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 Textes de Sam S.Z

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Sam.SZ
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MessageSujet: ontos & poésie   28/4/2007, 22:03

Qu'en pensez-vous?

Quand le corps est sous les yeux
S'élargissent les brèches.
S'imposent alors
Le ramassis de soi
La douleur de se voir disparaître.
Les rêves se font rares
Ils se bousculent
Désirs effrénés
De s'évaporer
Hâte de se condenser
L'esprit galope.
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marie chevalier
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MessageSujet: Re: Textes de Sam S.Z   29/4/2007, 10:56

Mon avis réel ?: hermétique


Cela dit ne prenez pas mon avis au premier degrè j'ai souvent du mal avec les poésies dans lesquelles les mots se suivent sans se fondre. sais pas
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Fée
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MessageSujet: Re: Textes de Sam S.Z   29/4/2007, 14:56

[img]Un peu comme Marie... Mais il faut avouer que je ne suis pas une référence en matière de poésie. Je suis comment dire, assez classique en la matière...

Mais, dites-moi, ce serait super sympa de ta part de faire une petite présentation Wink
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Sam.SZ
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MessageSujet: réponse à Marie et à Fée   30/4/2007, 19:08

Merci de m'avoir lue et de m'avoir répondu!
Je me présente: poétesse et écrivain sans avoir jamais publié une seule ligne mm si un projet est en cours de réalisation!
Je ne suis pas dans la poésie du chant, de la célébration mm si je l'apprécie com poésie du Beau et poésie de base.
Je ne suis pas non plus ds la poése classique,versifiée.
Je suis ds la poésie de l'ontos com je l'ai déjà précisé càd une poésie de l'Etre qui traduit un sens aigu, une perception quasi obsessionnelle de l'existence.
" Le corps est ss les yeux" dès l'instant où on en a une perception existentielle, dès l'instant où son évolution ns échappe, dès l'instant où notre regard prend un coup. Ce qui n'est pas le cas quand on est jeune.
Cette perception du corps, de la vie ns en rend gourmands!
J'espère qe je ne vs ennuie pas trop, je suis nouvelle et j'adore communiquer! Et dire qe j'ai écrit ce texte poétique à 25 ans. Auj, j'en ai 40.
Ce n'est pas ts les jrs gai de trop sentir la vie et le tic-tac de l'horloge!
Rassurez-vs je suis équilibrée, active, mère et occasionellement épouse!
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Jipi
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MessageSujet: Re: Textes de Sam S.Z   30/4/2007, 22:45

Personnellement j'ai beaucoup apprécié ce texte qui offre une recherche intéressante sur le plan du langage. Quant à sa thématique elle est multiple, ce qui en fait sa richesse. Je comprends ce texte comme le repli du corps en lui-même, de plus en replié ce corps alors que l'esprit cherche à s'en évader. Vision du poète Jipi ! À mon avis vous apprécierez certains de mes textes ! Voir plus bas dans le même salon...
C'est ce que j'appelle un texte de qualité et j'aimerais sincèrement en découvrir d'autres... bravo

Équilibrée... chouette alors... de plus en plus rare dans le virtuel !!!

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Jean-Pierre Poccioni
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MessageSujet: Ontos et poésie   1/5/2007, 07:44

Bonjour,

Je suis tout à fait d'accord avec Jipi quant à voir dans ce poème une recherche non dénuée de qualités et une évidente sensibilité.

Une remarque cependant: rapprocher "le désir de s'évaporer" et "la hâte de se condenser " est, sinon malheureux, du moins problématique !


Par ailleurs, J'ai été un peu surpris qu'un poète ( à moins que vous ne teniez à poétesse?) sature à ce point sa prose d'abréviations de type SMS, à mon avis, du plus mauvais aloi.

PS : ONTOS ?????
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Jipi
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MessageSujet: Re: Textes de Sam S.Z   1/5/2007, 21:38

Ces deux expressions contradictoires traduisent justement, à mon sens, les contradictions de l'être qui aspire à la fois à s'échapper et à entrer en lui-même.

