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| | La souffrance est relative à chacun | |
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Jipi Administrateur

Inscrit le : 26 Oct 2005 Messages : 2825 Localisation : Belgique
| Sujet: La souffrance est relative à chacun Mer 8 Aoû - 19:12 | |
| Je lisais dans un des messages de Jean-Pierre Poccioni une allusion à cette relativité. Je pense en effet qu'il est vain de vouloir comparer perpétuellement notre souffrance à d'autres souffrances jugées plus importantes que la nôtre. Même si l'on sait que dans le monde des souffrances inqualifiables, atroces... existent, nous avons le droit d'exprimer notre propre souffrance même si celle-ci est jugée dérisoire par certaines personnes qui la compareraient à d'autres souffrances jugées comme étant bien plus importantes. La souffrance est donc relative à chacun et chacun ne doit donc pas se culpabiliser en comparant sa souffrance exclusivement personnelle à d'autres souffrances surgissant quotidiennement dans notre univers.
Que suscite en vous cette petite réflexion ? _________________
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|  | | Gosayn Membre


Inscrit le : 26 Avr 2006 Messages : 248
| Sujet: Re: La souffrance est relative à chacun Mer 8 Aoû - 19:21 | |
| Je suis d'accord.
La sobriété de cette réponse ne vous confond-elle pas?  |
|  | | Jipi Administrateur

Inscrit le : 26 Oct 2005 Messages : 2825 Localisation : Belgique
| Sujet: Re: La souffrance est relative à chacun Jeu 9 Aoû - 10:51 | |
| Je suis confondu et... tellement baba !  _________________
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|  | | Romane Membre


Inscrit le : 01 Fév 2007 Messages : 143
| Sujet: Re: La souffrance est relative à chacun Jeu 9 Aoû - 11:45 | |
| | Gosayn a écrit: | Je suis d'accord.
La sobriété de cette réponse ne vous confond-elle pas?  |
itou _________________ La mer disparut par une nuit sans nom, sans fracas, sans même avoir pris la précaution de rédiger son testament. (Romane) http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html |
|  | | Jean-Pierre Poccioni Membre

Age : 60 Inscrit le : 10 Déc 2005 Messages : 471 Localisation : Loiret
| Sujet: La soufrance est relative... Jeu 9 Aoû - 12:45 | |
| On peut juger un peu vain de se contenter de dire : La soufrance est relative donc etc..."
Premièrement cette relativité est, elle-même, relative: qui niera qu'il est plus pénible de perdre un proche que de rater ses vacances à cause du mauvais temps ?
Ensuite plus qu'une question de comparaison entre telle et telle sorte de souffrance, avec en ligne de mire l'espoir d'une classification, il me semble fondamental de ne pas oublier les deux grandes catégories de souffrance:
La MIENNE et celle de l'AUTRE !
Ce qui soulève un autre débat, une autre question qui est celle de l'aptitude plus ou moins grande des individus à la compassion.
Nous entrons là dans un domaine où la langue de bois et les idées reçues sont dominantes.
Quand un enfant a été enlevé et tué par un sadique on dit sur les médias que la ville où vivait l'enfant est sous le choc et pleure ( une ville qui pleure ?)
Et la ville d'à côté ? Et la famille qui habite douze mètres au-dela des limites de la commune ? Et tous les gens qui n'en n'ont rien à faire ?
Autre idée reçue: " Rien n'est plus terrible que la perte d'un enfant pour une mère" Sous entendu c'est moins terrible pour le père ! Et si la mère battait, maltraitait son enfant ? Et si elle ne s'en occupait pratiquement pas ? C'est pareil ?
Conclusion : Attention, la relativité est un gouffre où l'analyse risque fort de perdre sa substance, où la raison s'égare facilement et où la malhonnêteté fait son marché avec délices.
PS: En complément lire ou relire les réactions du Faune à la mort d'un enfant dans son immeuble dans La Maison du Faune. |
|  | | Claudy Membre


