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 Les écrits de Claudy

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Jipi
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MessageSujet: Les écrits de Claudy   27/12/2005, 17:19

Claudy vous parlera, dans ce topic, de ses écrits !
Elle vous présentera, éventuellement, quelques textes personnels.
Vous pourrez lui poser toutes les questions que vous souhaitez lui poser.

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Claudy
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MessageSujet: Re: Les écrits de Claudy   27/12/2005, 18:09

Merci jipi de m'avoir accordé cet espace ... je reviens ce soir
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Claudy
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MessageSujet: Re: Les écrits de Claudy   27/12/2005, 21:43

R.A.S. :lol:


Dernière édition par le 11/1/2006, 15:51, édité 1 fois
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Maryse

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MessageSujet: oui   27/12/2005, 22:27

Toujours et Jamais

Claudy, la lecture de ces livres reste inoubliable. Une autobiographie remplie d'une sensibilité extrême, la tienne. L'histoire d'une vie de passions, de souffrances, de révoltes, d'injustices. Une vie peu ordinnaire qui nous amène à nous remettre en question.
La lecture ne vous laisse pas indifférent, elle vous transperce au plus profond de votre être.
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Maryse

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MessageSujet: oui   27/12/2005, 22:35

"Le hasard de la vie" fut une expérience d'écriture magnifique où la sincérité, le respect de l'autre, l'amitié furent nos trois mots clés

Merci Claudy pour ce petit bout de chemin partagé en toute confiance


Préface de Joseph Ouaknine




Ce roman est écrit à deux mains, mais je devrais dire qu’il est écrit avec deux cœurs ! Et pas des moindres : des cœurs qui connaissent la valeur de la vie et savent faire transparaître entre les lignes d’un récit, le meilleur côté de la nature humaine, fut-il englobé dans des schémas racistes, machiavéliques ou funestes et tragiques.
Dans ce roman, Marie-Claude MARTY et Maryse FRONCOUX ont associé leur talent au profit de destins ordinaires qui en côtoient des plus fortunés, de vies banales et désœuvrées confrontées aux destinées florissantes ou malheureuses. Chacune apportant son originalité, sa culture et sa méthode, elles en ont fait un roman passionnant et envoûtant. Certes le suspens est léger, mais ce rapprochement passionnel aux méandres et ramifications multiples transporte le lecteur de phase en phase, de l’épreuve douloureuse au ravissement, passant par la compassion et la révolte.
Si le racisme est à l’honneur dans ce livre, ce n’est pas par chauvinisme ou voyeurisme, ni par pitié, c’est pour mieux le combattre, puisque survient le bonheur et le malheur entrelacés à la frontière tumultueuse de ces destinées…
L’espoir qui règne en maître mot tout au long du récit, toujours présent à l’esprit des deux auteures, est l’un des mots les plus cités dans cet ouvrage sans qu’on s’en aperçoive. C’est sans aucun doute un tour de force, un tour de magie ! Mais… aura-t-il son dernier mot ?
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Emmanuel de Careil
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MessageSujet: claudy   27/12/2005, 22:37

J'aime beaucoup ta manière de t'exprimer!
Ton poème est très beau et fait ressortir plein de choses avec beaucoup de sensibilité.
Mais je voudrais savoir comment tu t'y es pris pour écrire un roman avec Maryse et ce que ça t'a apporté dans ta vie civile et dans ta vie d'auteur.
Ce doit être drôlement enrichissant, non?....

Bisous Claudy!
sunny
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Claudy
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MessageSujet: Re: Les écrits de Claudy   28/12/2005, 15:13

R.A.S. :lol:


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Jipi
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MessageSujet: Re: Les écrits de Claudy   31/12/2005, 14:44

Très belle cette relation d'amitié et d'écriture je trouve...
Un magnifique exemple de la possibilité d'un dialogue par des voies extraordinaires et étonnantes !
Chapeau !

