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 Textes de Yugcib (2)

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yugcib
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MessageSujet: Un petit conte court... "pas très de Noël"   22/12/2006, 09:53

Le très vieil homme

C’était un très vieil homme, si vieux que personne ne pouvait dire s’il avait passé cent ans. Il était très maigre, avec les côtes apparentes, les jambes complètement décharnées, un visage triangulaire, émacié, creusé de sillons. Ses petits yeux vifs et noirs, ses longues mains osseuses, ses cheveux en bataille, longs et noirs, ondulés, son visage de vieil ange, lui donnaient l’apparence d’un très vieux Christ sans barbe, peut-être à cause de son regard d’enfant et de son allure de prophète des quatre chemins.
Vêtu d’une blouse ouverte, sans boutons, d’un slip rouge vif et marchant pieds nus, il avançait en plein milieu de la rue piétonne : les touristes le regardaient… et oh, stupeur ! A la place de cet endroit du slip où aurait du s’ériger une bosse, s’élevait en fait une colonne de lumière d’au moins trente centimètres de hauteur, toute droite, pointée vers le ciel, et tout au bout de cette colonne de lumière, un petit halo phosphorescent, comme une auréole de saint.
Toutes les filles et jeunes femmes qui passaient à proximité, et même de bedonnantes mémères, entraient devant le vieil homme en des transes inexprimables, semblaient se tordre de régal et de bien être sur le pavé… Elles voulaient toutes se saisir de cette colonne de lumière, se mettre à genoux et la lécher ; et le vieil homme, fort de cet attribut lumineux, se tordait lui aussi de plaisir et n’en finissait plus de soubresauts postillonnant d’étincelles, éclaboussant des visages épanouis.
Et dire que, trente ans plus tôt, avec un million de francs sur son compte en banque, trois villas sur la Côte d’Azur, deux mercédez et dix magazins de vêtements de luxe, il n’arrivait pas à faire frémir une vilaine naine rousse qui vendait des cacahètes sur une plage de prolétaires.
[30 juillet 1997] Un été à Saint Girons plage
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yugcib
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MessageSujet: Effleurement de lèvres...   23/2/2007, 18:44

L’affection, l’intimité, le bien être sont tels, dans un effleurement de lèvres, dans cet embrassement si doux et si enivrant, qu’il s’y dilue en un instant d’éternité, tous nos souvenirs de solitude. Comme si ces solitudes en nous, inexprimées, prisonnières de tout ce que le monde nous a fait, partaient en voyage inorganisé et se libéraient enfin des peurs qu’elles avaient eues en elles… Des peurs qui reviendront peut-être mais seront effacées dans la brûlance d’une tendresse inouïe…
Libérées, ces solitudes deviennent des paysages heureux que nous osons inventer.
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Jipi
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MessageSujet: Re: Textes de Yugcib (2)   26/2/2007, 11:01

Très beau yugcib... voilà

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yugcib
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MessageSujet: Ce rêve d'IL... d'ELLE   4/3/2007, 22:59

