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 Poème : le déterre-gens

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abdel
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MessageSujet: Poème : le déterre-gens   31/5/2011, 17:30

J'avais promis de ne rien poster, surtout que je n'ai rien à poster, à part quelques ratures de jeunesse ou quelques courts textes récents. Je n'ai aucune prétention à écrire que ce soit en long ou en large.

Je poste le poème suivant uniquement parce qu'il est suivi de mon propre commentaire. Je voudrais faire savoir à Poccioni que mon commentaire sur son texte n'avait rien de méchant . L'humour dont j'usite et sans doute mal perçu. Ne peut pas faire de l'humour qui veut, surtout quand ce n'est pas sa langue maternelle. Ce qui est mon cas, donc des risques à être mal compris pour s'être mal exprimé, mal humoristiqué.

C'est toujours risqué.

Mais à mon endroit, ce n'est pas risqué et je ne risque rien à m'offusquer moi-même puisque je ne me comprends pas pour ce que d'autres considéreront comme déplacé.

Le poème suivant a été écrit en 1970, en classe du bac. C''est loin, peu parlant sur le plan poétique, encore moins sur la langue elle-même.

Je l'admets fortement. Mais ce n'est pas le poème qui compte, c'est sa critique en dessous, écrite en 2008, date qui atteste que ce n'est pas hier.

J'aurais ainsi vengé Ponccioni par procuration, s'il croit objectivement avoir été offusqué .


Le déterre-gens

Parmi les armes noires de ma cuisine
meublée de belles idées noires
sommeille depuis toujours
un joli déterre-gens
quand je l'appelle en renfort
il accourt avec émoi
en pensant au nombre des morts
qu'il réveillera après moi
car vous savez ce croque-mort
oublie toujours ma dépouille
qui pleurniche tout le temps
à cause de ses remords
et click par-ci et clac par-là
fait mon brave déterre -gens
en rappelant les absents :
alors s'ouvrent toutes grandes
les tombes séculaires
sous les panneaux publicitaires
les sarcophages miteux
sous les HLM piteux
le sphinx somnolent
dans le désert brûlant
les tombeaux aztèques
les temples mayas
sous les arbres géantesques
des jungles latiniènnes.
les cavernes préhistoriques
rejaillissent avec force
tandis qu'Atlantide
déchire le flanc des eaux.
alors une horde immense
sous le regard intense
de mon déterre-gens
envahit la planète
et la piétine jusqu'au sang.
les pharaons se frottent les yeux
les manitous comptent leurs plumes
les wacondas déterrent la hache de guerre
Kali se dépoussière les mains
en épiant Bouddha qui pisse sur sa tombe
Cro-Magnon s'avance d'un pas légendaire
et lance une pierre du tertiaire
sur une voiture-jaguar
gibier indigeste
les indiens envahissent New-York
et grattent les gratte-ciel
avec leurs haches rouillées
Ibn khaldoun serre la main à Ibn Sina
Rousseau se réconcilie avec Voltaire
les saints méditent
Soljenitsyne harangue le seul Staline
Confucius réprimande mao
Colombe reprend sa course
vers le nouveau monde
Zarathoustra le mazdéiste
réclame ses droits d'auteur
sur la pile mazda
Tut-ank-amon amputé
recherche un de ses pieds
dans les musées de Paris
le froid envahit le Sahara
la chaleur brûle l'Europe
la mer change de place
la terre tourne à l'envers
et Einstein perd le nord.
les super-grands voient rouge
rien de tel pour se calmer
qu'un bon téléphone rouge
par dessus-les micro-grands
mais la ligne en dérangement
dérangea les plans
et clac fait le palais Kremlin
amen dit la place Tiein An Men
avec leurs joujoux H
les soumarins le terrible et le trouillard
mènent eux aussi la bagarre.
la terre sous le souffle chaud
éclate en molécules.
plus rien .
seule la trace éternelle
d'une éternelle fraîcheur
du pas de l'homme
sur le sol croimoisi
de l'antique satellite
conserve le souvenir mystérieux
d'une race désintégrée
dans l'infini lointain.
mais on voit néanmoins
un cercle vide dans l'espace
c'est la terre transformée
en matière incontrôlée.
mon déterre-gens content
se rappelle enfin de moi
il pivote et me réveille
en me prenant par la taille
je fus le dernier des morts
et le dernier des vivants
tandis que le déterre-gens étincelant
fut hâpé par le soleil.


