Passion des mots

Forum culturel
 
AccueilCalendrierFAQS'enregistrerMembresGroupesConnexion

Partagez | 
 

 Haruki Murakami

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Tanies

avatar

Nombre de messages : 26
Age : 44
Localisation : Paris
Date d'inscription : 20/10/2008

MessageSujet: Haruki Murakami   20/10/2008, 22:15

Bonjour...
Etant nouvelle sur ce forum, je vais commencer par un auteur qui me tient très à cœur en ce moment : Haruki Murakami.
Tellement à cœur que je crois bien avoir dévoré, depuis septembre, voyons voir... La course au Mouton Sauvage, Danse, Danse, Danse, et, à présent, Les Chroniques de l'Oiseau à ressort.

Je le connaissais déjà par Kafka sur le rivage, et d'autres écrits un peu moins denses, mais toujours magnifiquement menés - en particulier, Le Passage de la Nuit.

Mais ce n'est que récemment que je me suis mise véritablement à ne plus pouvoir me passer de ma "dose" de Murakami avant de sombrer dans les bras de morphée.
Ca a commencé avec La Course au Mouton Sauvage, sorte de quête difficilement condensable en quelques mots, ou se mêle la réalité et... disons, un autre monde, imaginaire, onirique ou simplement autre - au lecteur de décider.
Dommage que les deux premiers pans de la trilogie ne soient pas accessibles en français - car La Course au Mouton Sauvage en est en fait le dernier tome. Mais ce n'est pas important pour la compréhension du livre, qui forme un tout en soi. Et Danse, Danse, Danse en est une continuation naturelle, même s'il ne fait pas à proprement parler partie de la "trilogie".

Comme j'en ai déjà parlé ailleurs (sur mon blog), voici ce que j'écrivais à propos de Danse, Danse, Danse :

Difficile à résumer, puisque ce n'est pas tant l'histoire (une espèce de conte philosophico-fantastique contemporain où la réalité et le "rêve" - à moins qu'il ne s'agisse finalement d'une autre réalité - s'interpénètrent) que ce qui y est dit, ligne après ligne, qui éveille la réflexion - ou l'émerveillement, devant une description à la fois originale et extrêmement bien sentie.
Voici quelques extraits - même si, comme ça, coupés de leur contexte, j'ai bien peur qu'ils perdent un peu de leur saveur...

"Il y a toujours une raison quand les gens meurent. Et même si ça a l'air simple, ça ne l'est jamais. C'est comme une racine. Il n'y a qu'une petite partie à l'air libre, mais si on tire, il y en a plein qui sort. La conscience humaine plonge ses racines dans de profondes ténèbres. Très complexes et très profondes.... Avec trop de choses qui échappent à l'analyse. Les vraies raisons, seul l'intéressé peut les comprendre vraiment. Ou peut-être même l'intéressé n'en sait rien."

"Mon insomnie n'était pas due à une activité intense de ma pensée. Non. Je ne pensais à rien. J'avais le cerveau trop fatigué pour réfléchir à quoi que ce soit, mais le sommeil ne venait pas. Mon corps et mon esprit tout entiers le réclamaient désespérément. Mais une partie de mon cerveau était si tendue qu'elle le refusait obstinément, au point que je finis par atteindre un degré d'énervement douloureux. Le genre d'irritation qu'on peut éprouver en essayant de lire le nom des gares sur des panneaux indicateurs, depuis la fenêtre d'un train express lancé à pleine vitesse. Une gare approchait, cette fois j'allais concentrer mon regard et arriver à lire le nom de la ville, mais non, impossible. La vitesse était trop rapide. Je distinguais vaguement la forme des caractères, sans parvenir à les déchiffrer. Et en un instant la gare était dépassée. De petites gares de villes lointaines, aux noms inconnus se succédaient ainsi, au rythme des sifflements stridents du train qui vrillaient ma conscience comme autant de piqûres de guêpe."
Je ne sais pas vous, mais moi, j'en ai connu des insomnies comme ça. Heureusement pas très souvent !!! Mais je trouve la description particulièrement efficace - et cette comparaison avec la lecture des noms de ville à partir d'un train, quelle idée magnifique !

