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 La diseuse de bonne aventure

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abdel
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MessageSujet: La diseuse de bonne aventure   18/6/2011, 17:44

Jeudi, jour de souk dans le village, à l'instar des autres villages qui ont leur propre jour de souk. Du lundi au dimanche c'est la rotation pour les marchands et hommes de métiers ambulants, trimbalant leurs biens, attirails et tentes à grands renforts de chariots poussés, de motos poussives et autres tacots préhistoriques chargés trois fois plus leur tonnage; par pluie et par beau temps.

Ce jour-là, la diseuse de bonne aventure était assise à sa place habituelle, celle qu'elle repère chaque fois entre un marchand de beignets et un coiffeur. Elle a déjà étalé sur une natte en jonc sa maigre marchandise. Elle est diseuse de bonne aventure mais tente aussi l'aventure du petit commerce.

Sur le couloir central de la natte, face au public, elle étalait son instrument de travail : un jeu de cartes. De part et d'autre, se mélangeaient des articles de beauté des plus traditionnels et des accessoires de bain maure. Du khôl pour noircir les cils et sourcils;du henné pour tatouer mains et pieds; du rouge à pommettes badigeonné sur des morceaux de poterie, qu'il suffit de toucher et appliquer sur les pommettes; du souak : une écorce pour frotter les dents; des pinces à épiler et des coupe-ongles. Des pierres- éponge et des frotte-dos ainsi que du savon gras noir : l'attirail du parfait usager du hammam ou bain maure. Mais également des parfums de contrebande, un paquet en plastique de riz, de l'eau de roses d'oranger et un encensoir empli du même liquide dont elle asperge ses clients en signe de bienvenue. Peut-être même pour se protéger de certaines odeurs infectes de femmes négligentes…

Assise en tailleur derrière sa natte, la diseuse plaçait inlassablement ses cartes devant elle en colonnes serrées, puis brouillait le tout et refaisait le même manège. Une manière d'exposer son métier aux passants qui soulevaient des nuages de poussières sur cet étroit passage du souk délimité par des séries parallèles de pics fixant au sol des tentes froissées et bariolées de marchands et hommes de métiers. Ce chemin commençait par les tentes des vendeurs de beignets affairés à produire des boucles de pâtes à une vitesse inouïe qu'ils glissaient sur leur bassin d'huile bouillante juché sur un monticule en terre cuite, et se terminait par les coiffeurs concentrés sur les tignasses ou les visages de leurs clients dont les regards furtifs sur le miroir fixé sur le mât central des tentes leur donnaient le torticolis.

La diseuse avait chaud dans sa djellaba serrée, malgré l'ombre d'un parasol large couvrant d'une ombre fraîche son étalage de fortune et sa tête encapuchonnée. Le soleil tapant fort de cette fin de matinée n'arrangeait pas les choses, sa corpulence non plus. Mais c'est un avantage dans son métier, car une diseuse maigrichonne inspirerait moins de confiance et ferait plutôt pitié. Le sachant fort bien, la diseuse tenait une posture fière et engageante, en faisant montrer exprès ses lourds bracelets en argent et ses pieds tatoués de henné. Un gros tatouage indélébile ente les sourcils, un losange, donnait à ce visage, couvert jusqu'au nez par un vaporeux voile gris, un air de sérieux et de détermination. Son portable, fixé à un ruban élastique en bandoulière, ajoutait une touche technique à son métier d'intermédiaire dans les affaires d'arrière cours dont seules certaines de ses habituées clientes en connaissent les soubassements.

De partout, jaillissaient des brouhahas et des senteurs que l'on pouvait écouter ou sentir distinctement on y prêtant attentivement l'oreille ou le nez . Un tintamarre propre aux souks, une magie orientale qui frôle la poésie symphonique d'un tableau parlant et transpirant de mille odeurs, œuvre d'une main de géant, posée à ses pieds d'argile.

Une cliente se présenta. La quarantaine, une djellaba fripée et délavée, des sandales en caoutchouc et un grand bébé serré à califourchon par un tissu sur le dos, et dont le nez coulait de glaires essuyées par une rapide et avide langue rappeuse.

Elle s'assit sur les talents en face de la diseuse, sans cérémonie de présentations, à part le "que la paix soit sur vous" de circonstance. C'était inutile. Toute personne qui s'accroupit devant la diseuse a déjà par ce geste signifié sa demande de ses bons et loyaux services.

