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 Évasion

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MessageSujet: Évasion   1/9/2011, 19:00

Évasion


Dans quelques instants je pourrai à nouveau observer le ciel, m’émerveiller du chant d’un oiseau, entendre des rires d’enfants, marcher sous la pluie… Dans quelques heures je serai LIBRE !
Car pour ne rien vous cacher, depuis près de deux ans je suis détenu au pénitencier de Lorca. Lorca est une ville du sud-ouest de l’Union des états européens (U.E.E), sur le territoire de l’ancien pays qu’on appelait l’Espagne. Avant d’être condamné j’étais écrivain et l’un des plus virulents opposants à la loi d’uniformisation de la communication votée par le Parlement en 2094. Pour résumer, la langue internationale ayant assis sa domination sur la planète, l’usage d’une autre langue sur le territoire de l’U.E.E. était interdit par cette loi. Malgré la disparition des frontières des anciens pays composant l’U.E.E., de nombreux citoyens européens parlaient encore la langue de leurs ancêtres. Avec quelques amis écrivains et journalistes, j'avais créé une ligue de défense de ces langues. Dès le lendemain du vote de cette loi, un tract cinglant avait été édité par notre association. Comme j’en étais l’auteur, je fus arrêté le jour même, sommairement jugé et condamné à 5 ans de détention pour rébellion et incitation à la révolte… La démocratie en était là.
Voilà donc vingt-deux mois que je subis cette réclusion. Depuis le moment où j’ai franchi le sas de l’immense édifice de béton et d’acier je suis continuellement pris en étau entre les murs, écrasé par les plafonds, et mes yeux cautérisés par les éclairages artificiels seraient incapables de verser une larme pour mes poumons flétris par l’air climatisé. Durant l’incarcération, il est impossible aux détenus de voir un coin de ciel ou de chauffer leur carcasse au soleil. Seuls nos geôliers quittent la forteresse à tour de rôle deux fois par jour pendant un quart d'heure. Les rixes entre détenus sont fréquentes et les décès ne sont pas rares. Les matons eux-mêmes sont parfois victimes d’agressions. Les conditions de vie et l’ambiance du pénitencier sont si éprouvantes qu’ils sont recrutés parmi les hommes les plus endurcis. Leur affectation ici, conditionnée par la réussite de tests rigoureux, n’excède pas un an. Malgré le salaire considérable, les candidats sont rares.
Les détenus ne sont pas censés connaître ces informations car leurs relations avec les gardiens sont limitées à l’essentiel. Mais voilà, depuis quelques mois mon essentiel s’est élargi, redonnant un peu de sens à ma vie : parmi les derniers geôliers arrivés j’ai reconnu Dimitri, un ancien ami. Dimitri est d’origine slave. Cela a-t-il encore un sens à notre époque ? Nous occupions des studios voisins lorsque j’étudiais à l’université de Kiev. Nous avions rapidement sympathisé. Notre camaraderie évolua rapidement vers une amitié authentique. Notre attachement dura quatre belles années. J’ai ensuite quitté Kiev mais nous sommes restés en contact pendant plus de trois ans avant de nous perdre de vue.
Malgré les années passées, j’eus rapidement la conviction que Dimitri m’aiderait à supporter mon enfermement et il ne m’a pas déçu.
À l’insu de ses collègues, il était aux petits soins pour moi. Prenant régulièrement le risque de se faire prendre, il me fournissait régulièrement de la nourriture et des livres que je dévorais avidement. Il me procura aussi de quoi écrire. C’est durant cette période de ma vie que je crois avoir le mieux écrit. Je griffonnais des mots qu'il trouvait admirables, des mots qui étouffaient mes plaintes et contenaient mon désespoir. Après quelques mois de présence, il réussit à convaincre le gardien-chef de me confier le poste de responsable du centre de documentation. Ainsi, chaque jour j’avais accès au réseau international de communication. Nos connexions étaient étroitement contrôlées. Pourtant, je suis persuadé que Dimitri lui-même n’avait pas idée des informations que j’obtenais grâce au laxisme dont il faisait preuve lorsqu’il assurait la surveillance du centre de documentation. C’est ainsi que j’ai découvert la méthode d’élimination des cadavres dans les prisons modernes comme la nôtre : Le décès est constaté par un gardien - il faut dire que depuis 2053, année où des infirmiers et des médecins furent abattus par des mutins, aucun personnel médical n’accepte de travailler en milieu carcéral ; une formation spécialisée du personnel pénitentiaire pallie péniblement cette carence. Le corps est ensuite déposé dans un caisson où il sera brûlé. Puis les cendres sont évacuées dans un conduit pour être dispersées à l’air libre à l’extérieur du pénitencier. Pas de retour à la famille ni de cérémonie. Qu’un gardien décède lors de son séjour et son corps subit le même sort. L’administration pénitentiaire ne s’encombre pas de détails inutiles.
