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 Le voile encore transparent d'une brume noire

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yugcib
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MessageSujet: Le voile encore transparent d'une brume noire   27/7/2008, 11:50

Passer sa vie à écrire des livres que l'on publie, produire un site ou un blog, dialoguer sur les forums du net... Pour des personnes qui ont un environnement familial ou social inexistant ou très réduit, épisodique, sans consistance réelle ni stabilité... C'est vivre comme un voyageur qui marche sans être rattaché à une caravane. Les êtres de rencontre ou de passage ne sont alors pour ce voyageur que des interlocuteurs occasionnels qui eux, sont de quelque caravane.
Le plus essentiel de tous les environnements relationnels est celui de la famille, et par la famille, le lien générationnel. Ce lien là fonctionne comme un fil entre les êtres que ce fil relie. Et par le fil circulent les souvenirs, la mémoire de ce qui fut, la transmission orale ou écrite de l'information et des évènements concernant les personnes, la pensée, l'oeuvre accomplie, la volonté de durer et de devenir, le futur de l'être lui-même...
Lorsque disparaissent les anciens, il y a cette continuité générationnelle existant en ligne directe ou collatérale, par la descendance : les fils, les filles, les neuveux et nièces puis leurs enfants...
S'il n'y a pas de descendance, si la personne elle même ou son fils ou sa fille est le dernier maillon de la chaîne et demeure sa vie durant ce dernier maillon, alors le fil est coupé, et disparaît le plus essentiel de tous les environnements relationnels.
En l'absence d'environnement familial ou à l'extérieur d' un environnement familial très réduit ou recomposé ou disparate et qui de surcroît se délite, il peut exister cependant un environnement d'amis ou de connaissances proches constitué de personnes que l'on voit et revoit, presque comme dans une famille... Alors si cet environnement là existe, l'on peut considérer qu'il se substitue dans une certaine mesure à un environnement familial inexistant ou réduit ou dilué...
Beaucoup de gens en réalité n'ont pas ou n'ont plus d'environnement familial d'une part; mais n'ont pas non plus vraiment d'environnement social (amis proches, connaissances et relations durables)... Car ce qui relie les gens le plus souvent ne ressemble qu'à des croisements de chemins où l'on se dit bonjour, où l'on échange quelques propos, où l'on décide de faire deux ou trois kilomètres ensemble... Mais les pas des uns et des autres s'effacent peu à peu sur le chemin parcouru et l'on ne se retrouve plus... Ainsi se présente dans toute son aridité, la vie de celui ou celle dont l'environnement relationnel se délite : le voyageur est solitaire, rejoint une caravane puis une autre, mais les caravanes passent, s'étirent, se morcellent...
Lorsque se réduisent ou s'effacent les perspectives relationnelles, que certains êtres auprès desquels on a investi sa capacité affective, émotionnelle et spirituelle s'éloignent, et que passent les saisons puis les années ; il se forme alors comme une brume noire ne venant sous notre ciel au début, que sous l'apparence d'un voile transparent de poussière légère... Mais le voile s'opacifie peu à peu, la brume noire s'épaissit et devient avec le vieillissement de l'être, un brouillard de silence et de nuit... Et les souvenirs affluent, éclatent comme des fleurs d'automne dans une lumière de jour qui parvient encore à traverser le brouillard de nuit et de silence, puis viennent se briser sur une réalité abrupte et aride comme des vagues aux crêtes blanches sur une côte rocheuse...
Lorsque se réduisent ou s'effacent les perspectives relationnelles, que le chemin générationnel débouche comme au bord d'un haut plateau sur un abîme ; que tout ce que l'on peut transmettre de soi, de sa vie, de sa pensée, de ses émotions, n'est plus qu'un livre perdu dans les rayonnages d'une immense bibliothèque... Alors quel est le sens réel d'une oeuvre personnelle, littéraire ou artistique reconnue ou non reconnue?
Certains écrivains, peu à dire vrai... Ont, à un moment de leur vie, cessé d'écrire. Il y en a même qui ont détruit une partie de ce qu'ils ont produit, et sans aucun doute d'autres qui ont tout détruit... Pour d'autres raisons peut-être, que la disparition de perspectives relationnelles.
Les gens heureux ou qui croient être heureux, ceux qui ont dans la « consensualité du monde » des repères, des certitudes, des convictions, des relations... N'ont jamais, je crois, cette tragique lucidité qu'ont parfois les enfants qui ont commencé à penser trop tôt à cause de ce qu'ils ont vu et ressenti du monde...
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kistila