- Voilà, Madame, mon mari est un ouvrier occasionnel, parfois c'est le ciment, parfois c'est le gypse, parfois c'est la peinture. Il fait sept métiers à la fois dans les constructions sans jamais rester fidèle à l'un d'eux. Il a sept enfants aussi, remarquez ce chiffre qui peut-être me porte malheur. Il m'apporte peu d'argent en fin de journées et parfois il découche en arguant du fait qu'on l'a retenu pour gardiennage du chantier. Je le soupçonne d'avoir un autre foyer, surtout qu'à chaque nuit, il se couche dès la fin du dîner et même l'explosion d'une bombe ne peut le réveiller. J'ai beau recourir aux services des sorcières, que le ciel nous en protège, aucune recette n'a eu d'effet, à part le rendre gravement malade de l'estomac. Que me dit l'avenir à propos de ma vie avec cet ingrat pour qui j'ai ruiné toute ma jeunesse ?"

La diseuse écoutait d'une oreille attentive cette tirade de détresse, tout en étalant ses cartes sur la natte. Il ne faut surtout pas interrompre le client, cela fait partie de la thérapie du métier. Le laisser se décharger de sa peine profonde, c'est la moitié du service après vente d'une diseuse qui se respecte et qui met un point d'honneur à faire guérir ses "patients" par eux-mêmes, en écoutant tout bonnement leurs "mauvaises aventures", avant d'en raconter de bonnes…

- Qu'est ce que tu fais dans la vie ma bonne dame ?

- Je suis placeuse de hammam, dit la cliente en faisant un mouvement vers la gauche pour que le gosse n'attrape pas un objet qu'il tentait vainement de saisir.

- -Ah! Je me disais aussi que tu sentais terriblement le bain maure, c'est agréable ! Mais on verra ça après, je fais de bon prix pour les produits de bain, tu sais. C'est pourquoi j'ai hésité aussi à t'encenser comme je le fais avec l'eau de rose. Je sens aussi que tu es une chic femme, encore belle et qui ne mérite pas un tel sort. J'ai beaucoup de solutions pour toi, tu n'auras qu'à choisir, et tu ne le regretteras pas. Ah ! cet ingrat de mari ! avoir une si jolie bombe à ses côtés, qui sent si bon et dormir à poings fermés! Quel con ! Mais voyons d'abord ce que disent les cartes.

Son jeu de carte est un jeu espagnol de quarante cartes, avec lequel on joue au Maroc la Ronda, le Touti et le Rami, trois passe-temps très populaires dans ce pays.

Le nom des cartes évoque à l'oreille un vague espagnol retouché du dialecte local: "le ray", "la sota" et le "cabal" sont en fait le roi, le valet et le cavalier. Le valet est considéré comme féminin, la "sota". Le jeu contient quatre séries de cartes numérotées de 1 à 7 où figure pour chaque série un nombre équivalent de dessins. La série "oros" représentant des pièces de monnaie en or, la série "bastos" avec des bâtons, la série "copas " avec des coupes et la série "espadas" avec des épées. Oros et copas ont conservé leur nom d'origine, mais bastos et espadas sont dites "khal" et "chbada". Le roi, le valet et le cavalier se discernent dans chaque série par la figurine portée sur la main.

Ils sont également des personnages importants dans la prédiction de l'avenir chez la voyante à la carte. Toute une symbolique est à déchiffrer par la seule juxtaposition des piles de cartes.

Ainsi dans le lot du cœur on peut interpréter l'interposition d'une "sota" entre une autre "sota" et un cavalier ou roi, comme un signe d'intrusion d'une nouvelle prétendante, surtout si le cavalier tourne le dos à la "sota".

Les "copas" constituent des signes d'un bien qui viendrait ou d'un bien qui s'en irait selon la disposition des cartes. Il va s'en dire que les "oros" évoqueraient la richesse qui ferait de même.
Les "espadas", épées, peuvent indiquer la mort ou une séparation, tandis que les bâtons peuvent constituer des bâtons dans… les roues ou des tracas mineurs de santé ou autres.

La diseuse à tout faire remit à Fatiha deux cartes : une "sota" qui allait représenter la pauvre femme et un "cabal" représentant son mari. Elle lui demanda de les baiser et de les poser sur son cœur. Chose que fit Fatiha avec beaucoup de conviction, priant Dieu de donner la baraka à la voyante pour qu'elle puisse découvrir le pot aux roses des agissements supposés louches de son " piètre " mari. Elle ramena d'un coup sec le tissu qui emprisonnait son fils pour voir pourquoi il ne bougeait plus. Il s'était endormi, bouche ouverte et passive devant la promenade de trois mouches, la tête ballante sur le côté, sans doute dans les bras de Morphée sous l'effet des bonnes paroles de la diseuse. Celle-ci, fourra les deux précieuses cartes dans l'ensemble, mélangea plusieurs fois en maugréant des mots mystérieux, leva un rapide regard vers le ciel, porta sa main à son front puis à ses lèvres (un signe d'invocation divine sans doute) et se mit au travail.



