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 La mémoire, une fabrique de "faux-vrais" souvenirs ?

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yugcib
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MessageSujet: La mémoire, une fabrique de "faux-vrais" souvenirs ?    1/3/2018, 10:41

... Au tout début de son prologue (la première phrase) de la biographie de Louis Aragon, Philippe Forest écrit :

"Je me méfie de la mémoire. Elle fabrique à foison de faux souvenirs que l'on prend pour des vrais".

Plus loin, dans "Un album de famille" à la page 56 ( ARAGON, Biographies nrf Gallimard), Philippe Forest dit :

"Jusqu'où faut-il croire Aragon? Dans quelle mesure convient-il d'accorder créance au récit qu'il nous fait de son enfance et qui le présente donc comme un petit garçon pauvre et méprisé, grandissant aux côtés d'une mère victime à la fois des siens et de l'homme qui a profité d'elle mais s'est toujours refusé à lui faire une vraie place dans la vie?" .../...
.../... Chacun d'entre nous réécrit le roman de sa vie à mesure qu'il vieillit. Et cette fiction finit par devenir la seule vérité qui compte"...

J'ai toujours dit que l'autobiographie (l'écriture de sa vie, de ses souvenirs -en particulier ceux de son enfance- par l'auteur lui-même) et que la biographie d'un écrivain, rédigée par un auteur qui a connu cet écrivain et son oeuvre... Etaint "le genre littéraire le plus difficile" ...

Toute la difficulté à mon sens, réside en partie dans la capacité de l'écrivain lui-même, du livre de sa vie ; ou de l'auteur d'une biographie de cet écrivain, à donner aux personnages qu'il évoque dans le livre de sa vie ou dans le livre d'une vie... Le rôle principal... L'auteur n'étant en somme, que le narrateur (mais cependant le narrateur qui, dans les situations et dans les évènements vécus, apparaît lui aussi en tant que personnage parmi d'autres personnages, et donc, dans un rôle principal)...

Ensuite la difficulté tient aussi dans la manière dont le récit est présenté (et sera transmis)... Il est à peu près évident -en général- que l'auteur du livre de sa vie, ou que le biographe d'un auteur ; tend à donner à son récit, davantage l'atmosphère qu'il veut y mettre, plutôt que l'atmosphère qui "colle" à la réalité et à l'exactitude des situations, des événements...
Et il y a enfin la "vérité historique" du récit, des situations, des événements, des personnages évoqués (et avec la situation précise dans le temps, les dates... tout cela corroboré par des documents authentiques, des témoignages recueillis)...

Que penser -c'est la réflexion qui me vient- cependant, d'une "fiction" ou d'une "autofiction" dans la rédaction d'un livre de sa vie (ou d'un livre qui parle d'un personnage "pouvant s'apparenter à l'auteur lui-même")... Sachant qu'il ne peut que forcément y avoir dans ce livre, du "mentir vrai" ( le "mentir vrai" d'Aragon en 1964) ?

"Mentir vrai" ou "mentir tout court"... Faut-il en faire procès, ou affaire d'opinion, ou morale, ou quoique ce soit de "manichéen" ? ... Dans la mesure où ce qui est écrit, tel quel, vrai ou imaginé ou arrangé... Peut apporter au lecteur, quelque chose comme un éclairage, un sens à sa propre vie, ou être pour lui comme une voie qui s'ouvre, une réponse, un message ?

Pour répondre -si une réponse est possible- à la question du "mentir vrai"... Je ne vois en vérité, que ceci :

les personnages évoqués dans une oeuvre autobiographique (pour beaucoup disparus), ont tous des descendants directs et ou collatéraux qui, à un moment ou un autre peuvent avoir connaissance de ce qui a été écrit... (et cela d'autant plus avec Internet, les moteurs de recherche, les réseaux sociaux, l'édition en ligne à la portée de tout un chacun)...

Et l'auteur du livre de sa vie ou le biographe, doit peut-être à mon sens, s'interroger au sujet de ce qui sera perçu par un proche, un descendant du ou des personnages évoqués : c'est là qu'intervient la nécessité de la "vérité historique dans un contexte particulier mais perçue indépendamment de la morale et du jugement"(ce qui est rarement le cas en fait, sans la morale sans le jugement)...

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François
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MessageSujet: Re: La mémoire, une fabrique de "faux-vrais" souvenirs ?    3/3/2018, 18:43

scratch Yugcib, je lis toujours avec intérêt tes élucYugcibration mais parfois - et c'est le cas ici - je trouve tes développements un peu nébuleux.

Entre nous, tu as fumé combien de pétards avant de pondre celui-là ? geek
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yugcib
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MessageSujet: Re: La mémoire, une fabrique de "faux-vrais" souvenirs ?    3/3/2018, 20:04

... D'autres l'ont lu (par ailleurs qu'à Passion des mots), des personnes que je connais et qui me lisent régulièrement, n'ont pas trouvé "nébuleux"...
Mais si toi tu le dis, il doit y avoir une part de vérité...
Je ne sais que penser : j'ai relu, bon, j'aurai pu l'exprimer différemment, en plus court, donc avec moins de développement... Mais cela me paraît explicite tout de même...
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yugcib
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MessageSujet: Re: La mémoire, une fabrique de "faux-vrais" souvenirs ?    4/3/2018, 08:51

... Ainsi je réécris :

... Au tout début de son prologue de la biographie de Louis Aragon, Philippe Forest écrit cette première phrase :

"Je me méfie de la mémoire. Elle fabrique à foison de faux souvenirs que l'on prend pour des vrais".