Posté le: Sam 14 Juin 2008 - 22:31 Sujet du message: autocritique"en dérision" du poème "le déterre gens"
(il s'agit d'avoir posté sur mon forum)

Autocritique en dérision du poème : Le déterre gens

Mon cher moi-même

Ma première impression sur ton poème, si l’on peut l’appeler ainsi, car il transgresse allègrement les règles poétiques, est un fatras d’énoncés apocalyptiques, nécrologiques et même illogiques qui donnent l’illusion d’une création poétique .

Je crois déceler que c’est à partir d’un jeu de mot (détergent et déterre-gens) qu’est partie ta supposée inspiration pour appliquer sur le monde ton produit détergent pour le nettoyer.
Mais ton inspiration t’a joué des tours et au lieu de te lancer dans la fabrication d’un vrai poème comme le suggère les premiers vers assez poétiques, tu as donné libre cours à ton imagination fertile pour faire place à l’irrationnel , en faisant ressusciter les morts.

Pour quelles raisons ? pour quel effets poétiques ?

Si ton "poème" est assez pimenté par quelque saugrenues trouvailles de jeux de mots, il manque cruellement de sel. Et d'un peu de poivre aussi. Ta recette poétique s'avère donc avariée comme ton insipide inspiration, sans vouloir te contrarier…

L’irrationnel se matérialise aussi dans tes choix : un mélange fortuit des époques et des célébrités, un mélange fortuit des régions géographiques, une absence totale de ta région et ta religion, ( par pudeur ou par calcul ?).

A moins que ton déterre-gens agit et fait surgir , puis fait disparaître qui bon lui semble, comme bon lui semble.

Les personnages de ton "poème " sont plus ou moins ridiculisés par des jeux de mots inappropriés ou par des actions non conformes à leurs rangs et statures.

Les vers de "ton texte" ne sont pas uniformes, sont sans uniformes, quoique les rimes présentent parfois sporadiquement des signes de richesse extérieures . Ce qui est à vos risques et périls. Car le Fisc ne transige pas avec l'impôt sur la rime.

De plus, ce qui n'est pas moins , tes rimes, en ne rimant à rien, n'obéissent pas aux règles fort connues des accolades, des embrassades et des croisades. Elles ne sont ni équivoques , ni équivoquées, ni holorimes, ni hâlés rimes , ni hélés rimes et encore moins hello rimes ! Si elles étaient au moins plates ! On pourrait facilement, par absence d'obstacles, calculer les angles pointus de ton poème obtus, par la mire parlante des topographes et la mire écrivante des commentatographes qui sont encore plus précis et plus intransigeants que les premiers.

Alors avant de poser les plans de ton poème, saches où tu poses ses pieds, et mesure bien la longueur de ses pas, car tu ne sais pas dans quel sable mouvant tu les poses. Avec la très fournie réglementation en matière de construction poétique, tu te retrouveras en flagrant délit d'esthétique, à tous les coups. Alors gare aux bavures avec tes rythmes et césures !

Je disais donc que le rythme de ton poème est irrégulier, car la césure tombe souvent où bon lui chante , sur le papier qui n'est sans doute pas en règle, sans ce soucier du bruit musical discordant quelle produit .
Vous jouez souvent sur l'opposition des termes, mais est-ce démocratique, pour créer des effets de rime et de sonorité parfois heureux, parfois dérangeants pour l'oreille comme si vous le faisiez exprès pour casser la beauté musicale des vers et nous obliger à la ramasser par terre.

Dans ton poème, le mètre , celui qui sert à mesurer les menstruations des vers nus, n'apparaît pas . il n'y a même pas un double décimètre . La coupe est également mal faite, par un mauvais coiffeur peut-être. Donc tu négliges la toilette et l'hygiène de tes affreux vers chevelus et enchevêtrés.

Quant à l'allitération et l'assonance, c'est la cacophonie totale , consonnes et voyelles jouent pêle-mêle dans ton poème comme des bambins en récréation dans la cour d'une école. On ne parvient pas à discerner l'effet sonore des unes et des autres. Alors tu parles de récréation! Pardon ! tu parles de création !

Pour ce qui de l'enjambement, (j'allais allègrement l'enjamber celui-là !) disons tout simplement que ton poème est cul-de- jatte . Les pieds de tes vers sont tellement emmêlés qu'il faut une tronçonneuse pour les séparer ou des tenailles pour les écarter… du chemin de ma compréhension . Et ton Tut Ank Amon qui cherche une de ses pattes, ça en dit long sur les courtes pattes de ton poème à la con.

Pour ce qui est de la métaphore, alors là tu es fort ! au lieu de faire surgir des images, tu fais surgir des corps, et les senteurs avec ! décidément ta recette poétique ne manque pas d'arôme !

Pour ce qui est de l'allégorie qui consiste, , sans me gourer, à "représenter une idée abstraite sous une forme concrète, le plus souvent animée", alors là chapeau, puisque tu as fait ressusciter des trucs inanimés puis tu les as animés, ensuite tu les as "inanimés" . C'est pas fort ça ?

Enfin pour l'oxymore qui consiste à rapprocher dans une même expression deux mots opposés, celui-là tu l'as admirablement réussi dans le titre, car on ne déterre pas les gens mais on les enterre, ou enfin quelque chose comme ça…qui a le même but.

En fait , j'aurais tant aimé que l'oxymore soit un puissant poison qui tue les oxyures, tu sais ces vers de l'intestin. Alors Une petite goûte, un zeste même d'oxymore, sur les oxyures ou les vers de ton poème, et on n'aurait plus mal à la tête à les décortiquer, à les presser pour en tirer un quelconque suc poétique…

Ton poème manquant de grâce, je vous fais donc grâce des autres instruments chirurgicaux de micro-dissection des cadavres de poèmes, par les critques-légistes assermentés.

En conclusion, un certain narcissisme se dégage de la fin du poème-texte, puisque tu choisis de mourir en dernier pour te donner le privilège d'assister tout seul à la fin du monde grandeur nature, en cinémascope et stéréo nucléaire !

Mon cher moi-même :

Disons que cette fois tu as manqué d'inspiration, mais pas d'expiration assez fétide , vu ce beau monde que tu as fait sortir de ses trous.

Merci quand même de nous déranger pour rien de temps en temps et nous sortir ,comme tes créatures , de l'ordinaire poétique conventionnel, des idées et inspirations conventionnelles. J'en conviens malgré ma déconvenue en te lisant.. .

Tes fantasmes sont les bienvenus en la démocratie d'écriture, la liberté d'expression qui effraie l'anachronique et défraie le chronique .


Maintenant , mon cher moi-même, souffrirais-tu qu'on t'assène une telle critique, aussi mollement virulente soit-elle ?
Pardon ? qu'est ce que tu bafouilles ? qu'est ce que tu baragouines ?
Tu ne sais pas… tu ne sais plus …

Alors c'est tant mieux , il vaut mieux que tu ne saches pas, afin que tu ne fasses pas une telle vilenie.. aux autres !

Affectueusement, ton insupportable toi-même.
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Jean-Pierre Poccioni
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MessageSujet: Poème: le déterre-gens    31/5/2011, 17:44

Un poème plutôt brillant et fort inventif, bien qu'un peu long par rapport au fait qu'il dit peu de choses en fait. A mon sens plus intéressant que le commentaire qui cherche trop, justement, à briller. La fausse modestie est un art difficile. Pratiquée à ce niveau on peut aimer, mais attention au procédé qui comme tout procédé peut aussi lasser.

Le critique que je suis, que je souhaite être, s'efface beaucoup plus derrière l'auteur. Il est vrai qu'ici les deux sont un ce qui au passage est une posture singulière. Il faudra que je songe à m'écrire une belle critique !

