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 Textes de Hervé Tadié

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Hervé Tadié
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MessageSujet: Une femme   14/4/2008, 14:07

Ce sont les rivières sur ses joues qui attirent le regard. La pâleur de son teint et la tristesse de ses yeux en disent long sur sa détresse. Elle est juste là, assise sur un banc dans un jardin public, regardant jouer des enfants. Des enfants qui ne sont pas les siens, c'est la raison de la douleur qui lui crispe le visage.

Huit ans qu'elle s'y emploie sans succès. Elle y a mis tant d'énergie, tant de volonté, lui en reste-t-il encore assez pour survivre à l'échec cuisant qui se profile à l'horizon? Le temps lui manque. Pire, il joue contre elle. 35 ans déjà, elle ressent au fil des jours l'assèchement progressif de ses entrailles: elle se meurt à petit feu! Une mort lente qui monte en elle accompagné d'une bouffée chaleur: le feu la consume de l'intérieur, réduisant en cendre ses graines de vie.
Le regard des autres est devenu lourd à porter. Les supputations et commentaires fusent de toute part. Elle veut rester digne, mais la douleur est si forte…
Elle erre ainsi depuis longtemps, de parc en parc pour admirer ces enfants. Elle se fait du mal, elle le sait, mais ne peut s'en empêcher. Ils ont beau lui dire qu'on peut vivre sans être mère et rester femme, mais elle ressent le manque et le besoin de materner.

Tous les soirs, c'est le pas lourd qu'elle retourne à son domicile. L'appréhension qui la gagne au fur et à mesure qu'elle s'en approche. Les palpitations de c--ur qu'elle ressent quand elle pose sa main sur la poignée. Elle entre, on la regarde, on lui dit bonsoir, lui demande si ça journée a été bonne. Mais elle suspecte tout ce qu'on ne lui dit pas.
Elle devine les réprobations, les commentaires moqueurs qui ne franchissent pas le seuil des lèvres.
Le regard que son époux porte sur elle quand elle franchit le seuil de la chambre. Il est au lit, un journal dans les mains, il lève à peine les yeux pour saluer son arrivée. Elle voudrait qu'il l'embrasse, lui déclare un amour toujours intact malgré la stérilité. Mais s'il le fait, elle se demandera s'il est sincère, s'il ne joue pas la comédie. Si en secret, il n'a pas déjà une famille hors de ces murs. Si dans le silence de son c--ur, il n'envisage pas déjà le divorce, ou la bigamie.
A cet instant le mobile de son époux sonne, il décroche et dit : maman ?
Il est toujours au téléphone avec sa mère, que lui dit-elle ? Sa belle-mère ne l'a jamais aimé. Elle n'a jamais donné son accord à ce mariage, elle doit jubiler maintenant. Que peut-elle lui dire dans son dos ? De tous les regards c'est bien celui de sa belle-mère qui est le plus difficile à accepter. Un regard froid, inexpressif ; derrière lequel on peut tout mettre. Des allusions blessantes du genre : as-tu déjà fait des avortements ? Non pas un avortement mais des avortements. Autrement dit : as-tu été une traînée dans ta jeunesse ?
Ça y est, il a raccroché. Il se lève. Il s'habille. Où va-t-il ? Chez sa mère ! Elle va encore lui remplir le crâne. Si tous les soirs elle éloigne ainsi son mari d'elle, comment veut-elle qu'il lui donne des petits-fils ?
Elle est de mauvaise foi, elle le sait. Il y'a longtemps que le désir s'est évanoui dans leur couple. Ils ont passé les cinq dernières années à faire l'amour avec une obligation de résultat. Les conséquences ne se sont pas faites attendre.
Il y'a entre eux dans ce lit un mur de glace. Elle ne ressent plus rien, il ne la désire plus.Elle erre dans la chambre vide comme un fantôme. Sous la douche, elle sent à peine l'eau ruisselée sur son corps. Elle s'essuie, mais elle ne sent même pas sa peau. Elle n'a pas faim, elle va se coucher le ventre vide. Elle n'a pas non plus sommeil, mais elle préfère rester seule dans sa chambre. Demain, elle retournera voir les enfants au parc.

Fin
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Jipi
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MessageSujet: Re: Textes de Hervé Tadié   14/4/2008, 18:11

D'abord merci de votre présence parmi nous et, ensuite, il serait sympathique que vous vous présentiez. Car vous nous offrez d'emblée et assez rapidement un texte sans que nous sachions quelque peu qui vous êtes...