Je ne vois pas de langage SMS ?

Ontos, Jean-Pierre, est la francisation du mot «être» en grec... l'ontos...

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Sam.SZ
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MessageSujet: Re: Textes de Sam S.Z   1/5/2007, 23:13

Merci de vos commentaires.
Quel plaisir d'être lu!
L'intérêt du texte ( surtout poétique ) est qu'il puisse s'apprêter à plusieurs interprétations, à (finalement) des réécritures multiples. Et vous m'avez déjà donné raison Jipi! Merci encore.

Mr J-P Poccioni
Merci également de vos remarques.
Le tout, justement, Monsieur, est dans ce paradoxe: "désir de s'évaporer" et "hâte de se condenser"! Je dirais, aujourd'hui, plus trivialement, hâte de se ramasser, de ramasser misérablement ce qui reste du corps les annés passant. Tant la vie est précieuse et tant nous nous accrochons.

Poétesse? Oui j'y tiens mais pas plus que cela! Le mot a une belle résonance. Par contre, écrivaine ne me plaît aucunement.

Quant aux abréviations, c'est par gain de temps. Je suis bizarrement du même avis que vous et j'ai même été une des premières - en tant que professeur - à m'inquiéter des nouvelles orthographes inventées par les jeunes dans les SMS avant d'en rire et d'en faire autant!

Ontos? Elément grec, d'acception quelque peu philosophique, signifiant Etre, Existence. Le choix de ce genre d'éléments, qu'ils soient grecs ou latins, indifférement, me plaît en raison de leur ancienneté.
Merci encore.
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Sam.SZ
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MessageSujet: Ontos et poésie toujours. Notes positives cependant.   1/5/2007, 23:31

Janv 89
Mes fantasmes comblent ton désir
Meublent ton vide.
Tu t'abreuves à la source de ma fiction,
De ma peinture.
Tu m'écoutes:
Forger des rêves,
Recréer le monde,
Réinventer ton coeur.
Fascinée,
Tu sacralises mes divagations,
Heureuse de me voir corrompre le devenir de ton corps.

Lundi 14-05-90

Que ne verrai-je le monde de tes yeux d'enfant
Je remodèlerai les êtres
Casserai le béton
Infiltrerai le dogme de ton rire truculent
Je confondrai les pics, les dunes
Dans la valse de mes rêves
Et du cocon de mes mains
J'inscrirai la violence
Sur le parchemin de l'oubli.
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Sam.SZ
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MessageSujet: Poésie encore et toujours!   11/5/2007, 13:01

Elle est venue à moi
Telle une coupe de vie
Mes lèvres la humèrent
Dans le battement de l'étreinte
Dans la vie, dans la mort.

Je suis habitée
De cette belle rage
Qui exulte mes sens
Scelle ma soif

Et propulsée dans l'éther
Telle une étoile
Je cisèle
Je vole
Je suis à la recherche
De ce qui n'est qu'à moi.

09-02-94

Puisque l'aube est parchemin
D'une note antérieure
La mer une danse d'orties
Aux vertus dégorgeantes
Les étoiles une broderie de silences
Au verbe douloureusement présent

Je ne peux par mon faisceau
Bannir l'ivraie
Ni sacrer la semence
De ce que poliraient les hommes

Mais je caresse un espace
Longtemps bâti
De cristaux et de paille
De mots et d'attouchements
Où, dans la danse
Et le rêve,
On coud de nuées
La trace et la lettre
L'autre et moi-même.

Mars 94

Merci de me lire et de me dire, surtout, tout le mal que vous en pensez d'autant que la "mise à nue", pour utiliser une métaphore, n'est pas bien loin et que certains de ces poèmes feront partie prochainement d'un recueil qui, je le souhaite, ne va pas tarder à être publié.A bientôt!
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Jipi
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MessageSujet: Re: Textes de Sam S.Z   11/5/2007, 15:00

Beaux textes avec une préférence pour le premier qui atteint l'épure d'une composition à la fois sobre et originale sur le plan du langage...