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Marija

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MessageSujet: Re: Les écrits de Claudy   2/1/2006, 16:47

Etonnant partage - je me suis souvent demandée comment 2 auteurs arrivaient à faire cohabiter leurs univers respectifs (et égoïstes... - n'y voyez aucune critique, pour moi, toute personne créatrice possède une part d'égoïsme essentielle à ses oeuvres) de façon à créer une oeuvre commune, mais empreinte de la personnalité de chacun. Je suis heureuse de savoir que tout s'est bien déroulé et je vous dis Bravo ! Wink
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Claudy
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MessageSujet: Re: Les écrits de Claudy   4/1/2006, 07:08

R.A.S :lol:


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marie chevalier
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MessageSujet: Re: Les écrits de Claudy   4/1/2006, 14:26

que du beau Claudy! :(
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Claudy
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MessageSujet: Re: Les écrits de Claudy   5/3/2006, 18:19

Je peux vous dire qu'on a remis ça, avec Maryse, et que nous sommes entrain d'écrire la suite du " Hasard de la Vie " ... nious espérons vous en parler plus complètement, à la fin de l'année quand ce livre sera terminé Smile

En attendant, dès que j'aurai un tout petit moment, je vous mets, ici, une nouvelle, enfin, si vous le voulez bien Question
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marie chevalier
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MessageSujet: Re: Les écrits de Claudy   5/3/2006, 21:15

et j'espère que cette fois tu ne nous mettras pas des SAS partout pffffffff sunny affraid affraid sunny
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Claudy
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MessageSujet: Re: Les écrits de Claudy   5/3/2006, 21:40

c'est pas de ma faute, Marie, c'est celle de mon p'tain de caractère qui démarre au quart de tour :lol: :lol:
donc voilà une petiote nouvelle pour vous ... tu dois la connaitre, Marie