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MessageSujet: le voile encore transparent...   27/7/2008, 14:26

j'ai été particulierement touchée et interessée par votre envoi.
avant toute chose parceque, comme toujours, vos envois sont "humains" et non "ex catedra"...
parceque, comme toujours, ils n'oublient pas "l'environnement", que celà soit celui de la Nature ou "relationnel"...

point par point je désire vous répondre:
"Le plus essentiel de tous les environnements relationnels est celui de la famille, et par la famille, le lien générationnel. Ce lien là fonctionne comme un fil entre les êtres que ce fil relie. Et par le fil circulent les souvenirs, la mémoire de ce qui fut, la transmission orale ou écrite de l'information et des évènements concernant les personnes, la pensée, l'oeuvre accomplie, la volonté de durer et de devenir, le futur de l'être lui-même...
Lorsque disparaissent les anciens, il y a cette continuité générationnelle existant en ligne directe ou collatérale, par la descendance : les fils, les filles, les neuveux et nièces puis leurs enfants"
ma propre famille française et celle de mon mari espagnole sont des familles extremement nombreuses parceque très traditionnelles, (avoir 5 enfants comme moi c'est assez "miserable", mes cousines et celles de mon mari passent en general de la demi-douzaine et on "arrive" mème jusqu'â 13 en espagne et 10 en france) donc je connais très bien les "legendes" familiales, à une epoque où il n'y avait pas la télé, mon mari connaissait comme moi les "veillées" familiales...

mais il existe une "relation" particulière que l'on ne trouve pas souvent dans sa propre "caravane" (j'adore votre manière de nommer ces noyaux de relations), c'est la relation amicale, culturelle, communauté d'esprit
"C'est vivre comme un voyageur qui marche sans être rattaché à une caravane. Les êtres de rencontre ou de passage ne sont alors pour ce voyageur que des interlocuteurs occasionnels qui eux, sont de quelque caravane."
on peut avoir des "atomes crochus" avec quelque soeur ou cousine, camarade de classe ou de lycée... mais il peut arriver que sur ce plan on se trouve "seul"... on se sent "different". (la première difference a été pour moi que ma mère a décidé de nous envoyer ma soeur et moi à un lycée au grand dam de la famille "traditionnelle " qui mettait ses enfants dans des écoles religieuses, mais là même j'etais une "demoiselle de... qui n'était pas à sa place... difficile de trainer comme un chwingum à sa semelle vitale un nom à rallonge...) donc on cherche comme on peut à se "faire un trou" dans la societé, on cherche à se mêler à d'autres caravanes de passage... la meilleure pour moi ayant été celle de la Sorbonne!!... mais je n'y aies été que deux ans, ayant choisi de suivre un "cavalier espagnol", un "conquerant"... nous avons commencé une "marche vers l'ouest"... avec bétail inclus!!

"Lorsque se réduisent ou s'effacent les perspectives relationnelles, que certains êtres auprès desquels on a investi sa capacité affective, émotionnelle et spirituelle s'éloignent, et que passent les saisons puis les années "
actuellement j'en suis là... même si nous avons "reunion familiale" de tous mes enfants chez moi avec les pièces rapportées tous les 15 jours,
j'ai très peu de contacts amicaux et c'est pour celà que j'ai apprécié internet, j'esperais retrouver là l'ambiance du lycée et, au mieux, l'ambiance sobornade...
je fais partie d'un forum espagnol (avec beaucoup de sud-americains) qui me remplis d'aise... mais j'aurai aimé trouver l'equivalent en français... je crus l'avoir trouvé un moment ici... mais j'en suis assez déçu... vous êtes pratiquement le seul intervenant qui ait le sens de l'amitié, qui parle avec temperance et non outrecuidance, qui s'interesse à beaucoup de thèmes variés et en particulier a vraiment la "passion des mots"...