Et votre texte ? Il y a une profondeur ! Il y a des qualités d'écriture épisodiques. Les trois premières et les trois dernières lignes sont les meilleures. Le reste mériterait d'être élagué dans la mesure où les qualités d'écriture y sont nettement moins évidentes... un peu plus de négligence sur le plan strictement littéraire.

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Hervé Tadié
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MessageSujet: Re: Textes de Hervé Tadié   15/4/2008, 14:02

Désolé pour ce manquement, je suis toujours comme ça, je dois avoir quelque chose qui va pas!

Merci pour cet avis, c'est la première fois que j'écris en me prenant pour une femme, je suis pas sur de recommencer...
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Hervé Tadié
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MessageSujet: Le fils de l'homme   18/4/2008, 11:02

Le fils de l'homme, c'est le titre de mon tout premier ouvrage paru aux éditions atelier de presse en france. c'est un receuil de nouvelles(22), ou je parle un peu de l'Afrique.
c'est grace au prix du jeune écrivain francophone dont j'ai été lauréat en 2005 que je me suis finalement décidé à exploiter ce genre littéraire.

Ecrire une nouvelle pour moi est toujours une occasion de créer un personnage. Parmi tous les personnages que j’ai pu créer Elanga est un incontournable. Je me souviens avoir dû m’arréter d’écrire pendant plusieurs minute parce que pris d’un fou rire. L’individu est parresseux, nonchalant, fainéant et terriblement libidineux. Je vous propose un petit extrait de cette nouvelle intitulée les misères d’Elanga.



Élanga sembla tout à coup réaliser sa raideur matinale. sa main gauche, instinctivement, se posa dessus à travers le tissu de son pseudo-pantalon ; hésitant à la conduite à tenir. Il lança un regard vers Sita, toujours couchée à plat ventre. Il fit un pas, puis se résigna. Elle était capable à la suite de « ça » de lui faire non pas un mais deux enfants.Le fait qu’elle soit déjà enceinte n’empêchait pas pour lui une fécondation supplémentaire, portant du même coup à sept son capital enfant : la richesse d’Afrique ! Il n’y avait plus un seul oncle, tante, ou un quelconque parent susceptible d’accueillir encore l’un de leurs rejetons. Ils devront se charger eux-mêmes de la résultante de cette grossesse, alors autant qu’il n’y en ait qu’un seul. Il posa sa main sur la poignée rouillée de leur unique porte qui assurait autant de discrétion par rapport aux regards extérieurs que s’il n’y en avait pas et l’ouvrit. La clarté du jour lui arriva en plein dans les yeux. Il battit des paupières, bailla à bouche que veux-tu, tout en s’étirant dans une cacophonie de craquements d’os. Élanga ne savait pas combien d’articulations comptait le corps humain, mais il savait que toutes les siennes, rouillées à tout jamais, craquaient à n’en plus finir chaque matin.


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2007
PDF et Papier - 260 pages
ISBN : 978-2-35310-045-3
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Gosayn
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MessageSujet: Re: Textes de Hervé Tadié   18/4/2008, 20:23

Elanga semble un homme très pragmatique. Smile
J'aime les anti-héros. Ils sont libres.
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Hervé Tadié
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MessageSujet: Extraits: Le fils de l'homme.   21/4/2008, 12:54

C'est la mort de sa femme, lors de l'accouchement de sa fille, qui porta le coup ultime à la raison du pauvre homme. Alors il leva les yeux vers les cieux, et s'écria : « Maudit sois-tu ! Maudit sois-tu pour ma femme morte en couche ! Maudit sois-tu pour ma famille décimée sous l'action conjointe de la famine et de la maladie, maudit sois-tu pour toute ma misère ! » Et une voix dans l'ombre lui répondit : « Tu mourras, car ton c--ur abjure la vie ».

Là-bas, au pied du massif montagneux de Roumsiki, dans le paysage quasi désertique qui entoure un petit village de montagnards, lorsque la nuit tombe, que la lune belle et ronde veille, parfois, on entend la complainte d'un enfant, portée par le vent.

« C'est la voix d'une petite fille ; disent les anciens, elle est perceptible à chaque clair de lune depuis la nuit des temps. »

La voix s'élève dans la nuit, une si longue complainte qui se perd dans le vent. Toute la nature s'arrête et écoute, elle écoute la voix de la petite fille triste, de la petite fille qui pleure et qui implore :

« Lune, ma petite lune chérie ! Éclaire donc mes pas. Je suis à la recherche de mon père.

