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  NY2001 (New-York )

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Maryv Tificha



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MessageSujet: NY2001 (New-York )   11/9/2010, 16:47

Dans l’aurore septembrale,
A portée de Dieu et du ciel
S’élèvent, aux allures abyssales,
De belles jumelles, qu’une kyrielle
De dominos, plutôt diaphanes,
Habille de robes diamantées ;
Et campées-là, au sud de Manhattan,
Elles veillent d’éclats, sur la Liberté.
Tandis que dans la baie paisible d'Hudson,
Brooklyn et ses amoureux désenlacés,
S’effraient quelquefois de cet unisson,
En sirotant un Coca glacé.

Neuf heures zéro trois, un vacarme !
Puis un second, un peu plus tard ;
Des oiseaux de fer s’enflamment.
Ils ne planent plus, il est trop tard !
Fire. Les alarmes se sont figées.
Tout en bas, près de la 5e Avenue,
Une pléthore de fourmis humaines, interloquées.
Qu’est-il donc advenu ?
Il y a eu des explosions, des rejets,
Des hommes et des femmes volent,
Une pluie de verres s’abat à leurs pieds ;
Et des cris tombent et s’immolent.
Fraternellement, une chenille humaine tente
L’impossible, au cœur des cendres ;
Résolument, des sauveteurs accourent vers l’attente.
Mais ce sarcophage, n’est-il pas déjà trop tendre ?

Les Twins du World Trade Center
- Immenses ascenseurs sans retour -
Flanchent, aimantées par la terre ;
Elles s’affaissent, droites ; deux amours !
Disparaissent, dans le fracas et la poussière ;
Ondes cotonneuses chaudes et opaques,
Irrespirable apocalypse de fer ;
Hier, inenvisageable, à Central Park…

Et les amoureux ont disparu,
Ils ne sont plus qu’une poignée ;
Pourtant, ils étaient là, je les ai vus ;
Oui, mais c’était avant ! Avant que d’être nus…

Et le glas de l’univers a retenti
Aux vertiges des profondeurs de l’âme.
Il s’en est allé étreindre tant de larmes.
Entendez le bourdon sonner jusqu’à Paris !
Ecoutez l’humanité entonner ce requiem.
Elle s’offre le meilleur d’elle même,
Un Ave Maria clair pour esprits meurtris.

Ils étaient cent, ils étaient mille,
A monter, à descendre, à vivre
Ils étaient cent, ils étaient mille,
Autant que de nuages qui vibrent
Ils étaient cent, ils étaient mille,
A deviser de littérature de cinéma
Il étaient cent, ils étaient mille,
A être entre ciel et terre, étonnants
Ils étaient cent, ils étaient mille,
Tous, jaunes, noirs ou blancs,
Ils étaient cent, ils étaient mille
A façonner l’idée née de l’agora.

O linceuls invisibles,
Vous qui cherchez dans l’obscurité
Ces éternels fragments de vérité.
O douleurs indicibles,
Votre silence s’est élevé, priant Dieu
De pardonner la lâcheté aux hommes…
De les aimer davantage, en somme.

Freedom ! ô freedom…


Maryv Tificha
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Jean-Pierre Poccioni
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MessageSujet: NY2001   12/9/2010, 10:44

Une simple question.

Pourquoi s'inscrire dans une versification classique pour ne pas dire surranée si c'est pour en violer les règles tous les trois vers ? A moins que ce soit volontaire voire littérairement militant ?
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Maryv Tificha



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MessageSujet: Re: NY2001 (New-York )   12/9/2010, 18:19

C'est bien ça! La réponse est donc contenue pour moitié dans la deuxième partie de la question...
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Jean-Pierre Poccioni
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MessageSujet: NY2001   12/9/2010, 22:24

Et l'autre moitié ?
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Maryv Tificha



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MessageSujet: Re: NY2001 (New-York )   13/9/2010, 19:22

Juste pour méditer, cher monsieur...




Toute l'écriture est de la cochonnerie d'Antonin Artaud

"Le Pèse-Nerfs" fut publié en 1925, dans la collection "Pour vos beaux yeux" (dirigée par Louis Aragon).

Extraits :

Les gens qui sortent du vague pour essayer de préciser quoi que ce soit de ce qui se passe dans leur pensée, sont des cochons.