Rejetés de tous
Nouvelle publiée dans Humanimal 3 éditions Jh Ouaknine
***
La pluie lui fouettait le visage. Une pluie froide d’automne. Dans ses haillons, le corps parcouru de frissons, le jeune homme avançait en traînant les pieds dans ce qui lui servait de chaussures, de vieux godillots sans lacet et élimés à chaque extrémité et l’on pouvait apercevoir des orteils noirs de grasse et bleuis par le froid.
Depuis des mois il cheminait ainsi, allant de village en village, vivant de petits boulots que voulaient bien lui confier quelque paysan attendri par sa précarité, contre quelques fruits tannés ou quelques croûtons de pain rassis de la veille. Mais jamais personne n’était allé à l’embaucher franchement, ni surtout à l’héberger et à le faire asseoir à sa table.
Il n’avait pas de papier et venait de nulle part.
De temps en temps, lorsqu’il s’avérait que sa présence était utile le lendemain ou les jours suivants pour aider aux moissons ou aux champs, la permission lui était donnée de dormir dans une grange parmi la paille et les
machines agricoles.
Mais dès qu’on n’avait plus besoin de ses services, ses exploiteurs lui faisaient vite comprendre qu’il devenait indésirable. Alors, sans un mot, il reprenait la route, parfois même à la nuit tombée, harassé de fatigue et le ventre souvent vide.
Il n’avait aucune souvenance de son âge et lorsqu’on lui demandait son nom, il se rappelait juste qu’il se prénommait Benoît ; en tout cas, c’était le seul prénom qui lui venait à l’esprit, comme le vestige d’un passé oublié.
— Benoît comment ? questionnaient les gens.
— Benoît tout court, répondait-il à ceux qui insistaient.
L’hiver dernier, il avait dû être hospitalisé dans le petit établissement du coin, suite à un mauvais coup de froid. Il ne s’était laissé emmener de bon cœur, mais on l’avait trouvé toussant et crachotant par un soir glacial, sur un banc public, sur la seule place du village de 3000 habitants et la marée chaussée ne lui avait pas demandé son avis. Il les avait donc suivis de mauvaise grâce. Il y était resté une semaine, puis, dès que la fièvre était tombée, il était reparti comme il était venu, sourd aux
propositions d’aide que les services sociaux voulaient lui apporter et fuyant leurs questions, de crainte d’être à nouveau chassé comme il l’avait été déjà si souvent. Depuis, il était resté dans les environs, vivant tant bien que mal de ce que la nature lui offrait gratuitement, chapardant dans les potagers et les vergers à la belle saison.
*
Le chien se sauva avec un cri sourd, boitillant sur trois pattes, car le coup de botte qu’il venait de recevoir lui avait momentanément paralysé une partie du train arrière. Ce n’était qu’un bâtard au poil jaune, râpé par endroit et galeux. Ses côtes saillaient et l’une de ses oreilles était à demi-déchiquetée, souvenir d’une bataille rangée avec l’un de ses congénères.
Il fuyait devant l’adversaire, surprit en flagrant délit de chapardage, le nez dans la gamelle du chien de maison resté bien à l’abri à l’intérieur, de la pluie qui tombait drue, pratiquement sans interruption depuis la veille au soir. Il était de nulle part et n’appartenait à personne. Dans son pauvre cerveau de chien, quelques bribes de caresses d’un petit d’homme venues d’un temps lointain alors qu’il n’était encore qu’un chiot, puis un grand vide
dans son existence avec le seul souvenir d’une voiture qui fuyait dans la nuit, alors qu’il était attaché, par une
corde à un tronc d’arbre sur une aire quelconque d’autoroute et le visage d’un enfant en pleurs collé sur la vitre arrière de l’auto, par une nuit d’été et qui criait “Chien… Chien…” Et lui, rongeant la corde qui le retenait prisonnier, s’en était allé sans but, abandonné et plus seul que jamais. Au fil des jours et des mois, fuyant les hommes, il avait appris à subsister avec ce qu’il trouvait sur son passage : contenu de poubelles et quelques volailles égorgées à la va vite.
Personne n’était encore arrivé à l’attraper si ce n’est ce jour où l’individu chaussé de bottes avait surgi derrière lui, alors qu’il était affamé et trop occupé à avaler le restant de la pitance du chien de la maison.
*
La pluie ne cessait de tomber. C’était une pluie de fin novembre, glacée, fouettée par le vent du nord qui soufflait depuis le matin et qui s’en donnait à cœur joie sur ces étendues de champs labourés, plongés dans un début de sommeil hivernal. Tristes et nus depuis que leurs feuilles étaient tombées, les arbres se dressaient tels
des spectres dans le soir tombant, troué çà et là par quelques épineux restés verdoyants.
Benoît grelottait. Depuis le début de la matinée, il marchait ainsi, bravant les intempéries et se cachant dans les fossés dès que le bruit d’un moteur se faisait entendre, heureusement guère nombreux en cette saison sur ces petites routes communales qui reliaient une bourgade à une autre. Parfois, il arrivait à un croisement de chemin et se fiait à son instinct pour prendre telle ou telle direction qui pouvait le mener au bourg le plus proche. Il savait bien qu’il n’y trouverait pas grand chose si ce n’était l’indifférence des gens pressés de rentrer dans leur foyer surchauffé, mais Benoît avait la possibilité de se pointer à la sortie de la supérette du coin et, faisant la manche, de récolter quelques pièces qui lui permettraient d’acheter son litre de vin, son pain et son fromage ou son saucisson qu’il irait consommer sous un pont quelconque, le plus loin possible des regards indiscrets.