La passion des mots: un de vos paragraphes en est le vivant exemple, je l'ai beaucoup aimé
"les souvenirs affluent, éclatent comme des fleurs d'automne dans une lumière de jour qui parvient encore à traverser le brouillard de nuit et de silence, puis viennent se briser sur une réalité abrupte et aride comme des vagues aux crêtes blanches sur une côte rocheuse..."
je ne suis pas encore
"un livre perdu dans les rayonnages d'une immense bibliothèque"
et encore moins "un livre de terre ou de pierre" comme vous le nommiez si bien dans le post de "cimetières"... mais quelque fois je prends "le chemin de l'abîme à la brume noire"... faute de sentir que je fais partie "pour de bon" d'une "caravane" qui s'interesse "vraiment" aux mots...
merci encore pour vos reflexions. amicalement kistila
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Jean-Pierre Poccioni
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MessageSujet: Re: Le voile encore transparent d'une brume noire   27/7/2008, 15:10

Je trouve intéressant et étrange à la fois cette volonté de rattacher l'acte d'écriture ( plus spécialement quand cet acte débouche sur la publication, c'est à dire la diffusion) à l'environnement relationel des êtres.

Intéressant par la tentative de globalisation du point de vue, ce que Kistila nomme assez justement l'environnement ( pour ajouter moins justement que seul Yugcib en tiendrait compte, mais ce préjugé est un autre débat...)

Etrange, parce que l'acte d'écriture me semble très solitaire ( il faut voir d'ailleurs comme toute tentative de communication d'un écrivain vivant ( les morts, on aime bien !) trouve autrui intolérant, agressif et fermé, dans le style "écrit et tais-toi ! ") aussi solitaire que la confrontation avec la mort, autre forme de bord de précipice.

Les autres donc...

L'homme, ne l'oublions pas fait des enfants sans aucune philosophie ni sagesse particulière, il est un animal et se reproduit, c'est tout!

Ensuite, parce qu'il est homme, parce que son évolution l'a élevé un peu au-dessus de l'animalité ( et encore, pas sur tous les plans !) il s'invente une transcendance et organise sa multitude.

L'amour est l'invention transcendentale du coït et parfois ça ne marche pas trop mal.

La famille, ô combien sacralisée, est la transcendance de la meute, le degré premier de la mise en ordre, le premier cercle du système social.
C'est parfois très beau ( surtout à Noël et aux enterrements) mais le plus souvent très aliénant.

Les autres relations, amis et tous ceux qui prétendent en approcher, seraient pas mal non plus si l'homme ne promenait pas son MOI en laisse tel un terrible Pitt-Bull dévoreur d'autrui, de préférence quand autrui est par trop dissemblable.

Voyez comme sur ce site où tout le monde prend plaisir à n'être personne on est bien protégé des morsures !

Alors j'écris pour les vivants, lecteurs anonymes qui sont un instant mes semblables. Et la postérité, les générations futures, me laissent assez indifférent.

Par ailleurs, j'aime que notre temps accepte peu à peu l'adoption, la désacralisation du sang, de la génétique, au profit de l'amour donné, y compris par deux hommes ou deux femmes à un enfant. C'est peut-être, de nos jours le seul véritable progrès humain.

Quant à la communauté d'esprit dont parle Kistila, certes, mais c'est tellement difficile de dépasser le jeu des apparences, de procéder autrement que par idées préconçues. Et puis cette obsession de la tempérance, c'est à dire de la tiédeur, du politiquement correct, du tranquille pour ne pas dire du plan-plan.

J'observe qu'on admire les artistes extrêmes, Céline, Bacon, Picasso, Mozart, et mille autres, qui étaient passionés, violents, extrêmes, injustes même, tout sauf tièdes, et que dans la vie quotidienne on réclame à grands cris du tout petit petit, de bons gros sentiments de téléfilm et des émotions de même.

Curieux, non ?

Cela dit Yugcib, bravo pour avoir posé en ce dimanche de silence quelques mots forts et droits.
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François
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MessageSujet: Re: Le voile encore transparent d'une brume noire   27/7/2008, 16:50

Intéressant ce post de Yugcib, tout comme les réponses de Kistila et Jean-Pierre Poccioni.

Je n'ajouterai rien pour l'instant car, s'il y a des jours où j'ai une opinion sur tout, aujourd'hui tout ce que j'ai lu ci-dessus me semble vrai et faux... bref, je ne sais pas !
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Jean-Pierre Poccioni
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MessageSujet: Le voile etc   27/7/2008, 18:47

Intéressant ce message de John, qui nous dit qu'il n'a rien à dire et qui, disant (tout de même) que les messages sont (ou semblent) un mélange de vrai et de faux, ne dit effectivement rien.

