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 Textes de Hervé Tadié

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Hervé Tadié
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MessageSujet: Re: Textes de Hervé Tadié   21/6/2008, 12:29

Je vous en prie, là je suis plutôt flatté. Merci
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Hervé Tadié
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MessageSujet: Petites histoires juste pour rire: Ab Mor et Seth I   21/6/2008, 12:31

Seth priait :
- seigneur ! ‘‘demandez et l’on vous donnera’’ as-tu dis ? eh bien ! je veux quatre maisons, quatre voitures, six femmes : l’une africaine, l’autre asiatique et le reste à ta convenance.
Je veux beaucoup d’argent, tellement que ça n’en finira jamais. Je veux…
- hé, toi ! l’interrompit le seigneur. Ne déforme point le sens de mes propos. ‘‘Demandez !’’ ai-je dis. Mais je n’ai point précisé que c’était à moi qu’il fallait demander. ‘‘l’on vous donnera !’’ ce qui ne veut pas dire que ce soit à moi de donner. Garde donc tes doléances pour un autre.
- Mais à qui d’autre puis-je demander ? qui d’autre que toi peut donner ? - Cela est ton affaire, ne t’adresse plus à moi.
- S’il en est ainsi, je deviendrais athée. Hurla Seth bien fâché.

Le seigneur se retira faisant mine de ne point avoir entendu.Seth perplexe resta assis à même le sol. Juste devant lui, un trou se fît dansla Terre ; une tête cornue en émergea:
- psitt ! psitt ! siffla la tête cornue.
Seth leva son regard et elle lui chuchota comme craintive d’oreilles indiscrètes :
- viens, viens ! moi j’en ai des choses à te donner.
Seth prit ses jambes à son cou et s’enferma chez lui une semaine durant.Ab mor s’inquiéta de ne plus le voir. Aussi vint-il ce jour là frapper à sa porte. Personne ne lui répondit.Alors, il s’enquit à travers la cloison : - hé Seth ! ne te rendras-tu pas au temple en ce jour béni de Dieu ?
- ho, toi ! homme de rien ! répondit Seth de fort méchante humeur. Passe ton chemin et ne vient point m’embêter
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François
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MessageSujet: Re: Textes de Hervé Tadié   29/6/2008, 17:50

Euh Hervé, je suis un peu gêné de le dire mais je ne comprends pas cette histoire (ou blague?)
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Hervé Tadié
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MessageSujet: Re: Textes de Hervé Tadié   30/6/2008, 12:33

heureux de te voir toujours au rdv de mes écrits. c'est juste une petite histoire sans prétention.
Disons qu'ici Seth, est un personnage déçu de voir que Dieu n'exauce pas ses prières. Puisque Dieu ne l'exauce pas, il renonce à lui rendre grace.
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François
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MessageSujet: Re: Textes de Hervé Tadié   1/7/2008, 20:07

D'accord. Je croyais qu'il y avait une subtilité et que celle-ci m'échappait. Merci pour l'explication.
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Hervé Tadié
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MessageSujet: petite histoire   12/7/2008, 15:23

Je me suis égaré dans les dédales de mon esprit.
J’étais en quête de moi même et soudain je n’ai plus su me repérer : J’étais perdu !
Je n’avais pas imaginé pareille immensité au sein de moi. Je voulais la lumière, Soudain autour de moi ce fût l’obscurité. Je rêvais du paradis, Et je m’éveillais en enfer. Au détour d’un sentier boueux, l’ange des ténèbres m’apparût, assis à même un rocher, Contrastant de part sa beauté avec la laideur environnante. Il souriait, Et mon sang se figeait dans mes veines. Il se faisait enjôleur, Et mon cœur se tétanisait. Malgré sa magnifique apparence, Je devinais sa véritable nature. Exaspérer par ma réticence, Il gronda et je ne su répliquer. Puis, comme par magie, Soudainement, j’étais lui et il était moi. Nous ne faisions plus qu’un. Et je réalisais seulement alors que nous n’avions jamais été qu’un. Ah pauvre de moi !
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Hervé Tadié
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MessageSujet: Homer   15/7/2008, 18:08