La radoteuse, répartit son jeu de cartes en trois piles, dos à l'extérieur, devant la curieuse sur son avenir.

- Maintenant, dit-elle à celle-ci, tu poses ta main droite à plat successivement sur les trois piles en disant : voici le contenu de mon cœur, voici le contenu de mes préoccupations, et voici ce que dieu me prévoit.

- D'accord ma bonne dame. Voici le contenu de mon cœur, voici le contenu de mes préoccupations, voici…

- Non, pas comme ça, pas sur la même pile. La première pile est pour le cœur, la deuxième pour les préoccupations, la troisième pour le résultat final.

- Ah, oui ! je comprends, dit la plaintive en s'exécutant parfaitement.

- Eh bien tu comprends très vite ma chère ! tu es jolie et intelligente à la fois ! pas mal de gens que je connais ne demanderaient qu'à se mettre à tes pieds ! Tu t'appelles comment déjà ?

- Fatiha

- Un joli nom qui exprime le contenu de celui qui le porte. Fatiha, l'ouverture, que Dieu t'ouvres les portes de l'avenir! Déjà ton nom est porteur de promesses. Ton esprit d'ouverture, si je puis dire, pourrait te rendre bientôt une femme heureuse et aisée, lui susurra-t-elle en souriant et clignant d'un œil plein de sous-entendus.

Tout allait donc dépendre de l'emplacement des deux cartes, bénies , dans l'ensemble. Fatiha sera -t'elle près de son mari, ou une intruse va l'accaparer sur le papier? Des pièces en or ou une coupe seront- t'elles à portée de sa main? Et si jamais c'est une épée ou un bâton de mauvais augure?

La professionnelle en cartes étala lentement chaque pièce, à l'endroit, en commençant par le lot du cœur. Elle allait interpréter chaque lot à part : les problèmes du cœur, ceux de tous les jours et enfin ce que l'avenir apporterait.

-ha, ha ! dit –elle, tu n'es pas sortie dans ce lot du cœur! Mais voilà ton mari qui s'amène sur son cheval blanc, avec, à ses côtés, cette jeune femme, trapue, aux yeux verts et à la longue chevelure! Regarde ! Ils sont face à face ! Et ils semblent se savourer des yeux !

-Tiens ! te voilà enfin sur le lot des tracas! mais je n'en vois pas pour toi. Au contraire, je vois un avenir tout blanc qui s'approche. Regarde cette coupe ! un lot de biens te parviendra incessamment ! Et cet homme à ta droite, à qui tu tournes le dos, il faudrait lui parler! La coupe est juste devant lui, c'est donc par lui que viendra la richesse et le bonheur. Ne lui tourne plus le dos, attention, sinon tu perdras la chance de ta vie ! Il n'y a qu'un seul ennui, c'est cet "as"en bâton qui me turlupine ! Que vient-il faire derrière toi, alors que devant toi il y a la coupe toute pleine !
C'est bizarre…

Pendant ce temps, chez le vendeur de beignets, un homme tout blanc de gypse de ses bottes en plastique jusqu'à sa maigre chevelure, le regard hagard, l'air fatigué et tout en sueur, mangeait debout et vite, l'air pressé d'en finir avec un beignet tout chaud qu'il peinait à avaler, avant d'aller rejoindre son boulot aux environs du souk. Maigre pitance pour un homme appelé à fournir des efforts physiques.

Son regard absent balayait sans voir les alentours. Cependant, un mouvement anormal d'un porteur de caisses de légumes retint malgré tout son attention. Le porteur, en trébuchant manqua de s'étaler sur une femme accroupie, dos au passants, avec son bébé sur le dos. Il cessa brusquement de mastiquer. Une femme? Un enfant ?

-Mais c'est ma femme, se dit-il à haute voix, qu'est ce qu'elle fou devant cette entraîneuse ?

Il connaissait tout le monde dans le coin pour être maintes fois venu avaler son mets préféré et peu coûteux. Son sang n'a pas eu le temps de faire le fameux tour unique et complet, que déjà il se précipitait vers sa femme, hors de lui, tout en colère extériorisée. Manquant à son tour de renverser pas mal de monde, il arriva à se frayer son chemin et sans crier gare assena un lourd coup de poing sur la tête de sa femme. Celle-ci culbuta sur les produits sur la natte, poussant un cri rauque. Le bébé se réveilla avec fracas et entonna une mélopée de pleurs stridents et saccadés.

