures formaient une muraille d’écailles, la tête s’enfonçait à l’intérieur de la carapace. Patient, obstiné, amusé, curieux, je renouvelais à maintes reprises le même geste d’approche et parfois je l’avoue, l’amusement prenait la tournure d’un sentiment proche du dépit ou même de la colère.
A chaque tentative tout se refermait brutalement, et je percevais un petit « tchuitt » discret, sorti des deux minuscules trous situés tout juste à la pointe de la tête. Patiemment, de longues minutes durant, j’attendais que la muraille d’écailles s’écarte de nouveau, et que paraisse enfin le bout de la tête. Mais tant que je demeurais à l’affût, tout proche et le doigt tendu, les lourds vantaux musclés de la porte restaient soudés et rien n’aurait pu les écarter, pas même la pointe d’un canif. De toute manière, une telle effraction se serait soldée par l’échec définitif de mon entreprise de communication.
Cela dura plusieurs semaines. Je m’évertuais à toutes sortes de ruses, entre autres celle qui consistait à tendre un bout de salade tout près des deux murailles d’écailles. J’agitais fébrilement le bout de salade, l’approchant de la fente qui ne s’entrouvrait même pas d’un dixième de millimètre. En désespoir de cause, je finissais par déposer la feuille de salade devant l’animal puis m’éloignais…
Mon père, avec son ironie habituelle, me disait : « Tu n’as qu’à mettre une pincée de sel en dessous de son trou de bale, peut-être que ça marchera. »
Un jour le miracle s’accomplit : alors que la feuille de salade, auparavant desséchée, venait de parcourir le tube digestif de ma « petite fille caillou », les deux battants musclés de la grande porte s’ écartèrent enfin et la tête parut.
Je tendis mon doigt et, à ma grande surprise, je parvins à le poser tout doucement sur le dessus de la tête. Je réussis même à toucher le cou de l’animal à l’endroit le plus doux et le plus fragile. Alors la tortue se mit à avancer lentement, tendant sa tête et la maintenant dressée, j’accentuai la pression de mon doigt allant même jusqu’à serrer entre le pouce et l’index cette petite tête qui s’abandonnait. J’aurais pu d’un seul coup, l’écraser car en dépit de sa fermeté apparente, je sentais bien entre mes doigts à quel point l’animal était vulnérable. Sa peau épaisse, constituée d’une croûte d’écailles, me faisait penser à la coquille d’un œuf d’oiseau ganté de cuir froid. Les yeux, comme deux étoiles noires, immobiles, semblaient n’avoir aucun regard autre que celui d’une innocence indéfinissable. Je me baissai, approchant le bout de mon nez à un centimètre de la pointe triangulaire de la tête, et je perçus très nettement le petit souffle froid jailli des deux trous : c’était la respiration de l’animal, régulière, délicate, inodore. Cette respiration se faisait parole, presque confidence, elle me disait sa ressemblance avec la mienne, issue elle aussi, de deux trous.
Je pris alors conscience qu’une relation s’établissait entre nous : j’étais la « grande bête à deux pattes », soit un humain ; elle était la petite bête à carapace, un reptile selon notre vocabulaire pour identifier ce genre de créature.
Je songeais aux très nombreuses journées durant lesquelles la tortue s’était murée, barricadée à l’intérieur de sa forteresse, alors que je tentais sans succès de nouvelles phases d’approche…Et la forteresse s’était ouverte d’un seul coup !
Si un tel miracle pouvait se produire, me dis-je, entre un reptile et un humain, qui sont des êtres si différents, ne pouvait-il en être de même entre des êtres de la même espèce ?
Pour la première fois de ma vie, l’idée me vint que la relation elle-même pouvait s’apparenter à un être vivant. Un être certes, sans réalité physique, mais un être tout de même. Et que la vocation de cet être là était de relier entre eux les êtres physiques, dussent-ils être si différents les uns des autres.
Bien des années plus tard, au fil du temps selon les situations et les évènements, dans cette drôle de traversée, la vie, je me suis aperçu que finalement, entre êtres de la même espèce, les humains en l’occurrence, c’était bien plus compliqué qu’entre êtres d’ espèces différentes. Cela tient peut être de ce que l’humain vis à vis de ses semblables, perçoit la relation non pas comme un être vivant mais comme le vecteur de sa pensée et de ses aspirations, le fil conducteur de son énergie, de son orgueil, de ses projections entre lui-même et tout ce qu’il veut atteindre.
Dés lors, toute phase d’approche, tout apprivoisement n’a qu’un avenir incertain. L’intensité de la relation disparaît dans l’habitude, la lassitude ou toutes sortes de motivations dépendantes de nouveaux besoins.
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sylvie
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MessageSujet: Re: Souvenirs d'Afrique   12/6/2006, 14:54

c' est un tres beau texte.
et a mes yeux une belle métaphore du racisme et de la discrimination de toute sorte.
Il est parfois plus facile d' établir des contacts avec les animaux.eux n' ont aucuns jugements sur le physique, et sur l' humain, a moins que celui-ci les ais traumatisés auparavant...
Il peut se lier des liens fabuleux, et d' autant plus lorsqu' il s' agit d' animaux non familiers.
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Christine Rato
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MessageSujet: Re: Souvenirs d'Afrique   12/6/2006, 14:59

C'est amusant, moi aussi, j'ai eu une tortue, on l'appelait Charlie...
J'en parle dans mes écrits sur l'Afrique...

... ... ...
Même la petite tortue...
Trouvée dans le jardin,
Un matin.
Le bonheur qu'elle nous avait procuré,
Le temps que cela avait duré.
Jusqu'à un autre matin,
Plus de chagrin...
De l'apercevoir sur le dos,
Les quatre pattes en l'air,
Immobile.

Ma soeur et moi,
Nous lui avons fait
Un enterrement
Digne de son nom.

Dans un coin à l'ombre...
Creuser la terre,
Confectionner une croix,
Avec deux branches de bois,
Des cailloux pour sa tombe,
Et des prières pour qu'elle se repose en paix.
... ...

Extrait de "L'albinos" Christine Rato
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Christine Rato
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MessageSujet: Re: Souvenirs d'Afrique   21/6/2006, 17:41

Ce dernier week-end, j'étais en Afrique rien qu'en reparlant avec une amie qui était là-bas et que je n'avais pas revu depuis plus de 20 ans...
On était redevenues petites filles et les souvenirs jaillissaient les uns après les autres...
C'était dur de repartir!
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