Ce rêve d’IL… d’ELLE

D’un seul cri, d’un seul jet, d’une seule émotion ; telle qu’elle lui parut là, devant ce talus boueux, attendant la voiture qui la devait mener à la ville voisine, elle lui plut tant qu’il se serait jeté sur elle…
Elle était sa femme, sa femme chic, sa femme adorée, sa femme telle qu’il eût pu en aimer tant d’autres mais n’en aurait point « tracé » pour autant, une autre que la sienne…
La situation il est vrai, en cet instant, ne se prêtait guère à ce qu’il se jetât sur elle…
Une épidémie de grippe aviaire venait de décimer dans le village toutes les poules mais aussi tous les lapins. Et le maire avait fait placarder un arrêté interdisant l’enfouissement de bêtes mortes à proximité des habitations.
Or précisément, sur le talus boueux proche de la boîte aux lettres au bout du chemin menant à leur maison, il avait creusé à la pelle un trou dans lequel il s’apprêtait à jeter une peau et des intestins de lapin.
La veille il avait plu très fort, à tel point que le fossé au bord du chemin débordait et que de la boue s’écoulait du chemin sur la petite route.
Alors qu’il retournait une première pelletée de terre sur les boyaux du lapin, surgit le Garde Champêtre, un grand homme sec d’apparence sévère, ressemblant davantage à une caricature de vieux bandit de bande dessinée qu’à l’un de ces grand – pères de nos villages au visage taillé à coups de serpe.
S’ensuivit une altercation dont il ressortit qu’une amende en bonne et due forme allait être infligée.
-« Vous n’avez pas lu l’arrêté placardé dans le hall d’entrée de la mairie ? »
-« Non… Mais je vous assure, je vais tout enlever ! »
Au comble de la confusion, il ne l’était pas seulement à cause de la présence du Garde Champêtre…
Sa femme venait d’arriver, vêtue d’une veste blanche ravissante et bien coupée, d’une robe noire à volants lui seyant à merveille, ses jolies jambes serrées dans des bas résille, et chaussée de fins souliers blancs à hauts talons.
La situation lui était bien délicate et à dire vrai, ingérable, d’un insoutenable surréalisme. Il en était malade… Malade de confusion, tel un gamin pris en faute mais en même temps subjugué par sa femme qui en cet instant lui plaisait au-delà de toute raison…
Le cri qui explosait en lui, le jet qu’il sentait se préparer, l’émotion qui le vitrifiait ; se trouvaient ainsi foudroyés dans la honte d’un flagrant délit, par le visage taillé à coups de serpe du Garde Champêtre, par les projections de boue sur le bas de la robe et les chaussures de sa femme… qui s’entretenait avec le Garde imperturbable et droit comme un I dans sa vareuse de militaire.
Elle ne lui en paraissait pas moins dans toute sa fraîcheur, sa délicatesse, sa gentillesse et sa légèreté, sa femme dont il était fou, sa femme sortie d’un rêve vrai, bleu, frais et jeune feuille ; et jetée dans un autre rêve tout aussi vrai, mais imbécile et cruel.

Ce fut Nina, la dernière fille de leur fille aînée, qui les découvrit, entrant dans leur chambre ce matin là et ouvrant les volets…
Il faisait bleu et grand soleil.
Elle s’éveillait à peine, le regardant, immobile à ses côtés : dans ses yeux à jamais ouverts sur ce monde en lui qu’il avait vu et qui, il le savait si bien, était d’ici et d’ailleurs, vivait comme un rêve d’elle.
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Jean-Pierre Poccioni
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MessageSujet: Ce rêve d'Il...d'Elle   10/3/2007, 15:54

Un peu scolaire il me semble cette utilisation du rêve "danaïde" gouffre où l'on peut admettre toute incertitude.

Je pense à Lynch, grand spécialiste des ombres floues derrière lesquelles à mon avis il n'y a pas grand chose ! Un peu comme derrière la vie pour le mécrant que je suis...


Sinon, quelques belles envolées au lyrisqme délicieusement désuet.
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yugcib
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MessageSujet: Si je comprens bien...   10/3/2007, 20:13

... Ce n'est point là un "monument littéraire"!... Mais bon, on fait ce qu'on peut!
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MessageSujet: Re: Textes de Yugcib (2)   10/3/2007, 20:39

En fait dans ce texte il y a de très beaux passages et d'autres passages plus conventionnels. Il te faut élaguer cher Yugcib !

Pour ne prendre qu'un exemple : j'aime beaucoup les dix premières lignes (il y a d'autres phrases que j'aime dans ton texte !), mais je supprimerais certaines phrases que je réécrirais autrement.

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MessageSujet: Seconde version...   10/3/2007, 23:01

Voici une 2ème présentation, plus élaguée...


Ce rêve d’IL… d’ELLE



D’un seul cri, d’un seul jet, d’une seule émotion ; telle qu’elle lui parut là, devant ce talus boueux, attendant la voiture qui la devait mener à la ville voisine, elle lui plut tant qu’il se serait jeté sur elle…

Elle était sa femme, sa femme chic, sa femme adorée, sa femme telle qu’il eût pu en aimer tant d’autres mais n’en aurait point « tracé » pour autant, une autre que la sienne…

La situation il est vrai, en cet instant, ne se prêtait guère à ce qu’il se jetât sur elle…

Une épidémie de grippe aviaire venait de décimer dans le village toutes les poules mais aussi tous les lapins. Un arrêté municipal interdisait l’enfouissement de bêtes mortes à proximité des habitations.

