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 Les écrits de Rémi

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rem
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MessageSujet: texte en miroir   11/12/2005, 14:58

bonjour, je suis moi aussi intéressé par la mise en abyme (je suis normand, donc la première qui me vient à l'esprit est celui des boîte de camembert le petit mayennais (ceux qui connaissent comprendront).
j'ai moi aussi écrit des textes dans le genre. mon texte "à un mur près d'une galaxie comprend un "texte en miroir" (il suffit de la lire pour comprendre) et un autoportrait à base de thème astral. en fait je fais mon portrait d'une manière clinique et froide et je l'intègre aux autres textes, comme si je parlais de quelqu'un d'autre. voici d'abord le texte en miroir :

"Le problème, c'est qu'on n'arrive jamais à perdre complètement la tête. Les systèmes défensifs de la raison sont beaucoup plus solides que ceux du rêve ou du délire. On s'imagine qu'en vivant toujours en état de grande acuité émotionnelle, les portes d'un monde moins réel vont s'ouvrir. Mais quelque chose, dont le retour routinier nous effraie, l'emporte toujours en ridiculisant fatalement nos excès. On choisit un support, on le qualifie " d'artistique ", et on le charge de nous aider à continuer la lutte. Ce travail peut nous amener à perdre beaucoup de temps, d'argent et de sérieux ; des choses utiles à notre existence concrète, mais qu'on imagine moins utile sur un autre plan de considération. On abandonne peu à peu les critères de réussite ou d'échec, en s'imaginant qu'on navigue en permanence sur le fleuve de notre vérité intime, qui dispense de se juger en fonction de ces catégories, comme celles du beau et du laid, de l'intelligent et du bête, de l'essentiel et du dérisoire, etc. On se souvient du temps passé à ne rien faire, consciemment, ou à satisfaire cette envie maniaque de ressentir, de chercher ou de s'émouvoir. On se souvient du sentiment que l'on éprouvait alors d'accomplir un acte profondément antisocial, libre et indépendant. On se souvient de la bibliothèque comme de la première brèche ouverte à notre soif de subversion. On se souvient des inévitables retours à la normale, de ces concessions faites à contrecœur aux réalités les moins facultatives. On évite alors de se relire, on cherche le prochain mot en négligeant de se soucier du précédent, on s'en tient au suivi d'une ligne hypothétique qui guiderait notre stylo. On n'évite pas forcément de penser, mais on essaie autant que faire se peut d'empêcher l'émergence d'une réflexion trop rigoureuse. On tient à ce que notre écriture conserve l'image de la construction progressive anarchique des pensées sans qu'elle n'en subisse toutefois le despotisme aveugle et inconséquent. Se réserver le droit d'interrompre un raisonnement en cours ou de briser le rythme d'une phrase si un brusque sentiment de fatigue m'intime l'ordre de passer à autre chose, comme le sommeil doit naturellement succéder à l'état de veille. Comme si le retour quotidien des jours symbolisait notre incapacité fonctionnelle à imposer un ordre différent des choses, et notre condamnation à vivre toujours plus ou moins enchaîné et prisonnier. Comme si le retour quotidien des jours symbolisait notre incapacité fonctionnelle à imposer un ordre différent des choses, et notre condamnation à vivre toujours plus ou moins enchaîné et prisonnier. Se réserver le droit d'interrompre un raisonnement en cours ou de briser le rythme d'une phrase si un brusque sentiment de fatigue m'intime l'ordre de passer à autre chose, comme le sommeil doit naturellement succéder à l'état de veille. On tient à ce que notre écriture conserve l'image de la construction progressive anarchique des pensées sans qu'elle n'en subisse toutefois le despotisme aveugle et inconséquent. On n'évite pas forcément de penser, mais on essaie autant que faire se peut d'empêcher l'émergence d'une réflexion trop rigoureuse. On évite alors de se relire, on cherche le prochain mot en négligeant de se soucier du précédent, on s'en tient au suivi d'une ligne hypothétique qui guiderait notre stylo. On se souvient des inévitables retours à la normale, de ces concessions faites à contrecœur aux réalités les moins facultatives. On se souvient de la bibliothèque comme de la première brèche ouverte à notre soif de subversion. On se souvient du sentiment que l'on éprouvait alors d'accomplir un acte profondément antisocial, libre et indépendant. On se souvient du temps passé à ne rien faire, consciemment, ou à satisfaire cette envie maniaque de ressentir, de chercher ou de s'émouvoir. On abandonne peu à peu les critères de réussite ou d'échec, en s'imaginant qu'on navigue en permanence sur le fleuve de notre vérité intime, qui dispense de se juger en fonction de ces catégories, comme celles du beau et du laid, de l'intelligent et du bête, de l'essentiel et du dérisoire, etc. Ce travail peut nous amener à perdre beaucoup de temps, d'argent et de sérieux ; des choses utiles à notre existence concrète, mais qu'on imagine moins utile sur un autre plan de considération. On choisit un support, on le qualifie " d'artistique ", et on le charge de nous aider à continuer la lutte. Mais quelque chose, dont le retour routinier nous effraie, l'emporte toujours en ridiculisant fatalement nos excès. On s'imagine qu'en vivant toujours en état de grande acuité émotionnelle, les portes d'un monde moins réel vont s'ouvrir. Les systèmes défensifs de la raison sont beaucoup plus solides que ceux du rêve ou du délire. Le problème, c'est qu'on n'arrive jamais à perdre complètement la tête".
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Jipi
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MessageSujet: Re: Les écrits de Rémi   11/12/2005, 20:25