Ces méthodes révoltantes me confortèrent dans mon idée d'échafauder un plan d’évasion. Quand j’eus proposé mon idée à Dimitri, il hésita longuement, invoquant la peine que nous encourions tous les deux ; puis les souvenirs de notre amitié prirent le dessus et il se rallia à mes desseins.
Il reste à peine un mois avant que mon ami quitte le pénitencier. Il faut faire vite. Mon évasion est fixée au mercredi 7 septembre. Notre plan pourtant simple est ressassé, peaufiné. Il ne se passe pas un jour sans que je vive mentalement mon évasion pour éprouver la fiabilité de mon projet. Désormais nous connaissons notre rôle sur le bout des doigts.
Mercredi 7 septembre, 7 heures du matin
Je sors de ma cellule au coup de sirène annonçant le départ pour le réfectoire. Comme prévu, Dimitri est seul, le second gardien nous attend au bout du couloir, prêt à intervenir en cas de bousculades dans l’escalier comme cela se produit souvent. Mais aujourd’hui l’accrochage aura lieu bien avant. Devant la cellule 67, je provoque une bagarre avec le détenu marchant à ma droite. Dimitri intervient énergiquement. Il tente de nous séparer. Je m’accroche obstinément à ma victime. La matraque de Dimitri me cogne la nuque. Le coup me semble à peine retenu, me fait mal et m’arrache un cri. Un instant je crains une dérobade de mon ami. Ah ! Le traître ! Je n’ai pourtant pas d’autre solution que de continuer comme prévu. Je simule une chute violente contre un pilier métallique et reste au sol, inerte. Il ne lui reste plus qu’à constater mon décès qui devrait calmer les esprits échauffés de mes camarades de ratières. Le doute qui m’a envahi me fait craindre le pire. Dimitri peut céder à la peur et me faire conduire dans l’aile disciplinaire. Les secondes me paraissent interminables. À la moindre hésitation de mon ami, l'autre gardien prendra les choses en main et réduira notre plan à néant. Je sens deux doigts presser ma carotide puis mes côtes encaissent un coup de pied qui ponctue le braillement de Dimitri : « Ce salaud a son compte ! Conduis-les au réfectoire, je m’occupe du corps. » Ces mots pourtant effroyables me réjouissent. Dimitri est loyal et opiniâtre. Je l'imagine enregistrant dans le système informatique cette formule laconique : DÉCÈS ACCIDENTEL DU DÉTENU N°384. Je me sens tiré, soulevé et déposé avec rudesse dans l'inconfortable caisson. Quelques instants plus tard je suis abandonné dans le crématorium. Ce qui se passera ensuite est simple à deviner. Dimitri simulera mon incinération avant d'actionner l’ouverture de la trappe par où je m’enfuirai libre comme l’air qui s’engouffrera dans le conduit et m’accompagnera un temps vers ma nouvelle vie.
Il me suffit de patienter dix minutes, temps prévu pour la crémation totale d'un corps humain. D'un coup de coude, je débloque le couvercle du caisson et prends une profonde inspiration. La douleur de ma nuque m'est presque agréable. Je m’installe allongé confortablement sur le côté droit en attendant l’ouverture de la trappe… Mon euphorie impatiente m’a fait perdre la notion du temps. J’ai le sentiment d’avoir attendu bien plus longtemps que prévu lorsque j’entends justement des pas. Dans moins d’une minute je ramperai vers la liberté dans l’étroit conduit d’évacuation.
Au bruit mécanique qui retentit, je devine Dimitri actionnant la commande libératrice. La trappe reste immobile. Un caisson échoue à mes côtés. Dimitri m’étonnera toujours, il a profité de mon idée géniale pour faire évader un deuxième détenu. Il me tarde de voir la gueule de mon compagnon de cavale. Je soulève le couvercle et découvre… le corps ensanglanté de Dimitri. Une voix retentit : « Pour deux, tu peux mettre vingt minutes ! »
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Jipi
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MessageSujet: Re: Évasion   1/9/2011, 20:03

Bonjour Christian,

Avant de lire votre texte, j'aimerais en savoir un peu plus.