Sur un talus boueux proche de leur maison, il avait creusé un trou, jetant une peau et des intestins de lapin.

La veille il avait plu très fort et de la boue s’écoulait sur la petite route.

Alors qu’il retournait une pelletée de terre sur les boyaux du lapin, surgit le Garde Champêtre, un grand homme sec d’apparence sévère.

S’ensuivit une altercation. Une amende allait être infligée.

-« Vous n’avez pas lu l’arrêté placardé dans le hall d’entrée de la mairie ? »

-« Non… Mais je vous assure, je vais tout enlever ! »

Au comble de la confusion, il aperçut alors sa femme qui venait d’arriver, vêtue d’une veste blanche ravissante et bien coupée, d’une robe noire à volants lui seyant à merveille, ses jolies jambes serrées dans des bas résille, et chaussée de fins souliers blancs à hauts talons.

La situation lui était insoutenable… Il se sentait comme un gamin pris en faute mais en même temps subjugué par sa femme qui en cet instant lui plaisait au-delà de toute raison…

Le cri qui explosait en lui, le jet qu’il sentait se préparer, l’émotion qui le vitrifiait ; se trouvaient ainsi foudroyés dans la honte d’un flagrant délit, par le visage taillé à coups de serpe du Garde Champêtre, par les projections de boue sur le bas de la robe et les chaussures de sa femme… qui s’entretenait avec le Garde.

Elle ne lui en paraissait pas moins dans toute sa fraîcheur et sa légèreté, sa femme dont il était fou, sa femme sortie d’un rêve vrai ; et jetée dans un autre rêve tout aussi vrai, mais imbécile et cruel.



Ce fut Nina, la dernière fille de leur fille aînée, qui les découvrit, entrant dans leur chambre ce matin là et ouvrant les volets…

Il faisait bleu et grand soleil.

Elle s’éveillait à peine, le regardant, immobile à ses côtés : dans ses yeux à jamais ouverts sur ce monde en lui qu’il avait vécu, vivait comme un rêve d’elle.
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MessageSujet: Ce rêve   11/3/2007, 18:05

Eh bien, si j'ose exprimer une opinion toute personnelle, ça vous a une autre gueule ce texte!
Déshabillé de ses parures qui déparaient et que je désignais par l'adjectif désuet.

Un texte dont la première partie en particulier avec ces phrases brusques comme des sursauts, comme des cris, donne à penser que quelles que soient nos qualités et nos défauts la critique est salutaire.

Bien sûr, un bon gros compliment :" Ahhhhh trrrrrai bô !!!" c'est agréable.

MAIS....

Donc et en conclusion, pas un chef d'oeuvre sans doute ( ils ne sont pas légions) mais un texte qui a du "Jus"
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yugcib
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MessageSujet: Oui, je suis bien d'accord!   11/3/2007, 21:56

... Les chefs d'oeuvre ne sont pas légion!

Cela dit, il est parfois nécessaire de reprendre, de modifier, d'alléger... ou même de refaire un texte...

Il me semble que Frantz Kafka a lui même, du moins dans les écrits que nous connaissons (certains ont été détruits par l'écrivain) donné parfois deux ou même trois versions de quelques uns de ses textes... Je pense par exemple à un texte sur les aéroplanes...
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MessageSujet: La belle fille   21/5/2007, 23:12

La belle fille en trench blanc, sur la route, ne tenait pas sa droite… Ni sa gauche d’ailleurs.

Elle avançait sur la chaussée bitumée, d’un pas régulier ; franchissait la ligne médiane, se déportait à droite puis à gauche ; retournait sur ses pas, d’une dizaine de mètres en arrière, et repartait en avant…

C’était par une torride après midi de juillet sous un ciel entièrement bleu.

Où se rendait-elle donc, cette fille, avançant ainsi sur une route déserte, une route toute droite traversant un paysage plat et dénudé ? N’était-elle pas incommodée par la chaleur, sanglée dans son trench ?