Lune, ma petite lune bénie, que ta lumière bleuâtre perce les ténèbres.

Je cherche l'âme de mon père. Ah ! Petite lune, si tu savais…



Extrait de: Le fils de l'homme, editions atelier de presse 2007 PDF et Papier - 260 pages
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Hervé Tadié
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MessageSujet: Re: Textes de Hervé Tadié   21/4/2008, 12:57

cette nouvelle s'intitule; La petite fille du clair de lune. c'était une bonne opportunité pour moi de faire découvrir l'une des plus belles régions touristiques du Cameroun: la région de roumsiki.
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Hervé Tadié
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MessageSujet: Destination à risque.   24/4/2008, 16:28

Si un jour, vous vous retrouvez au Cameroun...

Il me semble évident qu'aucune personne saine d'esprit ne se rendrait de son propre chef au Cameroun à l'exception d'un cas de force majeur.

Reprenons ! donc, si un jour, dans une rue du Cameroun, vous vous faites harponner(le terme, croyez moi, est justifié) par un jeune-homme vêtu d'un blue-jean sale, torse nu et ruisselant de sueur qui vous propose un moyen de locomotion pour vous rendre à un endroit quelconque, c'est qu'alors commence votre initiation.

Comprenez bien ! On ne déambule pas dans les rues du Cameroun avec la même insouciance et impunité que dans les rues de France ou autres. Le jeune homme torse-nu, vous conduira vers un véhicule. Celui-ci n'a que le strict minimum nécessaire au transport de passager, voire moins. Une carrosserie en général rouillée. Un moteur, d'un fonctionnement hasardeux. Des pneus, rarement équilibrés. Des sièges. Tous ces éléments proviennent chacun de sources différentes(casses, véhicules abandonnés etc.). L'assemblage a été réalisé dans un garage anonyme, ce qui donne au véhicule une originalité très inquiétante.

Je vous consolerais en vous apprenant que vous ne serez pas seul dans le véhicule. C'est du transport en commun. Outre le chauffeur, vous serez au moins six passagers au lieu des quatre prévu. La surcharge est un sport national au Cameroun. Certains, très ingénieux, réussissent à entasser 15 personnes dans un véhicule conçu pour 5. Le jour où quelqu'un fera mieux, force sera de lui décerner l'ordre du mérite Camerounais.
Vous voici donc face à votre moyen de transport. Toutes les portières sont ouvertes. Il vous faut choisir avec minutie et intelligence où posez votre arrière-train.
Si vous choisissez le siège avant, juste à côté du chauffeur, vous y serez bien. Le siège est conçu pour un, mais vous y serez deux. La question est de savoir si vous prenez le siège avant côté portière ou côté levier de vitesse. Oubliez la ceinture de sécurité, c'est un accessoire bannie.

Personnelement, je vous conseillerais le côté portière. Vous aurez les deux fesses à peu près sur la mousse du siège. Bien sûr votre voisin vous coincera et vous ferez pression de votre corps sur la portière qui pourrait s'ouvrir brutalement, vous éjectant alors du véhicule en marche. Mais si vous choisissez le côté levier de vitesse, vous ne courez pas ce risque, à moins bien sûr que votre voisin en tombant ne s'aggrippe à vous, vous entrainant dans sa chute. Cependant, vous ne serez assis que sur une fesse : la droite. Votre fesse gauche devra s'accommoder du frein à main. Vous aurez la jambe gauche très près du levier de vitesse ce qui vous contraindra à une pénible gymnastique à chaque changement de vitesse.
Si vous optez pour la banquette arrière, vous saurez ce que ressente les sardines dans leur boîte. Prévue pour trois, vous y serez quatre,cinq, voire six, selon...
Là encore, vous aurez le choix entre vous faire presser contre la portière et vous retrouver coincer entre deux inconnus. ce choix implique une variaion du dégré d'inconfort induit par la chaleur et les odeurs corporelles. A vous de voir.
Notez bien, c'est très important, si à un moment donné vous vous retrouvez en concurence directe avec un autre passager pour l'occupation de l'un ou l'autre des espaces pré-cités, ce qui arrive souvent, je vous conseille de trouver un moyen de battre en retraite sans perdre totalement la face. Non pas que les Camerounais soit particulièrements violents, mais à ce stade, votre niveau d'initiation est encore trop faible pour affronter une telle épreuve. Nous y reviendrons.

Autre détail très important, avant de vous aventurer à poser vos fesses sur le siège, passez-y d'abord la main. très souvent un ressort du siège affleure et une rencontre avec votre gras du cul serait très douloureuse. Mes excuses si vous n'avez point de gras au cul.