Page d'un roman ?

Extrait d'un moment vécu par l'une ou l'autre personne ?

Et... qu'attendez-vous de nous ?

Une seule lecture ?

Un commentaire particulier ?

Merci d'avance.

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MessageSujet: Re: Évasion   1/9/2011, 20:46

Bonjour Jipi,

Comme j'ai posté dans la rubrique "les écrits de nos membres", il s'agit d'u texte dont je suis l'auteur ; une nouvelle rédigée il y a quelques années.
Les commentaires, avis et critiques des membres seront les bienvenus.
C'est la raison de mon inscription lire et faire lire, échanger nos avis sur nos écrits.

Cordialement.
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Gosayn
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MessageSujet: Re: Évasion   1/9/2011, 21:27

Après lecture, le principal reproche que mes compétences m'autorisent à formuler concerne le long développement du contexte.
Etant donné la brièveté de ce texte, et de sa chute, vous auriez pu faire l'économie de ces détails, de l'année, de l'amitié avec le garde, pour ne conserver qu'une prison, dans un contexte flou, qui nous aurait laissé libre d'imaginer à notre guise. Cela vous aurait permis de développer d'autres aspects.
Ces détails handicapent le scénario. Exemple: comment ce Dimitri qui est visiblement un bien chic type a pu postuler pour un emploi dans un QHS de dictature? Comment le protagoniste principal, visiblement militant engagé peut-il accueillir avec bienveillance et soulagement le choix de carrière de son ancien ami? Je trouve cela un peu maladroit. Autant n'évoquer qu'une complicité d'un garde parmi d'autres sans nécessairement la motiver.
La chute reste classique: l'évadé passant par la morgue et prenant la place d'un corps se retrouve enterré vivant.
Voilà pour quelques remarques de fond, je laisse à de plus fins le soin de commenter la forme.

Ps. J'apprécie la désinvolture de la dernière phrase.
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François
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MessageSujet: Re: Évasion   2/9/2011, 09:57

Je suis amateur des récits d'anticipation et ai donc lu votre nouvelle sans déplaisir, mais je mentirais si je vous disais qu'elle m'a conduit à l'orgasme littéraire.

Votre style est tout à fait lisible mais il gagnerait à être peaufiné. Il contient encore des maladresses facilement évitables, comme cette répétition (un exemple pris au hasard et sans chercher):
"Nous avions rapidement sympathisé. Notre camaraderie évolua rapidement vers ..."


Les questions soulevées par Gosayn sont pertinentes, principalement celle qui porte sur le choix de carrière de ce Dimitri. On en sait trop ou pas assez.

La fin m'a surpris et pourtant c'était une des fins prévisibles, ce qui veut dire que vous parvenez à bluffer le lecteur.

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Jean-Pierre Poccioni
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MessageSujet: Les écrits de nos membres Èvasion    2/9/2011, 10:49

Toujours le même problème d'évaluation. Quelle est la vocation et l'ambition de ce texte ?

En tant que passe temps c'est un récit qui parvient à son but, qui chemine vers la constitution d'un morceau d'expression qui sans être personnelle ( encore que) peut générer des satisfactions intimes.

En tant qu'oeuvre littéraire, susceptible d'être proposée à des éditeurs ou des lecteurs, les carences me semblent un peu trop nombreuses et surtout je ne perçois pas une voix, rien qui me fasse sentir une véritable personnalité d'écrivain.



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MessageSujet: Re: Évasion   2/9/2011, 12:28

Merci à vous trois pour vos précieux commentaires.
Vous avez raison jean-Pierre, je ne me prétends pas écrivain. Faut-il l'être pour participer à ce forum ?
L'écriture n'est pour moi qu'un passe-temps (j'y mets un trait d'union). Je n'écris qu'en dilettante ; ce qui n'exclut pas que je recherche le plaisir de mes éventuels lecteurs, sans y parvenir semble-t-il !