Plus loin, dans "Un album de famille" à la page 56 ( ARAGON, Biographies nrf Gallimard), Philippe Forest dit :

"Jusqu'où faut-il croire Aragon? Dans quelle mesure convient-il d'accorder créance au récit qu'il nous fait de son enfance et qui le présente donc comme un petit garçon pauvre et méprisé, grandissant aux côtés d'une mère victime à la fois des siens et de l'homme qui a profité d'elle mais s'est toujours refusé à lui faire une vraie place dans la vie?" .../...
.../... Chacun d'entre nous réécrit le roman de sa vie à mesure qu'il vieillit. Et cette fiction finit par devenir la seule vérité qui compte"...

J'ai toujours dit qu'entreprendre par écrit le récit de sa vie et en particulier de son enfance, c'est ce qu'il y a de plus difficile en littérature... Et qu'une biographie d'un écrivain par un autre écrivain, est une oeuvre encore plus difficile à réaliser...

Toute la difficulté à mon sens, réside en partie dans la capacité qui est celle de l'écrivain, à donner aux personnages dont il parle, le rôle principal... En n'étant en somme que le narrateur (mais cependant le narrateur qui, dans les situations et dans les évènements vécus, apparaît lui aussi dans un rôle principal)...

Ensuite la difficulté tient aussi dans la manière dont le récit est présenté (et sera transmis)... Il est à peu près évident -en général- que l'auteur du livre de sa vie, ou que le biographe d'un auteur ; tend à donner à son récit, davantage l'atmosphère qu'il veut y mettre, plutôt que l'atmosphère qui "colle" à la réalité et à l'exactitude des situations, des événements...
Et il y a enfin la "vérité historique" du récit, des situations, des événements, des personnages évoqués (et avec la situation précise dans le temps, les dates... tout cela corroboré par des documents authentiques, des témoignages recueillis)...

Que penser -c'est la réflexion qui me vient- cependant, d'une "fiction" ou d'une "autofiction", c'est à dire d'un récit évoquant un personnage principal s'apparentant à l'auteur lui-même?

Le "Mentir vrai" de Louis Aragon (1964) ou plus généralement mentir ou arranger... Faut-il en faire procès, ou affaire d'opinion, ou affaire de morale ? ... Dans la mesure où ce qui est écrit, tel quel, vrai ou imaginé ou arrangé... Peut apporter au lecteur ?

Pour répondre -si une réponse est possible- à la question du "mentir vrai" de Louis Aragon, ou de mentir et d'arranger, plus généralement... Je ne vois en vérité, que ceci :

les personnages évoqués dans une oeuvre autobiographique (pour beaucoup disparus), ont tous des descendants directs et ou collatéraux qui, à un moment ou un autre peuvent avoir connaissance de ce qui a été écrit... (et cela d'autant plus avec Internet, les moteurs de recherche, les réseaux sociaux, l'édition en ligne à la portée de tout un chacun)...

Et l'auteur du livre de sa vie ou le biographe, doit peut-être à mon sens, s'interroger au sujet de ce qui sera perçu par un proche, un descendant du ou des personnages évoqués : c'est là qu'intervient la nécessité de l'exactitude des situations, des événements, des faits... et cela dans le contexte particulier qui fut...
Reste la question du jugement ou de la morale que se fait le lecteur, ce lecteur pouvant être un descendant de tel ou tel personnage évoqué...
La part faite à la morale et au jugement n'éclipse-t-elle pas en partie, la "dimension littéraire" de l'oeuvre ?
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François
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MessageSujet: Re: La mémoire, une fabrique de "faux-vrais" souvenirs ?    4/3/2018, 09:47

Désolé, je trouve cela toujours aussi peu clair.

Après la citation de Philippe Forest, qui est parfaitement exprimée et donc très claire, je ne suis pas la logique de ton raisonnement car tu pars dans tous les sens et au lieu d'aporter des éléments de réponse, tu complexifies, selon moi inutilement, les choses.

La question de Philippe Forest est : jusqu'où faut-il croire un auteur qui écrit sa propre autobiographie ?

Mais en fin de texte, tu poses une tout autre question qui est de savoir s'il faut "faire procès, ou affaire d'opinion, ou affaire de morale" lorsqu'un auteur pratique le mentir vrai.

Et la réponse que tu donnes en fin de compte ne répond ni à la question de Forest ni à la tienne. Alors comment veux-tu que le lecteur te suive ?

Mais c'est peut-être moi qui suis trop cartésien, ou mal réveillé. sais pas
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yugcib
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MessageSujet: Re: La mémoire, une fabrique de "faux-vrais" souvenirs ?    4/3/2018, 10:43

... J'en demeure là, avec cette modification de mon texte, merci pour ta réponse... Je suis bien conscient que pour un esprit cartésien, cela ne soit pas évident du tout...

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