J'ai trouvé le noyau central : « Comme si le retour quotidien des jours symbolisait notre incapacité fonctionnelle à imposer un ordre différent des choses, et notre condamnation à vivre toujours plus ou moins enchaîné et prisonnier. »

J'ai gagné ! J'ai gagné !

Même si l'exercice peut sembler un peu artificiel à certains (pas à moi, car j'adore toutes les recherches sur le plan narratif !), c'est une belle idée que ce récit spéculaire ! Ce noyau central, en son contenu même, explique aussi ce caractère répétitif de ton texte qui exprime la banalité d'un quotidien qui serait sans cesse répété et refusant toute folie.

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MessageSujet: Textes de rémi   13/12/2005, 00:59

voici quelques extraits de mes textes (en même temps, ça n'est pas trop difficile, ils s'affichent tous comme des "fragments littéraires", genre décevant, quoique seul honnête) :

Je ne voudrais surtout pas écrire. Pour ne pas que le langage interrompe l’harmonie des cristaux de glace. Manger les aliments les moins taillés pour le ventre. Il suffit de bouger la tête pour se sentir flotter. Tout ça, c’est magique. Le cœur qui bat, ce n’est pas important. Même si ça s’arrête, ça continue. Mais l’amour, c’est pas donné. C’est comme un petit bout de bois placé au mauvais endroit pour nous empêcher de respirer. L’amour, c’est du manque de souffle, c’est manquer de finir exténué dans une chaise roulante au moment où tu as le plus envie de courir. Mais y’a des lumières qu’on peut regarder sans bouger. Il suffit d’attendre, en regardant la neige, en laissant les choses comme elles sont, que les aiguilles aient toutes fini de tourner. Je veux écrire des phrases qui soient comme des enfants. Pas tout à fait finies. Je veux que la beauté commence au moment où l’on s’arrête de lire, quand il n’y a plus rien à dire, plus qu’à pleurer les morts. Je veux que tu m’aimes sans que je n’ai rien dit ni fait pour ça. J’ai pas les viscères tout à fait constituées. J’ai un corps pas tout à fait terminé. Pas encore. J’attends que tout soit refermé pour pouvoir me créer mes propres blessures, la brèche qui va finir par me remplir. C’est pas ce que je voulais en commençant.