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Sam.SZ
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MessageSujet: Liens défaits   26/5/2007, 21:42

Ce texte est un court extrait d'une nouvelle ( sous presse à l'heure qu'il est ) dans laquelle la narratrice ( femme à l'identité multiple qui a pris très tôt la résolution de faire sienne, à part entière, la terre de son père, le seul vrai amour de sa vie ) évoque les lieux de son adolescence, des lieux où vivaient en sympathie et en osmose des familles de confessions différentes qui n'avaient d'yeux que pour la mer et les plaisirs de la vie.

J’ai passé mon enfance, mais plus consciemment mon adolescence, au milieu de jeunes d’horizons différents. Nous étions tous attachés, sans le savoir et sans le dire – parce qu’à ce moment-là les mots n’avaient pas de sens – à notre terre. C'est-à-dire à notre espace d’alors : une mer éclatante chaque été renouvelée, un bout de plage que nous avions fait nôtre à une respectable distance des adultes agglutinés autour d’une buvette.
Nous avions quinze, seize ans et les vingt ans étaient nos idoles incontestées. Nous étions d’horizons différents sans vraiment le savoir tant la mer, la beauté et le rire nous unissaient.
Nos rendez-vous quotidiens, les douzaines et les douzaines d’oursins que nous consommions à même l’eau, nos ébauches de rencontres amoureuses, nos brins de conversations : préambules d’approches futures dans le sens le plus platonique du terme nous dispensaient de toute curiosité quant à notre appartenance familiale , sociale, confessionnelle – à l’inverse de nos parents – et élargissaient ainsi à l’infini nos échanges juvéniles .
Nous étions tous bien de chez nous sans nous être jamais posés la question.
Il nous importait avant tout, inconsciemment, de nous construire de l’intérieur, de rire, d’allégresse, de découvertes de toutes sortes mais surtout, sentimentales et sensuelles, souvent au regard et à sa « décharge » .
Aujourd’hui encore, les côtes de la Méditerranée sont endeuillées de leur absence et de leur abandon
Ont-ils choisi un camp ?
Est-ce la raison mercantile, la survie, basse mais vitale motivation que se partagent les hommes ?
Est-ce encore les marques de cette vieille peur qui ne se cicatrise pas et qui continue à leur faire faire leur baluchons ?
Une incompréhension. Le cri des entrailles s’entend encore.

Les interrogations de Sarah sont un aveu d’amour et de manque, par besoin de rire aussi librement que par le passé.

Au regard de ce qui se passe aujourd’hui, de toutes les escalades, de ceux qui, de l’extérieur, jettent de l’huile sur le feu, de cette peur historique – mais aussi métaphysique – qui fait naître la haine et ne cesse de l’alimenter, de cette prospérité des uns et du dénuement des autres, de ce blocage des échanges , cette surdité à l’autre et ce gel des certitudes, Sarah se dit qu’elle était pour beaucoup passée de mode et décalée.

Aux lieux du rire naissent, aujourd’hui, insidieusement des constructions verticales hideuses de clinquant et d’aluminium presque en bordure de mer faisant fi du paysage et de la Méditerranée. Dans cet espace intimiste, il y a peu, fait de maisons basses aux toits de briques et aux volets bleu azur, de maisonnettes à même la chaussée aux portes souvent ouvertes dans un silence d’été chaud, aux rues désertes à certaines heures de la journée, on voit surgir ce béton ambitieux qui dégorgera bientôt sa horde d’habitants pressés d’investir les rivages méditerranéens.
Des « renouvellements architecturaux » inscrits dans le quatrième ou le cinquième plan, une terminologie pompeuse de politique politicienne et d’élus municipaux tous neufs.
Pour Sarah et pour beaucoup de ses amis, il s’agit de viols, d’usurpation d’espaces naturels plutôt à sauvegarder et de mémoire niée.