Deux automobilistes l’ayant aperçu de loin et remarqué ses allées et venues entre les bords et le milieu de la route, s’étaient arrêtés et lui avaient proposé de la conduire au moins jusqu’à la prochaine ville.

La fille avait décliné l’offre sans brusquerie mais avec fermeté et d’une étrange résolution… Elle n’avait donné à chacun des deux automobilistes aucune explication sur sa présence insolite tout au long de cette route si peu fréquentée.

Par moments elle se mettait à courir, ou bien, sans doute à bout de souffle, s’arrêtait et s’asseyait au bord de la route.

Elle n’avait ni sac à main, ni bagage. Ses cheveux n’étaient pas défaits, aucune éclaboussure ni aucune tache ne maculait son vêtement, ses talons fins ne semblaient pas usés ; il émanait d’elle un parfum de feuille mouillée, son regard n’exprimait ni angoisse ni tristesse… Mais la dernière ville, la dernière maison, la dernière borne kilométrique, devait bien se trouver à trois jours de marche au moins, d’ici, du milieu semblait-il, de cette immensité dénudée…

Etait-elle descendue de quelque véhicule, qui avait pu la laisser seule sur cette route ; en quelle attente et en quel dessein, vers qui vers quoi, avait-elle marché jusque là, d’où venait-elle ?

Un gros type coiffé d’un chapeau mou à larges bords, au visage de bouledogue, horriblement ventripotent, en chemise froissée, pantalon et bretelles, circulant à bord d’une voiturette sans permis, aperçut la fille et s’arrêta…

Elle accepta de monter dans la voiturette à côté du gros type ventripotent… Parce qu’il disait, cet homme, ne pas savoir où il allait…

« Je vais tout droit, on ne peut pas se tromper, il n’y a qu’une seule route »…

… Dizaines de kilomètres, ronflements du moteur, pétarades dans les « longs faux plats ascendants », chaleur étouffante, quelques mots échangés en une communication de nécessité…

Venait la fin du jour, le déclin de la chaleur, les ombres grises et orangées sur une partie de l’horizon… Puis avançait la nuit, et le balayage des petits phares de la voiturette. Comme si la nuit, et les faisceaux de lumière devaient trouer du temps, de l’espace, du silence… et deux respirations qui semblaient presque se toucher… Mais rien, jamais, ne se « trouait », sous cette poussière illuminée d’étoiles aussi immobile en apparence que ces heures de la nuit au milieu du paysage dénudé…

Se levait une autre journée, revenait une autre nuit, puis encore un nouveau matin…

A intervalles réguliers, le gros type s’arrêtait, saisissait l’un des jerricans d’essence rangés derrière les sièges et refaisait le plein.

Tout à coup apparut une longue file de véhicules arrêtés : de gros autocars de tourisme, de puissantes cylindrées à la rutilante carrosserie, des camping-cars, des camions de divers gabarits… Il n’y avait absolument personne à l’intérieur de ces véhicules, ni même à leur proximité… Cependant, l’on était surpris par un amoncellement de bagages, de sacs de voyage, de paquets ficelés, sur le bord de la route…

Et la route, toute droite et traversant le paysage aussi dénudé que les jours précédents, dès l’endroit où commençait la longue file de véhicules immobilisés, s’élevait, suivant une pente qui s’accentuait à mesure qu’elle se rapprochait de la ligne d’horizon…

L’on pouvait distinguer, en dépit de l’éloignement, depuis la voiturette, dans la file des véhicules, quelques caravanes dont les portes étaient grandes ouvertes. Et le gros type s’exclama, tout étonné : « On dirait un film sans acteurs, comme après un exode »…

Très loin… Et très haut également, au bout de cette interminable colonne de véhicules, surgissait un barrage en travers de la route. Un barrage infranchissable, constitué de caisses éventrées… De chacune de ces caisses, un vent de sable tout juste levé et se renforçant très vite, arrachait des multitudes de bikinis, de strings, de boxers et de petites culottes fines, d’une même couleur bleu ciel et les neigeait sur la terre brûlée…

A quelques mètres du barrage, la voiturette s’immobilisa… Le gros type n’était plus au volant…