J’hésite encore entre catholique et suicidaire.


J’avalerais le monde entier, pour être sûr de t’avoir.


Je n’ai plus de place où écrire. J’attends que ma tête tombe et vienne rouler à mes pieds. Elle sera mieux entre les crocs d’un chien.


Le goût de ta bouche s’affadit un peu moins vite que celui de la bonne chère. La viande que tu me proposes me tient au corps. Tu es comme un cheval qui échappe aux bouchers, mais j’aime tellement te charcuter que je m’en mets plein les doigts. Ton insatisfaction est aussi infinie que ta tristesse, mais je ne peux pas m’occuper de tout. Fais-toi aider d’accessoires. Le corps est une chose importante. Tu peux juger utile de t’en dispenser. Mais j’ai besoin de me raccrocher à quelque chose.


J’avais envie de te dire les choses les plus simples. J’avais envie de trouver les mots les plus justes. J’avais envie de trouver un accès plus direct à ton cœur. Mais le ciel m’énerve à ne pas être au courant de ta beauté exceptionnelle. La vie ne te mérite pas. Je ne te mérite pas. Je suis violent, je suis brutal, je suis sale. J’espère me laver à l’ombre de ce que tu veux bien m’offrir. Je veux rester un enfant, ton enfant. Je suis en procès avec le monde. Je vomis de tout mon être, la chance que j’ai eue de moins souffrir qu’un loup battu, endurci par le froid brutal des injustices. Je n’ai pas ton courage, toi qui as su rester belle quand plus rien n’est rose, quand plus rien n’est doux. Je ne suis là que pour témoigner de l’extrême pureté de tes gestes, de tes mots. Toi qui vis dans la misère et qui pleurent parce que les hommes cherchent la force dans un monde sans noblesse, un monde qui ne fait pas d’efforts pour disparaître.
J’avais envie de te dire les choses les plus simples, j’avais envie de trouver les mots les plus justes, mais je n’ai pas su prendre suffisamment de hauteur. Je n’ai jamais eu d’ailes. Tu pourras toujours t’envoler, je resterai là à me lamenter la tête en bas. Tu danseras au milieu des anges pendant que je chercherai encore la pépite qui faisait briller l’or de tes yeux.


Je t’aurais voulu avec moi, mais y’a des choses que même le désir ne crée pas. Depuis, j’ai la voix un peu étranglée, la timidité jusque dans la ponctuation. Le désir de vivre est ce que je connais de plus incongru. C’est très déplacé, indécent, je trouve. Et puis, nos larmes se seraient-elles rencontrées sur les mêmes partitions, nos yeux auraient-ils été familiers des mêmes fantômes ?


Je suis né timide. C’est une grande chance pour le monde, car sans cela, j’aurais pu commettre de vastes crimes. Mais pas de ces crimes dont on puisse se dire que ce sont des crimes. Je parle de crimes à l’intérieur de la tête.


J’ai planté des fleurs, mais elles n’attendent que toi pour pousser. Si tu n’es plus de ce monde, ce monde n’a plus de raisons d’être. Aujourd’hui, le froid seul m’habille. Et je ne sais plus si l’amour me fait du bien ou du mal, tellement j’avance à grands pas vers la pauvreté. Laisse-moi regarder comme tu te portes bien, comme la maladie semble t’avoir épargnée. Dans une autre vie, on aurait pu aller la santé, tous les deux, on aurait joué le jeu des amants qui vont au bord de la mer pour s’aérer les cheveux. On n’aurait pas dû aller loin pour ça. Sans compter les efforts que j’ai fait pour toi, pour changer de corps et me trouver beau ; l’amour est un bon alibi pour ceux qui ont décidé d’assassiner leur vie. Les lettres de ton nom dessinent le voyage que je n’ai jamais entrepris, le pays que j’aurais aimé conquérir pour y naître et y mourir. J’aurais pu aimer m’y retrouver seul. Je t’y aurais cherchée jusque dans une eau qui serait restée aussi intacte que ma peau l’est de la tienne. malade malade
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MessageSujet: Re: Les écrits de Rémi   17/12/2005, 13:00