Toute la gent littéraire est cochonne, et spécialement celle de ce temps-ci.
Tous ceux qui ont des points de repère dans l'esprit, je veux dire d'un certain côté de la tête, sur des emplacements bien localisés de leur cerveau, tous ceux qui sont maîtres de leur langue, tous ceux pour qui les mots ont un sens, tous ceux pour qui il existe des altitudes dans l'âme, et des courants dans la pensée, ceux qui sont esprit de l'époque, et qui ont nommé ces courants de pensée, je pense à leurs besognes précises, et à ce grincement d'automate que rend à tous vents leur esprit,- sont des cochons.
Ceux pour qui certaines mots ont un sens, et certaines manières d'être, ceux qui font si bien des façons, ceux pour qui les sentiments ont des classes et qui discutent sur un degré quelconque de leurs hilarantes classifications, ceux qui croient encore à des "termes", ceux qui remuent des idéologies ayant pris rang dans l'époque, ceux dont les femmes parlent si bien et ces femmes aussi qui parlent si bien et qui parlent des courants de l'époque, ceux qui croient encore à une orientation de l'esprit, ceux qui suivent des voies, qui agitent des noms, qui font crier les pages des livres,- ceux-là sont les pires cochons.
Vous êtes bien gratuit, jeune homme !
Non, je pense à des critiques barbus.
Et je vous l'ai dit : pas d'oeuvres, pas de langue, pas de parole, pas d'esprit, rien.
Rien, sinon un beau Pèse-Nerfs.
Une sorte de station incompréhensible et toute droite au milieu de tout dans l'esprit.
Et n'espérez pas que je vous nomme ce tout, en combien de parties il se divise, que je vous dise son poids, que je marche, que je me mette à discuter sur ce tout, et que, disuctant, je me perde et que je me mette ainsi sans le savoir à PENSER, - et qu'il s'éclaire, qu'il vive, qu'il se pare d'une multitude de mots, tous bien frottés de sens, tous divers, et capables de bien mettre au jour toutes les attitudes, toutes le nuances d'une très sensible et pénétrante pensée.
Ah ces états qu'on ne nomme jamais, ces situations éminentes d'âme, ah ces intervalles d'esprit, ah ces minuscules ratées qui sont le pain quotidien de mes heures, ah ce peuple fourmillant de données, - ce sont toujours les même mots qui me servent et vraiment je n'ai pas l'air de beaucoup bouger dans ma pensée, mais j'y bouge plus que vous en réalité, barbes d'ânes, cochons pertinents, maîtres du faux verbe, trousseurs de portraits, feuilletonistes, rez-de-chaussée, herbagistes, entomologistes, plaie de ma langue.
Je vous l'ai dit, que je n'ai plus ma langue, ce n'est pas une raison pour que vous persistiez, pour que vous vous obstiniez dans la langue. Allons, je serai compris dans dix ans par les gens qui feront aujourd'hui ce que vous faites.
Alors on connaîtra mes geysers, on verra mes glaces, on aura appris à dénaturer mes poisons, on décèlera mes jeux d'âmes. Alors tous mes cheveux seront coulés dans la chaux, toutes mes veines mentales, alors on percevra mon bestiaire, et ma mystique sera devenue un chapeau. Alors on verra fumer les jointures des pierres, et d'arborescents bouquets d'yeux mentaux se cristalliseront en glossaires, alors on vera choir des aérolithes de pierre, alors on verra des cordes, alors on comprendra la géométrie sans espaces, et on apprendra ce que c'est que la configuration de l'esprit, et on comprendra comment j'ai perdu l'esprit.
Alors on comprendra pourquoi mon esprit n'est pas là, alors on verra toutes les langues tarir, tous les esprits se dessécher, toutes les langues se racornir, les figures humaines s'aplatiront, se dégonfleront, comme aspirées par des ventouses desséchantes, et cette lubrifiante membrane continuera à flotter dans l'air, cette membrane à deux épaisseurs, à multiples degrés, à un infini de lézardes, cette mélancolique et vitreuse membrane, mais si sensible, si pertinente elle aussi, si capable de se multiplier, de se dédoubler, de se retourner avec son miroitement de lézardes, de sens, de stupéfiants, d'irrigations pénétrantes et vireuses, alors tout ceci sera trouvé bien, et je n'aurai plus besoin de parler.
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Jean-Pierre Poccioni
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MessageSujet: Ny2001   13/9/2010, 20:20

Artaud, Ciel !

Il n'y a en effet plus qu'à faire silence devant la hauteur de cet esprit tutélaire.



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François
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MessageSujet: Re: NY2001 (New-York )   13/9/2010, 22:29

Bonjour Maryv,

Il y a du dynamisme, du punch dans votre poème, mais malheureusement pas mal de poncifs aussi.

Si vous avez d'autres choses à nous soumettre, n'hésitez pas.

Mais ne gênez pas non plus pour lire et commenter d'autres textes ou messages sur ce forum, c'est gratuit !
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Jipi
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MessageSujet: Re: NY2001 (New-York )   13/9/2010, 23:01

Je ne peux mieux dire John pour l'encouragement à découvrir les autres messages des autres membres !

Texte de circonstance, mais... l'écriture ne me surprend guère.

Mais peut-être que Maryv compte se lancer dans la voie de l'écriture du grand Artaud ?!


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Jipi
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MessageSujet: Re: NY2001 (New-York )   20/9/2010, 15:55

Tiens... où est Maryv ?

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