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Gosayn
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MessageSujet: Re: Évasion   2/9/2011, 13:01

Les textes postés sur ce forums sont "soumis" à la lecture de personnes aux goûts divers, qui ont toutefois en commun certaines exigences, et qui surtout ont pris le parti de la franchise ; ce qui a été l'objet jadis de discussions, tant il est délicat d'émettre publiquement une critique négative concernant les textes des membres.
Nul n'est besoin d'être écrivain pour participer, mais il faut s'attendre à des retours sincères, et donc pas toujours indulgents (ce qui ne signifie pas malveillants).
Que vous écriviez pour passer le temps, ou dans le but de publier, il sera difficile pour les lecteurs d'émettre un avis déterminé par telle ou telle aspiration.
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callinira
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MessageSujet: Re: Évasion   2/9/2011, 13:41

Certes, l’introduction est un peu longue et il serait peut-être adroit de supprimer ce qui n’apporte rien à la compréhension de la suite. Bien sûr, quelques corrections pourraient être faites. Je pense, en particulier, au mélange non justifié du passé composé et du passé simple.
Mais tout de même, ce n’est pas mauvais, loin de là ! Et j’ai lu, ici même, des textes qui ne valaient pas celui-là et qui, pourtant, ont bénéficié d’une indulgence quasi collective.

Tout jugement est relatif, je le sais bien, mais est-il besoin de savoir si les écrits que l’on peut lire sur ce forum sont destinés à l’édition ou pas ? Je ne crois pas. Je pourrais faire le pari avec la certitude de ne pas perdre qu’un bon nombre des quelque six cents romans qui encombrent les rayons à chaque rentrée, ne valent pas cet écrit.

Une petite remarque, pour finir. Je n’ai pas le texte sous les yeux et il me faudrait le relire, mais je pense qu’au lieu du « je », un « il » anonyme ajouterait une distance qui manque un peu.

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Jipi
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MessageSujet: Re: Évasion   2/9/2011, 14:52

Une fiction intéressante avec une chute surprenante !

L'écriture est bonne sur le plan purement stylistique et syntaxique.

Le seul regret... l'écriture ne m'envole pas vers la sphère de l'émerveillement littéraire (je parle ici de l'écriture).

J'aime le ton science-fiction même si le thème de l'évasion avec l'aide du copain a été maintes fois abordé.

Et puis que ce thème ait été maintes fois abordé ne doit pas nécessairement déranger, mais il faut alors transcender ce thème par une écriture qui ne se contente pas d'être correcte. Plus audacieuse peut-être.

Difficile toujours d'expliquer cela avec des mots.

Merci en tous cas pour ce premier partage !

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MessageSujet: Re: Évasion   2/9/2011, 15:21

Merci Callinira et Jipi pour vos commentaires.
Ce texte a une dizaine d'année. Je le savais perfectible.
Néanmoins je vous l'ai proposé tel qu'il a été primé au concours annuel de littérature de l'Union Artistique et Intellectuelle des Cheminots Français (U.A.I.C.F.) organisé par le Cercle Littéraire des Écrivains Cheminots (C.L.E.C.) qui lui est affilié.
Étant nouveau membre, je ne suis pas autorisé à poster le lien.

callinira a écrit:
Je pourrais faire le pari avec la certitude de ne pas perdre qu’un bon nombre des quelque six cents romans qui encombrent les rayons à chaque rentrée, ne valent pas cet écrit.
C'est le commentaire qu'a fait la pianiste Anne Queffélec (fille d'Henri et sœur de Yann) qui m'a remis ce prix.

Encore merci à tous pour la sincérité de vos avis qui heureusement contrastent avec la complaisance foudroyante des proches.
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Jean-Pierre Poccioni
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MessageSujet: Evasion    2/9/2011, 15:54

Je ne vois pas en quoi le fait que de mauvais romans soient publiés devrait changer le jugement sur un texte donné !

Quand j'évoque l'édition c'est uniquement pour situer une ambition bien particulière dans sa version la plus exigeante. Imaginez-vous un auteur qui présenterait son roman à un éditeur en disant: " Je sais ce n'est pas très bon mais vous avez édité pire et d'autres éditent pire encore !"