Inscrit le : 14 Déc 2005 Messages : 178 Localisation : Chassieu ( Rhône )
| Sujet: Re: La souffrance est relative à chacun Jeu 9 Aoû - 17:08 | |
| La souffrance de chacun est personnelle et ne peut se mesurer à aucune autre pareille !
Lorsque nous disons " qu'il y a plus malheureux que nous " ne cherchons nous pas à relativer, en effet notre propre souffrance, comme un échappatoire à notre douleur ?
J'ai hâte de commander ( ça va venir :-) La Maison du Faune .... _________________ http://entre-ciel-et-plume.chez-alice.fr/ Plus mon ciel est chargé de nuages ... Plus je vais comme le vent me pousse ... |
|  | | Line Membre


Inscrit le : 09 Aoû 2007 Messages : 115 Localisation : Pas très loin de Paris
| Sujet: Re: La souffrance est relative à chacun Jeu 9 Aoû - 17:44 | |
| Je suis d'accord avec cette perception via cette analyse mais, c'est beaucoup trop généralisateur comme idée. Et puis les convictions peuvent évoluer. Je suis contre l'idée sous jacente que tout est "relatif" Vaste débat ...
| Citation: | | Attention, la relativité est un gouffre où l'analyse risque fort de perdre sa substance, où la raison s'égare facilement et où la malhonnêteté fait son marché avec délices |
tout est dit... Claudy +++ |
|  | | Romane Membre


Inscrit le : 01 Fév 2007 Messages : 143
| Sujet: Re: La souffrance est relative à chacun Jeu 9 Aoû - 18:52 | |
| | Citation: | | Rien n'est plus terrible que la perte d'un enfant pour une mère |
Je ne lis pas cette phrase ni ne l'entends comme toi, Jean-Pierre. Je pense qu'elle compare de la mère à la mère et non de la mère au père ou à quelque autre personne.
Je pourrais la traduire ainsi : la pire des choses qui pourrait arriver à une mère, c'est de perdre son enfant. _________________ La mer disparut par une nuit sans nom, sans fracas, sans même avoir pris la précaution de rédiger son testament. (Romane) http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html |
|  | | Jean-Pierre Poccioni Membre

Age : 60 Inscrit le : 10 Déc 2005 Messages : 471 Localisation : Loiret
| Sujet: La soufrance est relative... Ven 10 Aoû - 8:00 | |
| Certes, Romane, mais il reste que la perte d'un enfant est la pire des choses pour une mère qui est mère selon les critères habituels et idéaux.
Il ne faut pas oublier que les rappports humains sont fondamentalement régis par le culturel et que le vocabulaire se contente de suivre. Si nous avons les yeux braqués sur notre monde ( ici et aujourd'hui) les mots deviennent la chose et la mère (ou le père, le mari, l'amant) se retrouve construite sur un modèle unique.
De toutes façons, le problème fondamental reste la motivation des personnes qui insiste sur la relativité.
Pourquoi "relativiser" une douleur ? Pour la rendre plus supportable ou pour renvoyer le souffrant à son problème qui n'est donc pas le nôtre ! Pour amoindrir son droit à la douleur ?
Par ailleurs faut-il à tout prix abolir la douleur sans nous préoccuper de sa fonction ? (Je fais allusion bien sûr à la douleur psychologique et non physique, encore que...) La douleur d'une mère qui perd son enfant n'est-elle pas ce qui la sauve de la folie ? Que penserait-elle d'une pillule miracle qui la rendrait heureuse immédiatement ? |
|  | | marie chevalier Membre

Inscrit le : 14 Déc 2005 Messages : 1135
| Sujet: Re: La souffrance est relative à chacun Ven 10 Aoû - 11:52 | |
| Grand débat en effet La relativisation de la douleur est une échelle que ceux qui ne souffrent pas ont tendance à tendre à celui qui souffre: tu souffres d'accord, mais regarde autour de toi ? tu n'es pas seul.. il ya madame truc qui a perdu son petit-fils c'est bien pire ! Qui relativise la douleur: l'autre pas celui qui a mal. Il ne peut pas, puisqu'il souffre, relativiser et se dire je ne souffre pas, du moins moins que mon voisin qui vient de se faire arracher une dent.
On ne relativise pas une douleur on la subit, on l'assume plus ou moins bien, mais elle est réelle quoiqu'en pensent les autres, et elle ne peut se mesurer à aucune autre: chacune douleur est personnelle très personnelle.  |
|  | | Sam.SZ Membre


Inscrit le : 28 Avr 2007 Messages : 74 Localisation : Tunis
| Sujet: Re: La souffrance est relative à chacun Ven 10 Aoû - 13:19 | |
| La souffrance ? Physique ou psychologique ? Déchéance du corps ou lambeaux de l’esprit ? La souffrance de se savoir mort tout en s’accrochant à ce que l’on sait être un acharnement thérapeutique ou la souffrance de ne pas pouvoir mourir dans la dignité ?
La souffrance de la pauvreté, du dénuement complet ou la souffrance de la grande solitude en dépit de beaucoup de facilité certaines fois ?
Il n’y a pas d’étages dans la souffrance.
Quoi que souffrir de voir vieillir son chien, de le voir devenir aveugle et voir souffrir des enfants atteints du cancer…le silence s’impose…
Il y a, me semble-t-il, des motifs de souffrance différents, une façon de souffrir propre à chacun ou de faire face à la souffrance propre à chacun. Mais pas d’étages.
Par contre, exprimer sa souffrance est une autre affaire.
Qu’est-ce qu’une souffrance liée à la mort brutale, incompréhensible d’êtres proches, une souffrance qui s’estompe et se ravive ( La souffrance est cyclique. De même, elle a une vie : jeunesse , maturité, vieillesse. Comprendre atrocité, douleur latente, résignation à la douleur.) face à une souffrance physique au quotidien contre laquelle aucun traitement n’a de prise et dont est obligé de s’accommoder ( plus mal que bien ) la personne qui la vit ?
La souffrance d’une mère peut être en elle-même une forme de folie ( et non ce qui la sauve de la folie ). Une mère qui entretient tout ce qui se rapporte à l’enfant perdu pour éviter de regarder la réalité dans les yeux, qui entretient son espace, ses vêtements, fait durer son parfum… N’est-ce pas déjà les contours de la « folie » ?
D’autre part, même si on peut convenir que dans les sociétés il y a des modèles établis de mère, de père, il y a quand même des réalités fréquentes qui, de ce fait, deviennent des « vérités ». Les marâtres existent mais me semble-il, en moins grand nombre que les « vraies » mères, les mères affectueuses et « maternelles » j’entends.
Il est aussi important d’entretenir des modèles positifs par nécessité de références solides et pour endiguer tout ce que l’homme recèle ou peut receler de monstrueux. Par exemple, si des « adeptes » de l’inceste tentaient de promouvoir leurs opinions, il y a risque qu’ils aient des « émules ».
Relativiser une douleur est un moyen de lui faire face, de l’affronter. C’est l’une des rares réactions possibles pour tenter de se remettre sur pied dans ce rapport de force où la douleur est dominante. Même si dans le fond on se ment tout doucement quelquefois. Que les autres, par contre relativise votre douleur propre doit être de l'ordre de l'insupportable.
J-P Poccioni parle de la fonction de la douleur. Une fonction paradoxalement salvatrice à mon sens. Surtout s’il y a un travail dessus pour notamment la « contrer », s’en éloigner, l’apaiser, lui substituer quelque chose d’autre.
Un travail personnel si les moyens psychologiques et caractériels sont disponibles – chose ardue ! – ou un travail personnel encadré qui peut s’avérer utile ( avec un peu de chance et beaucoup de perspicacité ) même si cela peut entraîner une ruine financière et ouvrir un vaste chantier.
Reste le seul vrai remède, le plus efficace et le plus implacable, le plus lent et le plus rapide, le plus salvateur et le moins humain : le temps et son écoulement. ( A l’instant je pense aux horloges coulantes de S Dali. )
J’ai pensé tout à l’heure en évoquant l’inceste à un petit livre dérangeant que j’ai lu l’an dernier et que j’ai vite rangé dans un coin oublié de la bibliothèque de crainte qu’il ne tombe entre des mains juvéniles positivement curieuses de livres et de lecture alors que farouchement opposée à toute forme de censure. ( J’abandonne aux chiens l’exploit de nous juger. Paul M. Marchand )
Pour finir et je vous prie d’excuser la longueur de la réflexion, un mot sur l’instinct maternel et l’amour paternel. Il n’y a pas lieu d’établir une comparaison entre l’amour d’une mère et l’amour d’un père à l’égard de son enfant encore que c’est foncièrement différent. La relation mère/enfant est physique très fréquemment, naturellement physique ( quoi qu’en dise Elisabeth Badinter dans XY, De l’identité masculine ) à laquelle vient s’ajouter le culturel. Un enfant est « le pendant » de la mère, à la naissance, bien entendu, mais aussi après d’où la nécessité de couper le cordon plus d’une fois.
La relation père/enfant n’est pas physique même si elle peut devenir viscérale par apprentissage, désir, besoin…
Les neuf mois de porter un enfant font la différence. Même si c’est considéré par certains pères comme un impérialisme insupportable.Je pense aussi qu'une mère est prompte à aimer un enfant sans les neuf mois ( physiques ) de grossesse.
PS : J’ai encore en souvenir le regard égaré, fou, haineux d’un passager malade tout intubé accompagné d’un médecin et d’une infirmière sur un vol de retour, le retour vers la fin. Mais aussi des regards des autres passagers, fuyants, honteux, rapides. Dont le mien. |
|  | | Jean-Pierre Poccioni Membre

Age : 60 Inscrit le : 10 Déc 2005 Messages : 471 Localisation : Loiret
| Sujet: La soufrance est relative... Ven 10 Aoû - 14:38 | |
| J'ai relu les différentes interventions sur ce sujet et me suis dit: Non ! Un forum est inapte à aborder un tel sujet sans éviter le piège d'une pénible superficialité.
Que personne ne se sente offensé, j'inclue tout à fait ma contribution dans ma remarque. |
|  | | Line Membre


Inscrit le : 09 Aoû 2007 Messages : 115 Localisation : Pas très loin de Paris
| Sujet: Re: La souffrance est relative à chacun Ven 10 Aoû - 15:19 | |
| il ne s'agit pas de ça, mais d'être conscient que la vérité n'appartient à personne, que nos afirmations n'ont que des valeurs sugjestives et par là même se poser cette question fondamentale : ne cherche t'on tout simplement pas à avoir raison par désir de puissance et de domination de son interlocuteur ! rappelons ici cette phrase de kundera : une conviction c'est une idée qui s'est figé, qui s'est arrété ! |
|  | | Sam.SZ Membre


Inscrit le : 28 Avr 2007 Messages : 74 Localisation : Tunis
| Sujet: Re: La souffrance est relative à chacun Ven 10 Aoû - 15:35 | |
| Je ne crois pas qu'il puisse s'agir de puissance encore moins de domination.
Une opinion personnelle est d'office sujette à caution par d'autres d'où l'intérêt de l'échange et de la confrontation des idées.
Superficialité? Je ne crois pas trop s'agissant de souffrance. A moins qu'il faille passer par-là pour être en effet plus crédible. Ou peut-être que vous avez raison Jean-Pierre. Mais je ne trouve pas votre intervention superficielle car j'avoue qu'elle m'a beaucoup donné à réfléchir. |
|  | | Romane Membre


Inscrit le : 01 Fév 2007 Messages : 143
| Sujet: Re: La souffrance est relative à chacun Ven 10 Aoû - 16:25 | |
| | Jean-Pierre Poccioni a écrit: | J'ai relu les différentes interventions sur ce sujet et me suis dit: Non ! Un forum est inapte à aborder un tel sujet sans éviter le piège d'une pénible superficialité.
Que personne ne se sente offensé, j'inclue tout à fait ma contribution dans ma remarque. |
Il n'y a pas à se sentir offensé. Perso, cela fait maintenant plus de 20 ans que j'y réfléchis. Parfois, les mots demeurent vains pour le dire.
Sur un forum ? les choses sont prises autant de travers que n'importe où. En réalité, je lis surtout ici mais je m'aperçois que parler devient un risque, j'en ai déjà fait les frais. Et sans faire autre chose qu'exprimer une idée, un ressenti, un avis.
Je m'exprime donc là où je suis sûre d'en avoir la liberté, et je veille toujours à ne blesser personne, étant à la fois pour la liberté d'expression et le respect d'autrui.
Sur ce sujet "souffrance" et "comparaison", j'observe et je réfléchis. En réalité, j'ai déjà pris un raccourci et j'ai déjà mes réponses. _________________ La mer disparut par une nuit sans nom, sans fracas, sans même avoir pris la précaution de rédiger son testament. (Romane) http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html |
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