La maturité des lieux est riche d’histoires de vies racontées sans voix, s’offrant au regard dans une douce intimité.
Un silence parlant des murs et des briques tous occupés à dialoguer avec la mer, leur partenaire de toujours et la reine des lieux.


Qu'en pensez-vous? Votre opinion m'intéresse.

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Jipi
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MessageSujet: Re: Textes de Sam S.Z   29/5/2007, 22:04

Première lecture rapide ce soir, mais j'ai décidé de ne rien écrire... car je n'ai pas envie de bâcler les choses et c'est un peu la course contre le temps comme pour vous...

Je reviendrai ici vous écrire, mais je peux déjà vous dire que vous êtes sur la très bonne voie notamment par la qualité de votre écriture...

Promis, ce sera plus long...

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Dernière édition par le 30/5/2007, 19:43, édité 1 fois
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Sam.SZ
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MessageSujet: Re: Textes de Sam S.Z   29/5/2007, 23:31

Pas de problème, je saurais attendre.A bientôt
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Jean-Pierre Poccioni
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MessageSujet: Liens défaits   1/6/2007, 08:37

Bonjour,

PUisque vous le souhaitez, voici quelques notes sur cet agréable extrait de nouvelle.


La nouvelle est par définition un genre "bref", en donner un extrait pose naturellement un problème, par exemple, ici, l'irruption d'une Sarah énigmatique !

Mais qu'importe et parlons de ce qui est donné à lire.

A l'évidence une écriture!
Agréable, souvent élégante, parfois belle, bref un outil efficace et un talent certain !

Au titre des remarques ( et non critique au sens classique) une certaine tendance à la redondance. Vous ne me semblez pas écrire pour un lectorat peu instruit de la littérature ( je veux dire que sans être difficile vous posez un minimum d'exigence ) alors pourquoi ne pas faire confiance au lecteur ? Pourquoi lui répéter ( au moins trois fois) que ces jeunes gens étaient peu ou pas conscients de leur identité sociale ?
Une fois suffisait, me semble-t-il, et le texte aurait gagné en légèreté et se serait resserré sur que vous avez si bien fait c'est à dire l'évocation d'une atmosphère.

Au final et pour faire simple et sobre, c'est un bon texte plein de promesses. Reste à juger de l'ensemble c'est à dire du projet et du sens...Une nouvelle est une courbe, une sculpture de mots, dont on ne peut juger la beauté et l'intérêt sur un seul segment !
Mais ce texte en étant à l'impression il va donc bientôt sortir en librairie. Il faut donc nous en donner les coordonnées.


PS curieux : Pourquoi "platoniques" les approches de ces jeunes gens ?
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marie chevalier
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MessageSujet: Re: Textes de Sam S.Z   1/6/2007, 17:40

Encore et toujours cet amour du "Sud" Sam. sunny J'aime tes descriptions un peu nostalgiques mais aussi optimistes. Très jolie écriture en effet. bravo
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Sam.SZ
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MessageSujet: A Mr Poccioni   1/6/2007, 22:23

Merci de vos remarques et à l'avance de vos critiques qui me seront très utiles!

Surtout venant de votre part, Mr Poccioni ( il me paraît évident de vous appeler ainsi. Je ne sais pas trop pourquoi. Mais ce Net qui nous fait nous connaître si bien, quelquefois, sur le plan intellectuel, n'autorise pas tout. Ce n'est quand même pas la réalité! Bien sûr, il s'agit d'une marque de respect. )

Je pense que depuis que je suis devenue membre, je me suis fait comme tout le monde, ma petite idée sur les différents internautes de ce forum, je sais donc qu’un compliment venant de votre part n’est pas à prendre à la légère. Et j’en suis heureuse!

En réalité, cet extrait de nouvelle est extrait lui-même d’un recueil de nouvelles aussi distinctes l’une de l’autre qu’intimement liées en profondeur.
La constante est la narratrice, la même à chaque fois. Sauf que, tantôt elle s’expose dans un «  Je » évident, tantôt, par pudeur, elle se dissimule derrière un prénom : Sarah.

