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 Romans de J-P Poccioni : ses commentaires et vos questions !

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Jipi
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MessageSujet: Re: romans de J-P Poccioni   19/3/2006, 13:33

Jean-Pierre Poccioni a écrit:
Rien à dire sur Bégaudeau. Lisez et vous verrez ce qu'il convient de penser du consensus médiatique érigé autour de lui.

Nyssen grand écrivain ? J'hésite...Mais écrivain de talent certain et grand éditeur, incontestablement. De son temps Actes Sud ETAIT une maison indiscutable.

Mais existe-t-il encore des maisons indiscutables ?

Même pas un petit mot sur Bégaudeau ? :lol:

Lis « Le bonheur de l'imposture »... plus que grand !

Des maisons totalement indiscutables ? En effet, cela n'existe pas !

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Jean-Pierre Poccioni
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MessageSujet: romans de J-P Poccioni   22/3/2006, 09:07

En fait si je n'épilogue pas sur Bégaudeau c'est que je n'ai rien contre ce livre ( assez moyen tout de même) si ce n'est qu'il est exemplaire d'une certaine main mise des médias sur notre consommation culturelle.

Je préfère de loin faire part de mes admirations et coups de coeur.

Parlons des bons livres les autres mourront de leur belle mort, paisiblement.

Le vrai problème c'est de savoir pourquoi on a si peu parlé d'Amnésie de Sarah Vajda !
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Jipi
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MessageSujet: Re: romans de J-P Poccioni   22/3/2006, 18:21

Jean-Pierre Poccioni a écrit:
En fait si je n'épilogue pas sur Bégaudeau c'est que je n'ai rien contre ce livre ( assez moyen tout de même) si ce n'est qu'il est exemplaire d'une certaine main mise des médias sur notre consommation culturelle.

Je préfère de loin faire part de mes admirations et coups de coeur.

Parlons des bons livres les autres mourront de leur belle mort, paisiblement.

Le vrai problème c'est de savoir pourquoi on a si peu parlé d'Amnésie de Sarah Vajda !

Il est clair que la main mise des médias sur notre consommation est bien réelle et j'ajouterais affligeante !

Ne parler que des bons livres... effectivement une tactique à adopter !

Figure-toi que je ne connais pas Sarah Vajda... il faudra que je la découvre !

J'adore ton projet de parler de nos coups de coeur, mais je te propose de le faire dans le salon LITTÉRATURE ET LANGAGE. Un sujet déjà ouvert d'ailleurs dans cette optique. Mais on peut en ouvrir un autre si tu le désires. Tu peux aussi ouvrir en plus un autre sujet : « Les coups de coeur de Jean-Pierre Poccioni ».

À réfléchir donc, mais je suis ouvert à toutes les propositions constructives.

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Jean-Pierre Poccioni
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MessageSujet: romans de J-P Poccioni   24/3/2006, 13:53

Pour ceux qui n'ont pas encore eu la chance de lire un de mes romans, une seconde nouvelle tirée de mes tiroirs secrets...