Le honni mari flanqua ensuite un grand coup de pied sur les produits achalandant la natte, lesquels s'éparpillèrent tous azimuts au grand désespoir de la prêcheuse de bonne aventure qui sans mot dire se saisit de son portable et entra en communication à voix basse en couvrant sa bouche d'une main, tout en se drapant dans sa dignité.

- Sale garce, dit l'infortuné à l'adresse de sa femme qui se relevait les yeux ronds de surprise, moi je trime comme un diable pour arriver à joindre les deux bouts et toi tu passes ton temps à courir les bonnes femmes pour m'ensorceler ou me faire ingurgiter tes infâmes potions! Tu crois que je ne suis pas au courant de tes méfaits ? Tiens sale pute de ta mère !

Un violent coup de pied au postérieur de la respectable épouse, qui déjà entamait une fuite salutaire, la fit tomber sur les genoux. Elle se releva au milieu de l'attroupement et s'en alla précipitamment en mêlant ses cris de terreur aux pleurs encore plus amplifiés du bébé terrorisé.

Des badauds empoignèrent l'enragé qui faisait mille efforts pour se dégager afin d'achever de calmer sa bouillonnante douleur interne.

Deux représentants de l'ordre, surgis de nulle part, ceinturèrent le futur inculpé, lui passèrent des menottes et le traînèrent sur l'étroit passage subitement dégagé sous le regard de l'assistance occupée à hausser des épaules et à se taper une main dans l'autre en signe d'incompréhension et d'impuissance.

L'homme au sept métiers et enfants ne comprenait pas ce qui lui arrivait . Il se laissa faire docilement sans mot dire, le cœur battant à se rompre, la sueur perlant sur son front, abattu et haletant, au bord de la syncope.

La diseuse ne s'était pas trompée d'aventure.
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barbara

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MessageSujet: Re: La diseuse de bonne aventure   29/6/2011, 03:04

Bonjour Abdel,

Votre texte me déconcerte un peu...

La femme est-elle à ce point écervelée qu'elle ne comprend pas qu'un homme qui a 7 métiers (et 7 enfants!!) n'a pas le temps d'aller voir ailleurs ni même (comme c'est triste...) tout le temps voulu pour s'intéresser à elle??

Considérez-vous votre écrit comme une morale? confused

N'est-ce pas rabaisser la femme que de la considérer à ce point comme une abrutie parfaite?

Malgré tout j'ai vu les couleurs et respiré l'air parfumé du souk en vous lisant, c'est pittoresque et bien agréable...
Un peu de longueur dans la description des cartes peut-être... et quelques fautes d’inattention bien pardonnables.

Mon avis : la forme est correcte mais le fond........................... no comment!! affraid

Mais je dois probablement avoir occulté l'essence même de votre texte... Je l'espère en tous cas king
Il est tard et je vais aller me coucher geek

Je viens juste d'arriver aujourd’hui vous savez... Ne m'en veuillez pas!
Malgré tout je trouve étonnant d'être la 1ère à intervenir sur votre écrit sais pas
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François
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MessageSujet: Re: La diseuse de bonne aventure   29/6/2011, 13:23

Le commentaire de Barbara me rappelle ce texte que j'avais lu mais pas encore commenté... Il faut dire qu'Abdel en a posté quatre sur l'espace de 10 minutes ce qui fait que je ne savais plus par où commencer.

C'est bien connu sur les forums littéraires : qui poste trop et trop vite ne récolte souvent que peu de commentaires.

L'unique intérêt de ce texte pour moi réside dans sa "couleur locale", je veux dire par là, ce qu'il nous apprend de certains aspects sociaux et culturels d'un pays fort différent du mien.

Par contre, la surabondance de descriptions et le relatif manque d'éléments intéressants (de mon point de vue qui est bien sûr subjectif) sur le plan narratif rendent la lecture peu passionnante.

En ce qui concerne le style, mon avis est biaisé par le fait que je sais que le français n'est pas la langue maternelle d'Abdel. Et donc je trouve que, pour un non-natif de la langue, il s'en sort plus qu'honorablement.
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abdel
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MessageSujet: Re: La diseuse de bonne aventure   29/6/2011, 13:37

Bonjour Barbara,

Chacun a sa conception. La mienne est de croire qu'il faudrait commenter les autres, selon son ressenti sincère, pour s'attendre à la réciproque.

Le reste ne me regarde pas.