Les seuls et derniers mots que la fille prononça, furent : « Que reste t-il de tous ces jours que nous avons si peu vécus ? »
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MessageSujet: Grantenterrement Général   26/5/2007, 00:10

C’était l’âme de sa queue, au défunt… Elle planait au dessus de ces Messieurs Dames qui dans leurs belles pompes cirées, cheminaient compassés, englués, gominés, raides comme des manches de bêche, costardés, pardocklés, imperdés, cravatés ou foulardisées quant à ces dames chic, en un sombre défilé silencieux sous un pâle soleil d’hiver derrière le fourgon mortuaire, un vieux Peugeot des années 50 à l’ échappement pétaradant, promu en futur camping car pour retraités pauvres à l’ambition voyagesque démesurée…

Et le Mort sauf l’ âme de sa queue, balloté vers son destin tant envié de prétendant à la couronne des souvenirs pieux de tous ces vivants qui, du vivant du défunt accablaient ce dernier de pieuses hypocrisies, sottes moqueries et insipides politesses, recroquevillé dans cette bulle de solitude qui ne s’était point brisée dans l’infarctus, n’avait plus rien à payer pour jouir si l’on peut dire de cette halte mobile en cette pension ambulante et provisoire... Son fils, sa belle fille, ses vieux parents, héritaient désormais des désordres, des errements et du marché aux puces de son humble et courte vie, pourvoyant ainsi aux frais occasionnés par cet ultime voyage organisé en hôtel-calèche noire.

Ah ! Qu’ils étaient beaux et chic, ces messieurs dames !

Joliment fringuées, demoiselles et jeunes dames en bas noirs, petites écharpes, trench-coat tendance, jupes fendues, robes sombres et droites, bien cintrées à la taille, décolletés discrets, visages anguleux, regards brûlants comme des lèvres amoureuses…

Tristesse et compassion, épluchures de réminiscences, sanglots furtifs, balayés par le râle d’une âme en transe… L’ âme de la queue du défunt, suspendue au dessus de cette assemblée endimanchée…Emergence impudique d’un bout de slip de ciel bleu pâle, toute vibrante et enfiévrée d’ondes de féminité en noir.

Et le dernier morceau bleu de ce slip de ciel disparut dans l’immense houppelande nuageuse, puis le pâle soleil d’après midi d’hiver, palpitant encore au plus profond de l’âme de la queue du défunt, fit pleuvoir sur les trench-coat, sur les fines écharpes, sur les robes cintrées, ainsi que sur les visages anguleux des filles et des femmes… De pesantes gouttes blanches.

C’était l’âme de sa queue, au défunt ! Une âme qui, du vivant de sa queue, au défunt, n’aurait assurément jamais raté un grantenterrement général…
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MessageSujet: La genèse de ce "Grantenterrement Général"...   26/5/2007, 14:46

C’était par une pluvieuse après midi de la fin du mois de septembre en 2004, alors que j’effectuais pour le compte de la Poste de Saint Julien en Born (Landes) le ramassage du courrier dans les bureaux avoisinants…

Alors que je traversais la commune de Lit et Mixe, je fus retardé par l’un de ces « Grantenterrements Général » qui mobilise une bonne partie de la population du village, d’autant plus si le Défunt est une personnalité importante (président d’association, ancien maire, ou autre « sommité »… En effet j’ai toujours remarqué, que lorsque les gens étaient « riches et connus », il y avait beaucoup de monde à leur enterrement…

Ce jour là, vu le nombre de véhicules garés le long de la rue principale, sur la place du village et dans les rues adjacentes, le Défunt devait vraiment être un « grand personnage ».