Hiver


Coralie s’exaspère et bouge vaguement sur son siège. Un peu plus tôt, elle s’amusait. Elle me montrait ses cuisses, comme par inadvertance, et j’étais censé défaillir tandis que les deux autres se bourraient les côtes. Parfois, surtout l’hiver, dans la torpeur confinée du bureau, ils inventent des jeux. Ils poussent cette dinde à s’exhiber ou bien ils disparaissent un moment, Bruno ou Gérard avec elle, puis me racontent leurs exploits. Ils veulent que je me torture pour démêler le vrai du faux et s’imaginent que ces images pitoyables me tourmentent.
L’an dernier nous avons eu un jeune homme en stage. Il était maladroit et hésitant. Bruno et Gérard avaient décidé qu’il était homo et furent ignobles.
Coralie manipule sans cesse de menus objets. Maintenant plus rien ne l’amuse, comme si elle avait épuisé les seuls moyens de rendre supportable la lenteur. Le signal de la fin de journée est trop proche, elle ne peut plus rien faire que guetter. Parfois je l’imagine écolière maussade et attendant dans une fièvre molle l’heure de la fin des cours pour se jeter dehors. Vit-elle seulement pour ces brefs passages d’une attente à une autre ?
Sonnerie. Roland se lève et prend sa veste. En passant il me parle, comme prévu.
Aujourd’hui elle n’avait pas de culotte. T’as vu ?
Il rejoint Bruno qui l’attend déjà et je devine ses grotesques mimiques. Ils poussent la porte de service et vont vers leurs maisons, leurs femmes et leurs enfants.
C’est mon tour. Coralie est chargée de fermer.
Bonsoir, Coralie.
Je la pressens vaguement mal à l’aise et plus du tout certaine que ces jeux soient si drôles. Elle ne peut pas comprendre à quel point ces rites me rassurent. Le bureau est un havre où les hommes me sont devenus familiers et leurs fantaisies prévisibles. Les autres dans la rue sont de vrais inconnus qui me semblent toujours avancer sous des masques.
A la sortie du village la route est un trait droit, une bande d’asphalte posée sur les labours. Un espace de vent, d’horizon gris, de solitude. Rien. Parfois l’absence totale de véhicule donne à la route des allures abstraites, une flèche tendue vers la forêt. Elle n’existe plus que par son extrémité qu’on joint toujours avec lenteur, même quand on accélère, surtout dans ces cas-là. Prendre de la vitesse est toujours dérisoire, la lisière des bois résiste à cet effort et reste inaccessible. On sait qu’il n’est question que de quelques minutes, sans doute moins, mais la lenteur reste désespérante.
Aujourd’hui un camion limite la vision lointaine, escamote l’endroit où la route disparaît dans les bois. A le voir s’enfler et gagner des détails, il doit être très lent. Il va falloir choisir entre laisser la petite auto stagner derrière cette masse puante, ou bien profiter de l’élan et passer à son large, dépasser, oublier les senteurs de fuel. Je redoute toujours l’aventure de ce détournement de trajectoire, particulièrement le couloir bruyant entre talus et métal grondant, à l’instant précis du dépassement.
Je me souviens d’un jour de hardiesse où j’avais voulu mépriser l’obstacle d’un lourd tracteur agricole. Le temps se métamorphosa dans un curieux rapport inversé entre vitesse et lenteur qui me laissait le cruel loisir d’observer ma trajectoire comme un homme qui tombant d’un immeuble très haut aurait le temps et la sagesse inouïe de raisonner sur son destin probable. Je filais, en roulant à gauche, vers le bois qui cachait un virage donc un obstacle potentiel, pourquoi pas un poids lourd comme une muraille mobile et brusquement posée en travers du chemin. J’imaginais la rencontre comme un fracas immense qui déploierait dans l’air des bribes de mon corps mêlées aux éclats du métal déchiré et aux fragments de verre. Il ne me fallut pas plus de cinq ou six cents mètres pour dépasser, il me restait au moins deux kilomètres sans la moindre voiture avant la fin de la zone de visibilité !
Je suis probablement inapte à déchiffrer certains aspects du monde qui pour les autres sont de banales évidences. Il m’arrive de penser que par une configuration particulière de mon être profond, je ne suis pas arrivé à l’ère du déplacement automobile. Mes amis, mes parents vont et viennent avec la certitude permanente qu’ils arriveront à bon port. La métaphore maritime me convient parfaitement, moi qui embarque à chaque fois comme on largue tout lien pour des terres inconnues et toujours périlleuses. Dans les journaux on annonce le chiffre des morts assorti de celui des blessés. Autour de moi des gens frémissent incapables de voir comme ces chiffres sont faibles. Seulement ! ai-je dit un jour au bar du Stade, m’attirant des regards effarés.
Je suis ainsi depuis toujours, mais nous vivons au temps de la violence. Partout les couteaux sont tirés des étuis, partout les armes sont braquées et les morts de la routes, braves morts familiers, sont dépassés par de nouvelles hécatombes. Ils comptent désormais au rang des morts naturelles.
Enfin le bois, la forêt familière celle que je traverse depuis des années. Les taillis de part et d’autre transfigurent la route et lui donnent des couleurs de chemin. Je sais que le nid est encore loin, que d’autres dangers guettent, mais j’ai au moins laissé derrière moi le désespoir glacé de la route trop droite.
Pourtant la fausse transparence des forêts en hiver m’inquiète. On croit que le regard pénètre, on croit voir parmi les taillis épars la clarté rassurante des espaces vides, ceux qui à la belle saison sont plongés dans l’ombre verte des feuillages, mais je sais que c’est une illusion. J’ai vu si souvent se fondre en un instant des lièvres ou des chevreuils que je sais à quel point le sous-bois est trompeur.