Je vous remercie donc pour ce ressenti sincère et ne tarderai pas à poster mon ressenti sur votre texte.

Votre retour de lecture me permet de constater que la description réaliste dans ce texte est assez équilibrée.

Car il s'agit d'un fait réel comme si vous y étiez, qui s'est passé tout près de chez moi. La femme est bien sûr décrite dans tous ses (mauvais) états, je ne maquille rien.

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abdel
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MessageSujet: Re: La diseuse de bonne aventure   29/6/2011, 16:47

John,

Merci pour vos remarques.

Oui, ce n'est pas ma langue maternelle. Je n'ai personnellement aucun doute la-dessus, puisque ma mère s'appelle Zahra (la fleur). Il n'aurait strictement servi à rien d'écrire ce texte en arabe et le poster pour des lecteurs françisants, de souche ou d'écorce seulement.

Sans la langue bigrement maladroite et alambiquée des francophones, bien des scènes de vies locales, bien des us et coutumes lointaines n'auraient jamais attéri sous le nez attentif et friand du lecteur français-souche.

L'originalité du français langue étrangère est d'être imprégnée par un mode de pensée et d'émotion, une forme d'être, bien différents de celui du centre.

S'en sortir ou pas, il s'agit surtout d'être soi-même sous une autre langue, et de se faire comprendre.

Comme disait Talleyrand (ou De Gaulle , selon d'autres) , "quand je m'examine je m'inquiète, quand je me compare je me rassure".
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François
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MessageSujet: Re: La diseuse de bonne aventure   29/6/2011, 17:04

abdel a écrit:
S'en sortir ou pas, il s'agit surtout d'être soi-même sous une autre langue, et de se faire comprendre.

S'il s'agit uniquement de communiquer, ou d'écrire pour ta propre satisfaction, je ne peux qu'être d'accord avec toi.

Mais si l'ambition de l'auteur est d'écrire un texte littéraire qui soit lu et apprécié en tant que tel (et je ne dis même pas publié), être soi-même me semble bien insuffisant. Je me demande même si c'est un critère de qualité qui doit être pris en compte. Car comment le lecteur peut-il déterminer si l'auteur d'un texte est bien "lui-même" dans son écriture ?
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Jean-Pierre Poccioni
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MessageSujet: La diseuse de bonne aventure   29/6/2011, 17:11

Un de mes amis, écrivain africain francophone, aimait dire:

"Une langue est comme un objet fragile quand on l'emprunte on en prend encore plus soin que quand il est à nous"

Cela pour dire qu'a mes yeux les fautes d'Abdel ( qui n'ont rien à voir avec la transposition créatrice "locale" d'une langue étrangère ou interférence) sont trop nombreuses pour être facilement acceptables d'autant que beaucoup d'entre elles seraient éliminées par une simple et honnête relecture.

Je fais ici la différence entre nos échanges écrits à la hâte et un texte présenté comme un morceau littéraire achevé.
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abdel
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MessageSujet: Re: La diseuse de bonne aventure   29/6/2011, 18:16


Je vais vous parler en termes généraux sur un sujet qui concerne bien entendu la publication de mes textes "inachévés" dans ce forum mais aussi de tout un chacun qui fait la même chose que moi. Cela n'a donc rien de strictement personnel mais peut être le cas de plusieurs personnes.

N'en prenez donc nullement ombrage !

Un certain Bouteflika, qui n'est pas de mes amis mais un chef d'Etat qui ne mâche pas ses mots disait que la langue française est un butin de guerre. Il roule donc les "r" comme il veut et ne se soucie guère que le butin rouille ou pas à force d'être galvaudé à toutes les sauces maghrébines orales et écrites.

Comme l'inversse n'existe pas, je n'ai aucun critère pour juger de l'utilisation de l'Autre de ma langue arabe maternelle.

Dommage !

Mais la question est beaucoup plus simple que cela : le temps qu'impose le forum pour éditer vos textes transmis est affreusement court.
Il est évident par exemple que langue rappeuse ( pour râpeuse) fait sourire. Si vous faites un tour dans une autre chambre puis revenez à votre texte déjà transmis et que vous trouviez des erreurs, la machine vous répond : "vous ne pouvez plus éditer votre texte" !

Evidemment une correction avant transmission s'impose, pour éviter des erreurs criardes.

Mais de là à dire que le texte, quel qu'il soit et pas seulement celui-là, est supposé être une oeuvre littéraire achevé, là excusez-moi, je n'aurais dans ce cas aucune raison de le poster dans un forum de discussion littéraire, mais je devrais le transmettre directement à mon éditeur préféré !

