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La politique dans une oeuvre littéraire...

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yugcib
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MessageSujet: La politique dans une oeuvre littéraire...   Mer 16 Mai - 15:18

« La politique dans une œuvre littéraire, c’est un coup de pistolet au milieu d’un concert, quelque chose de grossier et auquel pourtant il n’est pas possible de refuser son attention… » [Stendahl, La Chartreuse de Parme]

Quatre jours sans télévision, sans radio, sans journaux et sans discussion ni message dans les forums du Web puisque sans ordinateur et sans internet… Puisque parti des Landes, de Tartas exactement, afin de rejoindre les Vosges à « petites étapes », je traversai le Quercy, l’Auvergne et la Bourgogne… Dans la « verte nature » de notre beau pays de France, éloigné des derniers évènements de l’actualité politique.

Sur la route, et en camping, en effet, les préoccupations, les pensées et les regards ne sont plus tout à fait les mêmes que dans une vie sédentaire, en sa maison, en ses lieux et activités habituels…

C’est alors que vient un « autre regard », différent de celui que l’actualité, par la télévision, la presse, et il faut le dire, par notre émotivité et par notre sensibilité personnelle, nous fait avoir et nous incline à réagir… d’une manière ou d’une autre mais jamais, au grand jamais, d’une réflexion vraiment approfondie et réellement objective. D’ailleurs, soit dit en passant, une telle réflexion, si elle existe et si elle impulse en nous-mêmes une force créatrice, agissante et indépendante, un certain « apaisement »… Est-elle vraiment nécessaire ? Ne vient-elle pas plutôt en nous, comme l’eau vive d’un torrent de montagne, sans avoir été au préalable « approchée » dans la conscience même de son existence ? Sans avoir été, non plus, « escaladée » jusqu’à la source du torrent ?

Oui, faut-il vraiment rechercher de toutes ses forces, de tout son esprit, de tout son cœur, à tout prix, une telle réflexion, devenant ainsi plus passionnelle que naturelle, plus émotive que dimensionnée en l’image très nette et très pure d’une « vision » en nous ?

Il n’y a jamais, en toute polémique, en tout discours, en toute argumentation, en toute discussion, tout développement, tout commentaire ou toute analyse d’un quelconque évènement ou fait politique, sociétal ou économique… A mon sens, de réelle qualité littéraire, quand bien même la narration de ces faits divers et de ces évènements serait-elle faite dans la meilleure écriture et dans le meilleur style qui soit… Car ce qui fait, toujours à mon sens, la force, l’originalité et la qualité même de la littérature, en même temps que ce qu’elle impulse en nous d’énergie, de beauté, de créativité, d’émotion… et de ce regard libre comme l’eau vive d’un torrent… C’est la faculté qu’elle a, par sa « facture », la facture de l’auteur, de l’écrivain, du poète, du conteur, du romancier, de traduire par les mots ce qui émane des faits, des évènements, des personnages, d’en extraire « l’essence »… Certes, parce que l’on ne peut jamais demeurer indifférent à l’actualité politique, sociale, économique, et donc, refuser de s’y attentionner, l’on ne peut évidemment pas éluder la forme descriptive, représentative, commentée ou subjective de l’évènement. Mais cette forme ne doit être qu’une « toile de fond », un « décor », une « photographie », c'est-à-dire un ensemble qui lui, va contenir ce qu’il a d’essentiel : l’atmosphère, le regard, le ton, la force, l’impact… Et cela par un texte, un récit ou une œuvre en les quels on découvre bien, en soi, à la lecture, un esprit, une facture, une originalité, en un mot, un art…

Dans l’esprit de Stendahl, lorsqu’il évoque ce « coup de pistolet au milieu d’un concert », je dirais pour ma part : « Ce que nous écrivons tous, les uns et les autres, aujourd’hui, ressemble un peu à des tags plus ou moins artistiques ou à des dessins à main levée, dont certains d’entre eux sont d’une médiocrité et d’une banalité déconcertantes, que nous aurions tracés sous des tableaux de Cézanne, de Delacroix, de Magritte ou de Dali, au bas des murs d’un musée … Pardonnez moi tout de même la dureté de mon propos… Nous devrions plutôt construire de nouveaux musées, qui seraient aussi visités que les anciens je l’espère, et sur les murs des quels nous placerions nos œuvres, les vraies, celles qui ne sont ni ces tags ni ces dessins pour la frime »…