Soudain ils sont là, le premier est assis sur un talus, un autre un peu plus loin, de l’autre côté de la route, debout, l’air vigilant. Un virage et d’autres plus nombreux, sept ou huit autour des véhicules tout terrain, et le même uniforme qui n’en est pas un, le kaki sans les insignes officiels qui rassurent malgré tout. Un système, on se dit qu’il contient sa logique, ses lois et ses contraintes, que l’élan sauvage est contenu ou du moins régulé. Mais là rien de pareil, une troupe indistincte, sans grades visibles, sans autorité. Dans ma grande faiblesse j’ai toujours pensé qu’un chef participe toujours un peu de la raison, un minimum, juste ce qu’il faut pour entretenir un espoir de parole.
Je veux parler à votre chef !
Instinctivement je ralentis. Un type me regarde. Son visage reste peu lisible mais on y devine une sourde méfiance, une attention vaguement hostile. L’arme luit doucement. C’est un long fusil noir et feu. Le noir de l’acier et le feu du verni de la crosse. Et puis il y a la lunette de visée, snippers de Sarajevo accrochant dans l’optique des hommes et des femmes courant pliés de frousse au travers d’avenues désertes, silhouettes qui vont dans la candeur de l’ignorance, filles au bord des piscines, homme dans un fauteuil fumant un long havane, inconnu dans la foule et la croix sur le front. Cinéma, reportages et devant moi la vie réelle.
Le type s’agace et me fait signe de passer plus vite. Encore cette impression nauséeuse d’un signe venu d’une ombre dangereuse, une sorte d’initiative. Qui décide ?
Je reprends un peu de vitesse, trop sans doute, cents mètres plus loin un grand type se campe au milieu de la route et me demande de stopper. Un geste de la main levée, paume vers moi, un geste plein de morgue. Et toujours l’acier dur de l’arme.
Il s’approche de ma portière comme le font les gendarmes. Une peur indistincte et animale remplace l’habituel sentiment de culpabilité, que va-t-il faire ? et non plus qu’ai-je fait ?
Le type est lent et je songe aux cow-boys, quelque part dans sa tête une caméra tourne et lui renvoie cette image de calme supériorité, le sang froid du héros et la beauté du geste. De plus près, j’aperçois au revers de son treillis le reflet laitonné de deux insignes mais il m’est impossible d’y raccrocher un sens. Je suis saisi de l’idée de refuser de baisser la vitre, j’imagine un démarrage éclair, un violent crissement des roues brusquées par le moteur forcé. Est-ce ma lâcheté ou le dérisoire de ma modeste voiture ? Je la laisse à son doux ralenti et j’attends.
Le cow-boys n’atteindra pas ma vitre.
Un autre homme est venu qui l’éloigne d’un mot que je n’entends pas. Rien, comme à l’habitude ne signale le grade supérieur. J’observe simplement un surcroît d’élégance, la chevelure grise, décoiffée par le vent, reste harmonieuse, les vêtements, kaki comme les autres, ont un supplément de souplesse qui dénote un tissu plus coûteux. Et puis quand il est proche tout devient évident, le teint moins rouge, l’expression onctueuse et le détail d’un gilet vert anglais que le col relâché laisse un peu apparaître.
Bien entendu, je descends la vitre.
Excusez-nous. Il ne s’excuse pas, il excuse son groupe, il englobe et généralise en bon ambassadeur. Pourquoi me semble-t-il entendre aussi, « excusez-le » avec tout le mépris possible du grand pour sa piétaille ?
Il ne dira rien d’autre, ou presque.
Soyez prudent.
Il m’avertit au dernier moment de la présence de chiens lâchés un peu plus loin.