Je ne sais pas ce que vous allez en pensez mais ce sera pour moi intéressant d’avoir votre opinion là-dessus.

Cette forme de narration s’est imposée d’emblée pour moi. Sûrement parce qu’il y a beaucoup d’événements, à la base, personnels. Il y a aussi de la fiction mais l’essentiel est de l’ordre du vécu.( Au final, la fiction « fictive » existe-t-elle réellement?)
Or personnellement, le « Je » cru me dérange, me gêne, m’intimide et va jusqu’à faire mal quelquefois.

Pour ce qui est de la redondance, je suis d’accord avec vous. Sauf que j’écris souvent d’un jet ( ce qui donne quelque chose de magnifique en poésie mais ce qui n’est pas du tout évident en prose narrative ) même si j’y retourne assez souvent pour apporter des corrections.

De même, j’ajouterais que j’ai, comme tout le monde, des obsessions personnelles, des questions « existentielles » qui me tiennent à cœur et qui me travaillent beaucoup.
L’identité sociale, l’appartenance à diverses cultures, les liens forts et incomparables que l’on a eus - que l’on a encore - avec ses proches - même s’ils ne sont plus là - et l’urgence à un moment de sa vie de se positionner d’un côté ou d’un autre quand on est le résultat d’une rencontre impossible mais heureuse, tout cela agit en nous et impose des priorités.

Je crois que je me répète beaucoup sur ce point car il m’est vital au sens premier de l’adjectif.

Qui sommes-nous? Quelle est notre identité ? Notre point d’ancrage ? Faut-il en avoir un seul ?
C’est un accord avec soi-même et une condition indispensable pour atteindre un certain équilibre que d’opérer un choix.

Je vous prie de m’excuser si je ne suis pas suffisamment claire mais je me contiens afin de ne pas tomber dans l’autobiographie. Je vous soumettrais d’autres écrits si vous le voulez bien.

Ce recueil paraîtra bientôt mais je ne peux pas avancer de date encore avant juillet; ( Il va paraître en France )
Je suis, en Tunisie, dans l’expectative d’un congé de création soldé de six à douze mois : avantage dont peuvent bénéficier tous ceux qui proposent un projet de création littéraire ou artistique.
Dès que le texte paraîtra je vous l’enverrai avec plaisir.

Des approches platoniques ?

Dans le Tunis des années 80-85, les jeunes de 15-16 ans s’aimaient ( encore heureux ! ) , se cherchaient , les premiers émois étaient perceptibles mais les parents veillaient, ce n’était pas toujours facile!
Mais vous savez comment cela se passe : la fougue de la jeunesse est indomptable.
Il y avait aussi beaucoup de silence et de discrétion, une certaine hypocrisie mais qui n’était pas si négative.

Je narre et décris souvent un Tunis sur mer , une banlieue Nord de la capitale éclatante de soleil et d’azur que connaissent beaucoup de Français de diverses confessions d’origine tunisienne .

Aujourd’hui ces endroits sont toujours là, magnifiques mais différents , vidés en majeure partie de leurs anciens habitants, envahis par de nouveaux souvent indifférents au passé. Des endroits où il fait « mode » aujourd’hui d’être « rich and famous » pour utiliser des termes dans l’air du temps que je trouve exécrables.

Voilà, Mr Poccioni, j’ai été très longue, je n’ai pas pu m’empêcher. Ça m’a tellement fait plaisir. Vous me paraissiez si sévère !

Merci et à bientôt.
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Sam.SZ
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MessageSujet: A Marie   1/6/2007, 22:25

Merci à Marie qui est si positive!
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Jean-Pierre Poccioni
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MessageSujet: Liens défaits   2/6/2007, 07:49

Juste un petit mot, SamSZ, pour dire qu'il n'est qu'une façon de s'adresser à un auteur, c'est son nom d'auteur, celui qui figure sur la couverture de ses livres, et non précédé de Monsieur ou Madame.