Si le texte n'est en rien destiné à l'édition c'est autre chose !

Naturellement je questionnais et n'imposait aucune posture à l'auteur. Cependant puisqu'il a présenté cette nouvelle à un concours, il a répondu...en partie.


PS : La révélation d'un prix ( C.L.E.C) est anecdotique dans un pays où il y autant de prix que de textes. J'ignore la valeur réelle de celui-ci mais mon jugement n'en est en rien modifié.
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Jipi
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MessageSujet: Re: Évasion   2/9/2011, 16:00

Merci pour votre ouverture Christian...

La complaisance des proches ? Bien connu.

Mais il y a pire : le silence par jalousie. Bien plus fréquent.


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Jean-Pierre Poccioni
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MessageSujet: Evasion    2/9/2011, 16:35

Au sujet de "la complaisance des proches" n'oublions pas que le mot complaisance revêt souvent un sens péjoratif qui en l'espèce pourrait être fort injuste.
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callinira
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MessageSujet: Re: Évasion   2/9/2011, 16:42

Jipi a écrit:
Merci pour votre ouverture Christian...

La complaisance des proches ? Bien connu.

Mais il y a pire : le silence par jalousie. Bien plus fréquent.


Je crois que la jalousie, dans ce domaine, a du mal à se taire. Comme elle répugne à s'exprimer en face, elle n'en est que plus perfide.

Quant au silence, il peut être celui de la négligence ou, le plus souvent, de la difficulter à juger ou à s'exprimer. Ou à faire de la peine.
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MessageSujet: Re: Évasion   2/9/2011, 16:53

Jean-Pierre Poccioni a écrit:
Je ne vois pas en quoi le fait que de mauvais romans soient publiés devrait changer le jugement sur un texte donné !

Quand j'évoque l'édition c'est uniquement pour situer une ambition bien particulière dans sa version la plus exigeante. Imaginez-vous un auteur qui présenterait son roman à un éditeur en disant: " Je sais ce n'est pas très bon mais vous avez édité pire et d'autres éditent pire encore !"

Si le texte n'est en rien destiné à l'édition c'est autre chose !

Naturellement je questionnais et n'imposait aucune posture à l'auteur. Cependant puisqu'il a présenté cette nouvelle à un concours, il a répondu...en partie.


PS : La révélation d'un prix ( C.L.E.C) est anecdotique dans un pays où il y autant de prix que de textes. J'ignore la valeur réelle de celui-ci mais mon jugement n'en est en rien modifié.

Les choses étant présentées ainsi, je vous suis parfaitement. Cela dit, je continue de penser qu'un texte présenté ici devrait être jugé, d'abord, comme un texte d'amateur.

Je pense également que l'obtention d'un prix n'est pas un gage de qualité.
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MessageSujet: Re: Évasion   2/9/2011, 18:05

callinira a écrit:
Jipi a écrit:
Merci pour votre ouverture Christian...

La complaisance des proches ? Bien connu.

Mais il y a pire : le silence par jalousie. Bien plus fréquent.


Je crois que la jalousie, dans ce domaine, a du mal à se taire. Comme elle répugne à s'exprimer en face, elle n'en est que plus perfide.

Quant au silence, il peut être celui de la négligence ou, le plus souvent, de la difficulter à juger ou à s'exprimer. Ou à faire de la peine.

Callinira écrit parfois peu, mais quand elle écrit... oufti, c'est parfois tellement fort !!!

Impressionné là.

PS : oufti, expression liégoise !!!

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MessageSujet: Re: Évasion   2/9/2011, 19:09

Je n'imaginais pas qu'un seul partage, le premier qui plus est, susciterait autant d'échanges.
Mais c'est tant mieux !

Pour répondre à Jean-pierre concernant la valeur de ce prix.
Ce concours est de niveau national. Tous les cheminots et leur famille sont autorisés à y participer.
Le jury est présidé par l'écrivain Philippe De Saint Robert. Est associée à ce concours la Délégation Générale à la Langue française et aux Langues de France (D.G.L.F.L.F) qui m'a d'ailleurs également décerné un prix pour cette nouvelle.
Le premier et le plus populaire auteur à avoir été primé à ce concours fut Henri Vincenot.
Bien sûr, l'indication de l'obtention de ces prix à ce concours, n'était qu'informatif. Il n'avait pas pour but de vous faire changer d'avis. Votre revirement aurait eu pour seul effet de vous décrédibilser, et pas seulement à mes yeux.
Cela étant, Je suis parfaitement conscient qu'un prix littéraire, surtout de cette envergure, n'est pas un gage indiscutable de qualité. Le fait de penser le contraire ne m'aurait pas incité à soumettre mon texte à votre appréciation.