J’étais carrément bloqué, l’embouteillage était inextricable. Des gens bien habillés, de belles et jeunes dames en petits imperméables noirs et parapluies, et bien sûr, le fourgon mortuaire chargé de gerbes et de couronnes , tout cela aurait pu inspirer un artiste peintre célèbre, qui, en une toile « immortelle », aurait brossé cette scène de « Grantenterrement Général »…

J’étais donc bloqué, et, dans mon véhicule Postal je maudissais en de scélérates pensées, ce « temps perdu »… Cependant il me vint quelque réflexion. J’imaginais que ce Défunt, personnage important certes, avait une belle âme…

Une belle âme néanmoins, dans le tréfonds de laquelle notre Défunt aimait à se vautrer en secret… Un tréfonds à vrai dire, qui eût pu dénoter, être un peu « en porte à faux »… Dans cette belle âme…

Et j’en « crevais de régal », en ces longues minutes qui en définitive devinrent savoureuses, à l’idée de cette « foudre de bien être » qui vitrifierait l’âme envolée dans le ciel, du Défunt, au dessus du corbillard, et devenue comme cette « queue » gonflée de rêves inavoués à la vue de ce qui lui plaît, mais n’en ayant pas moins « une si belle âme »… pour autant que cette « queue » pût avoir de l’âme !

C’est ainsi que l’idée me vint, de cette « âme en transe dans la houppelande nuageuse », et de ces pesantes gouttes blanches dont je percevais le petit claquement, agréable à entendre, sur les jolis imperméables de ces dames et demoiselles en noir…

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yugcib
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MessageSujet: Révolver ou écriture?   27/6/2007, 09:17

« Je suis un violent. Quand j’entends parler de revolver, je sors ma culture » [Francis Blanche]

« Je suis un violent lorsqu’il m’arrive de cesser d’être amoureux… Pour le temps d’un vol de papillon… Quand j’entends alors parler de revolver au sens propre comme au sens figuré, dans le temps immédiat qui suit le temps du vol du papillon, je sors mon écriture… Mais je sors aussi mon écriture lorsque je suis amoureux » [Yugcib]
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Jean-Pierre Poccioni
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MessageSujet: Révover ou écriture ?   27/6/2007, 12:18

Réaction à chaud : Francis Blanche est nettement plus clair que Yugcib !
Peut-être une question de patronyme ??
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Gosayn
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MessageSujet: Re: Textes de Yugcib (2)   27/6/2007, 13:57

En ce qui me concerne, c'est quand j'entends le motoculteur que je sors mon révolver.
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marie chevalier
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MessageSujet: Re: Textes de Yugcib (2)   27/6/2007, 17:47

:lol: fameux échange là aussi non? Razz
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Jipi
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MessageSujet: Re: Textes de Yugcib (2)   27/6/2007, 23:40

Attention Marie fait dans le revolver de l'échange ou... de la culture si l'on préfère !!! :lol: Razz

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MessageSujet: Si Francis Blanche...   28/6/2007, 15:39

... Est plus clair que moi, j'en conviens!
Mais je suis ainsi... C'est à dire "pas clair" (sans doute parce je sens cette lumière en moi qui me fait de l'ombre...)
Heureux les clairs, les précis, les concis, les "droit au but sans faire de détours oiseux", les "ceu's" et "cel'ses" qui "tracent" net, pur, et ne mettent jamais ni le mot en trop, ni la phrase inutile... ou superflue... Mais l'ombre que je me fais (intentionnellement ou non) au sens du monde, ne peut m'occire! Avec elle, et contre tout ce qui ne me rend jamais amoureux, j'irais jusqu'au "suicide littéraire"... jusqu'au "suicide relationnel"!
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MessageSujet: A Gosayin...   28/6/2007, 15:48

Si mon voisin est gentil, son motoculteur même "à fond la caisse" en pleine sieste" m'est préférable au coup de klaxon imbécile et rageur d'un automobiliste "lambda" que sans faire exprès j'importune tant soit soit peu!
... Et tant que crient et rient haut et fort, les enfants de mon voisin, cela me réjouit et l'âme et le coeur... Parceque s'ils ne criaient et ne riaient, ils seraient peut-être tristes ou pire, malades...
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Jipi
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MessageSujet: Re: Textes de Yugcib (2)   29/6/2007, 11:43

Très drôle Yugcib... mais je t'aime bien avec ton obscure clarté !!! :lol: :lol:

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MessageSujet: Re: Textes de Yugcib (2)   29/6/2007, 14:00

yugcib a écrit:
Si mon voisin est gentil, son motoculteur même "à fond la caisse" en pleine sieste" m'est préférable au coup de klaxon imbécile et rageur d'un automobiliste "lambda" que sans faire exprès j'importune tant soit soit peu!
... Et tant que crient et rient haut et fort, les enfants de mon voisin, cela me réjouit et l'âme et le coeur... Parceque s'ils ne criaient et ne riaient, ils seraient peut-être tristes ou pire, malades...