« Vraiment les gens là nous ont mal gagné ! Comment Eto’o aussi peut rater le genre de but là ? »
C’est ainsi avec Homer. Dans son phrasé désastreux comme dans le reste il fait preuve d’une constance têtue et obstinée dès lors qu’il s’agit de l’équipe nationale de football du Cameroun : Les lions indomptables. Drôle de nom pour une équipe. L’auteur de cette abomination devait être particulièrement inspiré.
Quand les lions gagnent, Homer rentre saoul après avoir arrosé la victoire. Quand ils perdent, il fait de même. Il n’arrose pas la victoire, mais c’est tout comme. Il noie sa déception dans l’alcool. Sacrée déception tant de fois noyée et tellement récurrente. Le pire est que même les jours sans matchs il rentre saoul.
Sa femme, Mamy ra, ainsi nomme moins pour son âge ou sa nombreuse progéniture mais plus pour son obésité (d’où tenez-vous que la pauvreté fait maigrir ?), Mamy ra donc, ne se souvient plus la dernière fois ou Homer est rentré sobre.
S’étant trouvé au chômage à la faveur du libéralisme communautaire du régime Biya ( ou de la crise économique, ce qui revient au même), il n’avait plus trouvé d’emploi et s’était bombardé supporter numéro un des lions indomptables.
A vrai dire du travail, il en a cherché pendant deux ans avant de jeter l’éponge pour se consacrer exclusivement à sa carrière de supporter. Le peu d’ambition qui lui reste consiste a tenté de gagner le jackpot au PMU : une immense escroquerie à ciel ouvert.
Son rêve ? Que le Cameroun un jour gagne la coupe du monde. Un but d’Eto’o en finale serait bienvenu. C’est l’espoir de sa vie, entendez, c’est un espoir qu’il est sur de garder toute sa vie, vu qu’ »il ne le réalisera jamais. Après ça allez donc dire que le Camerounais n’est pas pragmatique. Vérité vrai que changer d’espoir plusieurs fois en une vie ça ne le fait pas. Choisissez donc un espoir et tenez vous en là.

Homer ? Rien d’autre qu’un camerounais moyen. Un camerounais comment il s’en fabrique des dizaines par heure.
Comment un pays comme le Cameroun, supposément pauvre et très endetté fait-il pour verser des dizaines de millions de franc en guise de prime de match à des zouaves courant après un ballon ? Sachant que les enseignants et les médecins sont sous-payés !
Parlons donc comme ces hypertrophiés du cerveau. Sur quel plan se situe la problématique du sous-développement et de la pauvreté en Afrique noire, structurel ou conjoncturel ? et si c’était juste une question de mentalité ? Une mentalité de sous-développé ne produit-elle pas le sous-développement ? à moins que ce ne soit l’inverse.
Seigneur serais-je raciste ? Mais attendez, mon nez, mon teint foncé, mes cheveux crépus, me serais-je trompé de corps ?
Serais-je trop pessimiste, excessif, négatif ? Venez donc vivre ma vie braves gens, c’est gratuit, ensuite nous en reparlerons.
De fait je ne suis qu’un camerounais, fils d’une nation ingrate et infanticide. Tant de nos grands hommes sont morts sans que la nation leur rende l’hommage qu’ils méritaient. Mais c’est vrai qu’ils ne savaient pas jouer au football.
Infanticide, puisque ceux qui réussissent le font majoritairement sur le chemin de l’exil. Le pays tue dans l’œuf l’avenir de ses enfants. Leurs rêves et leurs talents sont étouffés sous un oreiller fait de médiocrité, de concussion, de laxisme etc.…
Alors on fait comme Homer, on lève le coude. Voter, pourquoi faire ? C’est toujours le même qui gagne.
Manifesté ? Pas fou Homer ! Qu’un autre aille se faire molester et tué tandis qu’il reste au chaud près, tout près de sa bouteille de bière.

Chaque Africain qui meurt de faim est une abomination, une insulte au regard de la richesse de ce continent.

FIN
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François
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MessageSujet: Re: Textes de Hervé Tadié   15/7/2008, 18:42

Ce texte n'est pas le meilleur que tu aies posté, Hervé. Pardonne ma franchises mais je le trouve un peu bâclé sur le plan de l'écriture, et il comporte même quelques erreurs ou maladresses de langue, sans parler de l'orthographe.