Il ne voulait pas s’attarder deux jours d’affilé dans un même village de peur d’être reconnu et chassé, ou conditionné par les services communaux. Dès le matin, il se remettait donc en route vers sa destination suivante. Il ne s’arrêtait pas dans les hameaux ou les lieux dits, proie trop facile qu’il était devenu, pour être facilement catalogué et reconnu. Mais ce soir-là, il se sentait
fiévreux et chargés d’eau, ses habits, ou tout au moins ce qui en tenait lieu, lui collaient au corps, le vent du nord qui n’avait cessé de souffler accentuant l’impression de froid.
Son regard brillait d’une lueur inquiétante et sa marche devenait de plus en plus lourde. Il sentait bien qu’il avait présumé de ses forces et que la distance qui le séparait du plus proche village était encore trop grande pour lui permettre d’arriver avant la fermeture des commerces. Il avait fait une courte halte vers midi, rôdant autour d’une ferme, et il était même allé quémander un morceau de pain et la permission de se mettre à l’abri pour se reposer dans la paille. Mais le fermier, accompagné de son roquet de chien qui ne cessait d’aboyer, était apparu sur le pas de sa porte, le canon d’un fusil de chasse pointé sur lui en lui intimant l’ordre de déguerpir. Il s’en était donc retourné et avait gagné la grande route, déserte par un temps pareil. Vers la fin de l’après-midi, quelques voitures avaient troué le rideau de pluie, mais, si elles ralentissaient à son approche, après un rapide coup d’œil qui en disait long, elles redémarraient à grands coups d’accélérateur.
Benoît n’en pouvait plus. Il ne savait pas, il ne savait plus quelle distance il lui restait encore à parcourir avant d’atteindre l’agglomération qui, il l’espérait, lui fournirait, avec un peu de chance, un semblant d’abri jusqu’au lendemain matin, sous une porte cochère ou dans un vieux couloir d’immeuble.
La nuit était tombée depuis un moment, et Benoît continuait d’avancer, plus par automatisme que dans un but précis. Il sentait bien qu’il lui faudrait bientôt s’arrêter s’il ne voulait qu’on le retrouve inanimé au petit matin sur cette petite route déserte, mais aucune ferme ne se dessinait plus à l’horizon et celle qu’il avait quittée était déjà loin derrière lui.
Il marchait, tantôt sur la route goudronnée, tantôt sur l’herbe des bas-côtés quand la fatigue le faisait zigzaguer. Une ombre se profila à quelques mètres de lui ; il eut vite fait de reconnaître un muret qui bordait la route de chaque côté. Benoît hâta le pas et, se penchant par-dessus le mur, il entendit, plus qu’il ne vit, le bruit de l’eau. Un ruisseau coulait sous la route. Un court chemin descendait, et Benoît ne prit pas le temps d’admirer le paysage. Quelques secondes plus tard, il se laissait choir à terre sous le pont. Grelottant, bleu de froid dans ses vêtements qui n’absorbaient même plus la pluie, il s’écroula inanimé.
*
Pendant ce temps, mû par une sorte d’instinct de protection, après s’être enfui en boitillant, Chien avait dédaigné les routes et traversé des champs, des prés, et s’en allait, sans but précis, vers une hypothétique quête de nourriture. Mais ce temps exécrable ne lui facilitait pas les choses et il cheminait, crotteux et miséreux, le nez au raz du sol. Il suivait le lit de la rivière qui charriait une eau troublée par toute la pluie tombée depuis des heures et dont les berges laissaient aller, de temps à autre, un peu de terre qui s’écroulait.
Chien s’arrêta à quelques mètres d’un pont qui enjambait la rivière. Tout à coup, le poil hérissé malgré la pluie qui lui collait aux flancs, crocs en avant, il stoppa net sa progression et émit un grognement sourd. Il avait senti une présence humaine ; les sens en alerte, il progressa lentement vers la berge jusqu’à apercevoir une forme couchée qu’il définissait mal.
Le chien flaira l’homme qui n’était autre que Benoît recroquevillé en chien de fusil, qui grelottait et qui avait des difficultés à respirer. Ses joues marquées d’une rougeur inquiétante et semblant plongé dans une demi-inconscience. Chien le lécha, ce qui au début n’amena aucune réaction de Benoît, mais devant l’insistance de l’animal, à le pousser de la truffe et à se coucher contre lui, ses paupières s’entrouvrir sur un regard fiévreux. Le chien remua la queue de contentement et se colla encore plus contre lui pour lui communiquer sa chaleur.
De temps en temps, lorsqu’il lui semblait entendre au loin, le roulement d’une voiture, Chien rejoignait en vitesse le talus et là, scrutant la nuit de part et d’autre de la route, les sens en éveil, il épiait l’obscurité. Malheureusement pour lui et son compagnon, c’était souvent un véhicule qui passait sur une route parallèle et Chien retournait alors se blottir à nouveau contre l’homme malade qui dormait en contre-bas d’un sommeil agité, et qui parfois délirait. Sur le petit matin, il cru bien avoir touché au but car, dérangé par des bruits de carrosserie et la sirène des pompiers, se précipitant au bord de la route, il vit en face de lui, sur cette même route parallèle, les phares de plusieurs véhicules et un remue ménage inhabituel. Il attendit plus longtemps que les fois précédentes dans l’espoir de voir pointer à sa gauche, les lumières d’un véhicule, mais un gémissement plus accentué lui parvint et il redescendit précipitamment le sentier pour retrouver l’homme dressé sur son séant et qui semblait le chercher. À sa vue, son regard s’illumina et Chien repris sa place contre le corps de Benoît qui avait fini par se réchauffer un peu grâce à la chaleur animale.
*
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Claudy
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MessageSujet: Re: Les écrits de Claudy   5/3/2006, 21:41