Et bien moi dans ces deux cas précis, je être tranquille pour lire dans mon jardin et ces bruits m'agacent copieusement !!
Je n'aime pas le bruit sous toutes ces formes et des enfants bruyants même si c'est normal, m'empèchent de vivre ma sérénité !
On est toujours " l'emmerdeur" de quelqu'un mais personnellment je ne suis pas trop tolérante en ce qui concerne le bruit même et surtout peut-être des cris d'enfants chez mon voisin !! ce qui est le cas chez moi !!
Mettre des boules "quies" pour ne pas entendre hurler ces chères petites têtes blondes m'indispose autant qu'un abruti qui a modifié son pot d'échappement de son "boozer" !! lui au moins je peux me dire: il ne fait que passer ! les enfants ... Rolling Eyes
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MessageSujet: Re: Textes de Yugcib (2)   29/6/2007, 14:02

désolée pour les fautes mais Jipi !! on ne peut pas éditer c'est dommage !!!! sais pas
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yugcib
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MessageSujet: Ces sources maudites qu'il faudrait boucher   31/10/2007, 21:04

Ces sources maudites qu’il faudrait obturer à jamais, ouvrent de longues plaies qui ruissellent jusqu’à l’océan dans lequel elles crachent les boues acides et ennemies de la vie, portées par delà les paysages traversés…

Il faudrait les boucher une à une, toutes ces sources maudites, et si elles sont trop cachées, trop inaccessibles, trop bien protégées par les roches et par les ronces qui les enferment, arrêtons au moins le cours dangereux des ruisseaux naissants venus de ces sources qui déjà, dévalent le long des pentes avant de devenir rivières puis fleuves…

Au nom de la liberté d’expression et de la démocratie, au nom de ce qui fut, nous outragea et que l’on ne veut plus revoir, au nom d’une « pensée nouvelle » et d’un « nouvel ordre du monde » ; l’on a cependant laissé prospérer toutes sortes d’idéologies.

Je pense en particulier à ces groupes ou organisations d’extrême droite, néo-nazies et autres fanatismes ; tous aussi racistes, aussi élitistes, aussi sectaires, aussi violents et aussi dangereux les uns que les autres ; et qui de toute évidence, ne peuvent en aucune manière contribuer au progrès de l’humanité…

Ce sont ceux qui prônent de telles idéologies, ainsi que leurs partisans, avec les « consentants » parfois silencieux et hypocrites, qu’il faudrait réduire, dénoncer, exclure, mettre derrière les barreaux… Ou même éliminer. Ceux là même qui, de toute évidence, s’ils étaient au pouvoir ou protégés, excluraient les « indésirables »… S’il y a, oui, des « indésirables », c’est bien du côté où « tape injustement et arbitrairement le bâton » contre des personnes « venues d’ailleurs » ou qui résistent à l’oppression…

Pour prendre un exemple, celui de l’antisémitisme ; il n’y a presque plus personne en France qui aujourd’hui, ose proclamer ouvertement et publiquement son antisémitisme (Il serait poursuivi et condamné)… Ces gens là se cachent tous, agissent dans l’anonymat, dans la nuit ou dans l’ombre, pour souiller des cimetières et des lieux de culte ou barbouiller les murs de graffitis.

Vingt années de célébrations, de commémorations autour de lieux de tragédies et de monuments, et cela autant sous des gouvernements de droite comme de gauche ; ne sont en vérité que brassées de fougères pour tenter de boucher les sources maudites, ou trois bâtons en travers du ruisseau…

L’antisémitisme et tant d’autres discriminations raciales, religieuses, idéologiques, culturelles, sociales, politiques, économiques ; sont encore et toujours bien présents en notre beau pays de France.