Un forum littéraire , c'est fait pour glanner des avis, des corrections, des retouches, des encouragements, des conseils.

Si c'est seulement pour poster des oeuvres achevées, ça servirait à quoi ? les faire connaître ? les faire apprécier ? en faire la promotion ?

Les conceptions diffèrent sans doute. La mienne en tout cas est intangible : avoir des avis sur mes tentatives d'écriture, que je sois monsieur x ou mademoiselle y.

Que l'on me dise "vous perdez votre temps ce n 'est pas comme ça qu'il faut écrire de la littérature" et cela à plusieurs voix et à plusieurs endroits sur le net, cela me rassurera objectivement sur l'objet sans fondement de mes tentatives littéraires et je rebrousserais chemin aussi bredouille que penaud.

Que l'on me dise "vous avez un peu de talent et pas assez de "langue" car vous faites trop de fautes" voilà qui me rassurera à moitié, ou au tiers pour être plus réaliste, et ne m'empêchera pas de persévérer pour tenter de devenir un jour Zola ou... Poccioni.

Si l'objectif de ce forum consiste à poster des morceaux d'une oeuvre achevée déjà publiée ou en instance de l'être, qui ne nécessite aucune remarque des lecteurs si ce n'est une attitude béate et admirative du bon morceau posté, alors ce sera un cercle fermé d'auteurs accomplis qui se contemplent mutuellement en se distribuant un satisfecit circonstancié.

J'aurais donc frappé à la "mauvaise porte", vu ce que je cherche, et dérangé la quiétude "bon adulte" des maîtres de céans.

Le silence sur les textes des autres est-il une manière de juger tacitement de leur valeur négative ? Et seulement sur des critères "objectifs" établis à partir des connaissances en sciences littéraires et qui sont, eux indiscutables face à l'indiscutabilité des ressentis personnels et directs ?

Dans ce cas-là, est ce qu'un forum littéraire ne peut être animé que par des connaisseurs de ces critères de la critique littéraire scientifique ?

Si c'est oui, alors chaque auteur ne destine donc ses écrits qu'aux seuls érudits de la critique littéraire et pas au large public ? Ce dernier n'étant en fait que le suiveur des avis des critiques professionnels ?
Pour avoir l'avis du public lamda, il faut donc passer par le censeur de service, le critique littéraire, le messie des temps modernes.

Un droit de vie ou de mort sur vos écrits, avant de tenter de les faire vivre dans le coeur et l'imaginaire des autres "monsieurtoutlemonde" ...
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abdel
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MessageSujet: Re: La diseuse de bonne aventure   29/6/2011, 18:30

John,

Si vous lisez par exemple "l'enfant de sable" de Tahar Benjelloun, ou "la civilisation, ma mère !" de Driss Chraibi, vous saurez immédiatement que ce sont des marocains qui parlent avec des trippes marocaines, avec tout ce qu'il y a dedans de bon comme de mauvais.

Bien des choses qui peuvent vous paraître "bizarres" dans la narration de l'auteur ou sa manière d'aborder les sujets de la vie courante, sont pour nous "choses" simples et ordinaire et "pensées" typiquement maroco-arabo-islamiques.
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François
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MessageSujet: Re: La diseuse de bonne aventure   29/6/2011, 18:50

abdel a écrit:
John,

Si vous lisez par exemple "l'enfant de sable" de Tahar Benjelloun, ou "la civilisation, ma mère !" de Driss Chraibi, vous saurez immédiatement que ce sont des marocains qui parlent avec des trippes marocaines, avec tout ce qu'il y a dedans de bon comme de mauvais.

Bien des choses qui peuvent vous paraître "bizarres" dans la narration de l'auteur ou sa manière d'aborder les sujets de la vie courante, sont pour nous "choses" simples et ordinaire et "pensées" typiquement maroco-arabo-islamiques.

Je n'ai pas dit qu'il y avait des éléments bizarres mais qu'il manquait d'éléments narratifs intéressants, en précisant que c'est bien sûr subjectif. C'est moi que ce récit n'a pas passionné, cela ne veut pas dire qu'il ne soit passionnant pour personne.

Mais si je te suis bien, un lecteur marocain est plus susceptible d'être passionné par ton récit qu'un lecteur francophone belge comme moi, c'est bien cela ?

C'est fort probable. Mais si tu as choisis d'écrire en français, on peut supposer que c'est parce que tu veux pouvoir toucher un lectorat francophone de souche, non ? Si c'est le cas un de tes défis consiste à faire passer des réalités "typiquement maroco-arabo-islamiques" tout en étant en phase avec le lectorat francophone potentiel. Pas si simple, j'imagine.