Meurtri, insignifiant, j’embraye et me sors du piège. Je retrouve la route, enfin libre, comme on sort d’un épais brouillard et que l’on s’émerveille d’une vision somme toute habituelle. Je vois les chiens. En fait ils sont tenus par bouquets réunis, trois ou quatre par homme cramponnant la laisse commune. Pas un regard pour moi, je poursuis et le premier virage me ramène à la forêt déserte. Simple espace où les arbres s’imposent au ciel et aux nuages, où des bêtes s’en vont mener leur vie de bêtes.
J’attends que se dissipe le goût amer de la défaite, l’image de cet instant où je fus soumis.
Je vois de loin le grand chêne fendu d’une vieille blessure, une longue fissure au long du tronc, probable souvenir d’un gel terrible. Je songe à ces hivers mythiques, la glace épaisse au cœur des étangs, les oiseaux foudroyés et la nature entière immobile et cassante. Après cet arbre, s’étendent quelques prés qui annoncent la plus vaste clairière.
Au beau milieu de l’herbe, en plein vent, en plein ciel, trois chevreuils paissent dans la beauté du soir. Ignorants tout de leur grâce parfaite qui me serre la gorge, mais ignorants plus encore la battue invisible qui doucement les cerne, ils portent la beauté innocente des bêtes.
Je songe aux armes, aux lourds fusils des hommes, à leur fins projectiles qui siffleront ce soir dans le froid et la brume et viendront se ficher au profond de la chair. Et l’œil au pur dessin, maquillage indolent, verra le roux des arbres une dernière fois et s’éteindra.
Je passe et leur envie les minutes restantes, pures et détachées. J’aimerais tant comme eux ne rien savoir des hommes.
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marie chevalier
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MessageSujet: Re: Romans de J-P Poccioni : ses commentaires et vos questions !   24/3/2006, 17:47

Ce texte m'a vraiment émue. Je l'ai lu avidemment en ayant hâte de savoir. et.. quand j'ai su, et bien je n'ai pas été très fière des hommes en général surtout ceux qui ont des fusils.

Tu sais jean-Pierre, je ne formule pas de grandes phrases quand un texte me plait ou pas. Donc ne t'étonne pas je ne développe que rarement mais dans ta nouvelle, tout glisse, tout se comprend tout se vit . Voilà.
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Jean-Pierre Poccioni
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MessageSujet: romans de J-P Poccioni   24/3/2006, 18:29

Merci pour cette gentille remarque...

Au passage qu'importe la forme à qui exprime ce qu'il pense d'un texte
(dans la mesure où il n'en fait pas son métier!)

Et puis "sans grandes phrases" ce que tu dis est clair et marqué par une évidente sincérité.
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Jipi
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MessageSujet: Re: Romans de J-P Poccioni : ses commentaires et vos questions !   26/3/2006, 17:50

Texte troublant et remarquablement écrit !
Je vais le relire encore pour encore mieux me faire pénétrer de quelques superbes phrases traduisant une certaine bêtise inhumaine des hommes...

PS : Je pense avoir relevé une ou deux coquilles. Je te les signalerai !

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Jean-Pierre Poccioni
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MessageSujet: romans de J-P Poccioni   27/3/2006, 07:58

Ciel des coquilles !!!

Pourvu que les oeufs soient sains....
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Jipi
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MessageSujet: Re: Romans de J-P Poccioni : ses commentaires et vos questions !   27/3/2006, 15:26

Ils le sont ! :lol:

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Jean-Pierre Poccioni
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MessageSujet: romans de J-P Poccioni   2/4/2006, 08:00

Au fait ...

Tu avais parlé de "coquilles" ?

Un auteur est toujours curieux de ses éventuelles maladresses.
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Laurencja
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MessageSujet: Re: romans de J-P Poccioni   2/4/2006, 11:59

Jean-Pierre Poccioni a écrit:
Pour ceux qui n'ont pas encore eu la chance de lire un de mes romans, une seconde nouvelle tirée de mes tiroirs secrets...