Allez, une dernière, particulièrement d'actualité :
"[...] aujourd'hui le monde du gros capital a incroyablement raffiné et durci ses filets, grâce à l'arrivée d'énormes ordinateurs centralisant les informations. Désormais tout est pris dans les mailles de ce filet. Le concept de capital parcellisé à rendement intensif a atteint son apogée. C'est devenu quasiment une croyance religieuse. les gens rendent un culte au dynamisme contenu dans le capital. Ils rendent un culte à la mythologie du capital. Ils rendent un culte au prix du terrain à Tôkyô, et à ce que symbolise une Porsche rutilante. Tout ça parce qu'il ne reste plus aucun mythe dans le monde moderne.
C'est ça, la société capitaliste de pointe. Et que ça nous plaise ou non, nous vivons en plein dedans. Même l'échelle du bien et du mal s'est morcelée, sophistiquée. Il y a le bien à la mode, et celui qui ne se porte plus. Tout comme il y a un mal au goût du jour, et un mal démodé.[...] Dans un tel monde, la philosophie ressemble à de la théorie de gestion. La philosophie touche de près le dynamisme d'une époque.
En 1969, par exemple, le monde paraissait simple. Dans certains cas, lancer des pavés sur des gendarmes mobiles devenait une forme d'expression personnelle. Mais avec la philosophie sophistiquée d'aujourd'hui, qui irait lancer des pavés sur des policiers ?Qui voudrait avancer pour se faire asperger de gaz lacrymogène ? C'est comme ça, maintenant. Le filet s'étend partout, dans le moindre recoin. Et à l'extérieur de ce filet, il y en a encore un autre. On ne peut plus aller nulle part. Si vous lancez un pavé, il vous reviendra dans la figure en boomerang."
Ce texte a été écrit début 1988...
Je crois que c'est pour cela que j'apprécie aussi Murakami : pour ce qu'il dit sur la société contemporaine. Ses personnages sont toujours des marginaux - sans travail, ou travailleurs irréguliers, un enfant dans Kafka sur le Rivage (présence aussi, dans Danse, Danse, Danse, d'une fille de 13 ans hors du système scolaire), etc. Toujours des hors-système, mais qui parviennent à s'en sortir, à leur propre façon. Qui refusent de se plier au jeu de la masse, qui sont indépendants. Sans doute qu'au Japon, la pression sociale étant plus forte que partout ailleurs, la conscience de ce problème est également plus aiguë - et Murakami parvient à l'exprimer magnifiquement.


Voilà voilà...

Et sinon, sujet subsidiaire : que pensez-vous des problèmes inhérents à toute traduction ? Car finalement, les extraits que je cite sont en français : reflètent-ils seulement le style de l'auteur, ou celui du traducteur ? Les idées sont certes de Murakami, mais comment apprécier son écriture véritable, sans être spécialiste de la langue japonaise ?
Moi, cela m'a toujours turlupiné, cette question : déjà, quand j'ai découvert la traduction par Markowicz de l'œuvre de Dostoïevski, ensuite, quand j'ai pu comparer par moi-même des textes en anglais avec leur traduction française (parfois véritablement épouvantable, dans le domaine de la SF).
Sans parler de ma prof de cinquième, qui nous a fait étudier en classe de français (!!!) un roman de Patricia Highsmith (affraid )
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://tanie.servhome.org/
Jean-Pierre Poccioni
Membre
Membre
avatar

Nombre de messages : 3237
Age : 69
Localisation : Loiret
Date d'inscription : 10/12/2005

MessageSujet: Haruki Murakami   21/10/2008, 07:37

J'ai découvert Haruki Murakami il y a peu de temps avec : Les Amants du Spoutnik et je dois dire qu'il me faudra une dose considérable de bonne volonté et d'esprit de découverte pour lire un autre texte de cet auteur !

Tout y est pour en faire un roman médiocre :

Indigence de l'intrigue avec un fantastique de pacotille qui donne envie de revenir aux bons auteurs du XIX ème siècle.

Personnages caricaturaux à peine plus affirmés et profonds que les silhouettes mangas dont ils sont ( sans doute) issus.

Et enfin, et le pire: le style. Au mieux, digne d'une littérature pour grands ados ( ah... on ne risque pas de perdre son esprit et le fil ! ) et saturé de métaphores qui pourraient servir de modèles aux ateliers d'écritures qui craignent tant leur conventionnelle servitude.

Cet auteur ne serait-il pas une de ces créatures médiatiques dont notre merveilleuse époque nous inonde?


Heureusement je viens de commencer Les Versets sataniques. Salman Rushdie, voilà un très très grand !