J'aime tes fragments rem même si leur écriture est inégale. En tous cas on y trouve de superbes passages et celui-ci est très beau :

J’avais envie de te dire les choses les plus simples, j’avais envie de trouver les mots les plus justes, mais je n’ai pas su prendre suffisamment de hauteur. Je n’ai jamais eu d’ailes. Tu pourras toujours t’envoler, je resterai là à me lamenter la tête en bas. Tu danseras au milieu des anges pendant que je chercherai encore la pépite qui faisait briller l’or de tes yeux.

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MessageSujet: bonne année !   4/1/2006, 17:56

cheers
je viens de compléter mon site perso avec un tchat, vous y estes bien sur tous et toutes invités
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Jipi
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MessageSujet: Re: Les écrits de Rémi   4/1/2006, 21:57

Tu écris en ancien français maintenant rem ? !!! :lol:

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MessageSujet: blabla   5/1/2006, 11:53

:oops:
désolé, vous êtes invités. bon des fois ça marche et des fois ça marche pas. en ce moment, ça marche. viendez donc blablater (je parle normand, maintenant) !
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MessageSujet: Re: Les écrits de Rémi   5/1/2006, 14:58

avec plaisir, Rémi merci de l'invitation en normand ou en vieux français Very Happy
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Claudy
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MessageSujet: Re: Les écrits de Rémi   5/1/2006, 15:22

Remi, j'aime tes fragments de textes !
Je trouve même que dans leur simplicité il y a une part de rêve, de sensibilité poétique qui laisse le lecteur dans un contexte d'inachevé où son imagination fera le reste ...
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MessageSujet: Re: Les écrits de Rémi   5/1/2006, 22:10

merci marie et claudy. des mots comme "simplicité, sensibilité" me touchent car j'ai l'impression que mes textes sonnent froids, cyniques ou inhumains, alors que c'est tout l'inverse. le paradoxe guide mon écriture. je n'écris pas forcément ce que je pense. l'écriture, c'est quelque chose d'ingérable. si cela ne tenait qu'à moi, je ne parlerai que de petites fleurs, de jolis sentiments, mais quelque chose en moi me pousse à explorer le mal, la faiblesse, la fragilité, les sentiments "non nobles". jipi, toi qui apprécie david lynch, tu me comprendras !
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MessageSujet: Re: Les écrits de Rémi   6/1/2006, 14:37

Je comprends Rem l'allusion à David Lynch , ce grand maître du cinéma pour moi !

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MessageSujet: Re: Les écrits de Rémi   13/1/2006, 00:32

Je suppose Rem que tu as vu comme moi la plupart des films de David Lynch ?

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MessageSujet: Re: Les écrits de Rémi   13/1/2006, 17:57

bien sûr, mes préférés sont quand même (par ordre de préférence) "mulholland drive", "lost highway", "elephant man", "eraserhead", "twin peaks", "sailor et lula", "blue velvet". par contre, j'aimerais bien avoir l'intégrale de la série "twin peaks"...
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MessageSujet: Re: Les écrits de Rémi   14/1/2006, 11:19

Fameuse liste... Twin Peaks est aussi un grand souvenir (23 heures de film !)
Si tu le souhaites, tu peux ouvrir un topic en CINÉMA sur ce grand réalisateur ? On en reparlera alors pour ne trop s'égarer dans ton topic consacré à tes écrits...

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MessageSujet: texte de rémi   1/2/2006, 20:59

Que tout ceci ne soit pas bien poétique et porte la marque d'un esprit tout entier farci dans cet orage, ce déluge bardé de sang, cet enfant que l'on ne peut qu'à peine concevoir...