(...)
Je suis ainsi depuis toujours, mais nous vivons au temps de la violence. Partout les couteaux sont tirés des étuis, partout les armes sont braquées et les morts de la routes, braves morts familiers, sont dépassés par de nouvelles hécatombes. Ils comptent désormais au rang des morts naturelles.
Enfin le bois, la forêt familière celle que je traverse depuis des années.
(...)
Le type est lent et je songe aux cow-boys, quelque part dans sa tête une caméra tourne et lui renvoie cette image de calme supériorité, le sang froid du héros et la beauté du geste.
(...)
Le cow-boys n’atteindra pas ma vitre.
(...)
Au beau milieu de l’herbe, en plein vent, en plein ciel, trois chevreuils paissent dans la beauté du soir. Ignorants tout de leur grâce parfaite qui me serre la gorge, mais ignorants plus encore la battue invisible qui doucement les cerne, ils portent la beauté innocente des bêtes.
(...)

JP Pocc, voilà les coquilles que j'ai relevées et corrigées (même si évidemment tu aurais pu le faire toi-même :lol: ) :
"les morts de la route"
"le bois, la forêt familière, celle que..."
"le sang-froid du héros et la beauté du geste"
"le cow-boy"
"Ignorant tout de leur grâce parfaite (...), mais ignorant plus encore (...)"

Voilà, j'aime beaucoup ce texte intrigant et complexe... Merci de l'avoir partagé.
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Jean-Pierre Poccioni
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MessageSujet: romans de J-P Poccioni   2/4/2006, 14:55

Merci pour la correction orthographique ( ce ne sont pas des coquilles en fait) rendue nécessaire par la conjonction des mes tares personnelles et d'un fichier mal sélectionné. ( Chez les éditeurs, il y a des correcteurs qui veillent...)

Par contre je n'apprécie pas beaucoup de voir mon nom systématiquement déformé ! (Sans doute une conséquence de la hâte post-moderno- texto )

Sachez que chez bien des gens la déformation du nom constitue l'insulte la plus blessante.
Ce n'est pas un nom illustre, mais c'est avec lui que je signe mes livres et nul autre.
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MessageSujet: Re: Romans de J-P Poccioni : ses commentaires et vos questions !   2/4/2006, 15:13

Un tout grand merci Laurencja pour la correction orthographique du texte de Jean-Pierre Poccioni !
Wink

Ne t'inquiète pas pour Jean-Pierre Poccioni : il fait encore de l'humour !!! Wink

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MessageSujet: Re: Romans de J-P Poccioni : ses commentaires et vos questions !   2/4/2006, 15:27

Je suis de la hâtive génération post-moderno-texto, mais remarque que je pourrais faire plus court... Mais je préfère JP Pocc à JP1 ou JP2 (puisqu'il y a deux JP...), ce qui te réduirait à un numéro, ou même à Poccioni tout court (je n'aime pas trop...)...

ce n'est nullement pour te blesser ... Wink
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MessageSujet: Re: romans de J-P Poccioni   2/4/2006, 16:01

Laurencja a écrit:
Voilà, j'aime beaucoup ce texte intrigant et complexe... Merci de l'avoir partagé.


Jean-Pierre Poccioni va être content !
Lui qui croit qu'on ne le lit pas ! Le petit coquin talentueux !

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MessageSujet: Re: Romans de J-P Poccioni : ses commentaires et vos questions !   2/4/2006, 21:15

Ben il a tort de penser qu'il n'est pas lu
j'ai relevé moi aussi:

Coralie s’exaspère et bouge vaguement sur son siège. Un peu plus tôt, elle s’amusait. Elle me montrait ses cuisses, comme par inadvertance, et j’étais censé défaillir j'aurais mis sensé


Je la pressens vaguement mal à l’aise et plus du tout certaine que ces jeux soient si drôles. Elle ne peut pas comprendre à quel point ces rites me rassurent. Le bureau est un havre où les hommes me sont devenus familiers et leurs fantaisies prévisibles. Les autres dans la rue sont de vrais inconnus qui me semblent toujours avancer sous des masques.

j'aurais mis hâvre sunny
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MessageSujet: Re: Romans de J-P Poccioni : ses commentaires et vos questions !   2/4/2006, 21:22

C'est bien "censé", "supposé" et pas "sensé", "plein de sens".