Vous voici donc confortablement installé.Si vous regardez à vos pieds, dans le plancher, vous verrez des trous qui vous donnent une vue imprenable sur le bitume. Vous êtes dans un Opep, ou clando(pour clandestin), aucune assurance, aucune visite technique, ni carte grise. le chauffeur n'a probablement pas son permis. Serrez les dents, inch'allah, ça va aller.

Fin
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Gosayn
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MessageSujet: Re: Textes de Hervé Tadié   24/4/2008, 19:25

Vous devriez écrire un guide touristique. Surprised
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François
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MessageSujet: Re: Textes de Hervé Tadié   24/4/2008, 22:21

Ce texte plein d'humour grinçant (comme les portières du véhicule, je présume) sent le vécu (et la tôle pourrie) à plein nez.
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Hervé Tadié
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MessageSujet: Fils de vache   25/4/2008, 12:35

Je vous propose ici, un autre de ces personnages, né dans mon esprit. c'est un extrait d'une nouvelle, parue avec mon receuil: Le fils de l'homme.

Drôle, étrange arrivée en ce monde que la mienne. Une espèce de largage aéroporté, comme une déjection de vache volant à basse altitude. Comment une vache pourrait-elle voler ? C’est en ces mots que se résume le mystère de ma naissance. Atterrissage catastrophique en état de dispersion avancée. Étalement bouseux sur une superficie immense. Il en a fallut du temps pour reconstituer l’ensemble en un petit tas puant et de couleur verdâtre.

Tout ça pour vous dire que né orphelin, je ne valais pas mieux pour la société, que de la merde bovine. J’ai d’ailleurs conservé jusqu’à ce jour une couleur de peau à forte tendance chlorophyllienne. C’est peu dire que j’ai le teint verdâtre. Personne ne m’attendait, personne ne m’espérait, et pourtant, prouut ! platch ! J’ai débarqué en ce monde ingrat. Ach ! Je puais à fond les latrines. Mais je m’en console, tout le monde pue à la naissance. Sinon pourquoi les obstétriciens offi cient-ils masque au nez ?

De ma génitrice, je ne sais rien. Les Hommes, à l’époque, n’avaient point encore procédé au recensement des vaches. Et même ! Vu le nombre de vaches et la quantité de bouses produite à l’heure, cela me semble une tâche bien ardue que de remonter d’une bouse à l’anus éjecteur. Il est en outre fort probable que la vache en question ait depuis pris le chemin de l’abattoir et ait fini sous forme de steak dans une assiette anonyme.


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François
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MessageSujet: Re: Textes de Hervé Tadié   25/4/2008, 18:28

C'est assez "hard" et d'habitude je ne suis pas amateur de textes à connotation scatologique mais celui-ci me plait bien, sans que je puisse vraiment expliquer pourquoi.
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Hervé Tadié
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MessageSujet: La logique du pauvre.   1/5/2008, 15:05

"Avec une tête telle que la tienne, que peux-tu espérer d'autre que des claques ? Dieu nous aime peut-être tous d'un même amour, mais il ne nous a point fait tous égaux. Certains comme toi et moi sommes destinés à servir de souffre-douleur à d'aucuns. Que veux-tu ? Ainsi va la justice de Dieu.
"La buvette de Mamy N'ton a toujours été le lieu par excellence de retrouvailles pour tous les penseurs ou philosophes existentialistes du coin. Quelques verres d'alcool frelaté dans le nez suffisent à vous rendre à même de saisir le sens profond de l'existence. Ils entrent alors dans le secret des dieux. Ils perçoivent les raisons présidant à leurs actions ou inactions. La corrélation entre la conjoncture économique, le manque d'emploi et le nombre élevé de décès par cirrhoses de foie est une évidence niée par les seules autorités politiques du Cameroun.
Même Mamy N'ton s'est rendue à l'évidence : les difficultés de la vie remplissent chaque jour un peu plus sa buvette. Buvette ? Un bien grand mot pour un assemblage de branchage offrant un peu d'ombre. L'avantage étant qu'elle pouvait, au fur à mesure de la fréquentation grandissante, augmenter presque indéfiniment sa capacité d'accueil à moindre frais.
Au rythme où allait les choses, Mamy N'ton et sa buvette allaient bientôt se retrouver en pleine chaussée. Déjà qu'elle avait commencé à quelques mètres à peine du trottoir... Les clients de Mamy N'ton sont loin d'être des idiots, contrairement à ce que leurs propos pourraient laisser penser. Il est bien connu que ceux qui atteignent l'illumination tiennent des propos qui pour le commun des mortels sont dénués de bon sens.
c'est d'autant plus vrai lorsque l'illumination est atteinte non par la prière ou la méditation, mais par la beuverie.