A force d'entendre mugir les alarmes, ces cris du cœur que la Terre a oublié de vomir, j'essaie de voir à quoi peut bien ressembler le secret que tu détiens, toi qui perds pied régulièrement et que l'on ne retrouve que plus ou moins épars au petit matin, quand on vient reprendre ce que la nuit a laissé. Tu t'enfuis d'un bond, comme on s'accroche à un fil, effrayé par ton propre reflet. Quand ton visage n'est plus que le grimaçant carnaval que tu imposes aux autres et à toi-même. Tu t'appliques des lotions sur ton âme pour qu'on ne puisse s'accrocher aux aspérités de tes surfaces. Ta peau n'est rien moins qu'un chantier de démolition autogéré par un pyromane salement éméché.
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MessageSujet: rem   1/2/2006, 21:03

Comment venir à bout de cette journée ? Comment lui faire dire ce qu'elle n'a pas dit ? Je suis si loin en moi, je n'ai plus d'âge, mon esprit n'a plus où habiter. Les crevasses sont trop étroites. Mon esprit et le monde font chambre à part. Mon esprit ne rentre que tard le soir, quand les enfants sont couchés. Mon esprit court les rues, dort dans les champs, n'a plus de moyens pour vivre. Il ne veut plus rien entendre, il vit la belle vie, il habite dans le feu que personne ne peut toucher. Il se consume à lui-même, met le feu à l'univers et se tue ensuite. Cette âme qui apparaît petit à petit, au fur et à mesure que les dents s'élargissent, c'est le Soleil qui en perd un peu plus chaque année et qui se tâche d'en finir avant de laisser Dieu filer vers sa conclusion logique.
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MessageSujet: un autre, pour la route !   1/2/2006, 21:19

Je veux dormir à fond la caisse, retrouver dans le sommeil tous les petits animaux malheureux comme moi de n'avoir pas pu baiser cette pute. Ça te remonte du fond des âges. Quand ton corps en a marre de se plaindre. Quand l'amour s'apparente de près ou de loin à de la boucherie. Au fond, rien ne nous oblige à aimer. Le sexe, ce ne sont jamais que les dernières volontés d'un corps bien décidé à en finir. L'humanité n'est jamais que le résultat d'une longue fraternité de bouchers. La félicité n'est pas forcément blonde, et je ne sais pas si je tiens suffisamment à la vie pour supporter encore beaucoup d'hivers, mais j'aime à caresser l'idée de caresser un jour à nouveau tes cheveux, sans que tu t'en formalises.
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MessageSujet: un dernier, mais vraiment histoire de, hein, pour la route   1/2/2006, 21:20

Quand elle ne faisait pas l'amour, elle s'ennuyait profondément. Et baiser était pour elle synonyme de vivre. Quand elle n'avait rien dans le ventre, elle avait l'impression d'être à jeun. Rien ne la rendait plus triste que de ne plus entendre les deux magnifiques couilles de son homme frapper à la porte de son cœur. Elle vivait le drame de ceux qui ne se sentent pas complets, qui ont besoin de ranger leur corps quelque part pour ne pas avoir à regarder la mort en face. Dès qu'elle entrait chez moi, elle se mettait toute nue. Elle se lâchait littéralement. Rien ne me faisait plus plaisir que de l'entendre péter. Elle avait exigé qu'il y ait de la moquette et du chauffage dans toutes les pièces. Quand elle se sentait trop déprimée pour se branler, elle se couchait juste et s'amusait à faire le crapaud sur le sol. Je faisais bien attention à fermer les portes et les volets. Quand elle avait bien fait le tour de sa démence, elle venait sur mes genoux, et s'endormait câlinement...
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MessageSujet: la suite...   4/2/2006, 00:07

la suite sur mon site (par intermittence) : [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]
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