Oui, on le lit Smile
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MessageSujet: Re: Romans de J-P Poccioni : ses commentaires et vos questions !   2/4/2006, 21:25

Non Marie !!!

C'est bien « censé » dans le sens de « supposé » et « havre » sans accent circonflexe !!! Faut regarder dans le dictionnaire ! Wink

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MessageSujet: Re: Romans de J-P Poccioni : ses commentaires et vos questions !   2/4/2006, 21:29

zut alors !! pauvre Jean-Pierre disséqué
hâvre de paix sans accent vous me cisaillez là? mais alors ai-je révé que hâvre prenait un accent?


désolée Jean-Pierre, ne lit pas on parle entre nous là mdrrrrrr
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Gosayn
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MessageSujet: Re: Romans de J-P Poccioni : ses commentaires et vos questions !   27/4/2006, 18:50

@ Jean-Pierre Poccioni

Je n'ai lu pour l'instant que la première nouvelle, celle des retrouvailles. Hormis une remarque de forme (pas mal de répétitions au début), je dois dire que j'ai beaucoup apprécié.
Le point fort, à mon avis, c'est cette impression que tout s'efface dans ce bistrot que l'on imagine bruyant (comme tous les bistrots). La vie est autour, on la sent, mais elle demeure en sourdine, floue, étouffée par les pensées du personnage. Sensation très bien rendue. Il me semblait être assis à sa place, poireautant, et m'interrogeant sur la pertinence de cette rencontre.
On retrouve ce "brouhaha" de pensées lors de la discussion avec l'ancien camarade. Il parle beaucoup, semble-t-il, mais le lecteur n'a qu'une vague idée de la teneur de ses propos, car ces derniers sont encore bouffés par la vision presque décorporée, détachée du personnage principal.
Ce qui ressort de cette nouvelle, toujours à mon humble avis, c'est la solitude.
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Jean-Pierre Poccioni
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MessageSujet: romans de J-P Poccioni   28/4/2006, 07:07

Je suis ouvert aux critiques mais je préfèrerais qu'elles soient claires.

Je fais allusion aux "répétitions" du début de ma nouvelle.

La répétition est soit une maladresse d'élève ou de débutant auquel cas on la signale ( en rouge pour un prof) soit une volonté.

Comme je ne suis ni un élève, ni un débutant, j'aimerais savoir ce qui a justifié cette impression de répétition gênante car c'est bien de cela qu'il est question.

Quant à l'impression globale ressentie, c'est le privilège du lecteur de remplir un texte de son sens personnel. L'auteur lui, est surtout sensible au fait d'être lu, de préférence avec plaisir et intérêt.

Cela dit je rappelle que je suis avant tout un romancier et que mes nouvelles sont des excursions par rapport à mon travail. De plus je n'imagine pas placer en ligne un roman inédit.
Imaginez la tête de mon éditeur !
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MessageSujet: Re: Romans de J-P Poccioni : ses commentaires et vos questions !   28/4/2006, 13:17

Alors pour plus de clarté:

"c’était compliqué, disait-il."

"pas trop quoi dire"

"Il disait des choses"

"celles que disent les"
Pour ces deux derniers, la répétition parait justifiée.

"Et puis il a dit"

Et, en effet, j'ai trouvé cela gênant.
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Jean-Pierre Poccioni
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MessageSujet: romans de J-P Poccioni   28/4/2006, 14:35

Curieuse sensibilité à la répétition du verbe dire, dont l'évitement forcené est souvent préconisé dans les ateliers d'écriture (où l'on apprend tout sauf à écrire).

Ce verbe, quand il est employé comme verbe d'élocution est un outil grammatical aussi neutre que les connecteurs et autres prépositions.