Jacques par exemple, le théoricien des têtes à claques, est un licencié en sciences économiques de l'université de Douala. Le Cameroun est sans doute le pays ayant la plus forte densité de licenciés en économie par mètre carré de trottoir au monde ! Ils s'engouffrent en troupeaux dans cette filière et se retrouvent quelques années plus tard à se disputer des bouts de trottoirs, qui pour vendre des livres de seconde mains, qui pour vendre ses charmes, qui pour cuver son ivresse.

Thomas, le compère de Jacques, ayant passé dix ans à l'université et grillé ses chances dans toutes les filières possibles, était en la matière l'exception confirmant la règle.
Les amphithéâtres du Cameroun ont ceci de particuliers qu'ils accueillent jusqu'à 5 fois plus d'étudiants que leurs capacités réelles. D'où un taux d'échec conséquent. Personnellement, j'ai usé bien des fonds de pantalons assis à même le sol sur les marches d'escalier d'un amphi-théâtre sans lumière et surchargé.
Thomas soupçonnait d'ailleurs son ami d'avoir, comme bien d'autres étudiants, acheté avec des espèces sonnantes et trébuchantes son diplôme. Un verre dans le nez, Jacques ne tardait guère à lui répondre :
malade malade malade malade " Même si j'ai acheté, ton problème est où ? n'est-ce pas on chôme à deux?" Mamy N'ton fait commerce d'une liqueur communément appelé Odontol et qu'elle distille elle-même. Je ne puis vous dire comment elle s'y prend pour obtenir ce poison. Par contre, je puis assurer que sa teneur en méthanol est un record mondial absolu
Le nombre de personne tombant raide-mort après une cuite chez Mamy N'ton se perd dans la misère ambiante. Il y a tellement de morts, alors un de plus ou de moins...

La logique du pauvre peut être déconcertante. Jacques le premier, vous l'expliquera : de toutes les façons, il va mourir. Alors, que se soit l'odontol, le Sida ou autre qui le tue, quelle importance ? L'équation reste la même et après tout, il faut bien mourir de quelque chose.
Il n'y a guère que les opulents pour planifier leurs vies. Le pauvre lui, prend les choses comme elles viennent, au fur et à mesure, sans se stresser et surtout en évitant de réfléchir.
Un slogan bien politique, veut que la jeunesse Camerounaise soit le fer de lance de la nation. J'espère que les viscères de cette jeunesse ont été coulés dans ce métal, parce que l'odontol de Mamy N'ton est toujours plus corosif. En vérité, c'est la médiocrité généralisée dans les sociétés d'Afrique noire qui constitue le principal obstacle à l'évolution de celles-ci.

Lorsque la crise économique a frappé à la porte du continent, il a fallu établir de nouvelles priorités. L'argent manquant, il fallait le réserver uniquement à des secteurs précis, importants et primordiaux. Ainsi, l'éducation et la santé furent sacrifiés aux profits de l'armée, de la police et de la gendarmerie. Et ce malgré l'inexistence de menaces sécuritaires.

La logique du pauvre...

Fin
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MessageSujet: Re: Textes de Hervé Tadié   10/5/2008, 15:29

Je préconise la marche à pied ou au mieux une voiture personnelle, qu’en est t-il des taxis ? La même bataille?
Citation :
inch'allah,
que non!!!
:lol:
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Hervé Tadié
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MessageSujet: Ma fille.   13/5/2008, 14:56

Son pas est rapide, une cadence infernale. Elle s'est vêtue hâtivement, des haillons. Son visage exprime sa détresse. Elle est totalement décoiffée. Elle cherche son enfant. Un rictus sur ses lèvres, elle est au bord des larmes. Sa petite fille a disparu. Voilà quatre heures qu'elle aurait dû être de retour, son école se trouve à 150 mètres à peine de la maison. Il va bientôt faire nuit et Alice n'a toujours pas retrouvé sa fillette. Elle a écumé le quartier de long en large avec une photo d'Anna. En vain. Personne n'a aperçu l'enfant. Toute la peine, toute l'angoisse ressentie, à qui les confier? À la nuit tombée, il faut se rendre à l'évidence : l'enfant a disparu. Alice rentre chez elle, le coeur battant la chamade. Seule et apeurée, seule et anxieuse : toute seule.