la suite de cette nouvelle, demain, le message était trop long :lol:
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callinira
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MessageSujet: Re: Les écrits de Claudy   6/3/2006, 13:40

La marée chaussée ? Very Happy Pour ne pas s'écorcher l'écume sur les galets ? C'est la "maréchaussée" (de maréchal). Amusante faute de frappe. Very Happy

C.
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Claudy
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MessageSujet: suite de ma nouvelle   6/3/2006, 19:33

L’appel avait surgit vers les 5 h du matin dans le poste de police du village de N… signalant un carambolage sans trop de gravité entre trois voitures sur la nationale 113. Les pompiers étaient déjà sur place… À leur arrivée sur le lieu de l’accident, les gendarmes examinèrent la situation. Deux blessés choqués, souffrant de plaies légères au visage et de contusions sur le corps, étaient déjà prêts à partir dans les ambulances pour un diagnostic plus complet et une éventuelle hospitalisation. Le conducteur du troisième véhicule, glissant sur la chaussée mouillée, n’avait pu freiner à temps et il était venu buter contre l’arrière de la seconde voiture. Il se tenait au côté de son véhicule malheureusement hors d’usage, et attendait l’arrivée des dépanneuses.
Une fois les formalités accomplies de part et d’autre, les ambulances parties et la route rendue libre à toute circulation, le jour s’était levé sur un brouillard déjà dense. Les deux gendarmes s’apprêtaient à retourner à leur caserne y prendre leurs effets et rendre leurs armes pour un repos bien mérité après cette nuit de veille.
— Tiens, si tu veux, dit le sergent Dutour à son collègue fraîchement parachuté à la brigade, je vais te faire voir où je pêche habituellement la truite…
Et devant le hochement affirmatif du jeune flic, Dutour ajouta :
— C’est sur la nationale 114 ; oh pas loin, juste un petit détour sur la route parallèle à celle-ci, elle nous ramènera aussi au village de N… Ici, ce n’est encore qu’un ruisseau mais plus en amont, c’est une magnifique rivière poissonneuse au possible, avec une eau claire où la truite y est reine !
*
Après avoir veillé une bonne partie de la nuit sur Benoît et aux aguets du moindre bruit, Chien somnolait. Le malade semblait calme, mais sa respiration sifflante faisait comme un bruit de soufflet dans sa poitrine décharnée. Le brouillard qui recouvrait les berges bien au-delà de la route en surplomb ne permettait aucune visibilité, et Chien que la faim commençait à tirailler n’osait abandonner son poste, conscient que l’échange apporté entre l’homme et lui allait bien au-delà d’une chaleur communiquée.
Tout à coup, il dressa les oreilles et releva la tête. Un moteur se faisait entendre. D’un bond, après un regard à Benoît couché toujours en boule sur le sol détrempé et sans aucune réaction, il s’élança sur la route. Là, à sa gauche, trouant le brouillard, il distingua les phares d’une voiture qui approchait. Chien n’hésita pas. Lorsque le véhicule ne fut plus qu’à 500 mètres, il s’engagea sur la route et se coucha en plein milieu de la chaussée.