Dans la grotte du Pech-Merle près de Cabrerets en Quercy, vallée du Célé, j’ai pu voir ces dessins réalisés il y a 25640 ans (datation au carbone 14) par les hommes dits « de Cromagnon »… Et une œuvre, celle-ci de la nature : trois arbres reliés ensemble au niveau du sol au dessus de la grotte et dont la racine de l’un de ces arbres a emprunté un long « boyau » de plusieurs dizaines de mètres dans la pierre pour ressortir à l’intérieur même de la grotte et former comme une énorme stalactite végétale jusqu’au sol de la grotte.

Ce que ces hommes dessinèrent en ce temps là, ce que la nature produit, défiant l’imagination des hommes… C’est cela, l’œuvre éternelle… Une bien petite éternité, cependant, puisque quoi qu’il se passe sur notre planète, qu’il se soit déjà passé, que nous survivions ou non… Dans six milliards d’années, le soleil ayant brûlé la totalité de son hydrogène, se dilatera, deviendra une géante rouge et tout ce qui gravite autour de lui sera comme « avalé »…



NOTE : J’ai rédigé ce texte, ce mercredi 16 mai 2007 entre 10h et midi, alors que ma télévision était allumée et que se déroulait la cérémonie d’investiture du Président de la République Française… Cérémonie que j’ai d’ailleurs regardée (de loin en loin par maints aller/retours entre mon ordinateur et le poste de télévision)…

J’ai pu voir, en particulier, Cécilia, la « désormais première dame de France », absolument magnifique et sans maquillage outrancier, drapée dans sa belle robe d’un blanc brillant, élégamment ceinturée, robe à mon avis spécialement taillée, confectionnée et coupée pour l’occasion… Elle avait, ce matin là, donc, ce mercredi 16 mai, notre Cécilia, un visage tout à fait ravissant… Aussi ravissant, aussi agréable, d’ailleurs, que celui de Rachida Dati interrogée par Claire Chazal… « tout sourire »…

Décidément, ces jolies « dames de droite » ont « un peu ému » un Yugcib « pirate de gauche »…

Tiens ! Et si la politique, dans un émerveillement de féminité, ce n’était pas aussi, comme un « coup de pistolet »… dans un défilé de mode ?
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Jipi
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MessageSujet: Re: La politique dans une oeuvre littéraire...   Jeu 17 Mai - 15:22

Merci encore pour ta réflexion cher Yugcib qui, en tous les cas, est traversée par une immense sensibilité et un regard intelligent sur les choses et les êtres qui nous entourent.

J'aime beaucoup cette réflexion de Stendhal que je découvre grâce à toi !

En fait c'est le grand débat entre la littérature engagée ou non engagée entre l'art engagé ou non. Je viens encore de faire un cours à ce sujet à mes étudiants. Faut-il, dans une oeuvre littéraire, défendre une cause sociale, politique ou non.
Question de choix personnel en fait ! Même si l'art engagé a produit de grandes choses (Malraux et Costa Gavras pour ne citer que deux artistes dans le domaine littéraire et cinématographique), il a surtout produit des choses souvent détestables. Robbe-Grillet (que j'apprécie beaucoup) a écrit des articles remarquables sur le sujet. J'ai tendance à défendre son point de vue, à savoir que l'art ne peut se mettre au service d'une cause qui le dépasse ou en d'autres termes que l'art ne peut être un moyen au service d'une cause...

Mais je respecte le travail les artistes de haut talent qui arrivent à créer de très grands films que l'on peut dire engagés... je pense notamment à Costa-Gavras pour qui j'ai une grande admiration.

Je vais écrire un petit article sur le sujet dès que cela me sera possible.
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yugcib
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MessageSujet: Dans la pensée de Stendhal...   Ven 18 Mai - 9:03

... Quand il écrit "La politique dans une oeuvre littéraire est comme un coup de pistolet au milieu d'une salle de concert" ; il écrit aussi "Il n'est pas possible de refuser son attention"...
et : "Nous allons parler de fort vilaines choses"...
Sans doute a-t-il voulu dire par là, qu'il est difficile de demeurer indifférent, en tant qu'artiste (écrivain en l'occurence), à l'évènement, à l'actualité...
Je pense que c'est sans doute la manière dont l'évènement est écrit, et par la suite (ou dans l'immédiat), le message (si l'on peut dire) qui "passe" à travers la manière dont l'évènement est écrit... qui est peut être, au lieu du "coup de pistolet", une sorte d'"éclairage"... un "éclairage" que l'on ne doit sans doute pas, cependant, confondre avec une lumière... qui n'existe pas vraiment en dépit du fait que nous pouvons passer (si ce n'est user) notre vie à la chercher, cette lumière...
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marie chevalier
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MessageSujet: Re: La politique dans une oeuvre littéraire...   Ven 18 Mai - 10:03

je pense et j'ai toujours pensé que l'on ne peut dissocier un écrivain d'un citoyen . Donc il est indéniable que ce sont des gens qui ont la chance de pouvoir écrire, parler qui doivent aider et dénoncer ce qui est "dénonciable" dans une société . Leurs voix est quand même plus entendue que celle d'un ouvrier d'usine à la chaîne et son poids sur la société est le même par contre. Ce n'est pas par hasard que les politiciens se servent d'artistes pour faire leur promos allons donc! Sarko ne vient pas de découvrir Doc Gynéco mais pour sa pub il ne poouvait trouver plus bouffon! Donc il faut dans la vie se servir de tous les moyens que nous avons pour dénoncer ce qui ne va pas ou qui est intolérable . L'écriture entre autre est faite pour cela. Voyez Zola et les autres ne se sont-ils pas investis dans la société et ne l'ont-ils pas dénoncée? Soljenistine et d'autres dont le nom m'échappe là tout de suite .
Ceici pour répéter s'il le fallait que rien ne peut être compartimenté dans une société digne de ce nom: la culture, les écrits, la peinture tous les arts sont mis à la disposition de tous , et si leurs messages peuvent rendent le monde meilleur ou appuyer là où cela fait mal il faut le faire.
Les écrivains ne sont pas des Dieux sur des piédestals ils votent et à ce titre ont le droit de s'exprimer !
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yugcib
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MessageSujet: Une forme d'engagement...   Ven 18 Mai - 23:45

Peut-on dissocier un artiste, un écrivain, un intellectuel ; du citoyen ou de l’Etre qu’il est en son temps au milieu des évènements en lesquels cet être ou ce citoyen est impliqué ?

S’il doit y avoir une forme d’engagement, cette forme ne peut à mon avis prendre tout son sens, et peut-être toute sa force, que si elle est éclairage, y compris dans la dénonciation de l’intolérable ou de « tout ce qui ne va pas »… C’est ainsi, et seulement ainsi qu’à mon sens, l’artiste, l’écrivain, l’intellectuel ; est en même temps ce citoyen dans le pays où il vit.

Les « coups de pistolet » sont pour les duels qui finissent toujours mal pour l’un ou l’autre des belligérants… ou même parfois pour tous les deux.

L’éclairage n’est sans doute pas la lumière mais il redimensionne la scène sur laquelle est jouée le concert.
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marie chevalier
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MessageSujet: Re: La politique dans une oeuvre littéraire...   Sam 19 Mai - 21:06

yugcib a écrit:
Peut-on dissocier un artiste, un écrivain, un intellectuel ; du citoyen ou de l’Etre qu’il est en son temps au milieu des évènements en lesquels cet être ou ce citoyen est impliqué ?

S’il doit y avoir une forme d’engagement, cette forme ne peut à mon avis prendre tout son sens, et peut-être toute sa force, que si elle est éclairage, y compris dans la dénonciation de l’intolérable ou de « tout ce qui ne va pas »… C’est ainsi, et seulement ainsi qu’à mon sens, l’artiste, l’écrivain, l’intellectuel ; est en même temps ce citoyen dans le pays où il vit.

Les « coups de pistolet » sont pour les duels qui finissent toujours mal pour l’un ou l’autre des belligérants… ou même parfois pour tous les deux.


je vois que nous disons la même chose Smile
L’éclairage n’est sans doute pas la lumière mais il redimensionne la scène sur laquelle est jouée le concert.
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