P.S. : Jusqu'à présent on se tutoyais, non ? Sommes-nous fâchés ?
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Jean-Pierre Poccioni
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MessageSujet: La diseuse de bonne aventure   29/6/2011, 19:04

Je pense effectivement Abdel qui si vous aviez un éditeur prêt à vous lire vous le feriez...

Par ailleurs vous mêlez encore une fois les messages et échanges dont la facture requiert certes moins d'exigence et les textes postés comme oeuvres littéraires. Aucun rapport !

Pour le reste en particulier votre opposition entre "les spécialistes" nécessairement sclérosés et le grand public plein de sentiments ouverts c'est tellement caricatural que je n'insiste pas.

Je propose à mes auditeurs et aux membres de Passion des Mots des auteurs qui ne sont pas ou peu connus, dont je suis parfois le seul à faire l'éloge. Je le fais en passionné de belle littérature et non en mandarin avide de je ne sais quel pouvoir. Il se trouve que des personnes trouvent mes avis pertinents. C'est la marque d'une compromission avec le système ?

Donnez-nous donc, puisque vous vous êtes annoncé sans modestie aucune comme un lecteur d'élite quelques noms, quelques pistes, quelques références autres que tel barde du treizième siècle marocain non traduit.

Ah oui ! J'oubliais que vous avez déclaré que vous ne lisiez pas de littérature contemporaine. Moi si, et c'est une des raisons pour lesquelles je peux exprimer un avis.
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barbara

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MessageSujet: Re: La diseuse de bonne aventure   29/6/2011, 19:40

Je viens de lire votre réponse à mon commentaire Abdel, et je vous cite : "Car il s'agit d'un fait réel comme si vous y étiez, qui s'est passé tout près de chez moi. La femme est bien sûr décrite dans tous ses (mauvais) états, je ne maquille rien."


Donc je reviens sur mon avis négatif concernant l'image que je pensais que vous vous faisiez des femmes en général...
Pardonnez-moi, j'ignorais qu'il s'agissait d'un fait réel que vous relatiez !

Il me semble sentir une petite tension entre vous et Jean-Pierre...
J'éviterai donc tout autre commentaire.
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abdel
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MessageSujet: Re: La diseuse de bonne aventure   29/6/2011, 20:22

Ma chère Barbara, ne vous en faites pas, faites les commentaires que vous voulez.
La petite tension dont vous parlez n'est que le résultat du choc entre deux mondes, deux conceptions différentes qui s'attirent et s'annulent et dont chacune a besoin de titiller l'autre pour exister. Sans cela on ne peut progresser. Il faut avoir le courage et le fond nécessaires pour batailler et batailler pour finalement un petit zeste de concession de part et d'autres. Maigre butin pour un combat si géantesque. A condition que votre adversaire ne vous considère pas comme un simple moustique. Et que vous ne le considériez pas comme une montagne infranchissable. C'est dans la douleur que naissent les liens qui durent.
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abdel
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MessageSujet: Re: La diseuse de bonne aventure   30/6/2011, 03:37

John,

Je vous ai bien compris (le "t'" ne me plaît pas ici). Il manque bien sûr des éléments narratifs pour en faire une nouvelle par exemple. Ton avis, s'il est subjectif et pour moi tout à fait objectif. Ce n'est qu'une simple description d'une scène.

Un lecteur local peut évidemment "vivre mieux la scène" parce qu'il y est habitué. Un lecteur européen peut la vivre si je parviens à la lui transmettre selon un style acceptabe. Cependant, il peut être totalement dérouté si je me mets à lui raconter des scènes trop locales : Chez un fkih sorcier par exemple pendant un exorcisme, ou l'excision d'un enfant avec un simple ciseau, ou la nuit de noce typiquement locale qui consisterait à la gifler avant de la déflorer, ou encore ce qui se passe dans une confrérie religieuse, ou encore ce qui passe dans un moussem (tuer à main nue une chèvre par exemple et voir le public s'en arracher les morceaux, pour en recevoir une bénédiction...). Il peut être choqué, pour certaines barbaries. Mais un local, les aura déjà vues et vécues de ses propres yeux et oreilles.