Donc, Jean-Pierre Poccioni (qui se touve être mon véritable nom)

Quant à l'usage du tutoiement et/ou du seul prénom c'est une autre affaire qui mériterait à elle seule un ouvrage savant ( d'éducation et bons usages, de sociologie, de philosophie, de psychlogie, d'histoire etc)
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Jean-Pierre Poccioni
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MessageSujet: liens   2/6/2007, 08:55

SamSZ




Je ne vois pas ce qui pourrait s’opposer à ce qu’un recueil de nouvelles contienne un personnage récurrent dans la mesure où bien des auteurs l’ont fait !

Au passage un conseil : toujours se dire que presque tout a été fait en matière de littérature (et une bonne moitié de ce tout dans le seul Ulysse de Joyce !)

Ce qui n’est nullement une raison pour ne pas écrire…



En fait le problème est ailleurs. Un texte n’a nul besoin de théorie annonciatrice et il serait triste et vain de tomber dans le travers (si souvent observé chez les plasticiens) qui consiste a faire précéder toute consommation de l’œuvre d’un discours explicatif aussi indigeste qu’il est réputé indispensable.



Écrivez et laissez le lecteur juger. Ensuite et seulement si on vous sollicite (en général tout le monde s’en moque) exprimez vos « pourquoi » « comment » et « dans quel but » !



Vous exprimez l’idée, très contemporaine, que la fiction n’existe pas et que le « moi » s’immisce envers et contre tout.

Sans doute…mais non !



Il est parfaitement possible d’inventer une histoire, des personnages, des situations. Verdi qui posait sur la scène des opéras les passions les plus déchaînées était un bourgeois des plus sages ! Et si je peux me permettre mon personnage du Faune n’existe que dans ma tête, je ne connais absolument personne qui lui ressemble le moins du monde.



Le fait que tel ou tel détail, telle ou telle obsession personnelle vienne parfois se mêler au grand courant de la fiction n’est que péripétie. Et dans l’orde de cette fiction « je » est « il » tout est affaire de posture et de choix narratif.

En fait j’ai tendance à penser que c’est le lecteur qui voudrait nous tirer vers l’autobiographie. L’invention pure l’intimide car elle donne au créateur les ailes de géant qui, singulièrement de nos temps où tout est chacun est magnifique, sont devenues insupportables.

On n’admire plus de nos jours et tout auteur qui parle de création n’est q’un prétentieux ! Rectification : on admire la réussite officielle (ce n’est pas Yugcib qui me contredira !) et donc le fric.



Cela dit, l’autobiographie existe aussi, c’est évident et c’est une autre chose qui parfois fait du « je » un être de souffrance, un être qui s’expose à la lumière crue du regard des autres pour des raisons diverses mais jamais innocentes. Cet auteur là évolue dans un univers qui ne m’est pas ouvert sauf cas extrême, voire sublime s’il est si proche de moi ( amour, enfant ou tout autre élu) qu’il est un peu de moi.



Pour terminer une remarque au nom des mes amis poètes. Quelle curieuse idée que celle qui consiste à imaginer le poème comme un jaillissement presque brute de création !



Il me semble que Jipi, dont les vers sont parfois si justes et beaux doit avoir sur la chose des remarques à faire…
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Jipi
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MessageSujet: Re: Textes de Sam S.Z   2/6/2007, 22:37