Dans le véhicule de police, le 2ème classe Poinrouton jura alors que ses mains se crispaient sur le volant et que son pied écrasait le frein.
— Bon Dieu, cria le sergent Dutour, qu’est-ce qu’il y a sur la route ?! Un gosse… Gare-toi !
Tandis que Poinrouton se garait sur le bas-côté et qu’il allumait le gyrophare et les feux de détresse, le sergent Dutour descendit et s’approcha de ce qui semblait être un corps allongé sur le bitume, corps qui redressa la tête et agita la queue de contentement, le regardant dans un appel muet.
— Sapristi, Poinrouton, c’est un chien !
Tandis que son collègue surveillait la circulation, le sergent se baissa et tendit la main au chien qui la renifla et la lécha, mais ne bougea pas.
— Mais mon gros, tu es tout mouillé ! Pourquoi restes-tu là, au milieu de la chaussée au risque de te faire écraser !
Dutour ne comprenait pas. Calmement il l’obligea à se mettre debout et lui intima l’ordre de partir :
— Allez… sors de là ! C’est la fourrière qui t’attend, mon brave, si tu restes là, ajouta le sergent qui adorait les chiens. D’ailleurs, je vais te signaler et on viendra te chercher.
Chien se mit debout et à tour de rôle regarda la voiture de gendarmerie et la direction du ruisseau qui coulait en contre-bas et dont on entendait le clapotis. Il fit quelque pas de côté en poussant quelques gémissements, mais voyant que le sergent s’apprêtait à remonter avec son collègue dans leur véhicule, il poussa quelques aboiements en les fixant du regard.
— Mais qu’est-ce qu’il a, ce clébard !
Cela commençait à agacer les deux gendarmes qui auraient bien voulu aller se coucher.
— Allez, roule, on s’en va ! commanda le sergent, je vais appeler la fourrière, d’autant plus que ce cabot n’a pas de collier ! On ne va pas le laisser traîner sur les routes au risque qu’il occasionne un accident !
Chien entendit le moteur se mettre en route et avant qu’ils aient pu regagner le milieu de la chaussée, il s’allongea à nouveau devant le capot.
— Oh merde ! jura le sergent, attention, on va l’écraser ! Il y a un truc pas normal ! Arrête ! Je retourne voir !
Dutour sortit à nouveau, claqua la portière en rageant puis s’adressa au chien qui se relevait :
— Ce n’est pas fini ton cinéma ! Qu’est-ce que tu veux ?
Chien le regarda, puis il descendit jusqu’à mi-hauteur du sentier qui menait aux berges, remonta, poussa du nez le gendarme et attendit.
— Quoi ? Tu m’invites à une partie de pêche ?! Je te signale que ce n’est pas l’époque ni le moment et que je tombe de fatigue !
Néanmoins, il suivit Chien qui s’engageait à nouveau vers le cours d’eau déclarant à son collègue qui, la tête passée par la portière, s’amusait de ce petit manège :
— Je vais voir ce qu’il a et s’il m’emmerde encore, je le fiche à l’eau !
Soudain, Poinrouton vit son chef remonter en courant :
— Vite ! lança ce dernier, rappelle les pompiers ! Il y a un vagabond, un homme malade et qui a l’air dans un drôle d’état !
Puis il retourna auprès de Benoît et de Chien qui s’était à nouveau couché auprès de lui, semblant faire un rempart de son corps. Le sergent se baissa, mais Benoît ne le vit pas. Il délirait à nouveau, en proie à une très forte poussée de fièvre.
— C’est ça que tu voulais me dire, mon chien ?… dit le gendarme ému, s’adressant à l’animal qui le fixait d’un regard confiant. Ne t’inquiète pas, on va le soigner… C’est ton maître ? J’ai l’impression que vous êtes tous deux un peu paumés…

Déjà la voiture des pompiers s’arrêtait dans un crissement de pneus et après quelques mots échangés, tout ce petit monde dévala en courant la courte pente. Benoît fut hissé sur un brancard porté par deux hommes, puis dans l’ambulance, et après les premiers soins d’urgence, emmené à l’hôpital le plus proche où l’on diagnostiqua une double pneumonie.
Chien regarda partir les voitures, celle de la police et l’ambulance sans que personne ne fasse attention à lui. Il jappa de tendresse, seul dans son coin, d’un regard malheureux, quand à grands coups de klaxons les voitures disparurent au premier virage de la route.