Elle mériterait d'être retravaillée parce que, comme dans tes autres nouvelles, on voit que tu as des choses à dire.
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Hervé Tadié
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MessageSujet: Amour ingrat   19/7/2008, 14:22

Je pars, s’il te plait ne me retiens pas plus longtemps. Courir après le vent c’est tout ce que je sais faire. Ma vie entière est course folle, fuite en avant. Je prierais pour toi afin que tu te reconstruises, que tu puisses tourner la page »
Elle m’a sorti ça comme ça, l’œil presque humide, le regard d’une oie gavée. Pour un peu on l’aurait jugée crédible. Moi je l’ai écouté sans mot dire. Elle a levé son cul de la chaise et l’a trémoussé devant moi en marchant jusqu’à la porte. Son nouvel amour l’attendait en bas au volant sa berline.

Elle allait me manquer. Je n’avais qu’à regarder autour de moi pour comprendre. Le choix pour elle a été simple. Le seul luxe que j’ai pu lui offrir est un vieux ventilateur poussiéreux acheté d’occasion, brassant juste assez d’air pour vous rendre grippé. J’avais supporté des années la chaleur mais pour elle j’ai consenti à la dépense. Je me rappelle la façon dont tout a commencé.
Elle me l’a dit clairement en me regardant droit dan,s les yeux, elle voulait venir vivre avec moi. J’ai cru rêver. Ça faisait juste une semaine que je la courtisais sans grand succès. On n’avait pas échangé le moindre baisé même anodin. Elle m’a dit, si tu veux de moi alors je viens vivre chez toi. Ça m’a cloué le bec. J’ai à peine eu le temps de jeter un matelas au sol qu’elle tapait à ma porte avec armes et bagages.

J’ai toujours eu le don pour me mettre dans de drôle de situation. Mais pour une fois, je n’étais pas mécontent. Elle vivait avec moi depuis un mois, j’en étais encore à me demander comment une telle femme avait pu me choisir. Pour la première fois de ma vie, je me suis sentie heureux malgré mon dénuement.
J’aurais dû comprendre que ce n’était pas moi qu’elle venait rejoindre, c’est plutôt le taudis surpeuplé de sa famille qu’elle fuyait. Elle en avait marre de cet endroit où l’on vivait les uns entassé sur les autres. Elle a choisi mon taudis parce que j’avais plus d’espace.

Elle était si belle ! Son beau teint noir, ses longues jambes pour moi c’était le paradis. Jamais je n’aurais osé rêver une telle compagne. L’amour est ingrat ceux qu’on aime nous le rende rarement. Je l’aimais à la folie ; elle me quittait pour un autre avec une grosse voiture : c’est si bête.
Je me retrouve seul, peut être devrais-je revendre le matelas et le ventilateur ? Après tout, au point où j’en suis…
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Hervé Tadié
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MessageSujet: Ab mor et Seth   4/8/2008, 14:18

Ab mor n’en revenait pas.Devant le figuier planté là il y’a longtemps, et qu’ils avaient tous vu grandir, Seth se prosternait et rendait grâce.
- que fais-tu donc là Seth ? questionna-t-il
Seth interrompit ses louanges et se tournant vers Ab mor lui dît :
- étrange question ! ne le vois-tu pas ? je loue Dieu.
Ab mor marqua sa surprise :
- Dieu, dans ce figuier ?
- Assurément ! rétorqua Seth ; assurément qu’il y est. J’ai décidé qu’il y était, aussi cela est-il certainement vrai.
- N’est ce pas plutôt le contraire qui se devrait faire ? n’est ce pas plutôt parce que c’est vrai que tu devrais croire ; au lieu que d’être vrai parce que tu crois ?
- éh ! veux-tu donc me plonger dans l’incrédulité ? si je dois chercher la vérité avant que de croire, assurément que je ne croirais jamais ; la vérité étant introuvable. Non ! je préfère croire et par là même forger ma propre vérité.
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Jean-Pierre Poccioni
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MessageSujet: Ab mor et Seth   4/8/2008, 15:23

Mais comment un être peut-il espérer se forger une vérité quand il pense lui-même que la vérité est introuvable ?