Deuxième lecture de cet extrait de nouvelle... Je me rends compte ce soir qu'il me faudrait une troisième lecture. Signe à la fois d'une richesse symbolique qui ne se laisse pas deviner au premier coup d'oeil (ce qui, pour moi, est une grande qualité) et en même temps signe d'une confusion à un ou deux endroits. L'écriture est belle et les répétitions ne me gênent pas dans la mesure où je les perçois comme étant volontaires (?). Il est vrai que l'usage de l'un ou l'autre terme est peut-être à revoir, mais globalement mon impression est très positive et l'on se trouve ici dans le registre d'une vraie qualité littéraire, ce qui est plutôt rare. La littérature étant d'abord du texte, un ensemble de mots qu'il convient de manier avec adresse, originalité, sobriété... talent.
Je remercie au passage les réflexions de Jean-Pierre Poccioni, toujours si exigeant (il peut se le permettre dans la mesure où il est exigeant envers lui-même sur le plan de la qualité littéraire) et donc constructif. Je parle de lui, car je constate qu'il m'a battu, ce soir, sur le plan de la réflexion qui va bien plus loin que moi qui suis dépassé par le temps (la plus mauvaise période pour moi pour le moment).

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MessageSujet: Réponse à Mr Poccioni   3/6/2007, 00:41

Mr Poccioni, je n’ai pas encore eu l’opportunité de vous lire, je ne vous ai donc connu qu’en tant que membre de Passion des Mots et à travers vos diverses interventions.

J’ai une certaine idée sur l’un de vos deux romans à partir de votre topic et je vous lirai bientôt d’autant que la thématique du « passage du temps », celle de «l’étiolement » du désir ( le désir, qui est , selon moi, le synonyme exact du mot vie ) dont, me semble-t-il, il est question dans La Maison du faune m’interpellent.

Autre précision : le Mme ou Mr pour s’adresser à une personne, quel que soit son domaine d’activité, est encore « de rigueur » chez moi, dans mon pays j’entends, et ce, dans les deux langues du pays à savoir : le Tunisien, le dialecte arabe parlé et constitué de nombre d’emprunts linguistiques à partir du Turc, du Français et de l’Italien ( le Maltais ) et le Français ( la 2ème langue du pays rudement talonnée par l’Anglais depuis un certain temps.)

Je maintiens donc le Mr jusqu’à…jusqu’à lire votre nom sur la couverture de vos livres!

J’ai voulu votre opinion non pas sur le fait qu’un même personnage soit en charge de la narration dans différentes nouvelles mais sur le point suivant : la narration à deux voix, les deux voix (implicites) d’un même personnage-narrateur.

Je ne prétends pas être une femmes de Lettres, j’ai plus d’humilité que cela. J’écris depuis l’âge de 13ans, non pas par vocation mais par besoin, par solitude également.

Écrire m’a toujours permis de garder le sourire et de me remplir la tête d’étoiles. Une purgation - pour utiliser un sentier battu - que j’ai constamment menée pour moi-même d’une façon quasi naturelle, inconsciente.

Un discours annonciateur chez les plasticiens est, à mon sens, réducteur et potentiellement inhibiteur à l’égard de l’observateur.
Est-ce la même chose pour le texte?Je ne sais pas, j’ai du mal à répondre.
De là à parler de tristesse!
Mais si vous signifiez « étalage du moi », je suis d’accord avec vous et j’espère que je n’ai pas donné cette impression!
J’abhorre, personnellement, cette supposée littérature où on étale sa vie et où on fait du lecteur un vulgaire voyeur et de sa vie un fonds de commerce.

J’ajouterais que je ne suis pas dans la promotion d’un ouvrage à paraître, je vous ai répondu dans une certaine fébrilité, immédiatement après lecture de votre réponse.

Oui, pour ma part, la fiction pure n’existe pas, bien entendu, c’est très discutable. Verdi était peut-être sage mais peut-être aussi offrait-il, sur scène, des passions qui l’habitaient, dont il voulait s’exorciser ou qu’il vivait par procuration !?
L’ontos est également ce qu’on ne voit pas, peut-être même, surtout ce qu’on ne voit pas.

Du temps de Sartre déjà ( concernant Les Mots ), la question se posait sur la part de fiction que contient toute autobiographie et un peu plus tard inversement.

Un lecteur-voyeur, demandeur d’autobiographie pure et explicite me donne la nausée et me stoppe net. Il devrait limiter ses prétentions de lecteur à la presse-people.