Tout ! Un style époustouflant, mobile, nuancé, riche.
Une inspiration insondable.
Une intelligence du monde lumineuse.
Et cerise sur le gâteau, un humour multiple dans ses formes mais toujours aussi irrésistible.

Donc toujours cette question lancinante : Pourquoi lire les mauvais quand on sait que la vie de sera pas assez longue pour qu'on puisse lire un centième des bons ?

)
PS : Question directe à Tanies: Un hasard (malheureux) m'a-t-il conduit au seul roman médiocre de Murakami ?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
callinira
Membre
Membre
avatar

Nombre de messages : 265
Date d'inscription : 09/12/2005

MessageSujet: Re: Haruki Murakami   21/10/2008, 07:45

Citation :
Sans parler de ma prof de cinquième, qui nous a fait étudier en classe de français (!!!) un roman de Patricia Highsmith ( )

Et alors ? Il avait été traduit en français, non ? La traduction laissait à désirer ? Quelle aubaine ! Corriger les maladresses ou fautes d'expression ne constituait-il pas un excellent exercice ?

Quant à la facture du roman policier, qu'il fût écrit dans une langue ou une autre y changeait-il quelque chose ?

Il n'était pas, de surcroît, impossible d'aborder à partir d'exemples bien choisis les problèmes que pose toute traduction.

Non ?

C.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Tanies

avatar

Nombre de messages : 26
Age : 44
Localisation : Paris
Date d'inscription : 20/10/2008

MessageSujet: Re: Haruki Murakami   21/10/2008, 08:01

Citation :
Question directe à Tanies: Un hasard (malheureux) m'a-t-il conduit au seul roman médiocre de Murakami ?

Je ne sais pas, celui-là, je ne l'ai pas lu...

Le mieux serait peut-être d'essayer la Course au Mouton Sauvage.

Murakami est un auteur "obsessionnel", un peu comme Dostoïevski il faut en lire suffisamment avant d'accrocher tout à fait et pénétrer dans son monde.
Quant à perdre l'esprit et le fil, eh bien... Le fil, non, mais parfois l'esprit en prend un coup.

Mais bon, après, tous les goûts sont dans la nature, et moi, Rusdhie, faudra bien que j'essaie un jour...

Citation :
Et alors ? Il avait été traduit en français, non ? La traduction laissait à désirer ? Quelle aubaine ! Corriger les maladresses ou fautes d'expression ne constituait-il pas un excellent exercice ?

Génial... Et pourquoi pas, plutôt, étudier les bons auteurs qui écrivent en français, hein ? Il n'y en a pas assez ? Il n'y en a aucun que puisse lire un élève de cinquième ? D'autant que l'intrigue du bouquin était vraiment nulle (pour l'enfant que j'étais à l'époque, mais du coup, je n'ai plus jamais envie de lire un livre de P.H., super...). Je ne sais pas moi, mais Balzac, c'est si dur à lire que ça ? Ou plus moderne, si on a peur que les petits chérubins ne s'identifient pas à l'atmosphère du XIXème siècle... (et pourtant, pour une fois, ça les changerait un peu : est-ce que les faire lire des romans policiers est vraiment une bonne idée scratch???)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://tanie.servhome.org/
Jean-Pierre Poccioni
Membre
Membre
avatar

Nombre de messages : 3237
Age : 69
Localisation : Loiret
Date d'inscription : 10/12/2005

MessageSujet: Haruki Murakami   21/10/2008, 18:54

Tanies, votre réponse est de celle qui méritent qu'on s'y attarde. Pourquoi pas donc La Course au mouton sauvage un jour où je ne saurais plus quoi lire...

Quant aux réactions de Calinira elles sont marquées au sceau de ceux qui n'ont aucune idée de ce qu'est un élève de cinquième. Ignorance pardonnable certes mais qui donne à la réponse une acidité particulière, comme si l'intention avait précédé la volonté d'intervenir dans le sujet.

Calinira est-elle montée sur quelque Olympe ineffable et mal localisé ?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
callinira
Membre
Membre
avatar

Nombre de messages : 265
Date d'inscription : 09/12/2005

MessageSujet: Re: Haruki Murakami   21/10/2008, 19:43

Jean-Pierre Poccioni a écrit:


Quant aux réactions de Calinira elles sont marquées au sceau de ceux qui n'ont aucune idée de ce qu'est un élève de cinquième.


Je suis professeur de lettres classiques.