A moins qu'il ne s'agisse d'une incitation à se contenter d'une apparence de vérité, une sorte de simulacre dont l'acceptation me semble assez proche du plus total obscurantisme !

Mais peut-être la fable avait-elle un autre sens ?
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Macaire
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MessageSujet: Re: Textes de Hervé Tadié   4/8/2008, 18:34

Il dit à l'amandier : "Frêre, parle-moi de Dieu !" Et l'amandier fleurit.
(C'est un proverbe oriental).
C'est une curieuse idée que celle qui voudrait que la vérité soit introuvable.
En effet, toute recherche de la vérité (y compris scientifique) postule son existence...Or, à défaut d'avoir tout trouvé, on a trouvé beaucoup...
Mais il peut y avoir des vérités par "plan"; vérités matérielles, vérités intellectuelles, vérités spirituelles (en-dehors de laquelle d'ailleurs on ne voit pas sur quoi reposerait les idées d'un bien ou d'un mal, et donc de la justice, et donc de la loi sinon sur un arbitraire dont les tribunaux seraient les sectateurs zélés stipendiés pour la commodité d'une clique... Mais bref, on démolira assurément le système, mais pierre à pierre, tranquillement, froidement, méthodiquement; son temps est compté...)
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Jipi
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MessageSujet: Re: Textes de Hervé Tadié   4/8/2008, 21:43

Personne ne détient la vérité... et d'ailleurs quelle vérité ?

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MessageSujet: Re: Textes de Hervé Tadié   4/8/2008, 21:59

Si.
Vous voulez en parler, ou c'est trop chaud comme sujet ?
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Hervé Tadié
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MessageSujet: Re: Textes de Hervé Tadié   5/8/2008, 12:15

Il faut bien remarquer cher jean Pierre que dans ce texte est mis en évidence une certaine absurdité dans l'attitude de Seth, ce n'est pas une apologie de l'obscurantisme. A mon sens toute quête spirituel se mêle d'un peu d'absurdité.
Je me rapelle le Christ lui même se dérobant à la question de savoir ce qu'était la vérité. La vérité est introuvable, on a donc choix entre forger sa propre vérité et s'y accrocher en refusant de regarder ailleurs, ou assumer son doute et son ignorance. C'est ce que j'ai voulu mettre en évidence.
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MessageSujet: Re: Textes de Hervé Tadié   5/8/2008, 12:44

"La vérité est introuvable" Que voilà une vérité clairement énoncée... Very Happy

La vérité n'est pas introuvable; mais une certaine mode du doute nous a habitué à la considérer comme telle. C'est ce qu'on appelle un "lieu commun". Non ?
On ne peut trouver la vérité, mais elle peut nous trouver, tout est là...
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Hervé Tadié
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MessageSujet: Re: Textes de Hervé Tadié   6/8/2008, 13:40

on peut effectivement prendre le problème par ce bout même si ça me donne l'impression d'un cercle parfait ou d'un chien essayant de se mordre la queue... Par vérité j'entends une valeur absolue, intemporelle. Non pas la vérité au sens commun
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MessageSujet: Re: Textes de Hervé Tadié   6/8/2008, 13:50

Pour la petite histoire, à Pilate qui lui demanda:' Qu'est-ce que la vérité ?"
Jésus, qui par ailleurs avait dit: "je ne suis venu dans le monde que pour rendre témoignage à la vérité" (Jean 18;37) se tu...
( Peut-être la bonne question eut été QUI est la vérité et non pas qu'est CE que la vérité... Entre autre... )
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François
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MessageSujet: Re: Textes de Hervé Tadié   7/8/2008, 12:49

Les discussions sur l'existence ou non d'une vérité universelle tournent souvent à l'aigre (ou à rien) parce que nous sommes peu enclins à essayer de comprendre le point de vue de l'autre.

Pour un croyant chrétien - ce que j'ai été pendant 40 ans mais ne suis plus - il existe bel et bien une vérité, "la" vérité. Cette vérité c'est le Christ lui-même. Tout qui a reçu une éducation chrétienne sait de quoi je parle. (Pour les autres, je suis sûr que Macaire donnera volontiers quelques explications si nécessaire.)

Personnellement je suis moins irrité par un croyant qui essaie de me convaincre que la vérité existe que par quelqu'un qui se dit croyant et relativise tout.