PS : Pour être honnête, l'idée m'a traversé l'esprit que ce poème n'est pas de vous et puis je me suis dit que tout de même ce serait un peu gros !
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François
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MessageSujet: Re: Poème : le déterre-gens   31/5/2011, 18:49

Je trouve aussi qu'il y a de l'idée et de la créativité dans ce poème. Un peu longuet en effet, ce qui fait qu'on peine à le terminer car on se lasse un peu du défilé.

Quant au commentaire, je le perçois moins comme une volonté de briller que comme une expression typique de l'humour abdellien, qui oscille entre le déjanté et le too much, qu'on aime ou qu'on n'aime pas, mais qui a le mérite d'être gratuit et qui moi me fait plutôt marrer.

Sacré Abdel !
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abdel
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MessageSujet: Re: Poème : le déterre-gens   31/5/2011, 19:07

ah! ah! ah! ah!

(Là, je ris en français, parce qu'en arabe ça serait du charabia...).

Me sachant abruti, quel autre abruti que moi aurait écrit de telles choses ?

Mais je ne ris plus quand même et je médite....

Là vous portez un jugement favorable à l'écrit de l'ancien jeune que j'étais. Comme je garde ses reliques au fond de moi-même et que le vieux que je suis devenu en est le gardien, (le garde des sceaux de moi-même) je suis heureux pour lui.

Vous pensez écrire un bon commentaire sur vous-même, moins "cherchant à briller" que je ne fais. Moi aussi cela m'inspire d'une façon inverse. Et si je me mettais plutôt à écrire que de commenter ?

Ainsi, je n'aurais pas l'air de vouloir briller.

Il faut que mes écrits brillent pour moi. Si c'est terne, mieux vaut s'abstenir. Mais qui me le dirait sans sourciller ?

Il faudra que je me coupe en deux pour qu'une moitié écrive modestement et que l'autre taille en pièces ses écrits. Comme ça, ce sera match nul quand ce n'est pas mon écrit qui l'est.

PS: je venais juste de poster mon texte que j'ai déjà eu la surprise de me voir commenter à la minute qui suit.

Il n'y a eu même pas vengeance (supposée). Puisque le plat n'a pas été mangé à froid , mais tout de suite, à chaud.

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MessageSujet: Re: Poème : le déterre-gens   31/5/2011, 19:25

John a écrit:


Quant au commentaire, je le perçois moins comme une volonté de briller que comme une expression typique de l'humour abdellien, qui oscille entre le déjanté et le too much, qu'on aime ou qu'on n'aime pas, mais qui a le mérite d'être gratuit et qui moi me fait plutôt marrer.

Sacré Abdel !

Entièrement cela John !

Le fait que je persiste à faire cette sorte d'humour, que tu as toujours encouragé en moi, donne peut-être cette impression de vouloir briller, montrer aux autres que je suis capable de le faire.
(Voilà qui arrange bien les affaires de Ponccioni ! ).

Si je me psychanalyse, en fichant une cigarette sur mes lèvres en tant qu'assis sur le fauteuil et une autre sur mes autres lèvres en tant que debout et faisant des pas en rond autour de moi, je ne tarderais pas à découvrir que j'ai tendance à en rajouter pour amuser les autres.

La preuve : tout le paragraphe précédant ce paragraphe. J'ai donc intérêt à faire gaffe.

Faire rire les autres gratuitement peut me coûter cher ...
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Jean-Pierre Poccioni
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MessageSujet: Poème:le déterre-gens   31/5/2011, 20:11

Très fort Abdel ! Persuadé que suis allé les yeux fermés dans son piège subtil !

Consternant !

Mais voilà, moi, ça ne m'amuse pas autant que John.


Amusez-vous bien !


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abdel
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MessageSujet: Re: Poème : le déterre-gens   31/5/2011, 21:18

Il faudra songer à ce que je dépose quelque chose de triste. Un poème ou deux par exemple. A titre de lire et commenter les autres par la suite, pour ne pas trop tirer la couverture à soi.

On peut faire rire comme on peut rendre triste. La nature humaine est ainsi faite.

Chacun y puise ce qu'il veut, selon son humeur permanente ou son humeur du moment.
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