A chaque jour, un fait-divers sanglant. Corps sanglants, dépecé à la machette et abandonné en plein carrefour, démantèlement de réseau de trafic d'organes etc. Qu'est-il arrivé à sa fille ? Peut-être qu'elle a eu tort de la laisser toute seule sur le chemin de l'école. Elle aurait dû l'accompagner. Mais c'est un quartier si tranquille, l'école est toute proche. De toute façon, comment aurait-elle pu concilier son emploi du temps et les horaires de l'école. Alice a appelé la police pour signaler la disparition, il lui a été demandé de se présenter le lendemain. Pourquoi pas aujourd'hui ? "Passez demain madame !" lui a répondu une voix dans le combiné. Il semblait clair que d'ici là, rien ne serait entrepris. Une enfant a disparu, mais personne ne semble s'en préoccuper à part la mère. Une mère célibataire, une fille sans père. Mais est ce sa faute s'il a pris la clé des champs à l'annonce de sa grossesse ? Toujours la même excuse, elle aurait dû être plus vigilante avant d'écarter les cuisses.
Une femme moderne ? Une femme libre et indépendante ? Rien d'autre qu'une femme légère et frivole. Que lui importe le regard des autres ? ça ne lui ramènera pas sa fille. La maison semble bien vide, silencieuse sans sa fille, sans ses rires et ses jeux.

Qui sait comment survient le malheur ? Il vous surprend, débarque sans crier gare et en un coup de vent renverse une situation que l'on croyait acquise et stable. En quelques instants, sans s'en rendre compte, on passe d'une vie paisible au noir le plus sombre. Comment tout cela a-t-il pu si vite s'évaporer ? Il a suffi d'un rien et voilà que tout est remis en cause. Alice a le sentiment qu'il ne lui reste en main que du sable. Elle a bâti sur du sable.

Elle est seule sans personne. De toute sa vie, l'amour et l'amitié des autres envers elle, ont eu des limites aisément franchies par l'ampleur de ses malheurs. Personne sur qui compter. Seule avec sa peine, elle cherche sa fille. La hantise du corps sans vie de la fillette, abandonné dans un lieu sordide, la hantera toute la nuit. Le lever du jour ne lui sera d'aucun réconfort ni secours. Anna n'est toujours pas rentré. Rien ne dit qu'elle reviendra un jour. On ne cesse de retrouver des foetus abandonnés dans des bennes à ordures, des bébés étranglés par leur mère à la naissance. Alice a voulu et désiré sa petite Anna, qui lui a ôtée ce petit bout de bonheur ? Bientôt la rumeur naîtra : elle a abandonné sa fille pour pouvoir continuer à jouir de la vie. La société accorde plus de crédit à la rumeur qu'à la détresse d'une mère. Surtout une mère célibataire...

Des petits pincements. Une voix qui lui semble arriver d’ailleurs. Elle l’entend dire : « Maman, maman ! Je vais être en retard pour l’école. »
Il lui semble devoir ce libérer d’un envoûtement, un sortilège.
« Maman ! Insiste la petite voix, je vais être en retard à l’école et la maîtresse va se fâcher. »
Elle ouvre les yeux, elle découvre sa petite fille juste à ses côtés, ce n’était donc qu’un rêve ? Ça semblait si vrai. Elle la prend dans ses bras et la serre très fort. Non, aujourd’hui, elle n’ira pas à l’école.

FIN
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Hervé Tadié
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MessageSujet: Re: Textes de Hervé Tadié   14/5/2008, 10:55

Les taxis au Cameroun pour la plupart ne sont pas individuels, c'est donc la même bataille. A l'exeption des véhicules pris en course.
Merci
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MessageSujet: Destination à risque.   14/5/2008, 16:17

Et ça se passe ailleurs aussi, qu’au Cameroun, quelle aventure…. tel
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Jean-Pierre Poccioni
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MessageSujet: Destination à risque   15/5/2008, 07:28

Je suis un peu surpris par ce texte dont l'idéologie me semble complètement dépassée. Non par les faits hélas, mais par des analyses qui heureusement vont un peu plus loin que le folklore du dénuement cher aux voyageurs occidentaux en mal d"aventure"

N'importe quel touriste parti vers le tiers monde ( comme on dit ) en rapporte de ces anecdotes succulentes qui font trouver notre cher vieux monde si merveilleux !