N’existe à l’état latent, que ce qui officiellement, juridiquement, n’a plus « droit de cité » (en principe)…

Mais je le répète, au nom de l’expression libre, de la démocratie et de la diversité culturelle, l’on ne bouche pas les sources maudites avec du béton, on n’empêche pas les ruisseaux empoisonnés de couler… Et de parfaits scélérats au portefeuille bien garni, décorés et « bêtes à salons » ; et des cohortes de « monsieur et madame mademoiselle mondemoiseau Lambda » de tous horizons, ont « droit de balcon », « droit de porte à porte », droit de murmurer, et même droit de former des associations.

Le « Grenelle de l’Environnement » pour laisser aux générations prochaines un ciel et une Terre propres, c’est aussi cela : un combat sans merci contre les discriminateurs, contre ce silence des abrutis, des complices ou des consentants, duquel pourrait surgir les nouveaux holocaustes… et revenir les anciens pogroms.
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MessageSujet: Les deux dinosaures   8/11/2007, 19:00

Il n’était pas « une fois au temps du Crétacé… »
Il était une fois… De nos jours. En un temps, celui de la fin du tout dernier siècle, où deux petits dinosaures, Racistax et Judalosaure, n’étaient pas plus gros que deux fourmis rouges de jungle équatoriale, quoique déjà très dangereux…
Ils appartenaient l’un et l’autre à l’une de ces espèces particulièrement voraces et en voie de développement.
Un beau jour, ils atteignirent la taille d’un âne. Ils étaient déjà réputés, dans le monde des autres dinosaures, tous resurgis des profondeurs des civilisations, pour être de grands prédateurs…
Comment pouvait-on désormais empêcher Racistax et Judalosaure de grossir encore, de gravir si rapidement les échelons de la hiérarchie des dinosaures ?
Les ancêtres de ces monstres régnèrent jadis en de nombreux pays où se creusèrent d’immenses charniers, et les témoins du temps de ces monstres puant la mort, le feu et le sang ; ont encore dans leurs oreilles le cri de ralliement des bêtes féroces…
Et le cri de ralliement aujourd’hui retentit, jusque dans la cour des écoles, et par toutes les marques scélérates, obscènes et profanatrices qui se font sur les murs, par les mots et par les images…
Aucune créature sur la Terre, aucune espèce vivante, aucun peuple des hommes, aucun pays, n’est responsable du malheur du monde. Parce que le malheur du monde ne vient que de cette crainte de l’Autre que nous avons tous en nous depuis le fond du Paléolithique… Cette crainte de l’Autre en laquelle certains d’entre nous que l’on écoute nous entraînent à leur suite et dans les actions qu’ils mènent… Et lorsque les temps sont durs et troublés, que les civilisations vacillent et que les guerres et bruits de guerre se généralisent, et que le ciel de surcroît s’emmêle, alors revient en force le temps de ces « fauteurs de troubles », de ces « indésirables », de ces « responsables » qu’il faut circonscrire, identifier, appréhender, regrouper, parquer, guetthoïser, et pour finir… exterminer !
C’est cela, le grand malheur du monde : lorsqu’on commence à désigner, insidieusement puis plus précisément, des « fauteurs de troubles »…
Faudrait-il aussi, et en toute logique, en toute justice ; dire de ceux qui discriminent, appellent au meurtre, à la délation, à l’exclusion, à l’élimination, à l’enfermement, à l’isolement… Ou qui en sont les complices ; que nous devrions tous les éliminer, eux ?
Faut-il répondre à la guerre par la guerre, à l’injustice par la cruauté de la vengeance, à l’arbitraire par l’arbitraire ? Par la désignation de nouveaux coupables (qui le sont certes mais par qui ont-ils acquis leur pouvoir) ?
Le combat, le seul, naturel, légitime et vrai combat, c’est celui que l’on mène directement et dans une situation précise contre ce qui met notre vie en danger, d’où que ce danger vienne et quelque visage qu’il ait au moment où il s’avance vers nous pour nous détruire ou nous réduire en esclavage… Alors seulement là s’impose la violence.
J’ai dans l’idée que les animaux se gouvernent, s’organisent et se gèrent entre eux, toutes espèces confondues, bien mieux que ne le font les humains entre eux…
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