Sur un tel message je n'ai rien à dire, si ce n'est que l'été... c'est vraiment l'été !
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kistila



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MessageSujet: le voile encore transparent...   27/7/2008, 20:34

en reponse à jean.pierre Poccioni quelques reflexions:

Je suis d'accord avec lui: "l'acte d'ecriture me semble très solitaire" dit-il.
c'est absolument certain.

mais l'ecrivain?? j'en suis moins sûre, celà ne depend il pas du caractère du dit ecrivain? de son entourage aussi?
il est vrai que si toute l'opinion que vous avez de l'amitié est "una merienda de negros" dit on en espagnol:"un gouter de nègres" (je suppose qu'il doit y avoir un equivalent en français mais celà m'echappe pour le moment, celà equivaut à votre "moi-pitt bull")
Paul Geraldy disait quelque chose comme "chacun tend son propre portrait à l'autre et cet autre se regarde dans le verre du cadre" (c'est le comble je traduis cette phrase trouvée dans un livre espagnol)
Si c'est toute la confiance que vous avez dans l'amitié il est certain que comme ecrivain vous risquez de vous sentir solitaire.

quand à toutes les autres reflexions que vous avez sur la famille... je trouve celà tellement à l'emporte`-pièce que je ne trouve pas que celà merite une réponse.

j'oubliais: la "temperance". pour moi ce n'est pas égal à "tiedeur" (nous ne parlons pas de meteo), mais à "respect (j'aurai pu donc dire tolerance) et "education". si dans les forums il n'y a pas un minimum de ces qualités on en vient très rapidement à la "merienda de negros". si tous se bouffer le nez est votre ideal... pas étonnant que vous vous sentiez solitaire...
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François
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MessageSujet: Re: Le voile encore transparent d'une brume noire   27/7/2008, 21:26

Jean-Pierre Poccioni a écrit:
Intéressant ce message de John, qui nous dit qu'il n'a rien à dire et qui, disant (tout de même) que les messages sont (ou semblent) un mélange de vrai et de faux, ne dit effectivement rien.

Sur un tel message je n'ai rien à dire, si ce n'est que l'été... c'est vraiment l'été !

Ben oui, Jean-Pierre, sur ce genre de sujet je ne parviens pas (ou plus) pour l'instant à émettre une opinion claire et précise.

Ce que Yugcib a écrit éveille des échos en moi, tout comme ta réponse et celle de Kistila. Pourtant je sais que vos idées s'opposent largement.

A 46 ans, je ne peux pas encore mettre cette carence réflexive sur le compte de l'âge ou d'alzeimher, alors disons que c'est l'été... à moins que ce ne soit l'excès de vin consommé ces derniers jours ?
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François
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MessageSujet: Re: Le voile encore transparent d'une brume noire   27/7/2008, 21:28

Un mot pour Kistila : je pense que vous percevez assez mal la personnalité de Jean-Pierre Poccioni. Et c'est un euphémisme.
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Jean-Pierre Poccioni
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MessageSujet: Le voile etc   27/7/2008, 21:42

Cher John,

Si c'est le vin tu peux compter sur mon absolution !

PS: Merci pour la remarque à Kistila, je reconnais bien là ton sens de l'équité!

PS2: J'espère que tu ne vas pas accuser la Toscane de t'avoir donné le goût du vin!

PS3 : Pour te consoler et ayant relu le sujet depuis le texte de Yugcib : Tout cela me semble un peu flou pour ne pas dire confus (y compris ma participation ) Ce qui est terrible c'est que Yubcib est capable de s'y retrouver parfaitement, ce traître qui peut-être, nous "regarde" patauger en riant !
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François
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MessageSujet: Re: Le voile encore transparent d'une brume noire   27/7/2008, 22:43

En invoquant le vin, je savais que l'indulgence du Faune me serait acquise.
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kistila



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MessageSujet: le voile encore...   28/7/2008, 18:22

À jean -pierre poccioni:

je suis désolée d'avoir été mal interpretée, et je viens de vous envoyer un message personnel dans ce sens,
si je n'ai pas voulu répondre à la partie de votre message traitant de la famille c'est parcequ'il me semblait trop peremptoire. comparant l'homme à un animal de bout en bout,

presenter le fait de "faire des enfants" comme tout juste un "resultat du coït" m'a semblé fort dégradant et injuste envers ceux pour qui l'acte de "procreer" (presque de façon compulsive) est ressenti reellement comme une "creation".

peut-être n'avez-vous pas connu de famille nombreuse à ambiance chaleureuse, peut-être au contraire vous avez connu de celles qui sont une "meute" de crocs et preseances entre mâles ou anciens... comme ces sagas interminables, en general américaines...

J'aurai preféré le mot "tribu", car en effet ces familles ont souvent leurs traditions particulières, et même un langage qui lui est propre!! Ah nostalgie quand tu nous tiens!!

pour ce qui est de mon extrapolation sur l'amitié, excusez-moi: certes je fais un peu culcul (du moins c'est malheureusement l'impression que j'ai l'air de vous donner) parceque je "crois" encore à l'amitié, et crois que tout le monde n'est pas narcissique ni Pitt-bull vis à vis des autres...

mon opinion ne va pas "contre" vous, c'est simplement une opinion differente de la votre.
.
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Jean-Pierre Poccioni
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MessageSujet: Le voile etc   29/7/2008, 07:54

Vous avez tendance à carricaturer mes propos et surtout vous mêlez réalité intimes et idées.

Laissez donc tranquilles ma famille dont vous savez rien, mon couple dont vous ne savez rien , mes amis dont vous ne savez rien !

Observez non pas telle famille qui serait formidable, bien sûr qu'il en existe, tel couple merveilleux ou telle amitié exemplaire.

Observez LA famille en général dans sa dimension historique et géographique.

Ne fut-elle pas le lieu premier de l'oppression, des enfants, des femmes, des vieillards ?

Savez-vous que c'est dans la famille que se produisent l'immense majorité des crimes et délits sexuels, pedophiliques ou pas ?

Par ailleurs, eh oui l'homme est un animal ! ( mais pas de bout en bout ) et l'amour, les amours sont venus en plus comme l'a dit Elisabeth Badinter que vous devriez lire, si ce n'est fait, comme vous devriez regarder le beau film d'Alain Resnais Mon oncle d'Amérique qui vous en dirait long sur notre animalité....


Ma vision n'est pas rose ? Qu'y puis-je ?

PS : Bravo tout de même pour votre volonté de poursuivre la discussion et pour l'intelligence de votre message privé.
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yugcib
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MessageSujet: Re: Le voile encore transparent d'une brume noire   29/7/2008, 08:39

... Tout comme Kistila, je préfère "tribu" à "meute"... Mais la "meute" est, et la tribu est, également... La meute c'est peut-être parce que l'humain est un animal (à l'origine et même dans une sorte de "continuité évolutive")... La tribu c'est peut-être parce que l'humain (alors "animal pas tout à fait comme les autres") n'arrive pas (même dans cette "modernité en glou glou de trou de baignoire) à se couper de ses racines...

Il y a d'une part, l'idée que je me fais de ce que devrait être un environnement familial... Et d'autre part, la réalité de ce qu'est un environnement familial.
J'en suis très conscient et je reconnais la réalité. Aussi ne suis-je guère surpris de vos réponses. En particulier de la réponse de Jean Pierre Poccioni (il évoque une meute)...
Alors voici ce que je peux dire :
Dans les nouvelles générations de ma propre famille, je sais au moins 3 personnes, 3 jeunes femmes, auxquelles je pourrais en toute confiance, communiquer et transmettre mes écrits avec l'espérance que mon oeuvre survivra, peut-être par les descendants de ces personnes là, de ma famille.
Je ne puis en dire autant de la plupart des autres membres de ma famille auprès desquels je ne communique pas (ou très peu) mes écrits... Que je ne cherche pas d'ailleurs à confier ou à remettre « pour le cas où il m'arriverait quelque chose ».
Dans les relations que j'ai, en dehors de ma famille, il existe quelques personnes, qui sont mes amis, auxquelles je pourrais éventuellement en cas de nécessité, confier mes écrits...
En ce qui concerne les relations que j'ai sur le Net dans les forums que je fréquente ( 4 en vérité seulement, et peut-être 1 ou 2 autres très occasionnellement)... Je vous apprécie tous, chacun de vous pour une raison ou une autre et j'aime bien vous voir apparaître... Certains d'entre vous d'ailleurs sont de mes amis. Il m'est arrivé d'avoir parfois des discussions « assez difficiles » voire tendues, et de me méprendre sur le sens d'un message ou d'une réponse... Nombre de vos réponses et réactions ou commentaires m'interpellent, m'émeuvent, m'éclairent et m'ouvrent une porte dont je ne soupçonnais pas, auparavant l'existence... En somme, c'est plutôt vous qui me faites écrire, et avant d'écrire, réfléchir... Et que vous en soyez conscients ou non, vous me faites là une sorte de « cadeau » si je puis dire : vous m'existez... Et je vous en remercie...
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MessageSujet: Re: Le voile encore transparent d'une brume noire   29/7/2008, 17:13

... Les terribles réalités évoquées par Jean Pierre sont bel et bien des réalités dont il faut hélas prendre conscience : ces choses là existent, ont toujours existé, et de nos jours on ne le sait que trop, par les médias...

La différence qui existe et existera toujours entre la relation familiale et la relation extérieure à la famille (selon bien sûr la qualité et la force de la relation) c'est que, dans la relation familiale il y a comme pour les branches reliées au tronc d'un arbre, des racines communes... Des racines anciennes et profondes.
Les racines sont ces ancêtres communs à plusieurs personnes, c'est à dire, cet arrière grand père, cette grand' tante ou cet oncle (qui furent tous des enfants à l'origine) dont on évoque l'existence passée, l'oeuvre accomplie et les évènements de la vie de cet ancêtre...
Il y a aussi ces souvenirs d'une enfance commune entre frères, soeurs et cousins lors de réunions ou évènements familiaux.
Les racines et les souvenirs, ce que l'on a vécu ensemble et partagé depuis l'enfance, c'est cela qui assure et entretient une « continuité affective et émotionnelle » ayant pour origine l'enfance dans le « berceau » (ou l'environnement familial)...
Pour ma part, n'ayant eu ni frère ni soeur, j'ai été et je suis très attaché, affectivement et émotionnellement, à mes cousines (les filles des soeurs de mon père)... J'avais avec la soeur la plus âgée de mon père (décédée en 2005 à l'âge de 94 ans) une relation de pensée et de réflexion, de communication, d'une certaine dimension... Elle était aussi, ma tante, le « monument historique » de la famille de mon père (le « monument littéraire » étant mon oncle c'est à dire son mari décédé en 1993)...
Savoir ce qui fut, de celles et ceux qui nous ont précédé ; transmettre ce que l'on fait, ce que l'on est, ce que l'on dit ou écrit, à celles et ceux qui nous suivront... Par les liens générationnels... C'est en quelque sorte sentir qu'on a préexisté, et qu'il y aura un « prolongement » à notre existence... (une forme d'éternité peut-être?)
Dans la relation extérieure à la famille, la « racine » c'est ce moment ou cette époque de notre vie où l'on a rencontré l'autre, les autres... C'est à dire ces personnes avec lesquelles on a sympathisé, décidé de se revoir... Et les souvenirs alors, le vécu, le partagé, n'ont pas les mêmes origines (celles de l'environnement familial). Peut-être y-a-t-il alors nécessité d'une dimension de pensée et d'affection commune pouvant se substituer à celle qui existerait si l'on était de mêmes racines lointaines et profondes...
Si un ami très cher ou une amie très chère est irremplaçable, si les relations non familiales que l'on a sont des relations intenses, profondes et durables... Il n'en demeure pas moins que l'absence de relation familiale, ou la mauvaise qualité de la relation familiale ou ce qu'il peut y avoir d'invalidant dans la relation familiale... Est, dans sa vie, bien davantage un MOINS qu'un PLUS... A dire vrai, à mon sens, jamais un PLUS.
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MessageSujet: Re: Le voile encore transparent d'une brume noire   30/7/2008, 11:11

Jean-Pierre Poccioni a écrit:
LA famille en général dans sa dimension historique et géographique. Ne fut-elle pas le lieu premier de l'oppression, des enfants, des femmes, des vieillards ? Savez-vous que c'est dans la famille que se produisent l'immense majorité des crimes et délits sexuels, pedophiliques ou pas ? Par ailleurs, eh oui l'homme est un animal !( mais pas de bout en bout ) et l'amour, les amours sont venus en plus comme l'a dit Elisabeth Badinter que vous devriez lire, si ce n'est fait, comme vous devriez regarder le beau film d'Alain Resnais Mon oncle d'Amérique qui vous en dirait long sur notre animalité.....


Je retiens en priorité une chose qui m’interpelle immensément sur cette ligne d’échanges : qu’il est incontournable effectivement, de ne pas oublier combien la famille peut être le lieu de tous les sacrilèges, de toutes les déviances, des pires isolements et profanations.

Rendez-vous de la dévoration et dieu merci, parce qu'elle permet au romanesque d'y puisser une respiration, au cœur des solitudes enfouies, c’est peut-être ce qui la rend si passionnante à comprendre, à vivre et à analyser. Avec ce que la notion de Passion implique de déchirures et vient du latin patior souffrir. La meute familiale, c’est éprouver, endurer, et au milieu de la meute, c’est tenter de survivre.

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Macaire
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MessageSujet: Re: Le voile encore transparent d'une brume noire   2/8/2008, 17:35

Maiiiis Noooooon !
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François
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MessageSujet: Re: Le voile encore transparent d'une brume noire   2/8/2008, 19:19

La famille n'est pas un lieu d'épanouissement pour tous, certes, mais ne l'est-elle pas pour la majorité d'entre nous ? Je constate que dans les enquêtes d'opinion auprès du grand public, la famille est toujours une des premières valeurs citées, si pas la première.

La raison, je pense, est que nous pressentons (presque) tous qu'il existe quelque chose de potentiellement nettement pire que la famille, à savoir l'absence de famille.
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Jean-Pierre Poccioni
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MessageSujet: Le voile etc   2/8/2008, 21:07

Certes John...

Mais une valeur défendue peut l'être comme un idéal qui est loin d'être atteint !

L'amour fusion, parfait, éternel, est aussi une valeur pour beaucoup. Est-il souvent réalité ?

Cela dit, je suis d'accord sur le fait que trop de noirceur risque de fausser le débat vers la carricature. Et la carricature est le contraire de la sociologie vers laquelle nous tendons.

Quant à mesurer la proportion exacte de familles positives ( ?) ici ou là, c'est une affaire qui dépasse de loin mes modestes compétences !
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François
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MessageSujet: Re: Le voile encore transparent d'une brume noire   3/8/2008, 11:07

Je te suis entièrement, d'où l'usage de l'adverbe "potentiellement" dans mon message précédent.

Nous magnifions la famille pour ce que nous pensons (ou espérons) qu'elle pourrait nous apporter par comparaison, comme je le disais, à une situation où nous n'aurions pas d'appartenance à un cercle familial.

Pour le reste, tout dépend bien sûr des situations particulières.

Pour ma part, après réflexion, je me sens assez proche de ce qui est exprimé dans le message initial de Yugcib.
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mireille.j
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MessageSujet: Le voile encore transparent d'une brume noire   5/8/2008, 21:47

Dommage que toutes les familles et racines ne s’entendent pas dès qu’il y a différence d’opinion d’un membre.
Il y a un proverbe qui dit « La famille est une source de problèmes >
Bien sur, je remarque qu’il y a des chouettes familles, dommage qu’on ne puisse pas tout en dire autant.
Doit-on accepter un rejet quand vous n’avez pas la chance d’être comme les autres ex. un grave souci de santé ou de la jalousie et le rejet de la personne avec qui vous construisez votre bonheur sans qu’il fasse le moindre effort de faire sa connaissance plus amplement ?
A ce moment-là, mon choix est de penser à ma vie, dans le bonheur avec la personne que j’aime avec la liberté de pensée. C’est un choix personnel que je n’ai pas regretté et j’ai constaté qu’on peut avoir plus de richesse avec d’autres personnes ou amies qui trouvent les mots plus justes pour vous encourager ou vous soutenir dans les moments très difficiles.
Naturellement, des bons souvenirs d’enfance restent dans nos mémoires, mais en grandissant on comprend des situations qui peuvent vous donner honte de faire partie de cette famille borné qui ne vous correspond nullement.
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