J'ai, quant à moi, en tête, les taxis du Niger, tout aussi délabrés mais qui véhiculaient des êtres chaleureux et souvent souriants, des hommes et des femmes qui vivaient leur misère bien mieux que certains de nos contemporains leur abondance.
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Hervé Tadié
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MessageSujet: Re: Textes de Hervé Tadié   15/5/2008, 11:42

Cher Jean-Pierre Poccioni, plusieurs choses m'interpelle dans ce commentaire. Vous d'idéologie, personnellement je n'en vois pas, pas plus que je ne vois d'analyse.
Vous poussez trop loin le raisonnement intellectuel là où moi j'ai juste voulu faire un récit plaisant et marrant...
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Hervé Tadié
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MessageSujet: JE M’AIMAIS TROP POUR RESTER.   26/5/2008, 16:26

Pardonne moi pour toutes les peines que je t'ai causées. Pour toutes les larmes que j'ai réussies à extraire de ton coeur asséché. C'était comme dans un rêve, peu à peu j'ai glissé dans l'absurde.
L'un trop terre à terre, l'autre si rêveur : impossible à équilibrer. Je t'aimais, vois-tu, mais je m'aimais encore plus, trop pour rester. Alors, je suis parti.
Pardonne moi pour toutes mes promesses non tenues. L'urgence de la libido parfois fait dire n'importe quoi, mais surtout des choses qu'on sait que l'autre veut entendre. Si tu n'avais pas espéré autant de moi, je ne t'aurais pas tant menti. Te mentir pour mieux te conquérir.

Tu me voyais te désirer pour le restant de nos vies, tu ne te doutais pas que je me lasserais si vite. Saurait-on m'en vouloir pour des choses que je n'imaginais pas ? Je me suis cru ton prince charmant, mais j'avais trop de désir à assouvir, trop de contrée à visiter, trop de corps à explorer. A chaque fois, on s'imagine être au terminus ; mais à chaque fois la quête insatiable nous mène plus loin.
C'est plus fort que moi, tu n'auras été qu'une étape. Une étape sur un chemin si long... une étape au milieu de tant d'autres. Ton souvenir se perdra-t-il au milieu des autres ? Restera-t-il vivace dans ma mémoire ? Il n'y a pas assez de place dans ma mémoire pour vous accueillir toutes. Cependant, je vous ai aimés, autant les unes que les autres. Il y a tant d'amour dans mon coeur...
Pourquoi me sentir coupable ? M'as-tu jamais aimé en vérité ? Non, ce que tu aimais c'était l'amour. Comme bien des femmes tu étais amoureuse de tes sentiments. Te voilà donc bien mal placé pour me faire la morale. Qu'imaginais-tu ? Que de bourreau des coeurs je muerais en homme au foyer sans transition ? Qu'avez-vous toutes à imaginer que nous changerons ? Pourquoi changerions-nous ? On se sent si bien dans la peau d'un coureur.
Je me suis lassé sans trop savoir comment, ni pourquoi. À mes yeux, si parfaite au début, j'ai fini par ne plus te voir que des défauts. À trop explorer ton corps, j'y ai découvert des imperfections. Ta bouche sensuelle, évoquant un tempérament volcanique. Des lèvres pulpeuses, à la sensualité débordante. Mais une bouche tellement boudeuse, boudeuse à en mourir.
Un visage agréable à condition de ne pas y regarder de trop prêt. Un nez difforme. Il m'a toujours interloqué. Comment un tel nez a-t-il pu atterrir sur un si beau visage ? Le créateur a de drôles de desseins.
Tu es tellement courte sur pattes, tes talons aiguilles n'y changeront jamais rien. C'est vrai, j'aurais dû le savoir avant de t'aborder, mais j'étais trop fasciné par l'oscillation de ta croupe. Quel spectacle, hypnotique ! J'aurais dû devenir accroc à la longue, mais entre-temps j'étais passé à une autre drogue : il yen a tellement...
Avec ta bouche grande comme ma main, tes dents si blanches. Tu as un sourire carnassier. Tu souriais et mon coeur s'arrêtait de battre. Tu me le mangeais.
Tes seins plats et ton corps fané, tes jambes arquées à la Lucky lucke.