Benoît resta une bonne semaine entre la vie et la mort, puis il reprit le dessus et lorsqu’il fut apte à quitter l’hôpital, refusant toute aide, il prit son baluchon et sortit. Il sembla hésiter un moment sur la direction à prendre, il descendit la grande route vers le centre-ville et s’arrêta un moment sur un petit pont qui enjambait une belle rivière. C’est alors qu’un sourire illumina son visage :
— Le chien ! souffla-t-il en fouillant dans ses bribes de souvenirs.
Sans hésiter, il traversa la route, descendit vers la berge et commença à remonter le cours d’eau d’un pas rapide. Vers le milieu de la journée, arrivant près d’un petit pont qui lui disait quelque chose, alors que le soleil au zénith illuminait la rivière dont le débit avait passablement perdu de l’ampleur, il vit débouler sur lui une boule de poil jaune. Les deux êtres se roulèrent à terre, jappant et riant leur bonheur à qui mieux mieux.
***
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Pietra
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MessageSujet: Re: Les écrits de Claudy   27/3/2006, 22:07

Bonjour,
Je viens de terminer le tome 2 de Toujours et Jamais. Un livre qui vous prends au tripe.
J'en conseille vivement la lecture.

Voici mes impressions :

Comment le mauvais sort peut-il s’acharner ainsi sur une famille ? Cette question, je me la suis posé sans cesse en lisant ce deuxième tome, encore plus dure que le premier.

C’est à n’y rien comprendre ! C’est à se demander si une quelconque divinité existe et si elle existe, comment peut-elle laisser le malheur, la souffrance, le mensonge, les trahisons s’accrocher à la famille Marty ?

Une famille toute simple, qui ne demande qu’amour, bonheur et sérénité mais non, le sort a décidé de la parasiter jusqu’au bout de sa force. Et de la force, il en faut !

Même dans la mort, cet acharnement ne les lâche pas. A croire que les membres de cette famille sont maudits ! Par qui ? Par quoi ? Un mystère !!!

Cette famille aura tout vu, tout subi même l’impensable !

Quelques rayons de soleil ont bien essayé de percer ces nuages gris mais pour combien de temps ? Bien peu pour une vie faite de souffrance.

Marie-Claude Marty, l’auteur de cette autobiographie, a un courage que peu ont. Une dure à cuire, j’en suis convaincu. Du haut de son mètre cinquante, ce petit bout de femme a pris sur ses épaules, plus qu’il n’est permis, plus que l’être humain ne peut supporter. Mais elle est là, encore et Toujours, et à Jamais.

La trilogie autobiographique de Claudy est disponible chez Joseph Ouaknine Editeur.

Bisous à vous
Pietra
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marie chevalier
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MessageSujet: Re: Les écrits de Claudy   28/3/2006, 14:34

Magnifique résumé Piétra . j'ai lu cette trilogie et tu as parfaitement traduit mon ressenti.
Nous ne pouvons que nous dire que tout va bien et que les petites misères ne sont que des "babioles" sans importance face à "CA"
bravo Claudy et bravo à toi Piétra de nous avoir fait connaitre ou redécouvrir ces moments tellement émouvants d'une vie pas ordinaire. sunny
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Claudy
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MessageSujet: Re: Les écrits de Claudy   28/3/2006, 20:42

Merci Marie et Pietra ... bisous
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Christine Rato
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MessageSujet: Re: Les écrits de Claudy   8/6/2006, 10:27

Claudy et ses R.A.S...
Heureusement que tes amis savent merveilleusement bien parler de toi car tu es tout sauf R.A.S
Rien à signaler n'est vraiment pas pour toi!
Au contraire, une vie si remplie de bonheurs et de souffrances ne peut pas être ignorée.
Claudy, ne sois pas si modeste...
Fais comme pour le parachute, jette-toi dans les airs car tes mots ont des ailes qui ne demandent qu'à être déployées.
Merci Claudy
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Claudy
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MessageSujet: Re: Les écrits de Claudy   12/6/2006, 13:38

Merci à toi Christine, je n'avais pas lu ton message Very Happy

Ben si , R A S ! je suis comme une voile de parachute, je me laisse pousser par le vent :lol:
Bisous
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Claudy
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MessageSujet: Re: Les écrits de Claudy   7/7/2006, 21:50

Ce n'est pas parce que je n'ai rien à dire que j'ai arrêté d'écrire Razz

Bon week-en à tous
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Les écrits de Claudy
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