En tant qu'athée, "ma" vérité est très simple : Dieu n'existe pas et on ne sait pas ce qu'on fout là. Mais sommes bien là et différentes attitudes sont possibles face à cette constatation, selon la philosophie qu'on décide d'adopter.

C'est très basique, je sais.
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MessageSujet: Re: Textes de Hervé Tadié   7/8/2008, 12:56

Ça me rappelle St... Disons Bonaventure qui écrivit, je ne cherche pas à comprendre pour croire, mais je crois pour comprendre... Shocked
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Hervé Tadié
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MessageSujet: Ab Mor et Seth.   13/8/2008, 15:12

Ab mor vint un jour à se présenter aux portes de l’autre monde. Portes de l’enfer ou du paradis ? Il aurait fallu les franchir pour le savoir. L’être qui défendait le seuil s’étonna :

- on ne m’a point informé de ton arrivée !
- je suis venu de moi même ! rétorqua Ab mor
- désolé, mais ici l’on n’entre pas sans être attendu. Retourne d’où tu viens !
- impossible ! je ne puis continuer de vivre parmi mes semblables. Je renonce à ce monde turbulent. Je suis venu solliciter ma part de repos.
- Le temps n’est pas encore venu pour toi, retourne d’où tu viens !
- Non, jamais !

Ab mor s’assît à l’entrée de l’autre monde et se mît en grève. L’être visiblement embarrassé s’en alla soumettre son indécision au maître des lieux.

- maître ! lui dît-il. Il y’a là-bas un homme qui n’a point accompli son temps et qui désire entrer.
Le maître à son tour intriguer, vint s’enquérir des raisons d’une telle chose.
- qu’y a-t-il donc pour que tu renonces avec la vie si chère à tes semblables ?
- maître, je suis las ! répondît Ab mor. Le monde va à la perdition ; je renonce a y vivre. Je n’ai plus aucun espoir en la société humaine. Son salut ne peut provenir que de sa mort suivi d’une hypothétique résurrection.
- Retourne d’où tu viens ! tu as ta part d’œuvre à accomplir pour sauver le monde.
- Maître les Hommes sont si profondément enfoncés dans la bêtise qu’à la seule pensée de l’effort à fournir pour les libérer, je sens mes forces m’abandonner et je renonce définitivement.
- Je te comprends. Répondît le maître. J’ai éprouvé la même chose au moment de ma crucifixion.
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MessageSujet: Re: Textes de Hervé Tadié   13/8/2008, 18:59

C'est arrivé en vrai à un concierge.
Alcoolique, il battait sa femme et ses enfants. Un jour, il se donne un vilain coup sur le genou, lequel coup dégénère au point que la souffrance devient permanente. Entre l'alcool et sa douleur, il n'en peut plus, et se suicide...
Seulement, après que les médecins l'ont déclaré mort depuis plusieurs heures, il ouvre les yeux.
Il raconte qu'étant mort il est arrivé à un endroit très beau, mais jésus lui a demandé s'il a vraiment accompli tout son temps et son service sur la terre, et le concierge est bien forcé de reconnaître que non. Alors Jésus lui dit:
"Retourne, et repend-toi."
Notre homme se réveille donc, et pleure de joie tant la vision qu'il a eu l'a saisi. Son mal au genou est parti, mais il y a plus étonnant: Quand il parle, il ne le fait qu'avec des versets de la Bible, lui qui sait à peine lire et ne possède pas la moindre Bible. Toutes ses paroles sont Bibliques !
Il ne cesse de proclamer qu'il faut pardonner...
j'ai entendu ce témoignage de mes oreilles et vu cet homme de mes yeux à Lens, dans le Nord...
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MessageSujet: Re: Textes de Hervé Tadié   13/8/2008, 20:05

Hum... Je reste sceptique face à cette histoire, belle certes, mais un peu énorme. Surtout pour une agnostique.
Quand au premier post, je trouve ça un peu utopiste de croire que l'on a tous quelque chose à accomplir, quand on voit les sources d'intérêt des gens qui nous entourent... Et si c'était vrai, me direz vous. Je veux bien le croire, mais combien de personnes seraient réellement assez passionnées, inspirées, pour trouver ce qu'ils ont à réaliser, et tout donner pour y parvenir? Ce sentiment de résignation face à ce monde qui tourne trop vite... autour d'un concentré de niaiserie, je le ressens aussi.
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Hervé Tadié
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MessageSujet: Lez disciple et sa quête   20/8/2008, 14:17

J'avais parcouru un long chemin. De chez moi jusqu'à la demeure du sage. Je m'étais épuisé à la marche. Mais enfin j'approchais de son lieu de méditation. En l'apercevant de loin, la joie envahit mon coeur. En lui était la réponse à toutes mes questions. Il n'existait nulle part ailleurs sur cette Terre d'homme plus sage que lui . Depuis bientôt dix ans, il était assis là, méditant sur la vie. Assis au bord de la rivière, le regard plongé dans l'eau. Observant les légers flux et reflux qui faisaient naître des ondes à la surface.

- Sage vénérable, en ce jour je suis heureux, car je t'ai trouvé. En toi est la réponse à mes questions.

- Tu as droit à une seule question, me dît-il

- Vénérable sage, je cherche la vérité. Quelle est-elle?

- Pauvre fou ! et moi, crois-tu que je ne l'ai point cherchée ? Ou alors t'imagines-tu que l'ayant trouvée, je n'ai rien eu de mieux à en faire que de m'asseoir avec au bord d'une rivière ? La vérité est à milles et unes facettes. Insaisissable, elle se dérobe à toute tentative de s'en emparer. Elle s'enfuit à toute approche pour se réfugier encore plus loin. N'ayant pu la rattraper, je me suis résigné à attendre ici qu'elle vienne à ma rencontre. C'est là la seule raison de ma présence en ce lieu. Libre à toi de décider de la poursuivre.
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MessageSujet: Banc public   29/10/2008, 11:21

J’ai quitté la maison ce matin-là. Je me suis levé, j’ai fait mon lit, j’ai rangé mon désordre, mon fameux désordre et j’ai refermé la porte derrière moi. Je suis resté quelques instants immobile sur le palier. Quel endroit sordide ! Cette odeur de moisi, cette atmosphère poussiéreuse, ces voisins bruyants, envahissants et terriblement radoteurs.

Une furieuse envie de partir. J’ai descendu les marches, poussé la porte qui donne sur la rue et sauté dans le premier bus qui passait. J’ai fait tout le trajet debout, le dos tourné à la foule, le visage collé à la vitre. J’ai regardé le paysage défilé sans vraiment réaliser. Je suis descendu au premier arrêt vu que tout le monde descendait. L’arrêt bus faisait face à une fontaine, il y avait des bancs publics autour. Je me suis assis pour regarder couler l’eau. Ça fait six ans aujourd’hui. Six ans à regarder couler l’eau de la fontaine. Je voudrais que mon esprit soit cette eau, claire et limpide afin que je puisse y voir clair. Six ans que je vis là. Je couche sous le banc quand il pleut et dessus quand il fait beau. Toujours le même banc, je n’en change jamais. Je ne me l’explique pas. Il y a tant de chose que je voudrais comprendre. Une étrange sensation que quelque part, quelque chose n’a pas fonctionnée. Quoi, où ? Quelque chose a coincé bien avant que je puisse y faire quoi que se soit. Une première erreur qui a en induit une seconde, ensuite une troisième et ainsi de suite dans une suite sans fin. Une accumulation de petites erreurs qui aboutissent à cet immense désastre qu’est ma vie. Blessures non cicatrisées, souvenirs douloureux. Toutes ces choses enfouies au plus profond de ma mémoire dans l’espoir de ne jamais les voir remonter à la surface

C’est un exil. Un exil loin de mes démons intérieurs. Un exil long, périlleux, parsemé d’embûches. J’y ai laissé mes illusions, mes rêves : pour une vie plus morne. La vie est si rude, on n’y survit pas. On y trouve la mort. La mort pour ce que l’on croit juste, la mort pour ce que l’on croit bien : on ne croit plus en rien, même pas en soi. Ce n’est pas la misère que je gagnais en conduisant une épave en guise de taxi qui aurait pu changer la donne. Rien de tout ça ne semble avoir de sens. Ma vie aurait dû être autre. Je me sentais destiné à toute autre chose. Sans vouloir toucher les étoiles, je croyais avoir le droit d’être un homme accompli. Au lieu de quoi je ne suis qu’un frustré de plus. Un malheureux parmi tant d’autres. Un homme qui a perdu son chemin, quoi de plus banal ? Un homme seul abandonné sur le bord du chemin.

