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 Traduction d'un extrait de poème

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abdel
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MessageSujet: Traduction d'un extrait de poème   14/6/2011, 21:11

Essai de traduction d'un extrait de poème arabe antéislamique .

Zouheir bnou abi salma est un poète arabe d'avant l'islam né en 530 près de Médine et mort en 627 de l'ère chrétienne à l'âge de 97 ans. Juste un an avant la révélation de l'islam.

Il appartenait à la grande tribu des Modars dont est issu l'arabe en tant que langue, tribu dont fait partie la tribu des koreichs dont est issu le Prophète Mohamed. (L'historien Ibn Khaldoun dit de l'arabe : la langue de Modar).

Son père, son oncle, sa sœur et ses deux fils étaient également de grands poètes.

Les historiens disent qu'il écrivait un poème en un mois, puis le ciselait durant un an, avant de le communiquer à son entourage.

A cette époque les meilleurs poèmes étaient transcrits avec de l'encre d'or, sur des peaux et accrochés aux murs de la qaâba (l'actuel lieu saint du pèlerinage musulman, à la Mècque, et antique lieu de recueillement d'Abraham).

Les historiens en dénombrent sept poèmes intitulés "les sept suspendus" ou "les sept dorés", d'au moins 5 pages chacun. Certains historiens en comptent dix. Ils n'ont pas de titre et commencent souvent par l'évocation d'une histoire d'amour avant d'aborder le sujet.

Ces dix poèmes constituent, même à nos jours, le sommet de la poésie classique arabe, abstraction faite de la poésie d'Al Moutannabi qui atteint des sommets artistiques semblables, sinon supérieurs, de mon avis personnel.

Zouhair est l'un des trois meilleurs poètes de l'époque de la jahilia (avant l'islam) , avec le poète Imro al kaiss et le poète Anabigha doubiani. Il est peut-être le plus grand poète de la civilisation arabe avec le poète Al moutannabi (sous les Abbassides :915-965 après JC) , dont je traduirai bientôt l'un des meilleurs poèmes.

Il est considéré comme le poète de la raison et de la réforme. Ces poèmes sont pleins de sagesse et de conseils; ils sont écrits dans un arabe classique très soigné , mais pas facilement traduisible. Un chef d'œuvre de rime, de rythme et de musicalité !

Certains historiens estiment qu'il était chrétien (pas d'islam encore) par son évocation récurrente de l'unicité de Dieu , de sa croyance en la résurrection et le châtiment .

Le poème dont je traduis l'extrait central, à été écrit pour désapprouver la guerre et calmer les esprit suite à une bataille rangée entre deux tribus pour une affaire de course de chevaux et de tricherie à la course (Le cheval arabe a fait de la course hippique depuis la nuit des temps…).
la partie sur la guerre est très difficile à traduire, je traduis alors la partie consacrée aux conseils de sagesse .
Dans la versification arabe classique le vers est généralement de 12 pieds. Le poème est écrit en deux colonnes de deux vers complémentaires sémantiquement par ligne , séparés par un espace suffisant et uniforme , avec une rime à la fin du deuxième vers et identique partout dans le poème.

Comme c'est impossible de faire la même chose en français, en traduisant , j'invente une rime pour chaque premier vers pour garder le rythme des deux vers de chaque ligne.

Ce poème (l'extrait) est une belle leçon de morale qui surgit du fonds des temps, mais aussi une belle leçon de créativité à un âge aussi avancé (poème écrit à 80 ans !)


J'ai languis des exigences de la vie et ---qui vit quatre vingt ans, c'est certain qu'il languit
Je sais le lot d'aujourd'hui et d'hier avant lui--- mais ce que demain sera, je ne suis instruit
J'ai vu la mort sévir comme une chamelle la nuit ---tuant par ci , par là , et le chanceux vieillit
Celui qui sur des choses manque de diplomatie ---il sera mastiqué ,et piétiné à l'envi
Celui qui , n'importe où, place sa bonté elle le fuit ,--- et qui craint l'insulte sera insulté
Celui qui a un avantage , le cache à autrui ---on le haïra en société, et il sera maudit
Celui qui tient parole et son cœur s'assagit ---du calme du bienfait , ne sera point honni
Celui qui craint la mort, elle l'aura sûrement--- même si par échelle , il grimpe au firmament
Celui qui place le bien en mauvaise destinée ---il reviendra en mal , et il sera indigné
Celui qui, par les armes, ne défend sa cité ---sera détruit, et qui traite bien sera maltraité
En tout ami il faut voir, son ennemi juré ---et qui ne s'honore pas sera déshonoré
Et quel que soit ton vice, enfoui et méconnu ---crois-tu le bien cacher, sera bien reconnu
A rester admiratif devant tant de gens muets--- leur valeur, plus ou moins, dépend du parler
La langue est notre moitié, le cœur , le restant--- il ne reste que l'aspect, la chair et le sang .

Traduit par Abdel
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Jean-Pierre Poccioni
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MessageSujet: Traduction d'un extrait de poème    15/6/2011, 07:37

Celui qui, par les armes, ne défend sa cité ---sera détruit, et qui traite bien sera maltraité
En tout ami il faut voir, son ennemi juré ---et qui ne s'honore pas sera déshonoré
Et quel que soit ton vice, enfoui et méconnu ---crois-tu le bien cacher, sera bien reconnu


Effectivement ! Magnifique leçon de "morale".

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abdel
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Localisation : Rabat, Maroc
Date d'inscription : 25/05/2011

MessageSujet: Re: Traduction d'un extrait de poème   15/6/2011, 14:08

Jean-Pierre Poccioni a écrit:
Effectivement ! Magnifique leçon de "morale".


Bien vu !

Une belle leçon immorale de "morale" !

Sauf qu'à la Jahilia (la nuit de la connaissance si j'ose dire) la morale , la raison du plus fort, était toujours la meilleure. La cité n'admettait pas la raison du plus faible, de l'intérieur comme de l'extérieur des murs de la citadelle.

Ce poème ne contient pas que la glorification de la guerre, mais aussi des attitudes personnelles à avoir dans la vie.

Celui qui sur des choses manque de diplomatie ---il sera mastiqué ,et piétiné à l'envi
Celui qui , n'importe où, place sa bonté elle le fuit ,--- et qui craint l'insulte sera insulté
Celui qui a un avantage , le cache à autrui ---on le haïra en société, et il sera maudit
Celui qui tient parole et son cœur s'assagit ---du calme du bienfait , ne sera point honni
Celui qui craint la mort, elle l'aura sûrement--- même si par échelle , il grimpe au firmament
Celui qui place le bien en mauvaise destinée ---il reviendra en mal , et il sera indigné
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