Tant de choses peuvent peser lourd sur le dos d'un écrivain local qui s'adresse à un public européen. Cela dépend de son but : vendre la misère socio-intellectuelle de son pays ou au contraire la dénoncer pour la combattre. Les moyens d'expression, les limites du dit et du non dit ne seront pas les mêmes. Cela touche à l'identité même de l'auteur et engage sa responsabilité de son pouvoir de quoi en faire au juste.
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Jipi
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MessageSujet: Re: La diseuse de bonne aventure   30/6/2011, 09:53

abdel a écrit:
S'en sortir ou pas, il s'agit surtout d'être soi-même sous une autre langue, et de se faire comprendre.

Je ne pense pas, Abdel, que ce soit la vocation de la littérature à partir du moment où on veuille la partager.
Pour moi la littérature n'a pas pour vocation première de transmettre un message. Elle a d'autres ambitions.




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François
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MessageSujet: Re: La diseuse de bonne aventure   30/6/2011, 11:22

abdel a écrit:
Tant de choses peuvent peser lourd sur le dos d'un écrivain local qui s'adresse à un public européen. Cela dépend de son but : vendre la misère socio-intellectuelle de son pays ou au contraire la dénoncer pour la combattre.

Mais toi, quel est ton but ?

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abdel
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MessageSujet: Re: La diseuse de bonne aventure   30/6/2011, 14:51

John a écrit:
Mais toi, quel est ton but ?


Tu me parles comme si j'étais écrivain. Mais je ne le suis pas John !

Je te parle en tant qu'intellectuel qui a des opinions sur le sujet, pas plus.

Mon avis est donc que toute écriture locale qui traite des problèmes socio-culturels ( et non socio-intellectuels comme je l'ai dit malencontreusement supra) devrait tenir compte de la dimension sociologique. Par là, j'entends l'étude sociologique : décortiquer les phénomènes sociaux et les expliquer dans son écrit au lieu de les étaler comme ça à froid, en donnant l'air de les vendre plus que de s'en défendre.

Dans un pays en retard l'aspect engagé de l'écrivain est indispensable. C'est pourquoi il se trouve plus de sociologues et de profs des sciences humaines qui écrivent chez nous.

Cet aspect là se perd de plus en plus en Europe. Peut-être que les jeux sont déjà faits : démocratie assez bien établie, droits de l'homme, et même environnement, etc.

Comme il y a beaucoup de chemin à faire de l'autre côté, dénoncer l'instrumentalisation des us et coutumes pour empêcher toute évolution, expliquer pour les corriger les dysfonctionnements sociaux, tout cela même de façon romanesque, est beaucoup plus rentable que de vendre des cartes postales figées.
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MessageSujet: Re: La diseuse de bonne aventure   30/6/2011, 15:54

abdel a écrit:
John a écrit:
Mais toi, quel est ton but ?
Tu me parles comme si j'étais écrivain. Mais je ne le suis pas John !
Je te parle en tant qu'intellectuel qui a des opinions sur le sujet, pas plus.

Je précise ma question : mais toi, quel est ton but* avec ce texte que tu as écrit et que tu postes ici?


* par rapport aux deux options que tu proposais, je te cite : "vendre la misère socio-intellectuelle de son pays ou au contraire la dénoncer pour la combattre"
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MessageSujet: Re: La diseuse de bonne aventure   30/6/2011, 17:08

John,

D'abord, je reprécise : il ne s'agit pas de misère socio-intellectuelle mais socio-culturelle.

Ensuite je vais procéder par image pour me faire mieux comprendre.

On dit : la montagne a accouché d'une souris. On est d'accord , merci.

On ne dit jamais que la souris a accouché d'une montagne, c'est inconcevable. On est d'accord, merci.

John, la souris c'est mon petit texte posté . La montagne c'est vendre ou se défendre contre la misère socio-culturelle. Ce n'est pas avec quelques misérables lignes que je vais cerner la misère soci-culturelle locale. Je ne peux pas dans ce cas faire rentrer la montagne dans la souris.

Pour que la montagne accouche d'au moins un éléphant, il faut une civière aussi grande qu'un roman, pas un court texte plus hilarant que sérieux.

Le but doit concorder avec les moyens. Et puisque les moyens sont dérisoires (un petit texte manquant comme tu l'attestes d'éléments narratifs ) le but n'en peut-être que dérisoire ou chimérique.

Que reste-t'il alors comme but du texte ? Un simple exercice, un plaisir d'écrire quelque chose, comme ces tennismans qui échangent des coups d'échauffement avant d'entrer dans le vif du sujet-match.

Lorsque l'occasion se présentera d'écrire plus long que ça, tu connais déjà mon but général, il est exprimé supra.
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MessageSujet: Re: La diseuse de bonne aventure   30/6/2011, 18:09

D'accord, je comprends. Merci de m'avoir répondu.
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