Je crois qu’un écrivain authentique ne devrait pas aller dans le sens de la demande du lecteur, ce n’est pas possible de toutes façons. ( A moins que l’on veuille produire des best-sellers, de s’y mettre à 2 ou à 5 pour le grand pactole! Après tout pourquoi pas? Mais c’est une autre affaire…)
De même, la création est, à mon sens toujours, fortuite. Certains grands écrivains se sont découvert eux-même, après coup, et en ont été étonnés.

Si l’écrivain écrit pour le «  fric »( même si abondance de biens…), il devra se spécialiser dans la biographie de tel homme politique, de tel footballeur, boxeur…( c’est ce qu’un éditeur au comité de lecture duquel j’ai remis un manuscrit d’écrits poétiques m’a proposé d’un air « désolé » m’expliquant savamment que la poésie est révolue et que le marketing exige….

L’autobiographie aurait des raisons jamais innocentes?

Je ne saurais répondre. Je ne pourrais pas trancher.
Je pense qu’une autobiographie n’a d’intérêt que si elle se dissimule, que si elle piège le lecteur, le déroute, se joue de lui, par pudeur mais aussi par jeu afin de mettre à rude épreuve ses capacités de «  voyance », de « décodage ».

Pour terminer, Mr Poccioni, il arrive des fois, assez rarement certes, qu’un poème jaillisse, qu’il s’impose d’un jet, sous la mue opérée par une expérience existentielle intense, une « voyance », un trauma, des événements marquants heureux ou malheureux.

Les remarques de Jipi sont les bienvenues, elles m’instruiront. On est jamais plus fragile, sceptique, que quand on prétend écrire et s’exposer.
Je lis et relis souvent ses poèmes afin d’en humer, surtout, le non-dit.

Merci et à bientôt.
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Jean-Pierre Poccioni
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MessageSujet: Liens défaits   3/6/2007, 09:05

J’ai peut-être mal compris votre choix narratif, (à moins que je ne l’aie réduit à une structure formelle simple) il n’en reste pas moins que je reste pour le moins méfiant vis-à-vis de toute projection théorique. J’y détecte comme un parfum d’atelier d’écriture et ce n’est pas du tout mon parfum favori !

Par contre, en votre forteresse intime, théorisez jusqu’à plus soif, théorisez jusqu’à sentir monter en vous cette vague de certitude (très provisoire !) sans laquelle il n’est point d’écriture.
Ensuite donnez à lire (comme vous le pouvez) et là, c'est le début et la fin !

Quant à mon nom ce n'était qu'un rappel du bon usage de la République des Lettres ( des deux côtés de la Méditerranée) que vous aspirez à fréquenter. M.Poccioni ne me gêne pas, c'est ainsi qu'on m'interpelle hors du champs littéraire ( car je suis moi aussi et comme tout un chacun, double, triple, multiple...) [/size]

PS: Excellente idée que celle de lire La Maison du Faune, c'est un très bon roman que je recommande à toutes mes relations et amis.
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Sam.SZ
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MessageSujet: Re: Textes de Sam S.Z   3/6/2007, 12:29

Bonjour Mr Poccioni

Merci de vos remarques. Sans le regard prospecteur du (bon) lecteur, qui mieux est, lecteur-auteur avisé et de toute évidence rompu à l'effort intellectuel, il n'y a point de texte!

Projection théorique? Je n'ai pas très bien saisi.
Mais j'ai bien peur que certaines fois, ma profession m'envahisse et que je fasse dans le jargon de la spécialisation dont je me défais normalement sitôt les salles de cours quittées. Je pense que vous pouvez me comprendre.

A La Maison du faune que je commanderai incessamment!
Sinon à très bientôt!
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marie chevalier
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MessageSujet: Re: Textes de Sam S.Z   3/6/2007, 15:43

Superbe échange Jean-Pierre et Sam!
J'ai lu "la maison du faune" Sam .. j'avais fait un commentaire en son temps quelque part sur ce forum, mais je te laisse le découvrir et savourer. Smile
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