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 Amour noir, de Dominique Noguez

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yugcib
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MessageSujet: Amour noir, de Dominique Noguez   16/10/2010, 09:10

Nous sommes loin, très loin, dans « Amour noir », ce roman de Dominique Noguez, des sirupeuses ou parfois même insipides histoires d'amour raté produites par des auteurs auto-édités du Net, et aussi – il faut le dire- par des auteurs connus du « grand public » dont les livres sont lus sur la plage ou dans le train...
L'on ne peut pas dire – c'est du moins ce que j'ai ressenti tout au long du livre – que cet amour fut « raté » au sens où l'un des deux « aime plus que l'autre » et où l'on voit se déchirer deux êtres qui tout de même en dépit de situations explosives ou dramatiques, se voient et se revoient, vivent ensemble épisodiquement durant deux ans... Pas « raté », donc... Mais « noir », oui, cet amour !

Page 20 : « Quand j'étais revenu, elle était nue sur le lit, dont elle n'avait pas ôté le dessus »...
Banalité de la situation, qui me surprend, après les premières pages qui précèdent et dans lesquelles l'auteur évoque dans le détail et dans une dimension littéraire peu commune, toutes ces phases d'approche de la femme aperçue : « Elle n'avait d'abord été qu'une silhouette blanche surmontée d'un buisson de boucles sombres, dans la pénombre de la promenade du casino de Biarritz un soir de juin »...

Page 21,22 et 23 : Eric revoit la cassette du Cheval Bleu, de Laeticia... Une cassette « odieuse » que l'auteur nous décrit en quelques phrases d'une dimension d'écriture tout autre que celle , par exemple, de la prose « innocente » d'un Yugcib faisant le procès de la pornographie...

Page 34 et 35 : « Je faisais ainsi grande consommation d'épigrammes grecques ou de « lettres » de samouraïs. Les poèmes d'amour arabes me retenaient aussi beaucoup, avec leurs « joues de rose » et leurs « yeux de gazelle ». (De toute façon, c'est cela ou les mots crus. La littérature amoureuse navigue toujours entre la métaphore un peu trop riche et le con-cul-bite ; je préférais la métaphore.)
… Je dis aussi pour ma part, que je préfère la métaphore bien que je soupçonne cette dernière de barder de fine dentelle une approche puis un « choc d'intimités » bien baveux, bien cracheux et bien « contondants »...

… Dans l'ensemble (et j'ai lu aussi quelques unes des historiettes de « Oeufs de Pâques au poivre vert ») j'aime l'écriture de Dominique Noguez dans laquelle je découvre dimension littéraire, vocabulaire riche et imagé, poésie, réflexion... Certaines de ses phrases assez longues sont néanmoins fort bien construites, bien articulées et rythmées, et « coulent comme des ruisseaux de montagne qui chantent »...
Par comparaison -si je puis dire- j'ai commencé à lire, de John Michael Coetzee, « Scènes de la vie d'un jeune garçon »... et j'ai trouvé que l'écriture de cet auteur était plus « épurée » (moins imagée, moins « poétique ») avec des phrases courtes, sans effets inutiles... des phrases cependant, d'une « grande et nette correction de ton et de langage »...(et aussi d'une grande sobriété).
Personnellement, j'ai une préférence pour l'écriture de Dominique Noguez... Mais ce que j'appelle « dimension littéraire » ( poétique, imagée – au risque d'effets purement émotionnels - au vocabulaire riche et aux longues phrases rythmées... Est-ce une nécessité ? Est-ce vraiment « de notre temps »? Est-ce que cela peut avoir une « portée »? … Je pense par exemple au sujet de cette « dimension littéraire » à laquelle je suis personnellement attaché et dont je me sens proche d'esprit et de sensibilité, à des auteurs tels que Dominique Noguez que je découvre dans « Amour noir », ou tels encore que Jean Marie Le Clézio ou Alice Ferney dans leurs ouvrages...
Je pense à ces « jeunes générations » de lecteurs et à celles qui vont suivre durant ce 21ème siècle et au delà ...Comment s'établira la relation entre la littérature et les « nouvelles générations »?
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Jean-Pierre Poccioni
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MessageSujet: Amour noir de Dominique Noguez   16/10/2010, 18:33

Juste une réaction:

Quand on sait que Coetzee travaille chaque phrase, chaque mot, des heures, quand on connait la dimension de cet homme tout de même Nobel de littérature, il est assez stupéfiant de lui voir préférer Dominique Noguez !

A oui, chez Coetzee point d'effets, point de phrases arabesques. Eh oui, justement, l'art seul et pur.

Mais chacun ses goûts comme on aime dire sur Passion des Mots...
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yugcib
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MessageSujet: Re: Amour noir, de Dominique Noguez   18/10/2010, 07:49

Il y aurait – mais ce que je vais dire a-t-il vraiment un sens? - comme deux « écoles » en matière de littérature...
Dans la première « école », les écrivains « baroques » pourrait-on dire ; et dans la deuxième les écrivains « purs »...
Il n'y a pas à mon idée, de « meilleure école »... Ce serait comme si l'on disait « le coeur est meilleur que le foie, ou le foie est meilleur que le coeur ». Les deux « écoles » se valent pour autant que dans chacune des deux, les écrivains « écrivent bien »...
D'un côté donc, les auteurs qui usent d'images, de métaphores, d'effets de style, de « formules », de tons et de langages, et de toutes sortes de « constructions »... Tout comme en matière d'architecture.
Et d'un autre côté, les auteurs qui ont une écriture, un style plus « épuré » ; qui optent naturellement
pour des « constructions » plus simples, sans effets de style ni métaphores un peu trop riches... Tout comme ces bâtisseurs de villes de terre dans des pays brûlés par le soleil, des villes de terre aux toits en terrasses, d'architecture très simple mais néanmoins harmonieuse, équilibrée et « faisant corps » avec l'environnement naturel, et très belle...
Je crois que la préférence que l'on peut avoir pour un auteur et pour l'« école » dont il est (l'une ou l'autre des deux « écoles »)... Est une affaire de sensibilité personnelle.
Mais je crois aussi qu'aimer la littérature, implique – ou devrait impliquer – que l'on cherche à se démarquer de cette préférence... dans la mesure où cette préférence ne serait qu'une affaire de sensibilité personnelle et non pas une préférence « globale » qui elle, forcément, nous ferait prendre parti et nous engagerait « contre » l'école différente...
À partir du moment où il nous est donné de « toucher » (ou d'atteindre) ce qu'il y a de plus beau, en quelque « école » que ce soit... Il ne saurait y avoir de « parti pris » à cause d'une préférence...
Cependant, dire « il y aurait comme deux écoles en matière de littérature » me semble un peu réducteur : ce serait comme définir « blanc » ce qui est plus clair que sombre, et définir « noir » ce qui est plus sombre que clair...
Il y a aussi – il faut le dire- en quelque « école » de littérature que ce soit, le travail de l'auteur... Toute cette recherche afin d'obtenir le meilleur possible : la très belle « construction » ou la tout aussi belle « maison de terre » élevée dans un paysage lumineux avec lequel elle fait corps...
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