C.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Jipi
Administrateur
avatar

Nombre de messages : 5897
Localisation : Belgique
Date d'inscription : 26/10/2005

MessageSujet: Re: Haruki Murakami   21/10/2008, 21:15

Tout à fait d'accord avec Tanies et pas du tout d'accord avec Jean-Pierre Poccioni !!!

Les amants du Spoutnik... un très grand roman !

_________________
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.frandidac.net
Jean-Pierre Poccioni
Membre
Membre
avatar

Nombre de messages : 3237
Age : 69
Localisation : Loiret
Date d'inscription : 10/12/2005

MessageSujet: Haruki Murakami   21/10/2008, 21:54

Ce livre un très grand roman !!!!


Je n'ai vraiment rien à ajouter.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Tanies

avatar

Nombre de messages : 26
Age : 44
Localisation : Paris
Date d'inscription : 20/10/2008

MessageSujet: Re: Haruki Murakami   21/10/2008, 22:08

Bon, ben je sais ce que je vais devoir lire lorsque j'aurai fini les Chroniques de l'Oiseau à ressort...
1) Les Amants du Spoutnik, histoire de me faire ma propre opinion !
2) Les Versets Sataniques, depuis le temps...

Je voulais revenir sur ceci :

Citation :
Personnages caricaturaux à peine plus affirmés et profonds que les silhouettes mangas dont ils sont ( sans doute) issus.

1) Tout auteur Japonais n'est pas forcément relié à la culture "manga", quoique cette culture n'est pas si pauvre qu'elle peut le paraître, surtout vue à travers le prisme des traductions françaises (comme pour l'ensemble de la littérature japonaise, entre nous soit dit : les livres traduits ne sont pas toujours les meilleurs, j'ai été effarée de voir que les seuls romans de Shûsaku Endô disponibles en français étaient précisément ceux absents des librairies japonaises parisiennes, et qu'inversement, les romans pour lesquels il était reconnu au Japon n'avaient pas eu l'heur d'être traduits en français... sic)
2) Les personnages de Murakami sont précisément des anti-"japonais dans la norme de la société japonaise" (la plupart ne doivent d'ailleurs pas lire de mangas, et souvent n'ont même pas la télé). Toujours, ce seront des marginaux au sens le plus pur du terme : pas ces prétendus marginaux qui ne font que suivre une sous-culture, mais de vrais marginaux, qui vivent en général de petits boulots par choix, ou viennent de quitter leur travail, pour ne pas être liés par l'argent ou le travail à qui que ce soit. Chaque roman est le récit d'un personnage en quête de lui-même, qui doit traverser un certain nombre d'épreuves souvent en marge de la "réalité" (oniriques...). On y rencontre des personnages secondaires souvent brossés avec une précision du détail extraordinaire (et des associations originales carrément jouissives !), tous eux aussi plus ou moins en marge (médiums, adolescents hors du système scolaire, etc.).

Je ne sais pas exactement comment dire cela, mais en lisant Murakami, je suis à la fois sollicitée intellectuellement en permanence sur le monde contemporain et transportée dans un autre monde...
Sans parler des passages éminemment instructifs où l'auteur nous parle un peu de ce qu'il s'est passé avant la seconde guerre mondiale, sur le terrain chinois (Chroniques de l'Oiseau à ressort, en particulier : récit d'un vétéran ayant été envoyé sur la frontière de Mongolie intérieure...)
Bref, des romans d'une richesse vraiment peu commune, et extrêmement plaisants à lire - pour moi du moins !
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://tanie.servhome.org/
Majalis
Membre
Membre
avatar

Nombre de messages : 202
Age : 72
Date d'inscription : 28/05/2013

MessageSujet: Re: Haruki Murakami   5/6/2013, 17:54

Quelques conclusions et mes impressions après la lecture de "Kafka sur le rivage" de Haruki Murakami:


Haruki Murakami se montre anti-conformiste, il transmet par son imagination , ses rêves un monde meilleur, sans identité formelle, sans mémoire, sans argent, il veut échapper à une société unilatéralement mondialisatrice, nous dire que la vie a son prix et que la mort c'est la destruction et que sans amour nous ne sommes rien.
D'emblée il nous embarque avec Kafka dans une histoire par laquelle nous échappons avec Kafka à l'oracle prédit par son père.
Nous évoluons avec cette fugue un peu hors du temps, allant de réalité au rêve, le chat qui parle,(est-ce vraiment une métaphore?, ou notre intelligence qui s'adresse à nous?)Il nous fait passer au bord du 'temps", il n'existe plus le temps, nous prenons le "temps" jusqu'à la lisière de la mort (apparente?ou réelle? ).
Tous les gestes sont minutieusement consignés, l'emploi du "temps", le présent vécu au présent", la manière de se réveiller , de se laver, se brosser les dents, etc..tout est vécu avec conscience de bien faire, de parfaire même.
J'ai beaucoup apprécié quand Hoshino entre dans un café pour y écouter un trio à l'archeduc de Beethoven, cette musique qui lui était inconnue et qui le transporte vers un nouvel homme, aspect encore méconnu de lui-même et qu'il découvre dans l'instant, alors que tout laissait supposer qu'il était un homme quelconque, cela prouve que n'importe qui selon l'écrivain est capable de se surmonter.
La mémoire a aussi son importance dans ce livre, il le souligne bien chez Nakato et Mlle Seiki, l'un est devenu amnésique suite à un coma, l'autre désire brûler son passé et mourir.
Cet homme qui a su vivre sans mémoire jusqu'à l'âge de 60 ans , on lui demande de brûler un manuscrit qu'il ne sait ni lire ni comprendre.
La conscience et l'identité de la personne prennent une dimension à travers des images, des métaphores, le chat, le corbeau, la vie ,le bien , le mal, tout est soupesé et décrit avec beauté et laideur, la beauté de la personne , jeune viril en pleine force de l'âge, et puis l'horreur en la personne de Johnie Walken.
Cette cruauté, cette destruction , l'horreur est tellement bien décrite que l'on a envie de lacher le livre et de ne plus poursuivre, c'est décrit avec une telle vérité dans tous les sens du terme, avec pour seul but d'atteindre notre conscience ainsi que notre substance, la substance de l'être qui est l'âme.
Cela m'a perturbée quelque peu, et pas un peu, à la limite démoniaque la façon avec laquelle il décrit l'assassinat des chats, mais cela tient du génie de l'auteur.
Des personnages fictifs tels que Johnie Walken , le colonel Sanders qui sortent tout deux d'une publicité jouent le rôle de la manipulation comme c'est le cas en marketing publicitaire, qui vise à la consommation.
L'obèissance inconditionnelle dont certains régimes font l'objet, l'obèissance aveugle qui conduisent au crime.

Les femmes de Murakami sont douces et "mystérieuses" derrière une apparence se cache un drame .

Mourrir par amitié pour devenir esprit par amour, il va de soi que c'est l'acte ultime de l'amour.
Les éléments naturels sont aussi des notions que l'auteur utilise comme étant le support de cette tragédie de l'oracle, les orages, les nuages bas, les pluies et le vent, la pluie de sangsues, tout cela alourdit l'atmosphère.

Pour en finir j'ai retenu l'essentiel de son message, "nous avons le choix de vivre ou de mourir".
La limite est souvent posée, ce choix d'être fort ou faible, ce choix Kafka l'a fait, c'est ce qui l'a fait mûrir et grandir,il est allé au-delà, il a choisi de sortir de la "pierre de l'entrée" de garder ses souvenirs et de "VIVRE".

Pierre= inertie=mort.
"la chose" est cette volonté d'attirer les êtres vers la mort= mal= destruction.

J'espère n'avoir pas été trop longue.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Jean-Pierre Poccioni
Membre
Membre
avatar

Nombre de messages : 3237
Age : 69
Localisation : Loiret
Date d'inscription : 10/12/2005

MessageSujet: Haruki Murakami   5/6/2013, 18:59

Je reste sur ma position: littérature formatée pour post-ados et gros tirages. Les post-ados s'arrachent ses parutions comme il le font pour un nouvel i-phone ( c'est logique puisque ce sont deux produits post-modernes)

Tout un folklore médiatique bien orchestré qui n'a que peu de rapports avec la littérature.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Haruki Murakami   

Revenir en haut Aller en bas
 
Haruki Murakami
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» 1Q84 (Tome 01) AVRIL - JUIN, de Haruki Murakami
» Sommeil, de Haruki Murakami
» Haruki MURAKAMI (Japon)
» Haruki MURAKAMI: Au sud de la frontière à l'ouest du soleil
» La fin des temps - Haruki Murakami

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Passion des mots :: Forums de discussions :: La littérature et le langage-
Sauter vers: