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 Quelques poèmes tristes

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abdel
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MessageSujet: Quelques poèmes tristes   31/5/2011, 21:54

Voici quelques poèmes tristes au hasard de mes écrits de jeunesse. Sauf les deux premiers qui sont récents.

A prendre ou à l'essai...

Vous pouvez laisser tomber dès la lecture des premiers vers. Ca ne me fera pas de la peine. Je suis habitué à des bas beaucoup plus qu'à des hauts.

Merci d'avance Poccioni d'avoir apprécié ou de ne pas avoir apprécié ce manque total d'humour dans ces textes.


Le temps se fige

venez, dansez avec moi
ma sarabande morbide
venez goûter à l’ émoi
de mes rêves candides

le temps se fige pas un souffle
l’espace se tait et meurt
un instant fugace où s’essouffle
mon âme dévêtue de sa peur

donnez-moi la main, tirez par vos sens
mes espoirs enferrés dans ma chair lasse
ma destinée qui file et brasse à contre sens
du tumulte incessant de la vie qui passe

je ne suis rien pourtant je chante la vie
je sais qu’un jour ne sera pas un jour
mais une nuit éternelle sans désir sans envie
juste un tas de sable et des cailloux autour



L'escalier

Je suis comme tu vois, saisi du coin de l’œil
de face ou de profil, je suis comme tu vois

de pierre est mon corps, de marbre mon visage
le temps m'importe peu car je n'ai pas d'âge

du poids de leurs pas j'ai fléchi et souffert
d'empreintes on m'a gravé de tags on m'a couvert

je suis juste l'exutoire sinueux, aérien
pour recevoir les maux de leurs va-et-vient

être escalier, monsieur, n'est pas de tout repos
c'est un métier à risque, où j'expose ma peau

ma surface meurtrie te confie mon calvaire
avec ces rudes assauts de tant de locataires

depuis que j'ai appris à être escalier
depuis que le bébé est devenu écolier

et qui, hélas, écorchait ses fragiles genoux
sur mes marches salies de mousse et de boue

et qui devint un vieux s'appuyant sur sa canne
et sur moi : deux corps qui suent et ahanent

sur mes marches s'édifie un musée invisible
mes marches sont des pages d'histoires indicibles

dans les cœurs je suis un lieu de pèlerinage
en souvenir des amours et des liaisons volages

ce lieu si reposant et si plein d'innocence
fut le théâtre, des fois, d'inamicales violences

entre voisines hargneuses, entre gamins grondants
et mon vieux dos meurtri était l'unique perdant

je suis l'éternel témoin de tant d'amour, de haine
qui écoute, silencieux, en réprimant sa peine

je suis comme tu vois, saisi du coin de l’œil
de face ou de profil, je suis comme tu vois
un lambeau de ta vie, une partie de ton moi.



Hécatombe

souvent dans les abîmes des profondeurs nocturnes
où reposent en paix nos rêves décharnés
j'ai rencontré , marchant d'un pas taciturne
l'héraut sempiternel du vice incarné.
dans son antre puant la charogne entamée
s'amoncellent les os des idéaux perdus
tandis que résonnent les ronflements rythmés
des serpents, des taupes et des ratons repus.
un rayon de lune plein de fumée dansante
s'infiltre jusqu'au tréfonds du refuge amer
d'où jaillit une symphonie enivrante
et les âmes émues par ce flot de misère
versent en silence leurs larmes sanglantes
en souvenirs de ceux qui ont toujours souffert



Mélancolie

mélancolie résidant en mon cœur
dis-moi, m'entends-tu ?
tu me lacères avec tes pleurs
et tes griffes pointues

mélancolie résidant en mon cœur
dis-moi, que me veux-tu ?
tu alourdis mes malheurs
et sans le vouloir tu me tues

mélancolie, est-ce toi qui sanglotes ainsi
dans mes entrailles brûlantes ?
où est-ce ce cœur si grossi
qui malgré moi se lamente ?

mélancolie réfugiée en mon âme attristée
dis-moi, que chuchotes-tu
aux échos longtemps répétés
de mon cœur abattu ?

mélancolie incendiaire qui brûle mes espoirs
et exploite ma faiblesse
malheureuse ! tu détruis sans le vouloir
tout ce que j'ai de promesses !

apaise-toi âme, apaise-toi !
notre destin le veut !
souffre, supporte et tais-toi
jusqu'à l'instant d'adieu !



L'adieu poétique

Autre image de moi-même en ruine
Estampe qui s'effiloche dans le lointain passé
Autre image saccagée par le temps
Adieu aux années d'errance et d'angoisse
Aux années de jeunesse d'amour et d'agonie
Adieu poésie échappatoire de ma triste réalité
De la destinée aventurière, tragique odyssée
Sonne ton glas, temps perdu dans les envolées
Les tortures, les cyclones sur mon âme chavirée
Agonise mon Autre , dans la fange enlisé
Morte est la flamme qui naguère animait
Mes sens trahis par l'amertume des années
Calciné est l'envoûtement du vers enfanté
Dans les nuits de détresse d'une jeunesse enflammée
Adieu aux tourbillons des solitudes hantées
De rêves de grandeur, de délivrance , de liberté
Adieu autre moi-même, projet mort-né
Dans les méandres de l'art , fresque déchiquetée
Autre image de moi-même en ruine
Estampe qui s'effiloche dans le lointain passé.
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Jean-Pierre Poccioni
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MessageSujet: Quelques poèmes    31/5/2011, 22:35

"Monsieur Poccioni" comme vous dites s'amuse que celui qui n'écrit pas et n'a aucune prétention à le faire nous sorte autant de poèmes de son chapeau.

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abdel
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MessageSujet: Re: Quelques poèmes tristes   31/5/2011, 22:50

Oui, Jean Pierre. Mais n'écrire que deux poèmes seulement en quarante ans, c'est beaucoup ?

Je n'ai jamais dit que je n'ai rien écrit, mais que je n'écris plus et que je n'ai aucune prétention à le faire.

Un début de roman (" les mouches de marbre") est resté inachevé. John et d'autres l'ont trouvé pas réussi et n'a pas l'air de roman du tout. Alors...

Des poèmes anciens j'en ai toute une floppée. Cela ne fait pas de moi quelqu'un qui écrit.

Dans l'ensemble, je suis heureux de vous avoir fait amuser avec ma poésie triste, à défaut de vous dérider par mon humour peu crédible.

Bien cordialement
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Jean-Pierre Poccioni
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MessageSujet: Quelques poèmes    1/6/2011, 04:11

Quatre poèmes ni indignes, ni très passionants.

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epervier
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MessageSujet: Re: Quelques poèmes tristes   22/7/2011, 19:12

Quand un écrit est composé avec passion et sincérité,
je ne vois pas l'indifférence... plutôt l'apprécier, il va de soi.

amicalement, Épervier
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