J’avais juste neuf ans. Je croyais que c’était un jeu. Il a commencé par m’embrasser et puis... C’était mon oncle. Le seul a avoir voulu de moi, on comprend pourquoi. La dame avait refusé d’arrêter le tapin pour s’occuper de moi. Je n’étais qu’un accident de travail, tout au plus une faute professionnelle grave. Un client distrait qui a laissé traîné là son matériel génétique. C’est comme ça que j’ai vu le jour. J’ai presque honte d’avoir squatté son utérus. Mais ce n’était pas ma faute. Heureuse de l’opportunité, elle m’a abandonné à son frère aîné quelques années après ma naissance. Son seul parent vivant. Il paraîtrait que le reste de la famille, resté en campagne, aie été décimé dans des violences politiques. Ils auraient semble-t-il, voté pour le mauvais cheval politique: Les aléas du sous-développement. J’ai passé dix ans avec cet oncle : je ne sais plus son nom. L’ai-je jamais su ? Ma mémoire est un étrange amalgame d’éclipse total et de brouillard plus ou moins épais en fonction des jours et de la météo. J’étais juste un enfant. Je n’ai pas compris ce qui se passait. Qu’aurais-je pu faire ? On dirait presque que c’est de ma faute. Au moins lui m’a nourri. Pas tous les jours il est vrai, mais c’était mieux que rien. C’est bien à moi qu’il faut expliquer l’importance de la figure maternelle dans une éducation. Je me pose encore la question de savoir quel genre d’homme je suis et comment ai-je pu devenir ce que je suis ? Je crois bien que j’ai de la peine. Lorsque avec l’âge, il a manqué de vigueur pour continuer d’abuser de moi, il est devenu méchant. Il s’est mis à me battre. Je crois qu’il m’en voulait. Mais ce n’était pas ma faute. J’avais beau l’astiquer en avoir des crampes, il n’y avait plus rien à en tirer. Quand il s’est mis en tête de me faire ingurgiter ses urines et fèces, j’ai pris la fuite. Pourtant, j’y tenais à ce foyer, le seul que j’avais, je m’y étais accommodé. Je me suis retrouvé à la rue, tout seul. Si j’avais su où chercher la dame, je n’aurais pas hésité. Moi tout ce que je voulais c’était quelqu’un qui m’aime, qu’importe le type d’amour. Pour survivre j’ai fait la seule chose que je savais. J’ai fait commerce de mon corps. Le tourisme sexuel constituait mon fond de commerce. Il m’en venait de partout, d’Europe, d’Amérique et d’ailleurs. C’est comme ça que j’ai pu m’offrir l’épave grâce à laquelle je me suis reconverti en chauffeur de taxi. Ensuite j’ai trouvé à louer : un réduit microscopique. Je me suis pris à rêver. J’avais une maison, un métier. J’étais presque un homme. Mais ce n’était qu’une impression, un rêve, une illusion. Ma vie entière n’a été que ça. C’est dans les rêves ou les illusions que j’ai tirés la force de rester en vie jusqu’à ce jour-là. Mais d’avoir si longtemps rêvé et espéré en vain, je sais à présent que tout n’était qu’illusion.

Un jour, en faisant le tour de ville, mes freins ont lâché, je me suis encastré sous un camion. Je me suis réveillé à l’hôpital. C’était la première fois que je mettais les pieds dans un hôpital, la dernière peut être… c’est comme ça que j’ai appris que j’avais contracté le VIH. Cette maladie dont on m’avait dit qu’elle n’existait pas, que c’était une invention d’un esprit malveillant. J’étais séropositif, j’ai vite compris ce que ça voulait dire. Je ne me sentais pas le moins du monde malade, mais le regard des autres sur moi avait définitivement changé. Le VIH c’est moins une maladie qu’une espèce de facteur discriminant qui vous met au banc de l’humanité. De préférence un banc public.



FIN
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