L'éviter en lui substituant des "rétorqua-t-il, affirma-t-il, murmura-t-il" est assez naïf, à moins qu'une écriture personnelle l'impose.

Vialatte, entre autres nombreux auteurs, ne craint pas ce verbe comme le montre cet échantillon:

- Sale temps ! dit le cycliste à Théo.
- ça m’a remis mon froid sur la poitrine, constata le gros agent à la moustache noire.
- …
- ça me faisait frrout dans la coupole, expliquait le vieux, je vais voir le docteur, il me dit : « Qu’est-ce que vous voulez ? », je lui dis : « Je ne sais pas »

Alexandre Vialatte, Les fruits du Congo

Mais ceci dit, tel lecteur est sensible à telle écriture et je n'ai réagis que parce que j'ai plutôt la réputation d'être un styliste, comme ma maison d'édition les aime et comme ma directrice littéraire les cultive.

Je n'en suis pas pour autant sur le point de partir en guerre...
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Gosayn
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MessageSujet: Re: Romans de J-P Poccioni : ses commentaires et vos questions !   28/4/2006, 15:28

Pour ce qui est de l'exemple de Vialatte, je suis d'accord avec vous. On pourrait également citer Céline et ses "qu'il me dit", "que je lui dis" où le conteur, avec ses mots discute directement avec lecteur, qui devient donc aussi protagoniste de l'histoire.

Pour ce qui est des murmures et autres, je ne sais pas si c'est réellement maladroit : "murmurer" n'est pas "dire".
Bref, loin des "évitements forcenés des ateliers d'écriture" ou de polémiques de style, ma remarque n'était pas le fait d'une sensibilité particulière à l'égard de ce verbe-là, mais la traduction de ce que mon oreille avait perçu. Il en aurait été de même avec des "murmurer", "affirmer", etc.

J'aurais une "question" sans rapport avec ce qui précède et uniquement motivée par ma curiosité.
Vous dites que "c'est le privilège du lecteur de remplir un texte de son sens personnel". Je comprends parfaitement la démarche qui consiste à laisser le lecteur tirer ses propres conclusions. Mais, lorsque vous écrivez, vous donnez tout de même un sens, tentez de faire passer des émotions... N'êtez-vous pas sensible à la manière dont ils peuvent être interprétés, vécus ?
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Jean-Pierre Poccioni
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MessageSujet: romans de J-P Poccioni   28/4/2006, 16:29

Il est certain que je ne pratique pas une littérature vide de sens et je serais très vexé qu’on la prît pour telle.
Je voulais simplement dire qu’il existe une sorte de droit du lecteur qui consiste à s’emparer du texte avec sa sensibilité et son intelligence. Mauron disait d’une oeuvre qu’elle est un sens posé dans l’histoire et j’aime assez l’image.
Cependant, quand il arrive qu’un lecteur me communique une façon de ressentir et de comprendre un texte qui est jumelle de la mienne ou du moins de mon intention initiale, c’est un réel plaisir.
J’ai dit plaisir et non nécessité car je ne suis ni philosophe, ni essayiste mais bien romancier. Les idées dans ce cas sont des enfants illégitimes de la narration, de l’emportement du récit.

Un exemple concret lié à mon dernier roman (La Maison du Faune)
Chaque lecteur et chaque critique (soyons modeste ceux-ci ne furent pas légion !) attribuait un âge différent aux protagonistes. Tous étaient d’accord pour dire que le texte jouait sur l’écart, la différence, mais quant à le définir avec certitude c’était une autre affaire qui impliquait sans doute bien des convictions intimes sans compter la génération à laquelle appartenait le lecteur lui-même.
Il m’est arrivé qu’on me demande : « Alors ? Votre Claudia, entre nous, quel âge a-t-elle ? » Je répondais le plus souvent : « L’âge d’être désirable, érotique voir libertine, l’âge où l’on découvre enfin qu’on évacue les désirs en les satisfaisant… »
Et le plus souvent chacun y trouvait son miel.

Précisons que l'auteur s'était bien gardé d'être précis !
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