À propos de cette "complaisance", peut-être aurais-je dû dire "indulgence" pour rejoindre les propos de Callinira.

Autre chose Jean-pierre : ce commentaire m'a interpellé "En tant que passe temps c'est un récit qui parvient à son but, qui chemine vers la constitution d'un morceau d'expression qui sans être personnelle ( encore que) peut générer des satisfactions intimes." Qu'entendez-vous par cet (encore que) ?

Jipi parle de mon ouverture.
S'il s'agissait pour moi de m'auto-satisfaire d'un résultat à un concours ou de me lamenter sur mon prétendu talent non reconnu, je serais bien capable de le faire sans vous. Déposer un texte sur la place publique (le forum d'autrefois), implique d'accepter les critiques avec pour seule condition qu'elles soient honnêtes et sincères. Et c'est le cas ici.
Il devrait en être ainsi pour chaque auteur, pour chaque artiste.
Qu'on se le dise !

Plus globalement, je pense que l'édition telle qu'elle est pratiquée actuellement exige un talent bien singuler pour permettre à un auteur de sortir de l'anonymat. A contrario un semblant de notoriété même éphémère vous ouvre les portes des éditeurs avec ou sans talent ; un nègre suffit. Par conséquent, un auteur ayant perdu sa petite flamme de talent continuera à faire recette pour un temps.

Merci à tous de vos avis utiles et constructifs qui globalement rejoignent ceux que me faisaient il y a quelques années mes amis du Cercle Littéraire des Écrivains Cheminots. Toutefois, j'ignore si je me suis amélioré.
Nous le saurons peut-être une prochaine fois.
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Jean-Pierre Poccioni
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MessageSujet: Èvasion    2/9/2011, 19:47

Je préfère laisser de côté la délicate question de la valeur d'un prix sur lequel je n'ai aucune lumière particulière.

Mon "encore que" était une restriction de précaution à l'idée que ce texte puisse être en correspondance avec une expression intime. Je sais que dans certains ateliers d'écriture on pratique des exercices imposés ( du genre évoquez une dispute entre deux clochards ivres) et donc avec une mince probabilité que les participants aient un désir intime de raconter "ça" . Cela n'empêche pas certains de réaliser de belles réussites sur une base qui ne leur parlait pas du tout au départ.

Je ne pense pas du tout que l'édition exige un talent singulier. Si on n'est pas précédé d'une notoriété ( et nous sommes là ailleurs qu'en littérature) il faut simplement un réel talent. C'est l'exemple d'une condition nécessaire... et insuffisante bien souvent !
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François
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MessageSujet: Re: Évasion   3/9/2011, 19:05

Christian a écrit:
S'il s'agissait pour moi de m'auto-satisfaire d'un résultat à un concours ou de me lamenter sur mon prétendu talent non reconnu, je serais bien capable de le faire sans vous. Déposer un texte sur la place publique (le forum d'autrefois), implique d'accepter les critiques avec pour seule condition qu'elles soient honnêtes et sincères. Et c'est le cas ici.
Il devrait en être ainsi pour chaque auteur, pour chaque artiste.
Qu'on se le dise !

On n'arrête pas de se le dire mais rares sont ceux qui mettent cela en pratique. Votre réaction à nos commentaires est exemplaire et suscite le respect.
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MessageSujet: Re: Évasion   4/9/2011, 20:30

Jean-Pierre Poccioni a écrit:
Je ne pense pas du tout que l'édition exige un talent singulier.
Vous avez raison Jean-Pierre, le terme n'est pas approprié. Je voulais dire important, notable...

François a écrit:
Votre réaction à nos commentaires est exemplaire et suscite le respect.
Merci François, mais je pense que n'accepter "l'autre" qu'à la condition que son avis aille dans notre sens est une forme de négation de "l'autre".
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