Je m'aimais trop pour rester, m'en aller ailleurs pour t'oublier. Mettre entre nous le plus de distance possible, croquer le plus de chair fraîche. Mais sans jamais éprouvé la satiété. Avec toi l'amour physique m'apaisait, avec les autres je reste sur ma faim. Comment ai-je pu tomber amoureux de toi, que m'as-tu fait ? Quelle cette chose au fond de toi qui m'attire et me retient prisonnier ? Tu étais sensé n'être qu'une aventure sans lendemain parmi tant d'autres.
De la curiosité, c'est par curiosité que je t'ai accosté. Te dévêtir et découvrir ton corps sous vêtement sexy. La désillusion arrive si vite. Trop de cellulite, de vergetures, si peu d'imagination au lit. Les fruits ne tiennent pas la promesse des fleurs. Je t'imaginais volcanique, tu ne t'en tenais qu'au missionnaire : une abomination quand on sait le cul qui est le tien.
L'habit ne fait pas le moine, mais est-il normal de porter la bure du moine quand on n'a pas la foi ? Je t'ai connu sexy, à la limite de l'indécence. J'imaginais que tu en redemanderais. Au lieu de quoi je mettais des jours à te convaincre d'écarter les cuisses.
J'ai décidé de relever le défi et de te révéler à toi-même. Je me doutais bien qu'un peu de persévérance ne tarderait pas à faire sauter tes inhibitions. Tu es vite devenu explosive, une vraie bombe. On entendait tes cris des lieux à la ronde à chaque orgasme. Dire que tu les accumulais, les égrenais comme les grains d'un chapelet. Avant d'en arriver là, il a fallu te convaincre que le sexe est le chemin le plus court vers le saint esprit, l'instant de l'orgasme celui où l'on est le plus proche de Dieu. Tu avalais toutes mes balivernes alors que même moi je n'y croyais pas.
Au fond, peut-être m'aimais-tu vraiment ? Mais seule la chair alors m'intéressait. En user au maximum et le plus vite. Plus je me plongeais au fond de toi, moins j'avais envie de partir. Ma liberté était en danger. Il fallait fuir devant le péril. Fuir avant d'être fait prisonnier.

Ma quête m'a mené bien loin sans jamais être assouvie. De cela aussi j'ai fini par me lasser. Et souvent la nuit, seul dans mon lit, je me surprends à rêver de toi. Le souvenir me revient de tes sourires enjôleurs. Souvent dans la nuit, la saveur de tes baisers mouillés me tient éveillé. La sensation onirique de ton corps chaud pelotonné tout contre moi me raidit.

Te souviens-tu ? Toi sur moi et moi sur toi ? Tes soupirs et tes gémissements, toutes les caresses et les choses que nous nous sommes faites ? C'était il y a longtemps, aurais-tu oublié ?

Je croyais avoir oublié, mais je souffre. Je souffre de toutes ces choses que je n'ai pas su ou pu te dire. De ces écarts de comportement que j'ai eu et qui t'ont blessé sans pour autant m'épargner. Cette joie dont je n'ai pas su profiter et qui t'habitait. Sauras-tu oublier, pardonner ?

FIN
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François
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MessageSujet: Re: Textes de Hervé Tadié   26/5/2008, 17:55

J'aime bien vos textes, Hervé, et celui-ci n'est pas le moins réussi, même s'il a un côté un peu décousu - mais peut-être est-ce volontaire?

Je trouve votre style simple, sans fioritures, coulant et très "lisible" - je veux dire par là qu'on ne doit pas relire chacune de vos phrases 2 fois pour les comprendre, comme c'est souvent le cas dans les productions qui sont déversées à la louche sur internet. La seule chose que je pourrais reprocher à ce style est de ne pas être très personnel ni original.

Quant au contenu, j'avoue que je suis assez amateur de ce genre d'introspection un peu crue et sans hypocrisie.
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mireille.j
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MessageSujet: Ma fille.   6/6/2008, 00:52

Ouf, ce n’est qu’un cauchemar… !
Malheureusement, que dans cette société, il y a des mamans, qui trouvent dans leurs rêves la douceur en revoyant leur petite fille, et que les réveils sont que des cauchemars.
Il y a qu’a voir les actualités ses temps-ci...! Shocked
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MessageSujet: Re: Textes de Hervé Tadié   9/6/2008, 21:49

J'ai déjà lu, ce passage dans la Grande Chartreuse, me tromperais-je ?
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Hervé Tadié
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MessageSujet: Re: Textes de Hervé Tadié   12/6/2008, 14:31

non seulement vous trompez, mais c'est le genre d'erreur extrêment dangeureux à faire. ce texte est de mon cru, original, et inédit...
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MessageSujet: Re: Textes de Hervé Tadié   13/6/2008, 23:07

Je vous pries de m'excuser, mais j 'ai été aussi troublée qu'à la lecture de ce roman!
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